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suite 24

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 24,

    la période contemporaine .

     

    Sarkozy et la Franc-maçonnerie suite.

     

    Depuis l'histoire de la république aucun président n'avait franchi les portes du temple de la Franc-maçonnerie, et bien cela a été fait pas notre cher président Sarkozy en janvier 2008 au Grand Orient de France. Seul Albert Lebrun un socialiste l'avait fait en 1932. C'était sur l'invitation du GO de se rendre en tenue blanche fermée dans leur temple.

    Après le discours de Nicolas Sarkozy, à Rome, sur les «racines chrétiennes de la France», Jean-Michel Quillardet, le grand maître du Grand Orient, 2005- 2008, s'est ému publiquement de la menace implicite sur la laïcité que recelaient de tels propos.

    Si certains se demandaient à quoi pouvaient encore bien servir les francs-maçons, Nicolas Sarkozy leur a fourni la réponse. Il a réveillé les loges qui ont démontré qu'elles ne badinaient pas avec la laïcité. Après le discours du Latran, Jean-Michel Quillardet, a été le premier à réagir, suivi par sept obédiences, du Droit humain à la Grande Loge féminine de Memphis Misraïm.

     

    «Nous avons immédiatement demandé un rendez-vous à l'Elysée, raconte-t-il. Nous avons été reçus dès le 8 janvier».

    Une heure d'entretien avec cinq anciens grands maîtres dont Alain Bauer, un proche de Sarkozy.

     

    «Ce n'est pas vous, les francs-maçons, qui aimez tant débattre, qui allez me reprocher de faire la même chose, leur a lancé le président. J'ai des convictions religieuses, je ne vois pas pourquoi je ne les exprimerais pas !».

     

    Il a réuni quelques anciens Grands Maîtres pour demander collectivement un rendez-vous à l'Elysée. C'est au cours de cette rencontre qu'a été lancée l'invitation.

    Après avoir rassuré ses hôtes sur le fait que la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne subirait que des aménagements techniques mineurs, le président conclut ainsi,

     

    «vous ne pouvez tout de même pas me reprocher de lancer le débat. Mais nous serions heureux qu'il se poursuive au Grand Orient de France, répond Jean-Michel Quillardet. J'attends votre invitation officielle».

     

    Celle-ci n'a pas encore été envoyée mais la date et la forme sont à peu près arrêtées. Ce sera après les municipales, en mai ou en juin, avec une allocution d'accueil du grand maître, un discours de Nicolas Sarkozy sur un thème de son choix, puis quelques questions de la salle. Les francs-maçons ont rarement été aussi bien traités par un chef de l'Etat.

    Ces bonnes dispositions ne peuvent pas résulter de la proportion de ministres initiés au sein du gouvernement, elle est quasi nulle, si l'on excepte le cas, non négligeable il est vrai, de Brice Hortefeux, qui a longtemps fréquenté la Grande Loge nationale Française (GLNF).

    Alain Bauer 2000-2003, aurait pu faire augmenter la proportion, mais il a refusé à deux reprises, la première fois quelques mois avant l'élection, la seconde à la fin de l'année dernière, de devenir ministre délégué à la Sécurité publique, préférant rester l'«expert en tout» du président, de la banlieue à la criminalité en passant par les jacqueries étudiantes. A l'Assemblée nationale et au Sénat ? Les connaisseurs voient un peu plus d'un parlementaire sur dix appartenir à la confrérie.

    «Certains ne se dévoilent vraiment pas, explique l'un d'entre eux, plutôt partisan de la transparence. Et puis d'autres doivent-ils être comptés comme tels, alors qu'ils ont passé six mois en loge il y a trente ans ?»

    Et de citer le cas de Christian Poncelet. Soutenu par les Frères de la haute assemblée lorsqu'il s'est présenté à la présidence du Sénat, celui-ci est souvent présenté comme maçon et ne dément pas, allant même jusqu'à distribuer des poignées de main «codées», avec pression du majeur, aux dignitaires maçonnique.

     

    Le GO contre Sarko ?

    L'épisode de l'amendement sur les tests ADN, à l'automne dernier, a été l'occasion de mesurer l'influence fraternelle dans les hémicycles et de constater que celle-ci ne s'exerce pas de manière univoque. Alors que le Grand Orient prend publiquement position contre l'amendement et le principe, le président de la fraternelle parlementaire, le député PS Pierre Bourguignon, tente de mobiliser ses troupes.

