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suite 6

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 6,

    sous le second Empire.

     

    La fin de l'Empire entraine un important affaiblissement de la Franc-maçonnerie Française qui avait été l'un de ses piliers, et voit son nombre de loges décroître.

    Pendant tout le XIXe siècle la Franc-maçonnerie Française se démocratise et se politise peu à peu, de nombreux francs-maçons sont parmi les révolutionnaires de 1830 et à l'exception de Lamartine [1] et Ledru-Rollin [2], tous les membres du gouvernement provisoire de 1848 sont francs-maçons. Suite aux excommunications répétées de l'Église catholique, devenues applicables en France depuis le Concordat, les catholiques quittent progressivement les loges, qui, par contrecoup, deviennent de plus en plus anticléricales.

    Nous sommes en 1851 l'année du coup d'État du 02 décembre, Napoléon III met fin à la Deuxième République ce qui lui permet d'imposer une nouvelle constitution. Le Second Empire commence par une période dite autoritaire tandis que la seconde est dite libérale. Napoléon III, comme son oncle l'avait fait avant lui, offre sa protection à la Franc-maçonnerie Française, tout en la mettant sous tutelle.

    Il obtient du Grand Orient de France que celui-ci élise le 09 janvier le Prince Murat [3] à la Grande Maîtrise en 1852 par l'Assemblée Générale à l'unanimité des 132 membres présents. Le nouveau Grand Maître a été initié en Amérique. Au tableau du Grand Orient figurent trois cent trente loges, soixante trois à Paris et en banlieue, deux cent vingt deux en province, vingt neuf aux colonies, seize à l'étranger. On compte également cent trente Chapitres, vingt sept Conseils, un Tribunal, treize Consistoires, un Grand Collège des Rites.

    Le Prince Murat occupera ce poste de 1852 à 1860. Il est âgé de 48 ans à son élection et va se montrer très autoritaire dans ses fonctions. Son administration très critiquable et très critiquée provoqua très vite une crise qui touchera de nombreux Ateliers de province. Il créa la Société civile et l'une des premières décisions sera de signer le 29 mars une circulaire relative à l'érection d'un Temple digne de la Maçonnerie Française.

    Ce temple sera édifié au 16 rue Cadet, 1853/1854. Il est aujourd'hui le siège du Grand Orient et du Grand Collège des Rites [4].

    En 1859, lorsque le gouvernement impérial sera amené, dans le cadre de la guerre d'Italie à protéger le Saint-Siège le prince Murat en sa qualité de sénateur se heurta à la majorité des membres du Grand Orient à propos de l'unité Italienne et du pouvoir temporel du pape. Le Grand Maître sera amené à sévir et il n'hésitera pas à suspendre de nombreux Vénérables et notamment le Frère Antoine Baille Vénérable de «La Réunion des Amis Choisis à Marseille» par un décret du Grand Maître pour avoir publié une brochure Maçonnique dans laquelle il critiquait le régime impérial le dénonçant comme autoritaire et dictatorial. Dès lors, son autorité sera combattue au sein de l'Ordre. L'acquisition de l'hôtel de la rue Cadet provoqua de tels embarras financiers que Le Grand Orient en souffrira plusieurs années. Cette crise lui fût fatale. A la suite d'incidents, à la demande de Napoléon III, il donna sa démission le 29 juillet 1861 et le maréchal Magnan lui succéda.

    En 1862, Napoléon III décida de nommer lui-même son successeur, en la personne du Maréchal Magnan[5]qui n'était pas franc-maçon et auquel il fallut conférer rituellement en toute hâte les 33 degrés de l'Écossisme. Présidant pour la première fois le Conseil le 15 janvier 1862, il déclarait,

    «votre Grand Maître n'est qu'un Frère de plus parmi nous, «primus inter pares». N'hésitez pas à me donner en pleine franchise les avis que je vous demanderais et vous me trouverez toujours prêt à recevoir vos observations, et s'il y a lieu, à les discuter librement».

    Sa première entreprise fut en 1862 de tenter d'aborder le Suprême Conseil ambition à laquelle Napoléon avait dû renoncer. Magnan à son tour se heurta à l'irréductible opposition de cette institution par la voix de son Souverain Grand Commandeur le Frère académicien Jean Viennet (1777-1868), ce qui obligea Louis Napoléon à renoncer à la fusion.

