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suite 7

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 7,

    de la fin du XIX au XXème siècle.

     

    Après avoir écrasé la Semaine sanglante de la Commune de Paris, Thiers trop républicain ne parvient pas à concilier les aspirations contradictoires des républicains et des monarchistes. En effet, le pacte de Bordeaux (10 mars 1871), qui reporte sine die la question des institutions, est interprété par l’aile monarchiste comme un revirement en faveur d’un régime républicain. Cela lui attire les foudres de la majorité monarchiste qui fait notamment voter, le 13 mars 1873, ce que l’on appelle la loi de Broglie, ou loi chinoise, qui empêche le président de la République de s’adresser à l’Assemblée nationale autrement que par un message, lu par un de ses ministres, et qui ne doit donner lieu à aucune discussion. Thiers démissionne le 24 mai 1873 après avoir transmis un dernier message à l’Assemblée nationale dans lequel il affirme qu’un retour à la monarchie est impossible, car «il n’y a qu’un trône, et l’on ne peut l’occuper à trois», et il part pour être remplacé par le maréchal Mac Mahon [1]. Dans sa tentative de restauration monarchique, le Conservateur Mac Mahon sera à son tour contraint de démissionner en 1879.

    En 1975 La France tourne définitivement le dos à la monarchie par 353 voix contre 352. L'Assemblée nationale adopte l'amendement Henri Wallon [2]. C'est l'adoption de la république à une voix de majorité. Le texte stipule que

    «le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans, il est rééligible». Cet amendement est consacré à l'article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875, il sera abrogé le 11 juillet 1940 par le Maréchal Pétain.

    Pour la première fois, une loi à caractère durable est votée par le régime républicain.

    En 1879 La chambre des députés adopte «La Marseillaise», comme hymne national. Composée pour l'armée du Rhin en 1792 par l'officier Claude Rouget de Lisle, l'air était déjà devenu «chant national» en 1795.

    Le 06 juillet 1880 le 14 juillet est déclaré fête nationale en mémoire à la prise de la Bastille symbole du début de la Révolution et de la chute de la monarchie.

    Au début du XXème siècle commence l'Affaire Dreyfus par son arrestation.

    Le général Mercier, ministre de la Guerre, ordonne l'arrestation du capitaine Français Alfred Dreyfus. L'officier est accusé d'avoir délivré des renseignements militaires confidentiels à l'Allemagne. Il sera inculpé sur simple ressemblance d'écriture sur un bordereau trouvé à l'Ambassade d'Allemagne à Paris. Derrière cette accusation se cache un autre réalité, religieuse, car le capitaine Dreyfus était issu d'une famille Juive alsacienne. Cette banale histoire d'espionnage débouchera sur une des plus graves crises politiques de la IIIème République. Elle deviendra «l'affaire Dreyfus» et divisera la France entre dreyfusards et antidreyfusards.

    Dans le corps des officiers généraux, 16 sont issus de l'École polytechnique et 14 viennent de familles du monde industriel et commercial, c'est souvent par leurs mariages qu'ils acquièrent une véritable aisance financière. Français originaire d'Alsace, polytechnicien, fils d'industriel, gendre d'un négociant en diamants, breveté d'état-major, le capitaine Dreyfus peut légitimement prétendre à une destinée de général. En suscitant l'Affaire, les antisémites vont briser cette ambition.

    Nourri d'accusations séculaires sur les Juifs perfides et déicides, (mot qui s'applique au peuple Juif pour désigner les responsables de la crucification de Jésus-Christ, et ce sont les Pères de l'église qui ont lancés contre les Juifs cette accusation de déicide. Déicide, Génocide deux mots qui semblent faits l'un pour l'autre), l'antijudaïsme chrétien est vivifié par un antisémitisme anticapitaliste. Dès 1846, spéculateurs catholiques, Israélites ou protestants étaient tous qualifiés de Juifs par Alphonse Toussenel, dans «Les Juifs, rois de l'époque». Édouard Drumont va dénoncer dans son quotidien «La Libre Parole», en 1892, la corruption de 140 parlementaires et l'imputer au rôle néfaste des financiers Juifs. Depuis 1886, son livre «La France juive», vendu à près de 150 000 exemplaires, regroupe tous les éléments anti-judaïques, judéophobes et antisémitiques.

