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suite 2

  • La république de la Chine populaire de Mao Zedong, suite 1,

    le Grand Bond en avant.

     

    En 1958 après l'échec des «Cents Jours» et pour prendre de vitesse les dirigeants du parti Mao Zedong lance la campagne du «Grand Bond en avant». De l’été 1955 à l’été 1957 se déroule un débat virulent au sein du Parti qui porte sur la nature du projet socialiste et son rythme. Les Chinois ont copié jusqu’ici le modèle soviétique avec zèle puisqu’ils ont consacré la plus grande part des investissements au développement industriel.
    * En 1950, la population Chinoise est 4 fois supérieure à celle de l’Union soviétique de 1920 et son niveau de vie en est la moitié.
    * La productivité agricole du paysan Chinois en 1958 n’est que la moitié de celle du paysan soviétique de 1928.

    Alors que les Soviétiques s’interrogeaient sur la manière de contrôler les surplus agricoles, la Chine était confrontée à la question de les créer. La question se pose de poursuivre ou non une industrialisation planifiée nécessairement déséquilibrante pour un vieux et vaste pays rural. De ce constat naît chez Mao la conviction qu’il faut adapter ce projet à la situation Chinoise. Selon lui, il serait moins coûteux et plus efficace de rechercher dans la stimulation politique de la paysannerie au moins un appoint, peut-être même le substitut à un capital nécessairement rare. Ainsi, la question du pouvoir étant assurée depuis 1949, il reste à déterminer comment avancer dans la voie du socialisme. Ce débat est neuf pour les dirigeants et menace l’unité du parti réalisée 20 ans plus tôt autour de Mao.

    La Grande famine de Chine qui sévit entre 1958 et 1962 en conséquence de cette politique était si inattendue que les spécialistes ont douté de son existence même. Il paraissait acquis que le régime socialiste dirigiste avait su trouver les moyens de nourrir la vaste population chinoise et mettre fin aux pénuries alimentaires chroniques qui ont frappé la Chine durant toute son histoire. Ce n’est que dans le milieu des années 1980 que des démographes américains ont pu avoir accès aux statistiques de la population après la politique d’ouverture de la Chine de 1979. Leurs conclusions étaient stupéfiantes, au moins 30 millions de personnes étaient mortes de faim durant cet épisode de l’histoire de la République populaire, un chiffre jamais envisagé avant cette date. Les chiffres varient encore en fonction des ouvrages et des historiens, ce qui traduit bien le mystère entourant cet événement et certains qualifient le GBA «d’un des plus grands cataclysmes de l’histoire de l’humanité».

    La Chine a décidé de s’engager en 1958 dans un rêve éveillé dont il n’est pas facile de dégager les causes. Il n’est pas évident de comprendre pourquoi les dirigeants communistes Chinois qui avaient engagé quelques années auparavant un programme de développement industriel très classique inspiré par l’expérience soviétique et au final assez efficace se sont précipités à partir de 1957 dans une des politiques économiques les plus originales et les plus irrationnelles que ce siècle ait connu. Et au-delà de l’enchaînement des événements et de la conjoncture, il est essentiel de comprendre comment le fonctionnement du régime Chinois a rendu possible la naissance de ce programme qui a entraîné la mort de dizaines de millions de personnes et sa poursuite pendant plusieurs années «envers et contre tout».

    Le GBA est centré sur un nouveau système socio-économique créé dans les campagnes et quelques espaces urbains, les communes populaires. À la fin de 1958, 750 000 coopératives agricoles sont regroupées en 23 500 communes, constituées en moyenne de 5 000 familles ou de 22 000 personnes. Chaque commune contrôle tous les moyens de production et opère indépendamment des autres. Le modèle prévoit que les communes seront (théoriquement) auto-suffisantes en ce qui a trait à l'agriculture, aux petites industries, dont les fonderies d'acier de fonds de cours, aux écoles, à l'administration et à la sécurité locale, via une milice. Le système est aussi basé sur l'espoir qu'il permettra de libérer des ressources pour les travaux d'infrastructure, partie prenante du plan de développement. Le programme se met en place avec différents degrés d'extrémisme selon les régions. L'organisation est généralement paramilitaire, les cuisines et les crèches deviennent communes. Un discours emphatique sur la communauté s'oppose au modèle traditionnel de la famille. Dans certaines régions, des dortoirs communautaires sont même créés en remplacement des foyers familiaux, mais tous seront rapidement abandonnés.

    Dès le début de 1959, des signes de réticence de la population commencent à se manifester. Le Parti, qui présente un rapport très positif mais faussé de la production de 1958, doit admettre qu'il est exagéré. Les conséquences économiques du GBA commencent à se faire sentir, pénuries de matières premières pour les industries, surproduction de biens de mauvaise qualité, détérioration des usines et des infrastructures suite à une mauvaise gestion, et surtout démoralisation complète de la population, dont des cadres du parti à tous les niveaux. Des pénuries de nourriture apparaissent et dégénèrent en famine dans plusieurs régions.