    Le décret impérial ne mentionna pas l'autre obédience maçonnique Française, le «Rite écossais», dirigé par Jean Viennet , et parvint de justesse à conserver son indépendance. Deux ans plus tard, l'empereur autorisa de nouveau le Grand Orient à élire son Grand Maître. Magnan fut élu et resta Grand Maître jusqu’à sa mort en 1865. L'archevêque de Paris donna l'absoute devant son cercueil revêtu de ses insignes maçonniques, ce qui lui fut reproché ensuite par le pape. Tirant la leçon de cette période d'autoritarisme, l'Assemblée Générale vota d'importantes modifications aux textes de 1854,
    1- le Conseil particulier du Grand Maître était supprimé
    2- le Grand Orient se composera d'un Grand Maître, du Conseil de l'Ordre, des présidents d'Ateliers ou des déléguées d'Ateliers.

    En 1870, on compte environ 18000 francs-maçons au Grand Orient de France et 6000 au Rite écossais.

    Le maréchal Magnan essuya un échec relatif à sa proposition de reconnaissance de la Maçonnerie en tant que Société civile d'utilité publique. Il voulait libérer le Grand Orient des dettes résultant de l'achat de l'immeuble de la rue Cadet servant de Temple maçonnique, ce qui impliquait la communication des statuts du Grand Orient à l'autorité civile conduisant, par l'application d'un article, à la désignation du Grand Maître par le chef de l'État.

    En mars 1871 commence la Commune de Paris [6], voir ici , dans laquelle les francs-maçons de la capitale s'impliqueront fortement. L'intervention décisive est celle du Frère Émile Thirifocq (Lille 1824-1900) militant socialiste, il est initié le 9 janvier 1850 à la loge «Jérusalem Écossaise 99 du Suprême Conseil» il en devient le Secrétaire l'année suivante, l'Orateur en 1854 et le Vénérable en 1864.

    Il est aussi déiste (personne qui professe le déisme, déisme philosophie de ceux qui admettent l'existence d'une divinité). Orateur de la première section de la Grande Loge Centrale, il présente en mars 1869 un projet de réformes du Suprême Conseil que celui-ci rejette, et défend vainement le maintien de la croyance en «une puissance infinie désignée sous le nom de Grand Architecte de l'Univers». En 1870, il rallie la loge naissante «Le Libre Examen» destinée à regrouper des «déistes rationnels» qui, poursuivent avec l'Alliance religieuse universelle le chimérique espoir de réaliser une synthèse des religions.

    Il propose de dire à Versailles que, «si dans les 48 heures on n'a pas pris une résolution tendant à la pacification, on plantera les drapeaux maçonniques sur les remparts» et que, «si un seul est troué par un boulet ou par une balle, nous courrons tous aux armes pour venger cette profanation».

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    Une autre fraction «conciliatrice» fonde autour de Charles Floquet [7], la Ligue ou l'Union républicaine pour les droits de Paris. Floquet sent le danger, il accepte la possibilité de se rendre entre les combattants mais exclut que la maçonnerie puisse «sortir le glaive». Il évoque l'action de la Ligue, ce qui provoque une montée à la tribune des partisans de la Commune.

    Le président de la Ligue est contraint de lire une motion qui invite les loges à planter leurs bannières sur les remparts. Le vacarme devient général, à la sortie, un cortège de 2 000 personnes se constitue. Bannières déployées, sous la conduite de Ranvier [8] et de Thirifocq, il se rend à l'Hôtel de Ville. La Commune interrompt ses travaux pour le recevoir dans la cour d'honneur.

    Thirifocq annonce le ralliement de la maçonnerie à la Commune après une ultime tentative conciliatrice. Jules Vallès [9] propose que l'on échange les bannières et les drapeaux, et qu'un maçon tienne le drapeau rouge et qu'un élu se saisisse d'une bannière maçonnique. Puis la manifestation, drapeaux rouges et bannières mélangées, se rend rue Cadet ou elle se disperse après une intervention de Ranvier. Les conciliateurs s'inquiètent de ce dérapage. Une réunion restreinte est organisée, le 28 avril au soir, rue Cadet, avec 6 conseillers de l'ordre, des Vénérables et quelques personnalités dont Charles Floquet et Victor Considerant [10]. Ils adoptent une motion rappelant que seule une réunion de toutes les loges peut prendre le titre d'assemblée générale de la maçonnerie Française et que le Grand Orient n'est pas lié par la décision prise au Châtelet. Il s'agit de protéger l'Obédience de représailles futures. De nombreux francs-maçons figurent parmi les révolutionnaires, dont Jules Vallès ou Élisée Reclus [11].