    La République juive et maçonne est redoutée parce que la mobilité sociale y met en péril une civilisation achevée. Drumont pousse son délire caricatural et absurde à la physiologie soi-disant spécifique du Juif, évoquant la main moelleuse et fondante du traître et son immunité particulière, «il semble qu'il y ait en lui une sorte de peste permanente qui le garantit de la peste ordinaire» !

    L'antisémitisme raciste renforce les antisémites chrétiens et anticapitalistes. L'antidreyfusisme fut majoritaire dans l'opinion catholique, nourrie d'antisémitisme, de xénophobie et de soupçons quant au rôle des juifs dans la construction de l'État républicain. La Croix, diffusée à 15 000 curés, les Croix de province comme Le Pèlerin se sont montrés très hostiles à Dreyfus en vertu d'un faux principe,

    «être catholique et être Français ne font qu'un».

    Dans le camp de la République laïque, comme les juifs, les protestants sont majoritairement dreyfusards, leur quotidien «Le Signal» et leurs pasteurs s'engagent. C'est le pasteur de Rennes qui trouve une maison pour Lucie Dreyfus pendant le procès de 1899. Des protestants sont traités de sans-patrie et La Croix écrit, le 25 décembre 1898,

    «Le protestantisme c'est l'ennemi, «qui veut même», peut-être la radiation de la France de la carte d'Europe».

    Les francs-maçons, s'ils n'étaient que 20 000, rejetaient pour la plupart l'antisémitisme qui fut condamné, comme le militarisme et le cléricalisme, dans le congrès des loges, à Paris, le 23 juillet 1898. Près de 300 parlementaires étaient francs-maçons dont certains contre Dreyfus tel le président Félix Faure et le ministre des Colonies André Lebon. Mais le couvent du Grand-Orient finit par adopter à l'unanimité, le 19 septembre 1898, un texte du conseil de l'ordre des avocats proclamant que «toute violation du droit est une diminution de la patrie» et qu'excuser les illégalités de militaires, c'est «renier la raison d'être de la France». La vive opposition des deux camps allait rester vivace.

    200px-alfred-dreyfus.1242147393.jpgAlfred Dreyfus, né à Mulhouse, 9 octobre 1859, mort à Paris, 12 juillet 1935.

    Le 22 décembre 1894, Alfred Dreyfus est condamné au bagne à perpétuité pour espionnage au profit de l'Allemagne. Dégradé, il sera envoyé sur l'île du Diable en Guyane le 21 janvier 1895. Sa condamnation plonge la France dans une bataille idéologique quand le chef des renseignements, le commandant Picquart, demandera la révision du procès en 1898.

    Le 19 septembre 1899 Dreyfus est gracié. Le président de la République Emile Loubet, suivant l'avis de son président du Conseil, Waldeck-Rousseau. La mobilisation des dreyfusards, et notamment de Émile Zola [3] avec la publication en janvier 1898 dans le quotidien l'Aurore de l'article intitulé j'Accuse qui lui a valu un procès pour diffamation et un exil à Londres, avaient permis qu'il soit rejugé. Dès le lendemain de la grâce présidentielle, Alfred Dreyfus est remis en liberté. L'affaire qui a divisé la France pendant cinq ans s'apaise. En 1906 le capitaine Dreyfus sera réhabilité par la Cour de Cassation de Rennes.

    [1] Le maréchal Mac Mahon.

    200px-patrice_de_mac_mahon.1241642039.jpgPatrice de Mac Mahon, comte de Mac Mahon, duc de Magenta, né le 13 juillet 1808 au château de Sully (Saône-et-Loire) près d'Autun, mort le 17 octobre 1893 au château de La Forêt, à Montcresson (Loiret), a été maréchal de France, et le 3e président de la République Française, fonction qu'il a occupée du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

    Porté par sa popularité, il fut élu président de la République après la chute d'Adolphe Thiers, et après avoir limogé le président du Conseil Jules Dufaure, il le remplace par le duc Albert de Broglie un monarchiste, projetant ainsi une restauration de la monarchie. Mais l'échec de cette restauration le conduit à voter le septennat présidentiel. Avec le duc de Broglie comme président du Conseil, il prend une série de mesures d'ordre moral. L'Assemblée ayant le 9 novembre 1873 fixé son mandat à sept ans, après l'adoption de l'amendement proposé par le député Henri Wallon, il déclare dans un discours prononcé le 4 février 1874 qu'il saurait pendant sept ans faire respecter l'ordre légalement établi. Préférant rester au-dessus des partis, il assiste plutôt qu'il n'y prend part aux procédures qui, en janvier et février 1875, aboutissent aux lois fondamentales qui établissent finalement la République comme le gouvernement légal de la France.

