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suite 4

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 4,

    Le grand Orient de France.

     

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    Le grand Orient de France est l'obédience maçonnique Française historique par excellence. Elle a vu passer de grands hommes comme Benjamin Franklin, Lafayette, Proudhon, Juies Ferry et tant d'autres.

    Cette obédience est classée parmi les Grandes Loges dites libérales et adogmatiques, progessiste et ouverte aux évolutions de son temps. Elle autorise à recevoir des Soeurs (loges) visiteuses des autres obédiences, mais ces visites sont laissées à l'appréciation de chaque loge. Le Grand Orient se définit comme une fédération de rites. Il pratique le rite Français dit Groussier, le rite Français rétablit, le rite Ecossais ancien et accepté, le rite de Memphis-Misraïm, voir ici Le Grand Orient de France .


    Le rite Écossais ancien et accepté du Grand Orient de France.

    Est l'un des rites maçonniques les plus répandus dans le monde. Il fut fondé en 1801 à Charleston (États-Unis) sous l'impulsion des Frères John Mitchell et Frederic Dalcho, sur la base des Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse. C'est à l'origine un Rite destiné uniquement aux grades qui suivent le grade de Maitre et il n'acquière sa pleine pertinence qu'à partir du 4e degré.

    Bien qu'il soit composé de 33 grades, il est habituellement pratiqué dans le cadre de deux organismes complémentaires mais distincts, «Une obédience maçonnique qui fédère des loges des trois premiers grades de la franc-maçonnerie». Une «juridiction» de hauts grades maçonniques, dirigée par un «Suprême Conseil», qui regroupe des ateliers du 4e au 33e degré.


    Le rite Français du GODF.

    Le Rite Français, également appelé parfois rite «moderne», est un rite maçonnique pratiqué sous différentes formes et par plusieurs obédiences Françaises. Le Rite Français est intimement lié à la naissance de la franc-maçonnerie en France. Les exilés britanniques apportent le rite des Modernes qui sera traduit, progressivement, en Français. Mais si cette forme hybride ne connaît encore le nom de Rite Français, c'est bien pour se distinguer des systèmes dits «Écossais» que celui-ci se forme. Afin d'assurer une Franc-maçonnerie à dimension nationale, le Grand Orient de France organise l'uniformisation des rites «modernes» hexagonaux dès 1782.

    En 1785, le modèle est fixé pour les trois premiers degrés en «loge bleue» qui connaissent une forte influence Anglaise en distinction toujours des rites Écossais. Plusieurs réformes du rite vont être entreprises. En 1858 s'impose le Rite Français dit Murat qui revient aux fondements des Constitutions d'Anderson sans pour autant transformer durablement le rite.

    Après la rupture de 1877, le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France décide d'une nouvelle réforme. Celle-ci aura lieu en 1879 où sont évincés du Rite Français les formules à connotations religieuses dont, par exemple, la référence au Grand Architecte de l'Univers et les devoirs envers Dieu. La commission dirigée par Louis Aimable en 1886 conclura la forme adogmatique du rite en lui donnant une teinte positiviste.

    On parlera après cette date du Rite Français dit Aimable. Ce dernier connaîtra quelques rectifications de moindre importance en 1907 pour rester tel quel jusqu'en 1938. 1938 voit l'initiative du Grand Maître Arthur Groussier du Grand Orient de France pour une nouvelle réforme du rite. Elle est une tentative d'un retour aux sources après la somme des rajouts et des suppressions qui rendirent le Rite Français quelque peu illisible et surtout dénué de son âme. La version définitive du Rite Français dit Groussier sera achevée en 1955 sous l'autorité de Paul Chevalier.

     

    Le rite Écossais rectifié du GODF.

    Le Rite Écossais Rectifié (R.E.R.) est un rite maçonnique d'essence chrétienne, fondé à Lyon en 1778. Il a été principalement élaboré par Jean-Baptiste Willermoz, (voir le dossier suite 2). Le Rite Écossais Rectifié est un rite chevaleresque, structuré en quatre grades maçonniques et un grade chevaleresque assorti d'une période probatoire d'écuyer novice formant l'Ordre intérieur. Une succession de multiples couvents a permis son élaboration progressive.

    Le R.E.R. est chrétien, mais selon l'obédience ce christianisme est admis soit dans un sens strict faisant référence à la Sainte Trinité et à l'Incarnation du Verbe, soit dans un sens plus large du terme, c'est-à-dire sans référence aux dogmes chrétiens.

    Il s'articule de la manière suivante,
    *Loges bleues,
    *Apprenti,
    *Compagnon,
    *Maître.


    Le rite de Menphis-Misraïm.