    Le 29 avril 1871 eut lieu une grande manifestation rassemblant devant les forces Versaillaises plusieurs milliers de francs-maçons des deux obédiences derrière des dizaines de bannières. Cette manifestation fut suivie de l'entrevue entre les deux émissaires de la Commune (dont Thirifocq) et Adolphe Thiers [12], qui se solda par un échec puis par l'écrasement de la Commune par les Versaillais.

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    Contrairement à celles de Paris, les loges de province ne soutinrent pas la Commune et, dès la fin de celle-ci, le Grand Orient désavoua officiellement l'action des loges parisiennes pour se rallier à Thiers et à la Troisième République dans laquelle il fut amené à jouer un rôle de premier plan.

     

    180px-marianne_maconnique.1241468644.jpgMarianne maçonnique, Jacques France 1879.

    Le 8 juillet 1875, Jules Ferry[13] (futur ministre de l'Instruction Publique de la République) et Émile Littré[14] (auteur du dictionnaire éponyme) sont initiés par la loge «la Clémente Amitié».

    La République Française, qui veut ouvrir des écoles laïques sur tout le territoire entre en conflit ouvert avec l'Église catholique qui s'y oppose.

    C'est dans ce contexte que le Grand Orient, qui apporte officiellement son soutien à la République, décide en 1877 de supprimer pour ses membres l'obligation de croire en l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, et pour ses loges l'obligation de travailler «A La Gloire du Grand Architecte de l'Univers». En théorie chaque loge reste libre de son choix de continuer ou pas à respecter cet ancien landmark de la Franc-maçonnerie, mais en pratique, dans un climat envenimé par 30 années de conflit ouvert entre la République et l'ancienne religion d'État, toutes les références à la religion seront progressivement supprimées des rituels du Grand Orient.

    Du côté du Rite écossais du Suprême Conseil de France, l'obligation traditionnelle n'est pas supprimée, mais son Grand Commandeur Crémieux rappellera avec vigueur dès 1876 que sa juridiction n'impose «aucune forme au Grand Architecte de l'Univers».

    Le Suprême Conseil doit également faire face à une fronde des loges des trois premiers grades, qui entendent s'affranchir de sa tutelle. Il finira par leur accorder leur indépendance au sein de la Grande Loge de France (2e du nom) fondée en 1894 pour administrer les trois premiers grades de la franc-maçonnerie du Rite écossais ancien et accepté.

    De 1893 à 1899, la France voit se constituer la première obédience maçonnique mixte, qui deviendra très rapidement internationale, l'Ordre mixte international du Droit humain, qui adopte lui aussi le Rite écossais ancien et accepté.

     

    [1] Lamartine.

    180px-lamartine_par_decaisne.1241541921.jpgLamartine peint par Decaisne musée de Mâcon.

    Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février, 1869, est un poète, un écrivain, un historien et un homme politique. Il appartient au mouvement romantique, sa poésie lyrique incarne une idéalisation de la nature.

    En 1848, à l'occasion de la chute de Louis-Philippe et de la proclamation de la Seconde République, Lamartine fait partie de la Commission du gouvernement provisoire. Il est ainsi Ministre des Affaires étrangères de février à mai 1848. Partisan d'une révolution politique, il est plus proche des libéraux que des partisans d'une réforme politique et sociale, «Louis Blanc, (Louis Jean Joseph Blanc homme politique et historien, Martin Albert, (Alexandre Martin Albert socialiste connu sous la révolution de 1848) etc....»

    Le 25 février 1848, il s'oppose ainsi à l'adoption du drapeau rouge. De concert avec François Arago (François Jean Dominique Arago astronome physicien et homme politique), il mène une politique modérée. C'est lui qui signe le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848. Le 10 mai 1848, le gouvernement provisoire est remplacé par une commission exécutive, dont ont été exclus les plus à gauche (Louis Blanc, etc.). Lamartine siège alors avec Arago (également président de la Commission), Garnier-Pagès, Ledru-Rollin et Saint-Georges.

    On lui doit notamment le célèbre poème «Le Lac», voir ici.

    «Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
    Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s’asseoir !

    (...)

    Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !

    (…)

    Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons !

    (...) »

    Ce passage du poème «Le Lac», de Lamartine, évoque l’apparente impuissance de l’homme face à la fuite du temps. Mais dans un commentaire sur son propre poème, le même Lamartine parle du sablier. Certes, il symbolise «la chute éternelle du temps, son écoulement inexorable et son aboutissement, dans le cycle humain, à la mort». Mais toujours pour Lamartine, le sablier, parce qu’il peut être renversé, signifie aussi la possibilité de renverser le temps, de retourner aux origines. De brèves réflexions sur le sablier et le temps qui passe ici .

     

    [2] Ledru-Rollin.