     

    [2] Henri Wallon,

    180px-henri_wallon.1241987063.jpgHenri Alexandre Wallon né à Valenciennes le 23 décembre 1812 et mort à Paris le 13 novembre 1904, est un historien et homme politique.

    Consacré à une carrière littéraire, il devint, en 1840, professeur à l'École normale supérieure sous le patronage de François Guizot|2.1], à qui il succéda comme professeur à la Sorbonne en 1846. Ses travaux sur l'esclavage dans les colonies Françaises (1847) et sur l'esclavage dans l'Antiquité (1848 - 1879) le firent entrer, après la Révolution de 1848, dans une commission pour la réglementation du travail dans les possessions coloniales Françaises et, en novembre 1849, il fut élu représentant de la Guadeloupe à l'Assemblée législative en demandant à être suppléé par un ancien esclave (Louisy Mathieu). Il démissionna en 1850, désapprouvant la mesure adoptée par la majorité pour restreindre le droit de vote. La même année, il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dont il devint secrétaire perpétuel en 1873.

    Ce député monarchiste est célèbre pour avoir été à l'origine des lois constitutionnelles de 1875, qui marquent la fondation de la Troisième République. Son nom est entré dans l'histoire non seulement dans l’histoire de France mais aussi dans l’histoire politique et constitutionnelle avec un aspect folklorique qui devait durer. Il avait, à l’époque, 63 ans. On l’avait connu à l’époque de la IIème République comme un homme de gauche ou même d’extrême gauche. Il avait été le collaborateur de Schoelcher dans son action contre l’esclavagisme.

    Député du Nord à l’Assemblée, il avait démissionné après le vote de la loi du 30 juin 1749 qui restreignait le suffrage universel. Pendant toute la période du Second Empire, il n’eut pas d’activité politique. Il avait été réélu député du Nord en 1871. La proposition d’amendement était signée avec lui, par des députés peu connus sauf Laboulaye, son confrère à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

    Il proposa d’ailleurs un autre amendement sur la dissolution de la Chambre des députés, amendement lui aussi adopté et intégré dans la loi constitutionnelle. Pour conclure on dira que l’amendement Wallon a confirmé le ralliement d’une partie importante de la droite à la République et qu’il permit de sortir de l’ornière un texte constitutionnel pour un régime qui a duré 65 ans.

     

    [2.1] François Guizot,

    250px-francois_pierre_guillaume_guizot.1242147093.jpgLa vie de François Guizot couvre la quasi-totalité du XIXe siècle. Né sous l'Ancien Régime le 4 octobre 1787, dans une famille protestante, il est mort au moment où la Troisième République s'installait, le 12 septembre 1874. Cet intellectuel, doublé d'un homme d'action, a marqué son siècle. Grand penseur du libéralisme politique Français, Guizot fut à la fois le philosophe du gouvernement représentatif et le grand acteur de la Monarchie de Juillet. De 1822 à 1828, il compose ses grands ouvrages historiques, «Histoire de la révolution d'Angleterre», «Histoire de la civilisation en Europe», et «Histoire de la civilisation en France» Sa loi sur l'enseignement primaire a établi les fondements du système scolaire Français.

    En 1836, il est élu à l'Académie Française. De 1840 à 1847, il est ambassadeur à Londres puis ministre des Affaires étrangères et devient en 1847 Président du conseil pour à peine 2 ans. Il exerce une politique conservatrice favorable à la bourgeoisie. Infatigable travailleur, il a laissé une œuvre imprimée considérable et d'innombrables correspondances.

     

    [3] Émile Zola,

    Émile Zola, né Italien à Paris le 2 avril 1840, mort à Paris le 29 septembre 1902, est un écrivain, journaliste et homme public, considéré comme le chef de file du naturalisme.

    220px-zola_1902b.1242159991.jpgAutoportrait au béret 1902.

