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syriza; tsipras; grèce.

  • Syriza

    Oui mais pas jusqu'au bout

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    Alexis Tsipras document Libération.

    Support Wikipedia Les grecs ont dit non a l'austérité pas forcément ce que croient notre gauche mélenchoniste-communiste qui a fêté place du colonel Fabien une victoire qu'elle est incapable d'obtenir en France. Pourquoi, tout simplement que la France n'est pas la Grèce, que nous ne sommes pas en récession et qu'elle tient ses engagements. Parce que aussi, faire campagne sur le thème «on va raser gratis» pour ceux qui ne connaissent pas la signification de cette expression, signifiait on ne paye plus cette dette qui nous étrangle, 173 % du PIB. Et c'est vrai que ces grecs en bavent avec une baisse de leur pouvoir d'achat correspondant à une chute en trois années d'au moins 28 % de leur PIB. Comment faire comprendre à un grec qui n'a plus d'électricité, qui ne peut plus se soigner, quand sa pension est réduite de 30 %, que voter pour celui qui promet presque tout peut conduire à une plus grande catastrophe parce qu'il n'a que le levier de contraindre ses créanciers, «je ne peux vous rembourser, je nous n'en pouvons plus, il faut annuler notre dette ! ».

    Alors, le grec vote bille en tête pour ce leader parce qu'il n'a plus rien à perdre, il a déjà presque tout perdu ! On ne peut exprimer que de la compassion pour ce peuple qui n'est la cause de rien, sinon à un laissé aller méditerranéen.

    La faute à cette intransigeance allemande qui au lieu de faire que la dette grecque se réduise ne fit que l'augmenter tout en accentuant la misère du peuple. La Grèce n'aurait jamais du intégrer la zone euro, elle est un pays principalement agraire et de tourisme. Pire incompréhension et incompétence économiques je ne vois pas. C'est vrai qu'il fallait faire que les grecs payent leurs impôts, qu'une rigueur civique s'instaure et que la fraude soit combattue. Mais, il fallait aussi considérer que la Grèce n'a pas de potentialité économique industrielle qui lui permette de se redresser rapidement, et pour cela, il fallait que les taux d’emprunts ne soient pas suicidaires. Ce n'est pas non plus par l'humiliation d'économistes du FMI à diriger son économie que les grecs pouvaient s'améliorer. Ce fut une erreur totale tant du FMI que de l'Allemagne qui se paye maintenant.

    Comment la Grèce peut-elle rembourser sa dette à ce niveau, cela semble impossible ! Mais par ailleurs si nous ne sommes pas remboursés de notre contribution à l'avoir aidé pendant des années, nous aurons une perte de 42 milliards d'€ sans compter les conséquences sur les banques privées. C'est dur à avaler même avec beaucoup de compassion. Bien entendu, entre zéro et tout il y a de la marge, mais comme il est évident qu'il y aura un compromis nous devons nous attendre à perdre de l'argent.

    Mais aussi il faut comprendre qu'il n'y a pas que la dette, la promesse économique de Tsipras va bien au delà. Il s'agit dans son programme de relancer la croissance par une dizaine de mesures immédiates en relevant le niveau de salaire et de retraite des plus misérables, avec des allègements fiscaux et aides sociales. On y trouve une hausse du salaire minimum à 750 euros, un 13ème mois pour les retraites de moins de 700 euros et un relèvement du seuil annuel de revenus imposables pour les particuliers abaissé à 5. 000 euros, que Syriza propose d’établir à 12. 000 euros. Le coût de l’ensemble de ce programme est estimé par Syriza à un peu moins de 12 milliards d’euros. Pour d'autres réalistes, c'est beaucoup plus, ce qui se vérifie toujours. Un vrai programme de gauche radicale sans un sou en poche mais beaucoup d'espoirs.

    Ne gâchons pas cette joie grecque, mesurée, par notre raisonnement, nous voulons qu'Alexis Tsipras réussisse, mais nous ne croyons pas qu'il en aura les moyens. Il serait étonnant que Bruxelles accepte cet ultimatum électoral, ce serait ouvrir la boite de pandore à l'Europe. François Hollande annonce qu'il soutiendra le gouvernement Tsipras, je ne vois pas comment.