    180px-alexandre_ledru-rollin.1241542165.jpgAlexandre-Auguste Ledru-Rollin, né à Paris le 2 février 1807 et mort à Fontenay-aux-Roses (Seine actuellement Hauts-de-Seine) le 31 décembre 1874, est un avocat et homme politique. Il fut candidat à l'élection présidentielle Française de 1848. Républicain progressiste, il est l'un des chefs de file de la campagne des banquets. Seconde figure du gouvernement provisoire, il fait adopter par décret le suffrage universel Français, un homme de gauche tout comme Lamartine sur sa fin.

    A 22 ans il est avocat au barreau de Paris, il se signale par ses plaidoyers en faveur des journalistes républicains. Élu député du Mans en 1841 en remplacement d'un des chefs républicains, Étienne Garnier-Pagès, il siège à l’extrême-gauche.

    Il publie en 1846 un manifeste dans lequel il réclame le suffrage universel ce qui lui vaut un procès retentissant. Certes, ses idées économiques manquent de rigueur, mais il exprime des principes républicains très fermes. Il s'oppose à la Monarchie de Juillet et se joint à Alphonse de Lamartine pour dénoncer les «féodalités de l'argent» et le capitalisme nouveau. Rapidement, il devient une figure radicale très importante de la Chambre, voulant changer les institutions à leurs racines même (en particulier l'adoption du suffrage universel).

     

    [3] Le prince Murat,

    140px-lucienmurat.1241541283.jpgLucien troisième prince Murat.

    Lucien Charles Joseph Napoléon Murat, né à Milan (Italie) le 16 mai 1803 et décédé à Paris le 10 avril 1878, le second fils de Joachim Murat et de Caroline Bonaparte, est prince de Naples, prince de Pontecorvo, puis 3e prince Murat.

    Il fut élu député du Lot à la Constituante, puis député de la Seine à la Législative de 1849, il fut membre du comité des Affaires étrangères. Le 3 octobre 1849, il fut ministre plénipotentiaire à Turin (1849-1850). Cette même année, il fut choisi comme colonel par la garde nationale de la banlieue de Paris. Devenu sénateur à la suite du coup d'État par décret du 25 janvier 1852, il obtint en 1853 le titre de prince. Au lendemain du coup d'État de décembre 1851, les dignitaires du Grand Orient, Berville et Desanlis ne virent d'autres moyens pour sauver l'obédience que d'offrir la grande maîtrise au prince Murat qui l'accepta. Il fit voter la constitution de 1854 qui donnait au Grand-Maître, élu pour sept ans, de grands pouvoirs.

     

    [4] Le Temple du Grand Orient de France, devenu musée.

    Le musée du Grand Orient de France a été créé en 1889 sur l'emplacement de l'Hotel Cadet, acheté en 1851, au 16 de la rue Cadet, dans le 9ème arrondissement. Installé dans l'hôtel de Chaulnes, ancienne propriété de la famille Grimaldi, siège du Grand-Orient de France depuis 1851. Le musée occupe l'ancienne salle de bal. Le bâtiment comprend 17 temples maçonniques dont le temple n° 1 dans le style «seconde empire» et le temple n°4 dans le style «art déco».

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    Le musée est créé en 1973 à la suite de l'exposition organisée pour commémorer le bicentenaire de la fondation à Paris du Grand-Orient de France. Il a été complété par des acquisitions et le retour des archives maçonniques spoliées pendant l'occupation et restituées par le gouvernement russe en l'an 2001. Le musée présente l'histoire de la Franc-maçonnerie à l'aide de textes, peintures, portraits estampes, emblèmes, symboles, collection de tabliers de différents grades, de soies brodées ou peintes. Depuis 1998 le musée mène une politique active d'acquisition et de développement culturel.

     

    [5] Maréchal Magnan.

    magnan4-marechal-magnan.1241541528.JPG Le maréchal Magnan est né le 7 décembre 1791 à Paris et décédé le 29 mai 1865 à Paris. Une carrière militaire exemplaire Magnan est élu député de la Seine. A la même époque, le prince président lui confie le commandement des 30 000 hommes réunis sur le Rhin, à la suite des insurrections du Palatinat et du duché de Bade. En 1851, Magnan est nommé commandant de l'armée de Paris, en lieu et place de Baraguey d'Hilliers jugé peu sûr, démissionne de ses fonctions de député et participe avec ardeur au coup d'Etat du 2 décembre. En 1852, il cumule les récompenses pour ses services au prince président, sénateur, maréchal de France, grand veneur. Il est aussi conseiller général puis président du conseil général du Bas-Rhin. De 1851 à sa mort, il commande sans interruption les troupes militaires de la capitale. Il est mis à l'honneur lors du transfert des cendres de Napoléon Ier, le 2 avril 1861 aux Invalides, et porte le collier de la Légion d'honneur.