    Les Rites maçonniques égyptiens forment une famille de rites maçonniques utilisés par un assez petit nombre de loges maçonniques (de l'ordre de la centaine), principalement en France, réparties dans un assez grand nombre d'obédiences (de l'ordre d'une vingtaine). Il s'agit de rites d'inspiration mystique et hermétique. Les principaux d'entre eux sont:
    * Le Rite de Misraïm,
    * Le Rite de Memphis,
    * Le Rite de Memphis et Misraïm (époque de Garibaldi),
    * Le Rite de Memphis-Misraïm (tel que rénové par Ambelain).

    Les origines,

    Plusieurs Rites ou Ordres initiatiques ont existé en France à la fin du XVIIIe siècle. Ils se présentaient comme héritiers de divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciens. C'est le cas par exemple en 1767 des Architectes Africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parfaits initiés d'Egypte, en 1801 de l'Ordre sacré des Sophisiens et en 1806 des Amis du désert. Ces Rites s'inspiraient de ce que l'on appelait la «tradition égyptienne», et consistaient en une association de traditions et de textes, telles qu'ils étaient comprises à cette époque. C'est le cas par exemple du «Séthos» de l'Abbé Jean Terrasson (1731), «l'Oedipus aegyptianicus » d'Athanasius Kircher (1652) et du «Monde primitif» d'Antoine Court de Gébelin (1773). La Kabbale judéo-chrétienne, l'hermétisme néo-platonicien, l'ésotérisme, les traditions chevaleresques et autres trouvaient également là une source naturelle d'expression. C'est ainsi que Cagliostro, (voir le dossier suite 2)par exemple, qualifia le rite qu'il constitua dans les années 1780 de «Rite de la haute maçonnerie égyptienne». Mais c'est surtout au début du XIXe siècle, suite à la campagne d'Égypte, que l'Egyptomanie se développa le plus dans la Franc-maçonnerie comme dans l'ensemble de la société Française.

    La Franc-maçonnerie est une toile imbriquée complexe de rites anciens qui ont subi des évolutions au cours du temps suivant les influences de Grands Maitres et de la Révolution de sorte qu'il est bien difficile d'en faire l'histoire d'autant que le Grand Orient de France est né en 1773 d'une profonde transformation de la Grande Loge de France de l'époque.

     

    Le XVIIIème siècle ne fût pas que le siècle des Lumières, et ne fût pas seulement celui de la Franc-maçonnerie, il fût aussi celui d'une profonde mutation.

    Lassés du despotisme royal et de la toute puissance de la religion, les intellectuels, les fonctionnaires, les bourgeois, les clercs cherchaient à gagner leur liberté à trouver dans la science et la philosophie des réponses qu'ils n'avaient pas trouvées dans le foi, les dossiers de l'histoire.

    Philosophesdes Lumières et Franc-maçonnerie en défendant la science et la raison ne pouvaient que rencontrer un réel succès. Le nombre de penseurs, artistes, scientifiques, politiques de cette époque en atteste, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Kant, Goethe, Haydn, Mozart, Newton Franklin et Lafayette, tous vinrent confirmer leurs pensées dans le secret des loges échangeant leur réflexion dans les concepts de liberté et de démocratie.

    Danton et Robespierre et d'autres ont trouvé ont trouvé leur inspiration dans les loges.

     

    Benjamin Franklin

    200px-benjamin_franklin_by_jean-baptiste_greuze.1240249700.jpgIl en fût de même pour Benjamin Franklin qui eut le privilège lorsqu'il était ambassadeur à Paris de côtoyer au sein de la loge des Neufs Sœurs Voltaire et il y fût intégré, deux ans plus tard il fût élu Grand Maitre. Avec d'autres penseurs du siècle il put élaborer à leur contact les grandes lignes de la déclaration d'indépendance Américaine. Un autre franc-maçon militaire de 23 ans y contribua. Il sacrifia une partie de sa fortune pour chasser les insurgés et aussi les troupes Anglaises du nouveau continent. Cet homme n'est autre que Lafayette appelé le héros des deux mondes.

    Benjamin Franklin né le 17 janvier 1706 à Boston, décédé le 17 avril 1790 à Philadelphie, est l'une des plus illustres figures de l'histoire Américaine, à la fois écrivain, physicien et diplomate. D'abord imprimeur à Philadelphie, il se fait connaître par le succès de ses almanachs. Attaché à la liberté, homme des lumières complet, franc-maçon de la tradition britannique, il est devenu membre en février 1731 de la loge de Saint-Jean à Philadelphie, l'une des premières loges maçonniques en Amérique. En mai 1732, il publiait «Constitutions of Free Masons» de Anderson, ceci constituait le premier livre maçonnique publié en Amérique. Le 24 juin 1732, il devint Grand Maître de la loge de Saint-Jean. De 1735 à 1738, il fut secrétaire de la loge et le 10 juin 1749 il fut élu Grand Maître de la province. L'année suivante, il cédait ce poste et devint Grand Maître adjoint. Il joua un rôle actif dans la construction du premier temple maçonnique en Amérique. En visite à Boston, il visitait les franc-maçons de la loge Saint-Jean.