    En juillet 1959 Peng Dehuai va interrompre cette évolution catastrophique. Peng Dehuai est ministre de la défense et membre du Bureau politique du PCC. C’est surtout l'un des fondateurs de l'Armée populaire de libération de Chine, et l'un des fondateurs du régime. L’homme est respecté pour son courage et son franc-parler, qui l’ont mis en conflit plusieurs fois avec Mao. Il revient d’un voyage de son Hunan natal où il prend conscience de la tragédie du GBA. La famine et les mensonges des cadres scandalisent ce fils de paysan. À la différence des autres il expose ses critiques dans une lettre ouverte et dans plusieurs interventions lors du comité de travail qui se déroule à Lushan en juillet 1959. Il y critique le «fanatisme petit-bourgeois» de ses promoteurs, vocabulaire insupportable en ces temps de querelle avec Moscou. «Si les paysans Chinois n’étaient pas bons comme ils sont, il y a longtemps que nous aurions connu un incident Hongrois». Personne n’avait osé s’adresser ainsi à Mao qui choisit de l’interpréter comme une attaque personnelle et répond durement, en demandant sa démission et en suggérant que l’Union soviétique était derrière ces attaques, Khrouchtchev avait critiqué les Communes. Mao brandit en outre le spectre d’une rébellion de l’Armée populaire de libération et se dit prêt à partir à nouveau dans le maquis. Il soulève de cette façon contre Peng le réflexe d’unité de la Direction du Parti. Peng est abandonné. Il est contraint de démissionner et de présenter son autocritique, il est assigné à résidence. L’armée connaîtra une purge violente dans les mois suivants. Cette affaire gardera un goût amer pour les dirigeants du PCC, puisqu'ils savaient que Peng avait raison. Désormais, la question du rôle de Mao sera au centre de la politique Chinoise. Deux conséquences immédiates résultent de cet incident, la purge de Peng balaie les efforts pour freiner le GBA et provoque au contraire une relance de celui-ci, les relations sino-soviétiques sont au bord de la rupture.

    En 1959, les Soviétiques, inquiets du Grand Bond en avant engagé par les Chinois, s'efforcent de diminuer la tension avec le bloc de l’Ouest, et reviennent sur leur promesse d’aider la Chine à développer l'arme nucléaire. Ces décisions offensent grandement Mao et les autres dirigeants du parti communiste chinois, qui jugent Khrouchtchev trop conciliant avec l’Ouest. Du point de vue soviétique, ces mesures prudentes se justifent par le contexte international et la menace d’un conflit nucléaire généralisé Khrouchtchev ne veut en aucun cas rendre la situation plus instable encore en offrant l’arme atomique à la Chine, et considère en outre le Grand Bond en avant comme la preuve que Mao n’était pas un vrai marxiste. Un autre facteur de tension survint au sujet d’une affaire interne à la Chine, le Grand Bond en avant s’étant révélé être un échec, et pour cette raison les rivaux de Mao au Parti, Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, projetèrent de renverser leur dirigeant.

    L’échec du complot permit à Mao de dépeindre les conjurés comme des agents au service d’une puissance étrangère, c’est-à-dire les Soviétiques, mobilisant ainsi le sentiment nationaliste Chinois.

    Pour le dixième anniversaire de la République populaire de Chine, Khrouchtchev se rend à Pékin où il se retrouve en plein dans le conflit sino-indien sur les frontières. Ce conflit ne plaît pas à l’URSS car il risque de miner son processus de coexistence pacifique. Khrouchtchev pensait que Mao Zedong avait manigancé ce conflit pour que l’URSS se trouve contrainte de soutenir la Chine. Ce soupçon illustre bien le degré de défiance du côté soviétique. La détérioration des relations avec Moscou conduit au retrait de leur assistance technique durant l’été 1960, retrait brutal de 1390 techniciens, et cessation de l’aide en juillet 1960. Ce retrait a des conséquences graves sur l’économie Chinoise car leur assistance est encore cruciale pour de nombreux projets en cours, 300 projets industriels sont stoppés détournant également l’attention de Pékin du désastre économique qui sévit dans les campagnes et retardant les mesures d’urgence. Moscou attendra cependant que la rupture avec Pékin soit officielle pour dénoncer la faillite du Grand Bond en avant.

    En automne 1960 à la retraite du GBA à l'été 1960, la récolte est encore plus désastreuse que l’année précédente. La plupart des dirigeants, dont Mao lui-même, apparemment convaincu par Zhou Enlai, décident enfin la retraite et mettent en œuvre une série de documents pour faire face à la situation. Le malaise gagne les villes. En juin 1961, Mao fait une autocritique et rend la retraite officielle. Il reconnaît, après les derniers événements en Union soviétique, que sous un leadership malhonnête un État communiste peut dégénérer en système d’exploitation. Il conclut que le GBA a discrédité la notion de progrès exceptionnel réalisé avec le concours de la masse mais il réaffirme sa conviction dans la mobilisation des masses pour prévenir toute sorte de dégénérescence bureaucratique de la révolution comme elle a pu survenir en Union soviétique.

    C’est la survie du pays et du régime qui est en cause. Trois «coups de barre à droite» seront effectués dès l’hiver 1960 qui rétabliront la situation économique, comme la réduction de la taille des communes et la restauration des lopins privés. Chaque famille reçoit un are de terre cultivable et le droit de vendre librement les produits du jardin et de l'artisanat. Mais ces mesures introduiront de nouveaux facteurs de discorde avec la campagne de rectification contre les dirigeants coupables d’erreurs gauchistes et autoritaires. En juillet 1962, Deng Xiaoping prononce deux phrases célèbres, «Si elle augmente la production, l’agriculture privée est tolérable. Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape des souris».

    Dans les villes, on étend le rationnement, on diminue les horaires de travail. À l’heure du déjeuner, les lycéens reçoivent des décoctions de feuilles d’arbres et font une sieste. Les autorités diffusent de nombreux ersatz mais la mortalité augmente. À la campagne, la situation est plus grave. La plus grande partie du pays connaît la famine entre 1960 et 1962. Les provinces du Nord sont plus touchées, du fait d'une sécheresse de trois ans. Même dans les régions plus favorisées comme le Guangdong, on manque de bois pour les cercueils.