     

    [6] La Commune de Paris,

    La Commune de Paris désigne une période insurrectionnelle à Paris qui dura deux mois environ, du 18 mars 1871 jusqu'à la «semaine sanglante», 21-28 mai. Cette insurrection contre le gouvernement issu de l'Assemblée nationale, qui venait d'être élue au suffrage universel, établit une organisation proche de l'autogestion pour gérer la ville. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Narbonne, Toulouse, Le Creusot, Limoges), des communes furent proclamées à partir du 23 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement réprimées. Pour Karl Marx, c'est la première insurrection prolétarienne autonome.

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    [7] Charles Floquet,

    180px-floquet.1241541749.jpgCharles, Thomas Floquet, habituellement désigné sous le nom de Charles Floquet, né le 2 octobre 1828 à Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques), mort le 18 janvier 1896 à Paris, homme politique avocat au barreau de Paris 1851.

    Fervent partisan de la République, il chercha à éviter la guerre civile lors de la Commune. Il se distingue en blessant, malgré son grand âge, le général Boulanger au cours d’un duel provoqué par un échange verbal à la Chambre. Charles Floquet avait en effet déclaré à Georges Boulanger, «a votre âge, Napoléon était mort et vous ne serez jamais que le «Sieyès» d’une constitution mort-née».

    Emmanuel-Joseph Sieyès est un homme d'église, homme politique et essayiste. Siéyès devient célèbre dès 1788 par son Essai sur les privilèges. Mais c'est plus encore sa brochure de 1789.

    Qu'est-ce que le tiers état ?

    Texte fondateur de la Révolution Française, qui obtint un grand retentissement et assure sa popularité. Il prend ainsi une part active à la Révolution Française jusqu'à sa fin, par sa participation au coup d'État du 18 brumaire. En 1789, élu député du tiers État aux États généraux, il rédigea le serment du Jeu de paume et travailla à la rédaction de la Constitution. Élu dans trois départements à la Convention, il vota la mort du roi.

     

    [8] Ranvier.

    ranvier.1241543237.gifGabriel Ranvier est peintre et décorateur sur porcelaine. Il est né le 8 juillet 1828 à Baugy (dans le Cher) le 8 juillet 1828 et est mort le 25 novembre 1879 à Belleville.

    C'est une personnalité de la Commune de Paris fils d'un cordonnier, initié franc-maçon en 1863, blanquiste [8.1], il milite pour la Révolution à la fin du Second Empire dans les réunions publiques à Belleville, ce qui lui vaut d’être condamné à la prison pour «attaque contre le gouvernement établi».

    Délégué au Comité central de la Garde nationale, il est impliqué dans l'insurrection du 18 mars 1871 qui marque le début de la Commune, date à laquelle il reprend ses fonctions de maire du XXe. Élu au Conseil de la Commune le 26 mars par cet arrondissement, c’est lui qui proclame la Commune à l’Hôtel de Ville de Paris le 28. Siégeant dès le 30 mars à la commission militaire, Ranvier prend part à la désastreuse expédition contre Versailles du 3 avril. Le 1er mai, il vote pour l’institution d’un Comité de Salut public et combat avec acharnement pendant la Semaine sanglante jusqu’au dernier jour de la Commune le 28 mai.

    Il est de nouveau jugé et condamné à la peine de mort par le 4e conseil de guerre le 14 juillet 1874 pour excitation «à la guerre civile», «fonction dans des bandes armées», «incendie», provocations «à faire des barricades» et «à l’assassinat des otages». Il gagne l’Italie en 1878. Non amnistié, malade, passant par Paris, Gabriel Ranvier meurt à Belleville le 25 novembre 1879.

     

    [8.1] Le Blanquisme,

    le blanquisme est un courant politique dont le nom vient de la personne d'Auguste Blanqui, socialiste du XIXe siècle.