    On ne peut décrire Émile Zola en quelques lignes. Il fût un immense écrivain romancier universellement populaire l'un des plus traduit probablement au monde. Sur le plan littéraire, il est principalement connu pour «Les Rougon-Macquart», fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société Française sous le Second Empire.

    Engagé dans une dimension sociale et politique, il s'érigea une stature de justicier pour toute une frange de la population en tant que défenseur des valeurs de tolérance et de justice. Il marqua cet aspect dans J'Accuse en s'engageant à coté des Juifs et dans Germinal en s'engageant contre l'injustice sociale.

    Passionné par la peinture, il fréquenta les plus grands noms de l'époque Camille Pissarro, Auguste Renoir, Alfred Sisley et Johan Barthold Jongkind. Paul Cézanne. Il collabora régulièrement aux rubriques de critiques littéraires et artistiques de différents journaux. Mais c'est au travers de ses interventions dans la presse politique que son engagement est le plus marquant. Par des amis de Manet, Zola entre au nouvel hebdomadaire républicain «La Tribune», où il pratique ses talents de polémiste par l'écriture de fines satires anti-impériales. Mais c'est à «La Cloche» que ses attaques les plus acides contre le Second Empire sont publiées. La puissance de travail de Zola est reconnue, il publie un roman par an, de multiples collaborations journalistiques ainsi que des pièces de théâtre.

    180px-j_accuse.1242159809.jpgL'article détaillé de J'Accuse et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898 sous forme d'une lettre ouverte au Président de la République Félix Faure.

    Zola y attaque nommément les généraux, les officiers responsables de l'erreur judiciaire ayant entraîné le procès et la condamnation, les experts en écritures coupables de «rapports mensongers et frauduleux». Il met aussi en cause les bureaux de l'armée coupables d'une campagne de presse mensongère, ainsi que les deux conseils de guerre dont l'un a condamné Dreyfus sur la foi d'une pièce restée secrète, tandis que le second acquittait sciemment un coupable. Surtout, il proclame dès le début l'innocence de Dreyfus,

    «Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis».

    Parmi la série des «Rougon-Macquart», on peut citer l'Assommoir, Pot Bouille, Au Bonheur des Dames, Germinal, La Bête Humaine.

    Émile Zola et la Franc-maçonnerie.

    Témoignage.

    Lors de sa conversion, Émile Zola écrivit le témoignage suivant, daté de Rome le 18 avril 1896, qui nous permet cependant de douter des bons sentiments de la Franc-maçonnerie et du bien fondé du «cristal-rouge» comme emblème du CICR. «Source Abbé Claude Pellouchoud».

    «Moi, soussigné, jadis Grand Maître du Siège, et aussi ancien Grand Prêtre (Hiérophante) et Souverain suprême ainsi que «Super-Comthur» (détenteur d’un Ordre de classe supérieure), fondateur d’un Ordre maçonnique en Égypte et de ses Loges, je déclare par la présente que,

    j’ai été pendant 30 ans membre de la secte des Francs-maçons, pendant 12 ans Souverain Suprême de l’Ordre et avoir eu tout le temps de connaître minutieusement et à fond et d’apprendre le projet et les visées que l’Ordre poursuit,

    «Il se donne pour une institution purement philanthropique, philosophique et libérale, qui aspire à la vérité et à l’avancement de la moralité et dont l’objet serait aussi la science, l’art et la bienfaisance».

    Il donne l’assurance de se comporter avec une égale tolérance à l’égard des diverses confessions de foi, que les questions de la religion et de la politique ne sont absolument pas discutées dans les réunions de l’Ordre. Et, de plus, l’Ordre prétend que la Franc-maçonnerie n’est pas une secte religieuse, mais un Temple de la Justice, de la Miséricorde et de l’Amour du prochain. A l’encontre de cela, je déclare que la Franc-maçonnerie n’est aucunement ce pour quoi elle se donne. Tout le bien qu’on prétend trouver dans ses lois, ses rituels, ce n’est pas vrai. C’est le plus éhonté des mensonges et rien de plus, tout ce bavardage sur ces vertus hypocritement professées, à savoir, la justice, la miséricorde, la bienfaisance et l’amour, elles sont introuvables soit dans les loges, soit dans les cœurs des Francs-maçons, vu que ces vertus leur sont tout à fait étrangères à peu d’exceptions près, et ne sont pas du tout exercées par eux.