    La tragédie du GBA, qui a causé la mort de 20 à 43 millions de personnes, a pu être dissimulée au monde pendant vingt ans. Le secret de la «grande famine de Mao» sera bien gardé. C'est seulement au début des années 1980 que les critiques sur le GBA devinrent plus précises. Après la mort de Mao et les réformes économiques chinoises entamées sous Deng Xiaoping, le consensus se dégageant au sein du gouvernement Chinois fut que le GBA était un désastre économique majeur causé par le culte de la personnalité sous Mao Zedong, et une de ses erreurs la plus grave depuis la fondation de la République populaire de Chine.

    Ainsi, l’échec du GBA va déboucher sur une autre manœuvre de Mao pour reprendre les rênes du pouvoir et éliminer ses adversaires au sein de l’appareil du Parti, la machine diabolique de la révolution culturelle qui détruira le Parti, plongera la Chine dans le chaos, elle permettra à Mao de revenir à la tête du pays jusqu'à sa mort en 1976.

    La suite sera le conflit sino-indien.

  • La Chine suite 2,

    les dynasties primitives suite.

     

    La dynastie Qin, âge de fer en Chine.

    qinzhuan-royaume-de-qin.1257628059.jpgOn appelle État de Qin de l'antiquité chinoise un État qui apparaît au début de la dynastie des Zhou orientaux dans la vallée de la Wei, actuellement province de Shannxi.


     

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    État semi- barbare aux confins occidentaux de la Chine des Zhou, son influence s'accroît au cours de la période des Printemps et des Automnes - 722 à -453 et surtout des Royaumes combattants -453 à - 221, à la fin de laquelle le roi de Qin, ayant annexé ses six principaux rivaux entre -230 et -221,

    (Qin conqiert le Qi en -221, le Yan en - 222, le Chu en - 223, le Wei en -225, le Zhao en -228, le Han en - 230 ),

    et devient l'unificateur de l'Empire et par conséquent le premier empereur de Chine fondateur de la dynastie Qin -221 à -207. La famille régnante du Qin portait le nom de Ying Zeng, roi de Qin -247 à -221, puis Qin Shi Huangdi de -221 à -210 premier Auguste empereur de Qin, puis Qin Er Shi dernier empereur de la Dynastie Qin en Chine de -210 à - 207. Son nom signifie littéralement «Second Empereur de la Dynastie Qin».

    Qin Shi Huangdi portant la coiffe impériale mianliu qu'il aurait inventée. Le dernier roi fût Ziyng neveu du précédent fût un souverain êphémère pendant 46 jours. De -207 à -202 il n'y a pas d'empereur de Chine.


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    Il standardisa l'écriture, la langue, la monnaie, les poids et les mesures et il est vu comme le père de la grande muraille de Chine.


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    Pourtant, si son œuvre posa les bases de la période impériale chinoise, c'est pour le caractère cruel et autoritaire de son règne, inspiré par la philosophie légiste, que l'on se souvient surtout de lui. Sa dynastie lui survécut moins de trois ans, à la suite de quoi le pays replongea dans une guerre civile que seul le fondateur de la Dynastie Han parvint finalement à éteindre.

    Mausolé du premier empereur Qin Shi Huangdi

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    Patrimoine mondial.

    Sur ce site archéologique qui ne fut découvert qu'en 1974, il reste sans doute des milliers de statues à mettre au jour. C'est là que Qin, premier unificateur de la Chine, mort en 210 av. J.-C., repose au centre d'un ensemble qui évoque le schéma urbain de sa capitale Xianyan, entouré d'une armée de guerriers en terre cuite devenus rapidement célèbres dans le monde. Ces personnages, tous différents, avec leurs chevaux, leurs chars et leurs armes, sont des chefs-d'œuvre de réalisme, qui constituent aussi un témoignage historique inestimable.


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    La dynastie Qin précéda la dynastie Han de -207 à + 220 ap J.C. en Chine. Mettant fin à des siècles de féodalité, elle jeta les bases administratives d'un état centralisé et favorisa l'unité culturelle du territoire, ouvrant l'histoire impériale chinoise. Malgré ses apports, son régime extrêmement autoritaire, voire totalitaire, la rendit très impopulaire pour les annalistes des périodes suivantes. La dynastie fut d'ailleurs éphémère et ne survécut que trois ans à son fondateur, le Premier Empereur Qin Shi Huangdi.

    Historique de la dynastie Qin.

    Les princes de Qin selon Sima Qian, -145 à -86, (est un historien Chinois, le premier à avoir tenté de décrire l'histoire de la Chine depuis sa création. Il vécut sous le règne de l'empereur Wudi, -141 à -87, de la dynastie Han) se disaient descendre de l'empereur Zhuanxu -2597 à -2435, un des cinq souverains mythiques de l'antiquité Chinoise du royaume des cinq empereurs avec Huángdi, Ku, Yáo, et Shùn. L'État de Qin pendant la période des Printemps et des Automnes continua à devenir plus puissant au fil des siècles, notamment du fait de l’extraordinaire capacité industrielle de son peuple. Les ducs de Qin mettaient en place un grand nombre de projets pour améliorer leur État, dont notamment beaucoup de travaux publics de grande ampleur comme des canaux d’irrigation et de puissants murs de défense. De plus, les Qin, peuple de semi-barbares, descendaient de la tribu non-chinoise des Rong, venant des steppes. De ce fait, dès le début de son histoire, le Qin dût faire face aux autres États «complètement chinois» qui bordaient ses frontières.