    Sans se montrer intransigeant Bruxelles peut débloquer le versement d'une tranche de 7 milliards d'euros de prêts de ses créanciers selon l'économiste Georges Stathakis auteur du projet économique. Ce plan serait financé à hauteur de 6 milliards par les transferts de fonds européens et à hauteur de 3 milliards par des recettes issues de la lutte contre la fraude fiscale. 6 + 3 = 9, il resterait à trouver 3 milliards ce qui ne paraît pas insurmontable. Seulement la Grèce doit assurer des échéances en 2015. Rembourser 22,5 milliards aux Européens dont 4 milliards fin mars selon Le Monde.fr. En d'autres termes, les grecs vont encore se sentir les parias de l'Europe après avoir exprimé tant de joie ! En affaires économiques les cadeaux n'existent pas d'autant que la Grèce fut très soutenue avec l'argent des européens, 240 milliards de prêts depuis 2010, et comme nous manquons d'argent, la douche risque d'être glacée.

    C'est avec 36,5 % des suffrages exprimés que ce parti de la gauche radicale obtient 149 sièges pour une majorité absolue de 151 sièges. On aurait pu penser vu la débauche de joie de nos duettistes Mélenchon et Laurent que la majorité absolue serait dépassée, c'était dans la poche pour eux. Non, le parti du premier ministre sortant Antonis Samaras «La nouvelle démocratie» résiste avec 28,2 % des voix perdant que 2 points par rapport aux élections de 2012. Tous ne sont pas Syrisa. Celui qui vient en troisième position est le parti néo-nazi «Aube dorée» avec 6,4 %, sans avoir fait campagne et malgré que la plupart de son équipe dirigeante est en détention provisoire pour appartenance à une organisation criminelle. Après on trouve le parti centriste pro-européen «To Potami», La Rivière, avec 5,9 %. Viennent ensuite le parti communiste avec 5,4 %, le parti souverainiste des grecs indépendants, un panaché «FN+ debout la République», avec 4,7 %. Les grands perdants sont les socialistes du Pasok avec 4,8 % qui ont vu leurs électeurs partir chez Syriza. En 2012 aux élections législatives ils avaient 12,3 % des voix. À gauche ceux qui ont eu le courage de gouverner sont rejetés sans égard. Pas de cadeaux le transfert des voix coule comme de l'eau de roche dans une gauche plus radicale.

    Populiste pour populiste l'apport de voix à Alexis Tsipraz pour diriger en tant que premier ministre est obtenu que par le parti souverainiste indépendant, ce qui doit plaire à Mélenchon et à l'ensemble des pays de la zone euro. Un mariage hors de raison puisque Tsipras a besoin de Bruxelles et que les souverainistes veulent n'en veulent pas ! Serait-ce qu'au final la Grèce quitterai la zone euro ? Que tout ceci ne serait qu'un jeu de dupes pour avoir des sous ?

    Ce regroupement des extrêmes n'émerge en France que par un transfert de voix du monde ouvrier vers le FN au détriment des socialistes et les leaders de gauche extrême. Notre situation est donc différente, mais il faut voir cette expérience jusqu'au bout, elle peut être une source d'enseignements pour tous.

    Mais entre les infos du matin et celles du soir, le président de l'euro groupe Jeroen Dijsselbloem se dit prêt à des discussions avec la nouvelle majorité. Il estime que le plus important, c’est que si l’on reste dans la zone euro, mais il faut respecter les règles que nous avons. Les taux d’intérêts sont très bas ce qui donne du temps pour rembourser. Pour lui la question serai de savoir s'il faut en faire plus. En d'autres termes, respect des accords, pas de privilèges pour un autre comportement en Europe, un allongement de la dette pourquoi pas, un effacement partiel ou total non ! Voila Alexis Tsipras prévenu.

    Dans ce contexte le président François Hollande tout en clamant le respect des engagements cherche à prendre la main en invitant Alexis Tsipras à venir rapidement à Paris, lors d'un entretient téléphonique selon une source de l’Élysée.

    Attendons la suite, le feuilleton ne fait que commencer.

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