    «Mais les francs-maçons se sont dispersés au moment du vote, car la discipline de groupe l'emporte sur cette appartenance, regrette Jean-Michel Quillardet. Je crois que la solidarité était d'autant plus difficile à tenir que Thierry Mariani, l'auteur de l'amendement contesté lui-même, est très proche de la GLNF»

    Que reste-t-il, alors, de l'influence maçonnique ?

    D'abord, une force numérique qui ne cesse de croître. Au Grand Orient, les effectifs augmentent de 1 000 personnes par an, pour atteindre environ 50 000 membres, alors qu'ils n'étaient que 30 000 au plus fort de la IIIème République.

    «Cette vague d'adhésions a commencé il y a plusieurs années mais elle ne se ralentit pas, constate Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque de l'Obédience et du Musée Maçonnique. Elle concerne pour beaucoup des cadres moyens, des professions libérales, de hauts fonctionnaires aussi. Mais le profil typique, c'est le médecin de 40 ans qui a beaucoup travaillé et vécu dans la camaraderie pendant ses longues études, puis s'est trouvé esseulé dans son cabinet et veut retrouver à la fois un lieu d'échanges et un centre d'intérêt dans sa vie».

    Une vision quelque peu idyllique de l'engagement, qui, dans certains secteurs comme la police, l'Education nationale ou les entreprises publiques, reste un notable accélérateur de carrière. Sans parler de l'immobilier, ou de tout ce qui concerne les prestations offertes aux collectivités locales, où certaines loges sont presque consacrées au business.

     

    Combien de divisions ?

    Vous avez dit business ?

     

    A l'énoncé de ce mot fatidique, tous les regards se tournent vers la GLNF, dont l'image a été meurtrie dans les années 90 par divers scandales. Forte de la reconnaissance que lui offre Londres, berceau de la franc-maçonnerie dite «régulière», celle-ci pratique un ostracisme certain à l'égard des autres obédiences, comme la Grande Loge de France (GLF) ou le Grand Orient, qui en sont plus qu'agacés.

    La GLNF comptait 5 000 adhérents il y a vingt ans et revendique un effectif de 38 000 personnes, en croissance de 3 500 nouveaux arrivants chaque année,

    «38 000 frères appartenant à des catégories socioprofessionnelles élevées et dotées de capacités de réflexion, est-ce que ça constitue une force d'intervention et d'influence ?»

    Bien sûr que oui,

    s'exclame avec satisfaction François Stifani, le tout nouveau grand maître de la Grande Loge nationale Française, qui assure que la frénésie prosélyte de ces dernières années est révolue.

    Ce n'est pas l'avis des frères des autres obédiences, outrés par l'agressivité commerciale, si l'on ose dire, de la GLNF. Exemple, à Valence, dans la Drôme, a longtemps existé une seule loge, affiliée au GO. Le vénérable est un chef de service hospitalier, et l'on trouve parmi les membres un magistrat, plusieurs médecins et d'autres professions libérales. Un grand classique de la maçonnerie provinciale. Au fil du temps sont apparus d'autres ateliers relevant de la GLF, de Droit humain, obédience mixte plutôt classée à gauche, et de la Grande Loge féminine de France (GLFF).

    Tout ce petit monde vivait en bonne intelligence jusqu'à la fondation d'une loge de la GLNF. Des cadres de cette obédience venus des environs ont été missionnés pour trouver un local, assurer une tenue par mois dans la ville et créer ainsi une loge montée de toutes pièces qui n'accueillait, au départ, aucun habitant de la ville. Puis ils ont établi la liste de personnes «socialement intéressantes», auxquelles ils ont adressé un courrier pour se présenter et leur proposer de les rejoindre.

    « Comme toujours avec le marketing direct, même appliqué à la franc-maçonnerie, la plupart des destinataires ont jeté la lettre au panier. Quelques-uns se sont manifestés tandis que d'autres étaient déjà dans des loges concurrentes, et se sont indignés de ce racolage déloyal, raconte un responsable du Grand Orient en province. A supposer que nous voulions nous aligner sur eux, nous ne pourrions pas, nous nous ferions lyncher par nos adhérents».

    Le GO, pourtant, a répliqué à ce dynamisme un peu excessif en organisant des sortes de séances d'«amphi-retape» dans les facultés et dans les grandes écoles. Une révolution dans la maison, avec pour objectif affiché un rajeunissement des cadres et comme résultat quelques adhésions et des scènes parfois cocasses. A l'Institut d'études politiques de Bordeaux par exemple, ville où la maçonnerie est solidement implantée, un étudiant demande à Alain Bauer, parti en terre de mission, si Alain Juppé est franc-maçon,

     

    «Non, ça n'aurait pas été possible, répond ce dernier. Pourquoi ? interroge l'étudiant. Car Alain Juppé aurait tout de suite voulu être grand maître, et comme il n'aurait supporté personne, il se serait retrouvé seul dans sa loge».