    L’événement le plus marquant de l’histoire du Qin avant le IIIe siècle av. J.-C. fut l’arrivée au pouvoir de Shang Yang -390 à -338, (il était un réformateur légiste chinois controversé de l’époque des royaumes combattants. En 361 av. J.-C., il est fait Premier ministre de l’état de Qin sous le règne du duc Xiao -362 à -338 et à partir de 359 av. J.-C entreprend vingt ans de réformes et permettront au Qin de s'enrichir). On lui attribue traditionnellement la rédaction du Livre du seigneur Shang.

    Shang Yang était un fervent partisan de la philosophie de Han Fei Zi, qui est considéré comme le premier à avoir décrit l’idéologie connue sous le nom de Légisme.

    «Le Légisme affirme que tous les Hommes sont fondamentalement égaux et que des lois rigoureuses et des châtiments durs sont nécessaire pour maintenir l'ordre».

    Shang Yang devient Premier ministre du Qin sous le gouvernement du duc Xiao et transforme l’État en une machine vigoureusement réglée, dont le seul but était l’élimination de ses rivaux. Shang Yang met à l’écart l’aristocratie et s’appuie sur une méritocratie, au sein de laquelle seuls ceux qui prouvaient leur valeur pouvait atteindre les hauts postes et le droit de naissance était réservé uniquement au dirigeant de l’État. Shang Yang s’attira ainsi de nombreux ennemis et après la mort du duc Xiao il fut poursuivi et finalement tué. Cependant les réformes légalistes de Shang Yang avaient des avantages certains et aucun des successeurs se risqua à les abroger. Un des résultats les plus marquants de ce programme de réforme concernait le domaine militaire. Auparavant l’armée était traditionnellement contrôlée par les nobles. À l’issue de la réforme, les généraux pouvaient provenir de n’importe quelle classe de la société s’ils disposaient des compétences requises. De plus, les troupes devinrent extrêmement entraînées et disciplinées. Mais ce qui importait le plus est que l’armée du Qin s’accrut rapidement pour atteindre une taille énorme et pouvait s’appuyer sur l’ensemble de l'État. Les nombreux projets de travaux publics, favorisant un accroissement de la production agricole, permirent au Qin d’entretenir des troupes régulières de plus d’un million de soldats, ce qu’aucun des autres États ne pouvait réaliser (à part, peut-être, le royaume semi-barbare de Chu).

    La formation de l'Empire.

    L'année - 256 av. J.-C. marque le début de la fin de la période des Royaumes combattants, car elle vit l’arrivée sur le trône du Qin d’un garçon de treize ans nommé Ying Zheng, sous la régence du Chancelier Lü Buwei. Seize ans plus tard, Ying Zheng devait débuter la longue campagne d'unification de la Chine par une invasion de l’État du Han, tel que le préconisait son nouveau ministre, le légiste Li Si -280 à -208 (était l'influent Premier Ministre du royaume de Qin, -238 à -221, puis de l'empire fondé par la dynastie Qin -221 à -208). La puissante armée du Qin vient à bout du Han en -230, le Qin se tourne alors vers le Zhao, dont l’armée avait été mise en déroute à Changping trente ans plus tôt. Le Zhao tombe en - 228 av. J.-C., puis le Wei suit rapidement. À partir de là, il semblait probable que la victoire finale du Qin était proche. Cependant rien n'était certain tant que le Chu se dressait face au Qin. A ce moment, ce qui devait rester comme les deux plus grandes armées des royaumes engagèrent la bataille pour la maîtrise de la Chine. En - 223 av. J.-C. la victoire du Qin devient inévitable, avec la conquête du Chu. Ce qui suivit ne fut plus qu'une simple opération de nettoyage. Une campagne de quelques mois dans le Yan permit l’annexion de cet État. Seul le Qi demeurait mais, devant l'avancée inexorable du Qin, il rendit les armes sans combattre. En l'an - 221 av. J.-C., qui marque un tournant majeur de la longue histoire de la Chine, le roi Ying Zheng du Qin se déclara non seulement maître de toute la Chine, mais élabora également un nouveau nom, qui l'élevait à une dignité jamais atteinte, hormis pour les souverains fondateurs mythiques, Qin Shi Huangdi , le Premier Empereur et ordonna que tous les dirigeants de sa dynastie suivent son exemple.

    Les événements marquants de l'Empire,

    * 557 av. J.-C. le Jin domine le Qin.
    * 361 av. J.-C. le duc Xiao accède au trône. Shang Yang arrive du Wei.
    * 356 av. J.-C. Shang Yang met en place son premier ensemble de réformes de l'État.
    * 350 av. J.-C. Shang Yang met en place son second ensemble de réformes de l'État.
    * 338 av. J.-C. le Duc Xiao meurt, le roi Huiwen accède au trône et Shang Yang est exécuté.
    * 316 av. J.-C. le Qin conquiert les royaumes de Ba et de Shu, dans le Sichuan.
    * 293 av. J.-C. le Qin bat les forces coalisées du Wei et du Han durant la Bataille de Yique.
    * 260 av. J.-C. le Qin vient à bout des troupes du Zhao à la Bataille de Changping.
    * 256 av. J.-C. le Qin conquiert les anciens royaumes de Zhou.
    * 247 av. J.-C. Zheng, connu plus tard sous le nom de Qin Shi Huangdi, accède au trône.
    * 230 av. J.-C. le Qin conquiert le Han.
    * 228 av. J.-C. le Qin conquiert le Zhao, capturant le roi Qian du Zhao.
    * 225 av. J.-C. le Qin conquiert le Wei.
    * 223 av. J.-C. le Qin conquiert le Chu
    * 222 av. J.-C. le Qin conquiert le Yan et capture le roi Jia du Dai (demi-frère du roi Qian du Zhao) qui avait dirigé les dernières forces du Zhao.
    * 221 av. J.-C. le Qin conquiert le Qi, complétant l'unification de la Chine, et inaugurant la dynastie Qin. Le roi du Qin devient le premier empereur de Chine et est connu sous le nom de Qin Shi Huangdi.(Wikipédia)

    La suite des dynasties primitives suite 3

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 2,

    Les Grandes Loges

    La Grande Loge fondatrice de la maçonnerie spéculative est la Grande Loge d'Angleterre.