    La vérité n’a pas de place dans la Franc-maçonnerie et elle est complètement étrangère aux Frères des loges. Dans l’Ordre franc-maçon prévaut un mensonge qui ne recule devant rien et y règnent, sous le couvert hypocrite de la vérité, tromperie et mauvaise foi qui enchaînent dans les liens de l’erreur le peuple frivole.

    J’affirme que la Franc-maçonnerie est une secte religieuse dont le but est de détruire toutes les religions existantes et de s’installer à leur place et de ramener ainsi le monde à l’antique culte des idoles.

    A présent que je suis totalement convaincu d’avoir été pendant 30 ans dans l’erreur, que j’ai reconnu sur quoi est basé tout le système franc-maçon, et après avoir répandu cette doctrine et avoir amené d’autres à la répandre, de sorte qu’une grande masse de gens m’a suivi dans l’erreur, je m’en repens sincèrement. Eclairé maintenant là-dessus par Dieu, je me rends compte de tout le mal que j’ai commis par là, en raison de quoi je rejette la Franc-maçonnerie et m’en désolidarise, en avouant avec repentir mes erreurs devant l’Église. Je demande pardon à Dieu de tout le mal dont j’ai donné l’exemple pendant le temps de mon appartenance à l’Ordre de la Franc-maçonnerie, et j’implore de notre Souverain Pasteur, Sa Sainteté le Pape Léon XIII, le pardon, comme aussi de quiconque que j’ai attiré de quelque manière que ce soit dans l’erreur».

    Émile Zola.

    Le prochain dossier sera la Franc-maçonnerie au XXème siècle.

    Eu égard aux controverses suscités par ce témoignage d'Emile Zola, en réponse je publie celui de Michel Berthelot du 27août 2007, à voir ici.

    Le Franc-maçon est en principe un homme libre !... Oh, pas un homme parfait, bien sûr !...Mais qui en connaît ?... Et qui peut y prétendre ?!...

    La Franc-maçonnerie n’est pas une secte mais une multitude d’Obédiences et de Loges associatives à caractère philosophique et à but philanthropique… Elle n’est pas "secrète" comme la rumeur le colporte volontiers injustement mais "discrète", parce que trop souvent pourchassée et persécutée tout au long de l’Histoire…

    À titre d’exemple je ne donnerai que celui de la guerre de 39-45 au cours de laquelle les francs-maçons était répertoriés, arrêtés et déportés au même titre que les juifs, les communistes, les tziganes et les homosexuels… Et récemment encore "N’a qu’un œil qui ne louche qu’à dextre" aimait les désigner ainsi dans ses diatribes "les tenants du complot judéo-maçonnique"… D’où cette discrétion presque atavique de prudence et de précaution…

    Comment peut-on ici prêter foi aux assertions de cet Abbé Machin quand on sait que l’Église catholique, apostolique et romaine a toujours été l’ennemie jurée de la Franc-maçonnerie et ses membres excommuniés d’office par l’Église dès leur initiation ! À fortiori quand on connait la haine quasi viscérale du pape Léon XIII à l’égard des francs-maçons qu’il identifiait aux anciens Manichéens !... Et c’est lui qui a signé la plus sévère condamnation que Rome ait jamais prononcée contre la Franc-maçonnerie, allant jusqu’à exhorter les évêques d’engager une lutte ouverte contre l’Ordre maçonnique !...

    L’Abbé en question n’est d’ailleurs pas le seul sycophante à disséminer sournoisement ce torchon… De nombreux membres du clergé fondamentaliste de l’Église Romaine dont certains "Missionnaires du Sacré-Cœur", au même titre que certaines officines anti-maçonniques continuent encore avec fourberie à faire circuler sous la soutane traditionaliste ce papier si peu hygiénique tout juste bon à être parcouru matinalement d’un derrière distrait… Cette menterie perfide est d’ailleurs connue sous le vocable "mensonge le plus éhonté qui soit" !...