    Blanqui affirmait que la révolution devait être le résultat d'une impulsion donnée par un petit groupe organisé de révolutionnaires, qui donneraient le «coup de main» nécessaire à amener la peuple vers la révolution. Les révolutionnaires arrivant ainsi au pouvoir seraient en charge d'instaurer le nouveau système, socialiste. Engels (Friédrich Angels 28/11/1820-05/08/1895, est philosophe théoricien socialiste Allemand ami de Karl Marx) définit ainsi le blanquisme dans «Le programme des émigrés blanquistes de la Commune» en 1873,

    «Blanqui est essentiellement un révolutionnaire politique, qui n'est socialiste que de sentiment, par sympathie pour les souffrances du peuple, mais il n'a pas de théorie socialiste ni de projets pratiques de transformation sociale. Dans son activité politique il fut avant tout un «homme d'action» qui croyait qu'une petite minorité bien organisée pourrait, en essayant au bon moment d'effectuer un coup de main révolutionnaire, entraîner à sa suite, par quelques premiers succès la masse du peuple et réaliser ainsi une révolution victorieuse».

    L'idée blanquiste est que toute révolution est l'œuvre d'une petite minorité qui dérive automatiquement vers la nécessité d'une dictature après le succès de l'insurrection, d'une dictature que n'exerce naturellement pas toute la classe révolutionnaire, le prolétariat, mais le petit nombre de ceux qui ont effectué le coup de main et qui, à leur tour, sont soumis d'avance à la dictature d'une ou de plusieurs personnes. L'on voit que Blanqui est un révolutionnaire de la génération précédente.

     

    [9] Jules Vallès, de son vrai nom, «Jules Vallez», qu'il ne transformera en «Vallès» que lorsqu'il se mettra à écrire, né au Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 11 juin 1832 et décédé à Paris le 14 février 1885, est un journaliste, écrivain et homme politique.

    Fondateur du journal «Le Cri du Peuple», il est un des élus de la Commune de Paris. Condamné à mort, il dut s'exiler à Londres (de 1871 à 1880).

    L'insurgé,

    200px-valles.1241448616.JPGPhotographie de Jules Vallès

    1868, «La Rue» cesse de paraître. Condamné à deux mois de prison pour des articles sur la police, Jules Vallès est emprisonné à Sainte-Pélagie. Il y fonde le Journal de Sainte-Pélagie.


    * 1869, Jules Vallès fonde le journal «Le Peuple» (quelques numéros), puis le journal «Le Réfractaire» (3 numéros). En mai, il est candidat aux élections législatives contre un «républicain», Jules Simon, et un «impérial», Lachaud. Son programme,

    «J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère ! La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave, un sergent de ville cru sur serment, un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible, tant qu'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable !»

    Jules Vallès, accusé de diviser le camp républicain par sa candidature, est battu. En octobre, voyage sur le champ de bataille de Waterloo pour le dictionnaire Larousse, son article ne sera pas publié.


    * 1870, Jules Vallès relance son journal «La Rue». Écrit à La Marseillaise (journal). La guerre contre la Prusse est déclarée. Jules Vallès, «pacifiste», est arrêté. En septembre, la guerre est perdue, avec la prise de Sedan c'est la chute de l'Empire. La République est proclamée le 4 septembre. Vallès est opposé au «Gouvernement de la Défense nationale». Préparation à la journée révolutionnaire du 31 octobre.

    * 1871, La Commune de Paris

    * 6 janvier, Vallès est un des quatre rédacteurs de L'Affiche Rouge proclamation au peuple de Paris pour dénoncer «la trahison du gouvernement du 4 septembre» et pour réclamer «la réquisition générale, le rationnement gratuit, l'attaque en masse». Elle se terminait par,  «Place au peuple ! Place à la Commune !».

    Février, Jules Vallès fonde le Cri du Peuple. «la Sociale arrive, entendez-vous ! Elle arrive à pas de géant, apportant non la mort, mais le salut».

    * 18 mars - 28 mai, la Commune de Paris.

    26 mars, élection de Jules Vallès à la Commune par 4 403 voix sur 6 467 votants du XVe arrondissement. Durant la Commune, Jules Vallès intervient contre les arbitraires, pour la liberté de la presse. Le Cri du Peuple (83 numéros du 22 février au 23 mai 1871) fut, avec Le Père Duchêne, le journal le mieux vendu de cette période. Vallès siégea d'abord à la commission de l'enseignement, puis à celle des relations extérieures. Il appartient à la minorité opposée à la dictature d'un comité de Salut public. Durant la Semaine Sanglante 20 000 personnes seront fusillées par l'armée de Versailles. Deux faux Vallès seront exécutés par méprise.

     

    [10] Victor Considerant.

    180px-victor_considerant.1241546529.pngest un philosophe, économiste et polytechnicien (promotion de 1826), adepte du fouriérisme, né à Salins-les-Bains (Jura) le 12 octobre 1808, mort à Paris le 27 décembre 1893.

    Penseur socialiste.