     

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    Elle est apparue en Grande Bretagne au XVIIème siècle puis réorganisée à Londres en 1717 et se répandit en France comme dans de très nombreux pays au début du XVIIIème siècle.

    Elle est considérée descendante de la première obédience constituée dans le monde. A ce titre, elle délivre des titres de reconnaissance, «landmarks» qui respectent ses principes fondamentaux.

    La croyance au Grand Architecte de l'Univers et en sa révélation doivent être une caractéristique essentielle pour ses membres. Tous les initiés doivent prendre leurs obligations sur le Volume de la Loi Sacrée ouvert et bien en vue qui signifie que la révélation contraint la conscience de la personne qui est initiée.

    On rêve, quel rite, prendre ses obligations sur un livre ouvert la «Loi Sacrée», un livre écrit par des hommes comme s'ils étaient l'incarnation divine ?

    On ne comprend pas que ces personnes cherchent une dépendance à un ordre quelconque soit-il si ce n'est pour en obtenir des avantages. Le fait de fréquenter d'autres personnes influentes politiquement ou socialement devrait permettre des passes droits sinon à quoi servirait de se placer dans une position de dépendance eu égard à un être, comme vous ou moi, composé de chair et de sang, qu'a-t-il de plus qu'un autre si ce n'est un pouvoir politique ou social ?

    Sur le site de la Franc-maçonnerie que je consulte voir ici, les discussions sur la politique ou la religion seraient strictement interdites en Loge. Comment est-ce possible quand on connait l'importance de ces sujets qui gouvernent notre existence ?

    En abordant ce dossier sur la Franc-maçonnerie on découvre en fait que les sujets interdits sont en fait ceux qui sont de réflexion. L'un, relatif à la spiritualité de l'âme et de l'esprit, l'autre comme je viens de le citer politique lié à l'exercice du pouvoir. Dans le dossier de l'histoire que je consulte la Franc-maçonnerie moderne concernerait le renforcement de l'appareil d'État et son régulateur la démocratie entrainant des contraintes de silence et des mécanismes générateurs de secret, le secret médical, le secret de l'instruction, le secret bancaire, le fichier Edwige, la grande muette qu'est l'armée et le fonctionnement des banques dont on découvre les abus, nous nageons dans le secret. Le secret des gens les plus riches qui cachent leur richesse, en d'autres termes qu'on le veuille ou non, ce voyeurisme est le témoignage d'un réel intérêt pour les sociétés secrètes, pour les administrations, pour le capitalisme et la finance mondiale, et pour les personnes discrètes, c'est finalement dans la nature humaine, mais aussi dans l'intérêt des puissants.

    Le secret ne serait finalement qu'une manière de tromper les gens pour abuser d'eux, la non connaissance des choses et évènements les rend ainsi plus vulnérables.

    Comme l'écrit la rédaction dans le dossier de l'histoire, il n'est pas question de savoir qui est franc-maçon au gouvernement, mais qui ne l'est pas !

    En France plusieurs obédiences répondent à l'ensemble de ces caractéristiques, elles sont donc plusieurs à être régulières. Une seule d'entres elles entretien des relations fraternelles avec la Grande Loge Unie d'Angleterre, elles sont :

    La Grande Loge de France,
    La Grande Loge nationale Française,
    La Grande Loge Traditionnelle-Opéra,
    La Loge Nationale Française,
    Le Directoire National des Réunies et Rectifié
    La Grande Loge Écossaise Réformée et Rectifiée d'Occitanie,
    La Grande Loge Rectifiée de France.

    La grande Loge de France.

     

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    La Franc-maçonnerie Française

     

    Si la Franc-maconnerie Française plonge ses racines en des temps très anciens, les premières loges purement Françaises n'apparaissent qu'au début du XVIIIème siècle.

    Comme nous l'avons vu, la Franc-maçonnerie Française est d'origine Anglaise.

    Certains prétendent que la première Loge Française est née au XVIIème siècle au sein du régime Royal Irlandais, parvenu en France à la suite de l'exil de Jacques Stuart au milieu du règne de Louis XIV 1688. Sous le nom de «La Parfaite Egalité», elle se serait réunie à Saint-Germain-en-Laye.

    Jacques Stuart (James), est né le 14 octobre 1633 au Palais St. James (Londres), et mort le 16 septembre 1701 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines, France). Il fut roi d'Angleterre (Jacques II d’Angleterre) et d’Écosse (Jacques VII d’Écosse) de 1685 à 1689, voir ici .

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    Jacques II Roi d'Angleterre

    Les historiens estiment la chose vraisemblable que la première Loge Française serait née au XVIIème siècle, mais elle n'a jamais pu être démontrée. De même, la première loge de source Anglaise protestante aurait été «l'Amitié et Fraternité» fondée en 1721 à Dunkerque. La première loge dont l'existence est historiquement certaine fut fondée par des Anglais à Paris «vers l'année 1725». Elle se réunissait chez le traiteur Huré, rue des Boucheries, «à la manière des sociétés Anglaises», et regroupait principalement des Irlandais et des exilés Stuartistes.