     

    Une sortie qui a connu un certain succès parmi le public, un peu surpris... La Grande Loge de France se montre beaucoup plus discrète, comme le souligne son grand maître, Alain Graesel, «Je fais une réunion publique par semaine autour d'un thème qui peut être la spiritualité non religieuse, la refondation d'un humanisme modernisé ou les conséquences éthiques des progrès scientifiques». La dernière, à Saint-Etienne, a tout de même réuni 450 personnes, dont la moitié seulement étaient des maçons. Mais nous ne sommes ni favorables au prosélytisme, ni partisans de nous impliquer dans les débats politiques tels que le trou de la Sécu. Ce qui nous intéresse, c'est la «méta». Pour le reste, pas besoin d'être franc-maçon, il suffit de se comporter en citoyen responsable.

    Le nombre de divisions, de plus en plus important, de chaque obédience, à commencer par la GLNF, est la première raison qui incite les pouvoirs en général à tenir les francs-maçons pour des quantités non négligeables, et le réseau qu'ils forment, malgré leurs querelles de chapelle, pour un vecteur d'influence à ménager, voire à flatter. Avant d'être invités à l'Elysée, les Grands Maîtres ont été reçus, en novembre 2007, par François Fillon à Matignon, et Jean-Michel Quillardet, du GO, par Michèle Alliot-Marie Place Beauvau.

     

    Les forteresses maçonniques.

    La persistance de bastions inexpugnables, ensuite, donne une assise à l'institution. La plus grosse fraternelle (regroupant les frères par corps de métier, au risque d'augmenter les dangers de collusion et de trafic d'influence) est celle de l'Éducation nationale, qui compte près d'un millier de personnes, suivie par celle du ministère de l'Intérieur, baptisée «Club La Reynie», forte de plus de 700 membres.

    La statistique d'un quart des commissaires francs-maçons a longtemps couru et est désormais exagérée, mais toutes les obédiences sont représentées parmi les forces de l'ordre, avec une prédilection pour la sécurité publique et le renseignement. Le Grand Orient se taille la part du lion dans cette clientèle massive.

    «Certaines loges sont composées de policiers à plus de 60 %, raconte un ancien vénérable. Quand je présidais la mienne, il m'arrivait d'appeler un de mes homologues, dans un autre atelier, pour lui demander d'accueillir un flic, parce que nous affichions complet chez nous».

    Jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est privé d'un conseiller franc-maçon, capable de discuter avec les syndicats policiers et de décrypter un organigramme non publié où les hiérarchies sont parfois inversées par le poids maçonnique de chacun. Au côté du Club La Reynie, qui ratisse large, la préfecture de police de Paris a sa fraternelle propre, de même que les hauts fonctionnaires de tous les ministères et des cénacles plus spécialisés comme le Cercle Joffre, consacré au monde du renseignement et tellement à cheval sur le secret de l'appartenance qu'il n'invite que des conférenciers eux-mêmes initiés, donc tenus à la discrétion sur les membres qu'ils auraient pu reconnaître.

    Le secret, dans la police, pose un problème spécifique qui demeure un sujet tabou, comment un frère exerçant des fonctions d'autorité dans des enquêtes sensibles s'arrange-t-il avec le serment maçonnique qu'il a prononcé, dans le cas où des frères se trouvent mis en cause dans le dossier ? La question n'est pas seulement théorique,

    «la plupart des francs-maçons n'ont rien à voir avec les affaires financières, mais on trouve souvent des francs-maçons dans ces dossiers-là»,

    assure un magistrat. Actuellement, une affaire en cours d'instruction pour abus de biens sociaux à Paris implique plusieurs frères, parmi lesquels deux anciens policiers, dont un très haut gradé, qui savent, à l'occasion, aller aux nouvelles chez leurs anciens collègues. Le mouvement de privatisation a beaucoup nui à l'influence maçonnique, qui a toujours recruté massivement dans les entreprises nationalisées. EDF ou Air France, mais aussi La Poste, où, aujourd'hui encore, une promotion sur deux ou trois est accordée sur des critères d'appartenance fraternelle.