    Il s'attache à développer les thèses de Fourier, notamment sur l'idée du phalanstère. Il s'installe à Paris, où il publie divers journaux, notamment sur l'idée du «Phalanstère», «La réforme industrielle», «La phalange» (1836), «La démocratie pacifique» (1843). Il fut, après 1848, élu à la législative, mais dut s'exiler en 1849 en Belgique, puis aux Texas (1852), où il tenta de fonder une colonie. Amnistié, il rentre en France et, en mars 1871, se range aux côtés de la Commune de Paris. Outre ces journaux, il a écrit, «Destinée Sociale» (1838), «Manifeste de l'école sociétaire» (1845), «Théorie du droit à la propriété et du droit au travail» (1848), etc.

    «Un Phalanstère est un regroupement organique des éléments considérés nécessaires à la vie harmonieuse d'une communauté appelée la Phalange. Le concept, très en faveur dans les milieux intellectuels au XIXe siècle, fut élaboré par Charles Fourier et promu par des industriels idéalistes.

    C'est un ensemble de logements organisés autour d'une cour couverte centrale, lieu de vie communautaire proche du kibboutz.

    Dans la théorie de Charles Fourier, le phalanstère est une sorte d'hôtel coopératif pouvant accueillir quatre cents familles (environ deux mille membres) au milieu d'un domaine de quatre cents hectares où l'on cultive les fruits et les fleurs avant tout.

    Les phalanstères ont fait l'objet de tentatives d'application nombreuses en France et aux États-Unis au XIXe siècle»

    «Si donc on veut la liberté..., il faut rechercher les conditions du bien-être général et de l'aisance universelle, premières bases du développement des droits, des libertés, première conditions de la véritable émancipation de tous».

    Destinée sociale. «Dans aucune œuvre, la Commune sociétaire n'a été aussi bien élaborée que dans les écrits de Considérant». (cité par Max Nettlau).

     

    [11] Élisée Reclus.

    125px-eliseereclusnadar.1241546687.jpgÉlisée Reclus, de son vrai nom Jean Jacques Élisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) le 15 mars 1830 et mort à Torhout en Belgique le 4 juillet 1905, est un géographe, militant et penseur de l’anarchisme Français.

    Élisée Reclus et son frère Élie firent une brève incursion dans le monde de la franc-maçonnerie. Très rapidement ils s’en détachèrent (Élisée plus vite qu’Élie) et aucun ne remit les pieds dans une réunion, sauf lors de leur dernier exil à Bruxelles, mais pour y faire des conférences.

    La soif de liberté et d’indépendance de deux frères ne pouvait se satisfaire des rites présidant aux réunions des loges.

    Avec la guerre franco-prussienne de 1870, puis la Commune de Paris, Élisée s’engage activement dans l’action politique. Il commence par se présenter aux élections législatives de février 1871, puis après la proclamation de la Commune (28 mars 1871), Élisée participe, en tant qu’engagé volontaire dans la Garde nationale, à une sortie à Châtillon au cours de laquelle il est fait prisonnier par les Versaillais (4 avril 1871). Il est emprisonné à Quélern, puis à l’île de Trébéron (près de Brest), enfin à Saint-Germain et Versailles. Le 15 novembre 1871, le Conseil de guerre le condamne à la déportation simple (transportation) en Nouvelle-Calédonie. Une pétition internationale regroupant essentiellement des scientifiques Anglais et Américains et réunissant une centaine de noms (dont vraisemblablement Darwin), obtient que la peine soit commuée en dix années de bannissement.

    Pendant toute cette période d’emprisonnement, et malgré des conditions peu favorables, Élisée commence à rédiger certains de ses grands textes géographiques, «Histoire d’une montagne, ainsi que les premiers éléments de sa Nouvelle Géographie Universelle, dont la publication sera poursuivie très régulièrement jusqu’en 1894».

    L’anarchiste,

    Il s’agit sans doute de ce qui le définit en premier lieu. Élisée Reclus rédigea de très nombreux articles, prononça nombre de conférences sur le thème de l’anarchie. Il participa aussi à des congrès d’organisations ouvrières (AIT notamment, ligue de la Paix et de la Liberté) dans lesquels il se retrouva avec d’autres révolutionnaires libertaires (Bakounine, Kropotkine, Dumartheray, Jean Grave, James Guillaume, Max Nettlau). Il développa ses idées dans plusieurs brochures (le développement de la liberté dans le monde, Évolution et révolution, La peine de mort). De nos jours les mouvements anarchistes et libertaires se réclament encore de lui.

     

    [12] Adophe Thiers.