    C'est probablement cette même Loge qui recevra en 1732 des patentes officielles de la Grande Loge de Londres sous le nom de «Saint Thomas», se réunissant à l'enseigne du «Louis d'Argent», toujours rue des Boucheries.

    En 1728, les francs-maçons Français décident de reconnaître comme «grand maître des francs-maçons en France», 200px-dukeofwharton.1239475179.jpgPhilippe, Duc de Wharton (1698-1731), qui séjourne à Paris et à Lyon de 1728 à 1729, et qui avait déjà été, en 1723, grand maître de la Grande Loge de Londres. Les jacobites James Hector MacLean (1703-1750) puis Charles Radcliffe, Duc de Derwentwater (1693-1746), lui succéderont. La nomination de Wharton, antérieure à la transformation de la «Grande Loge de Londres» en «Grande Loge d'Angleterre» en 1738, est considérée par une partie des historiens comme le point de départ d'une franc-maçonnerie Française indépendante de celle de Grande-Bretagne.

    Si l'existence d'un grand maître en France est ainsi attestée dès 1728, il faudra cependant attendre dix ans de plus pour qu'une véritable assemblée des représentants de toutes les loges «Anglaises » et «Ecossaises » constitue pleinement la première Grande Loge de France le 24 juin 1738 et institue Louis de Pardaillan de Gondrin (1707-1743), deuxième duc d'Antin, «Grand Maître général et perpétuel des maçons dans le royaume de France». Fils légitime de Madame de Montespan devenu directeur des bâtiments du roi, et comme tel proche du roi en raison d'importants travaux en cours à Versailles.

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    Le Duc d'Antin (Louis Antoine de Pardaillan de Grondin, marquis, puis Duc D'Antin) à la Grande Loge maçonnique provinciale, document les dossiers de l'histoire.@Costa/Leemage)

    C'est de cette Grande Loge que naîtront toutes les obédiences Françaises actuelles.

    La Franc-maçonnerie était cultivée par la noblesse et par les gens d'église.

    En décembre 1736, le chevalier de Ramsay prononce un discours développant l'idée d'une origine chevaleresque de la Franc-maçonnerie. Cette idée aura par la suite une influence certaine sur l'apparition dans la période 1740-1770 de très nombreux hauts grades maçonniques qui seront regroupés par la suite au sein des différents rites maçonniques inspirés de l'histoire moyenâgeuse.

    Le plat maçonnique en faïence France du XVIIIème siècle.

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    Regardée par le pouvoir Royal, sentant dans cette société secrète un pouvoir parallèle au sien, la Franc-maçonnerie n'est inquiétée que durant une dizaine d'années.

    La première révélation au public Français des secrets maçonniques date de 1737. Elle sera ensuite publiée en 1738 dans La Gazette de Hollande sous le nom «La réception d'un frey-maçon» et fait suite aux perquisitions du lieutenant de police Hérault ainsi qu'au témoignage d'une demoiselle Carton, danseuse d'opéra, à laquelle un Frère se serait confié. La police de l'époque attire l'attention du pouvoir royal sur les dangers que ferait courir à la monarchie absolue une telle «société où l'on admet des personnes de tous États, conditions, religions, où il se trouvent un grand nombre d'étrangers». Elle fait en conséquence défense «à tous traiteurs cabaretiers, aubergistes et autres de recevoir les dites assemblées de freys-maçons», ce qui ne les empêche nullement de continuer à se réunir, sous la protection de personnes de la haute noblesse, telles que le duc d'Antin.

    D'autres perquisitions eurent lieu de 1740 à 1745. Elles donnèrent lieu à des rapports de police très détaillés qui sont aujourd'hui une source précieuse pour les historiens de la Franc-maçonnerie. Elles furent accompagnées d'arrestations et de condamnations légères, puis la Franc-maçonnerie s'installa définitivement dans le paysage social Français et les condamnations émanant du pouvoir royal cessèrent jusqu’à la fin du siècle.

    Nombreux sont les grands seigneurs qui y ont adhérés.

    240px-clement_xii.1239521871.jpgLe Pape Clément XII, voir ici, dans ses rapports avec les grandes puissances de l'époque, fît pression sur les Jansénistes dont la bulle Unigenitus, voir ici , marque le commencement, et surtout émis le 28 avril 1738 la bulle In eminenti apostolatus specula, voir ici , contre la franc-maçonnerie qui n'aurait eu d'effet. Si cette condamnation fut le signal d'une vague de persécutions dans les pays européens les plus soumis à l'autorité de Rome, il n'en alla pas de même en France où aucune bulle ne pouvait avoir d'effet sans être enregistrée par le Parlement, ce que celui-ci se garda bien de faire, pour des raisons politiques. Très rapidement, la Franc-maçonnerie Française sera donc principalement composée de nombreux ecclésiastiques du haut en bas de la hiérarchie à se faire initiés dans les Loges et le restera jusqu'à la révolution Française.

    Il n'est donc pas étonnant que la Franc-maçonnerie cultive des cultes initiatiques associés à des décors vestimentaires à tendances religieuses. On y voit même des femmes de la haute noblesse s'engager dans le mouvement.

    Dans les années 1740, naît en France, dans les milieux de la haute aristocratie, une forme originale et mixte de la Franc-maçonnerie, sous le nom de «maçonnerie d'adoption», dont la Grande Maîtresse est la duchesse de Bourbon-Condé, sœur du duc de Chartres.