    Mais, à l'inverse, l'essor du mouvement associatif ne peut que favoriser celui des francs-maçons, qui sont présents en masse dans de grosses machines comme la Ligue de l'enseignement ou de grandes institutions de défense des handicapés, par exemple. L'influence, enfin, est surtout locale, municipale ou départementale.

    Un haut fonctionnaire en poste à Limoges a mis du temps à comprendre que l'ex-député (et ancien magistrat) Alain Marsaud était un franc-maçon moins gradé que le maire socialiste de la ville.

    Un détail qui n'en est pas un dans une ville où plus de la moitié des décideurs portent le tablier. A Bergerac s'est tenu, le 13 novembre, un procès surréaliste opposant deux anciens dirigeants d'une grosse association locale gérant des centres d'aide par le travail pour les handicapés. Une affaire compliquée mais dans laquelle tous les protagonistes sont francs-maçons, puisque le principal mis en cause, Charles-Marie Girault, a été introduit au Grand Orient par le représentant de la partie civile, lui-même défendu par le bâtonnier, ancien vénérable de la loge.

    Toutes ces appartenances ont fait l'objet de dépositions et d'échanges inhabituellement vifs devant le tribunal. «Les liens maçonniques entre les parties, avérés en cours d'instruction, ont parfois pesé sur la procédure», note Me Thibault de Montbrial, avocat de Charles-Marie Girault. Il est vrai que ce dossier, assez insignifiant sur le fond, mobilise la justice française depuis huit ans, à la suite d'une décision de la chambre de l'instruction de Bordeaux qui exigeait un renvoi en correctionnelle. Il a donc fallu attendre le 15 janvier pour revenir à la case départ, avec un jugement de relaxe favorable à Charles-Marie Girault, celui qui avait révélé les liens maçonniques unissant tous les protagonistes.

    A Lyon, Gérard Collomb et certains adjoints n'ont jamais fait mystère de leur appartenance. Une manière de couper court aux fantasmes qui circulaient en ville. Mais voilà, les francs-maçons qui acceptent avec décontraction de dévoiler leur appartenance sont encore très minoritaires. Un vrai problème dans une démocratie moderne et libérée de toute menace totalitaire, susceptible de relancer une «chasse au maçon». Mais peut-être ce réseau tire-t-il une grande partie de son influence et de son aura de cette obligation de silence, qui permet à chacun de se dévoiler mais qui interdit à tous de révéler l'appartenance de l'un des leurs, éléments tirés du Point.fr ici.

    On voit bien que la Franc-maçonnerie est avant tout du business pour la marche vers le pouvoir, en fait elle n'a pas changé depuis son essor du XVIIème siècle, réservée à des castes socialement de position moyennes ou supérieures. Mais ce qui paraît le plus surprenant est que même la droite que l'on pourrait croire être en dehors de cette association, semble plus imprégnée que la gauche du temps de Mitterrand. Au train ou vont les choses, la Franc-maçonnerie à encore de beaux jours devant elle. Les hommes politiques de toutes idéologies sauf probablement ceux de l'extrême droite ou de l'extrême gauche pour qui cette association est à rejeter, trafiquent obligatoirement avec elle, comment faire autrement eu égard à son influence.

    L'influence de la Franc-maçonnerie ne s'arrête pas à la politique même dans le roman policier, le polar, elle se développe ou probablement on ne l'attendait pas !

    En effet, deux auteurs, Éric Giacometti, Journaliste, qui a enquêté, à la fin des années 90, sur la Franc-maçonnerie dans le cadre des affaires sur la Côte-d'Azur, Jacques Ravennes, et c'est son pseudonyme, qui est un Franc-maçon élevé au grade du rite Français, ont co-écrit des romans policiers... Avec «Le Rituel de l'Ombre» (2005), «Conjuration Casanova» (2006), «Le Frère de sang» (2007), «La Croix des Assassins», 200 et «Apocalypse» (2009), tous parus aux Éditions Pocket,

    «Collection Thriller», Éric Giacometti et Jacques Ravenne mettent en scène le héros principal, le Commissaire de police Antoine Marcas, un franc-maçon, qui combat certaines sociétés secrètes et certaines loges maçonniques maléfiques et criminelles... On peut retrouver toute l'actualité de ces deux auteurs, dont j'ai lu toutes les œuvres.

    Il s'agit d'un de mes amis journaliste reporter citoyen «Dominique Dutilloy» du site Come4News sur lequel mes articles sont également publiés qui m'a suggéré de présenter les œuvres de ces auteurs, ici.

     

    La suite au dossier 25 qui traite des sociétés secrètes.

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