    La personne directement concernée et désignée par cela est en réalité un italien d’origine piémontaise apparenté à Émile Zola et du nom de Solutore Avventure Zola, ex-Grand Maître et Hiérophante (c’est-à-dire chef mondial du Rite) d’un Ordre maçonnique dit "Rite de Memphis" et connu sous le titre distinctif de "Grand Orient d’Égypte" qui s’est converti en 1896, suite à la guérison miraculeuse d’une maladie toute aussi douteuse qu’il aurait contractée quelques temps auparavant…

    Mais bon, imaginons contre toute vraisemblance que cela soit vrai malgré tout… Afin de poursuivre quelques instants ce délire anti-maçonnique hallucinant si bien relayé et très adroitement entretenu…

    Cette pseudo confession serait donc l’abjuration d’une brebis égarée rentrant au bercail à qui on fait dire tout et affirmer n’importe quoi en échange du pardon pour un retour au sein du giron catholique… Mais bien plus certainement, je pense que notre triste sire ensoutané n’a pas vraiment compris qui manipulait qui… Émile Zola avait besoin de beaucoup de matière théologique et d’un accès à l’entité cléricale pour rédiger sa vision messianique de l’avenir humain dans "les quatre évangiles" écrits et publiés entre 1899 et 1903 (en quatre volumes, le 3ème posthume et le 4ème inachevé)…

    Et curieusement pour des gens manquant "d’amour, de miséricorde et de justice" toute la Franc-maçonnerie à participé officiellement à la translation des cendres d’Émile Zola au Panthéon le 4 juin 1908 !... Et puis tiens, cerise sur le gâteau, François Zola, le père d’Émile était lui-même franc-maçon initié en 1810 dans une loge du Chapitre de Marseille… C’est dire à quel point ce n’est pas par hasard mais en toute connaissance de cause qu’Émile Zola est devenu franc-maçon !... Lui qui accordait une importance primordiale aux déterminations héréditaires des passions humaines !...

    Ce factum est d’ailleurs tellement à charge qu’on se demande comment Zola aurait pu passer trente années de sa vie, devenir Grand Maître de son Ordre et Haut Dignitaire d’une telle saloperie sans s’en apercevoir avant ou sans être lui-même une immonde crapule également !... "Hypocrisie, tromperie, mauvaise foi, sectarisme, mensonge permanent, idéal doctrinaire"… comment un esprit éclairé, responsable, généreux et épris de justice comme Zola a-t-il pu errer en aveugle durant trente ans dans le marécage fangeux et nauséabond décrit ici ?!...

    Un autre mensonge évident pour ne pas dire criant "après avoir répandu cette doctrine et en avoir amené d’autres à la répandre"… La Franc-maçonnerie n’a jamais fait de prosélytisme, de publicité, ni recruté de missionnaires ou d’agents propagandistes !... Bien au contraire et chacun sait, ou plutôt devrait savoir, qu’il est malaisé d’y entrer et particulièrement en France…

    Il ne suffit pas d’être candidat pour être accepté !... Les Loges procèdent à des enquêtes approfondies et soumettent généralement le postulant à des épreuves plus ou moins difficiles… C’est en tout état de cause pour ces raisons que le nombre de Francs-maçons ne dépasse guère en France la centaine de mille, toutes obédiences confondues…

    Enfin le coup de grâce, comment peut-on lire prétendument de la main de Zola la chose suivante "Éclairé là-dessus (c’est-à-dire sur toutes ces turpitudes maçonniques !) par Dieu" sans éclater de rire tant cela relève du canular grotesque… Pour ma part je défie la "source" ecclésiastique, ou ses ayants droit au cas où elle soit tarie, d’apporter la moindre preuve de ces affirmations abjectes qui ne sont que médisances de corvidés enroupanés et d’occultistes en mal de clabauderies…

    Et finalement je reste sur ma faim quant à savoir "qui utilise l’outil et quel but il poursuit" ainsi que me le proclamait l’alléchant sous-titre… Décidément cet article ne tient pas dans son développement ce qu’il promet dans son introduction…

    Conclusion ?!... Dans le domaine du renseignement fiable la source Pellouchoud est loin d’arriver à la cheville et encore moins à la glotte de Gorge Profonde !... Et puis vous ne m’ôterez pas de l’idée que l’Abbé Pellouchoud quand il écrit ou parle de maçonnerie, il n’y met jamais de cédille…

    Michel Berthelot le 27 août 2007 (*)

    En réponse à l’article "La Franc-maçonnerie vue par Zola"

    (**) Jean Cocteau

     

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