    200px-louis_de_bourbon-conde_comte_de_clermont.1239561543.jpgLouis Bourbon de Condé comte-abbé de Clermont.

    En 1743, après le décès du duc d'Antin, c'est Louis de Bourbon-Condé (1709-1771), comte de Clermont en Argonne, prince du sang, abbé de Saint-germain des Près 1737. Très cultivé, protégeant les savants et les artistes, devint membre de l'Académie Française en 1753. Il lui succèda en tant que «Grand Maître de toutes les loges régulières de France». Il le restera jusqu’à sa mort, en 1771.

    «Le personnage est curieux à connaître, prince du sang, abbé, militaire, libertin, amateur de lettres ou du moins académicien, de l'opposition au Parlement, dévot dans ses dernières années, il est un des spécimens les plus frappants, les plus amusants à certains jours, les plus choquants aussi (bien que sans rien d'odieux) des abus et des disparates poussés au scandale sous le régime de bon plaisir et de privilège» (Sainte-Beuve, Charles Augustin Sainte Beuve est un critique littéraire et écrivain Français né le 24 décembre 1804 à Boulogne sur Mer et mort à Paris le 13 octobre 1869, voir ici ). Il fut l'ami de Madame de Pompadour animant un cénacle au petit Luxembourg. Il portait la cocarde de Madame de Pompadour en montant au feu.

    Il n'hésita pas à défrayer le chronique en vivant maritalement avec Mademoiselle Elisabeht-Claire Leduc une danseuse de l'Opéra au château de Berny à Fresnes résidence de campagne des abbés de Saint-Germain-des-Prés, et contracta avec elle un mariage secret en 1765. Il en eut deux enfants naturels, l'abbé Leduc (1766-1800), qui porta le titre d'abbé de Vendôme, et une fille (née en 1768). Il mourut à Paris le 16 juin 1771, et fut inhumé, selon ses désirs à Enghien le 19 suivant, son cœur étant déposé à Saint-Paul-Saint-Louis, rue Saint-Antoine.

    Pendant 28 ans l'homme demeurera à la tête des Loges régulières en assurant leur développement. Vers 1774, on compte déjà une quarantaine de loges entre Paris et la province. Les loges de province sont le plus souvent fondées par des Maçons en déplacement pour leurs affaires, mais surtout par l'intermédiaire des loges militaires, au fil des déplacements de leurs régiments. Lorsqu'une loge militaire quitte ses quartiers d'hiver, il n'est pas rare en effet qu'elle laisse dans son sillage l'embryon d'une nouvelle loge civile. C'est de cette époque que datent les nombreuses expressions d'origine militaire encore en usage dans les banquets maçonniques modernes, telles que le célèbre «canon» désignant un verre, ou la «poudre forte» désignant le vin. A sa mort le nombre de Loges est de plusieurs centaines.

    L'engagement de la plus haute noblesse en maçonnerie démontre que, contrairement à ce qui est écrit, nombreux sont ceux qui, en son sein, sont gagnés aux idées nouvelles, la monarchie Constitutionnelle à l'Anglaise, au pouvoir parlementaire, à l'investissement financier et bancaire, voire à l'initiative industrielle, (les dossiers d'actualité de l'histoire).

    Initiatives Lyonnaises,

    A Lyon, Jean Baptiste Wilermoz 1730-1824) fut un franc-maçon Français qui joua un rôle important dans la constitution des systèmes de hauts grades maçonniques de son temps en France et en Allemagne.

    Jean-Baptiste Willermoz est né le 10 juillet 1730 à Lyon (Rhône). Aîné de 12 enfants, il vécut principalement à Lyon. Grand bourgeois, fabricant d'étoffes de soie et d'argent rue des Quatre-Chapeaux, administrateur bénévole d'oeuvres de bienfaisance, il joua un rôle important dans la Franc-maçonnerie européenne de son temps, où il fut initié à l'âge de 20 ans et devint Vénérable à 22 ans.

    Mystique, passionné des mystères secrets de l'initiation, il contribua à la création de la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon et en devint le Grand Maître en 1762. Cette Grande Loge pratiquait les sept hauts grades de l'époque et y ajoutait un huitième dénommé «Grand Maître Écossais, Chevalier de l'Épée et de Rose-Croix». Willermoz fonda dans ce cadre en 1763 en compagnie de son frère Pierre-Jacques un atelier nommé «Souverain Chapitre des Chevaliers de l'Aigle Noir Rose-Croix» qui s'intéressait à la recherche alchimique.

    Il fut admis aux premiers grades de l'ordre des Élus Coëns à Versailles en 1767 sur la recommandation de Bacon de la Chevalerie et du marquis de Lusignan. Après la mort de Martines de Pasqually en septembre 1774, il engage avec Louis-Claude de Saint-Martin un examen complet de la doctrine des élus coëns, sous la forme de Leçons, dites «Leçons de Lyon» qui se dérouleront du 7 janvier 1774 au 23 octobre 1776. Il précisera dans une lettre de 1780 au Prince de Hesse qu'il fut reçu au grade de Réau-Croix dans l'Ordre de Martinès de Pasqually. Dans les années 1770, il entre en contact avec le baron de Hund et l'ordre allemand de la «Stricte ObservanceTemplière» (S.O.T.) dont il devient membre sous le nom de Eques ab Eremo et chancelier du chapitre de Lyon.