    On comprend l'importance de la Franc-maçonnerie au moment de la révolution américaine lorsque l'on constate que Georges Washington lui-même était franc-maçon, que neuf signataires de la Déclaration d'indépendance étaient maçons et que treize signataires de la Constitution des États-Unis en étaient aussi.

    Précurseur des «encyclopédistes» et inventeur, il démontre la nature électrique de la foudre.

    Administrateur, philanthrope mais aussi savant, homme politique et diplomate, il était démocrate et élu de Philadelphie, il fût le premier grand self-made-man des États-Unis. Il représenta les colons de Pennsylvanie à Londres. Nommé Maître des postes des colonies, il est chargé de protester contre les taxes britanniques au nom des colons. Corédacteur et signataire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique de 1776, il est l'un des «pères fondateurs des États-Unis», dont il devint le premier ambassadeur en France.

     

    Gilbert de Motier marquis de Lafayette milite en Franc-maçonnerie.

    200px-gilbert_du_motier_marquis_de_lafayette.1240260322.jpgMarie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de Lafayette (6 septembre 1757 - 20 mai 1834), est un général et un homme politique Français et Américain, héros de la guerre d'indépendance Américaine et personnalité de la Révolution Française. Il a été fait citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique en 2002, à titre posthume. Il est enterré au cimetière de Picpus, à Paris. Personnage le plus influent des débuts de la Révolution, à la chute de la Monarchie en 1792, il dut se retirer de la vie publique, pour ne rejouer de véritable rôle politique qu'à partir de la Restauration.

    Lafayette est lié à la Franc-maçonnerie depuis 1774, année de son mariage avec Mademoiselle de Noailles et qu'il est resté en relation avec les milieux maçonniques en Amérique. Il a été naturellement influencé par le projet maçonnique, par ses rites, ses obédiences, sa volonté égalitaire, et son sens de la justice.

    Il est initié par l'intermédiaire de son beau-frère, le Vicomte de Ségur, entra dans la loge maçonnique «La Candeur» où il fut initié en 1775 à l'âge de 18 ans. On sait que la Franc-Maçonnerie a joué un rôle d'importance dans l'accession de l'Amérique à l'indépendance. L'aristocrate Lafayette a toujours été épris de justice et de liberté. Au contact des ses frères et des philosophes du temps, il s'enflamme pour la cause de la démocratie.

     

    200px-lafayettemasonicsword.1240260659.jpgL'épée maçonnique de Lafayette.

    L'Amérique, cherchant à se libérer du joug britannique, sera un idéal pour ces jeunes hommes fougueux prêts à rejoindre les insurgés dont les chefs sont tous franc-maçons. Disposant d'une fortune et de l'appui de ses frères, le marquis mettra tout en œuvre pour venir en aide aux Américains et rejoindre ainsi une communauté de pensée. Son dévouement et son engagement pour la cause de la liberté, de la démocratie, de l'abolition de l'esclavage furent exemplaires. Il influencera toutes les révolutions patriotiques, d'abord en Amérique (1777), puis en France (1789), en Amérique du Sud, en Espagne (1820), à nouveau en France et en Belgique (1830) et finalement en Pologne (1831-1833), et aussi dans d'autres mouvements en Irlande, Suisse, Italie et Allemagne.

    Lafayette sera reçu franc-maçon en 1777 à la loge militaire «American Union» de par son amitié avec George Washington. Il sera également affilié à la loge «Saint-Jean d'Écosse du Contrat Social» le 24 avril 1782 et deviendra Vénérable de la Loge «Les Amis de la Vérité» de Rosay-en-Brie en 1806, sous l'Empire qui vit aussi de nombreux francs-maçons. Dès 1777, il écrivait à sa femme,

    «Défenseur de cette liberté que j'idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république (des Etats-Unis) si intéressante, je n'y porte nul intérêt personnel. Le bonheur de l'Amérique est intimement lié au bonheur de toute l'humanité, elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l'honnêteté, de la tolérance, de l'égalité et d'une tranquille liberté».


    Quel message pour aujourd'hui! On peut dire que Lafayette fut le type du parfait révolutionnaire.

     

    Le prochain dossier portera sur la Franc-maçonnerie sous l'Empire

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