    200px-adolphe_thiers.1241546825.jpgAdolphe Thiers, né le 15 avril 1797 à Marseille et mort le 3 septembre 1877 à Saint-Germain-en-Laye, est un avocat, journaliste, historien et homme d’État.

    Il fut notamment ministre et président du Conseil sous la Monarchie de Juillet, député sous la IIe République et pendant le Second Empire, et le premier président de la Troisième République, le deuxième à avoir occupé cette fonction en France.

    Un des chefs historiques de la droite orléaniste, il est notamment responsable de l’écrasement de la Commune de Paris au cours de la Semaine Sanglante (1871), avant de se prononcer pour la fondation d’une République conservatrice.

    La Commune de Paris (1871)

    Il est élu «chef du pouvoir exécutif de la République Française», c’est-à-dire à la fois chef de l’État et du gouvernement le 17 février 1871 par l’Assemblée nationale, réfugiée à Bordeaux, tandis que le roi de Prusse proclame l’Empire Allemand à Versailles (à la galerie des glaces) où il réside.

    Il conclut le traité de Francfort avec Bismarck en 1871. Mais l’importance des réparations financières et le refus de l’armistice, jugé comme une trahison envers le peuple, entraînent le soulèvement de Paris qui proclame la Commune.

    Depuis Versailles où s’est installé le gouvernement, Thiers assiège Paris et écrase l’insurrection dans le sang. Les communards lui attribuent alors le surnom de «Foutriquet».

    Les communards qui ne sont pas morts au combat sont déportés au bagne de Nouvelle-Calédonie ou exécutés à la suite de procès souvent jugés inéquitables (exécution du Ministre de la guerre Louis-Nathaniel Rossel). En tout et pour tout, Louis Adolphe Thiers fait exécuter durant la Semaine Sanglante plus de 25 000 communards, dont une partie au mur des Fédérés, situé au cimetière du Père-Lachaise, lieu historique entre tous.

    Cela lui vaut ce terrible jugement du républicain Georges Clemenceau, maire de Montmartre pendant la Commune, «Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné qui s’enfonce sans broncher dans le sang».

     

    [13]Jules Ferry,

    180px-jules_ferry_by_georges_lafosse.1241540466.jpgCaricature de Jules Ferry parue dans le «trompbinoscpoe de Touchatout en 1872»

    Jules Ferry, né le 5 avril 1832 à Saint-Dié (Vosges, Lorraine) et mort le 17 mars 1893 à Paris, est un homme politique.

    Plusieurs décennies après sa mort, le ministre, promoteur de l’œuvre scolaire de la Troisième République, est devenu une figure emblématique de la laïcité Française. Il fait partie des rares hommes politiques pères fondateurs de l’identité républicaine en France. Il a rendu l’instruction obligatoire et l’enseignement laïc, ce que certains résument en «école gratuite, laïque et obligatoire».

    Parallèlement, Jules Ferry se montre un partisan actif voire zélé de l'expansion coloniale Française.

    Opposant actif au Second Empire, il connaît la notoriété en publiant en 1868 un pamphlet humoristique contre le préfet de la Seine «Les Comptes fantastiques d'Haussmann». Il est élu député républicain de la 6e circonscription de Paris en mai 1869.

    Dans son parcours républicain, le 4 septembre 1870, il devient membre du gouvernement de la Défense nationale. Nommé maire de Paris du 16 novembre 1870 au 18 mars 1871, il eut la charge, au demeurant quasi-impossible, d'assurer le ravitaillement de la capitale assiégée par l'armée Prussienne. Les restrictions alimentaires qu'il fallut imposer lui valent le surnom de «Ferry-Famine». Dès le premier jour de l'insurrection de la Commune de Paris, il fuit la ville après avoir échappé à des violentes agressions. Il devient un adversaire résolu des communards.

    Franc-maçon et mari à quarante-trois ans, le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France à la loge «La Clémente Amitié». Il y est reçu en même temps que Littré et que Grégoire Wyrouboff. Une grande publicité est faite au discours que Littré prononce à cette occasion, et la presse en donne un large écho. Par la suite, Ferry appartiendra à la loge «Alsace-Lorraine».

     

    [14] Emile Littré.

    emile_littre.1241547009.jpgÉmile Maximilien Paul Littré, né à Paris le 1er février 1801 et mort à Paris le 2 juin 1881, est un lexicographe et philosophe Français, surtout connu pour son Dictionnaire de la langue Française, communément appelé Le Littré.

     

     

     

     

     

     

    Le prochain dossier sera la Franc-maçonneire de la fin du XIXème au XXème siècle

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