    C'est sous son impulsion que se réunira le «Convent des Gaules», à Lyon, en 1778 qui reconnaîtra les grades de Profès et Grands Profès et constituera l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (C.B.C.S.). En 1782, Willermoz écrit qu'il distingue trois sortes de Maçons alchimistes:
    * Ceux qui pensent que le but de la maçonnerie est la fabrication de la Pierre philosophale.
    * Ceux qui recherchent la Panacée.
    * Ceux qui recherchent la Science du Grand Œuvre, par lequel l'homme retrouverait la sagesse et les pratiques du christianisme primitif.

    Suite à des dissensions au sein de la S.O.T., Willermoz organise en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad auquel assisteront 33 délégués européens. Il y défendra, alors qu'auparavant Joseph de Maistre lui avait fait parvenir son célèbre Mémoire au duc de Brunswick, le courant du Martinésisme mais ne sera pas suivi dans cette démarche par les autres délégués. Très réservé au sujet de comte de Cagliostro , dont il jugea, suite à plusieurs entretiens, le christianisme peu «orthodoxe» à ses yeux, il invita les membres de la Bienfaisance à ne point accorder leur confiance au fondateur en 1785 à Paris, de la première loge mère du rite égyptien, dont le nom était la «Sagesse Triomphante».
    Inquiété puis recherché pendant la Révolution,
    il se cacha dans l'Ain, dans une maison appartenant à son frère Pierre-Jacques, emportant avec lui ses importantes archives maçonniques.

    Au 18ème siècle, Cagliostro (1743-1795) puise dans les éléments de l’Ecole de Naples pour fonder le rite maçonnique Egyptien.

    cagloistro-article_508364.1239635930.jpgCagliostro est le personnage central de la Maçonnerie Egyptienne. De son vrai nom Joseph Balsamo, c’est lui qui a révélé à la maçonnerie le Rite Égyptien. C’est le 24 décembre 1784 que Cagliostro crée à Lyon, la première loge maçonnique égyptienne, la «Loge de la Sagesse Triomphante». Le Rite pratiqué alors par Cagliostro était le Rite de la Haute Maçonnerie Egyptienne. Ce Rite comportait 3 hauts grades,
    - Apprenti égyptien,
    - Compagnon égyptien,
    - Maître égyptien.

    Prétendant posséder la science des anciens prêtres de l’Égypte, il s'installa à Lyon sous le nom de comte Phoenix, à l’hôtel de la Reine. Il y resta plusieurs mois pendant lesquels il déclara vouloir réformer la Franc-Maçonnerie suivant le rite Egyptien dont il avait, disait-il, retrouvé les éléments à l’intérieur des Pyramides.

    Douze francs-maçons de La Sagesse, du rite de la Haute Observance, prièrent Cagliostro de fonder à Lyon une loge mère du Rite Égyptien qui fut appelée La Sagesse Triomphante. Elle fut installée très luxueusement dans le quartier des Brotteaux, avec un local distinct pour chacun des 3 grades. Cagliostro l’inaugura lui-même avec un pompeux cérémonial et délégua ensuite ses pouvoirs de Grand Maître à deux vénérables à qui il laissa l’original de son Rituel de la Maçonnerie Égyptienne, scellé au commencement et à la fin, d’un serpent percé d’une flèche, voir ici .

    Louis Philippe d'Orléans, voir ici .

    200px-philippe_dorleans_en_grand-maitre_du_gof.1239637339.jpgC'est en 1771 que, Louis Philippe dit Joseph d'Orléans (1747-1793) duc de Chartes puis duc d'Orléans 1785-1792 ayant changé son nom en Philippe Egalité après 1792 succède au comte de Clermont à la tête de la Franc-maçonnerie Française. Sous son autorité et avec le soutien des loges de province contre l'hégémonie de celles de Paris, la Grande Loge de France est réorganisée et change de nom pour devenir en 1773 le Grand Orient de France, qui regroupe quelque 600 loges. Seuls quelques « Vénérables », principalement parisiens, refusant de ne plus être présidents à vie de leur loge, résisteront à cette réforme en formant une « Grande Loge de Clermont » qui poursuivra son activité jusqu'en mai 1799.

    Il est né au château de Saint-Cloud le 13 avril 1747, il est mort guillotiné à Paris le 6 novembre 1793.

    Adhérant des Lumières, dirigés par l'un des trois princes de sang du royaume, les franc-maçons croient en l'esprit de tolérance, d'égalité, de fraternité. Ils ont la volonté de construire un monde meilleur, mais ils sont peu attentifs à la pauvreté. ll existait à la veille de la révolution selon les auteurs entre 800 à 1000 Loges de 33.000 à35.000 personnes, nobles prêtes bourgeois pour l'essentiel, ce que l'on désignerait aujourd'hui de personnes d'influence.

    Sa démission du Grand Orient de France.

    Pour couper court à toutes les spéculations entretenues sur ses intentions, il fit publier cette lettre importante dans le Journal de Paris du 22 février 1793,

    «dans un temps où personne, assurément, ne prévoyait notre Révolution, je m'étais attaché à la Franc-maçonnerie qui offrait une image d'égalité, comme je m'étais attaché au parlement qui offrait une image de la liberté. J'ai, depuis, quitté ce fantôme pour la réalité. Au mois de décembre dernier, le secrétaire du Grand Orient s'étant adressé à la personne qui remplissait auprès de moi les fonctions de secrétaire du Grand Maître, pour me faire parvenir une demande relative aux travaux de cette société, je répondis à celui-ci, sous la date du 5 janvier, «comme je ne connais pas la manière dont le Grand Orient est composé, et que, d'ailleurs, je pense qu'il ne doit y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans une République, surtout au commencement de son établissement, je ne veux me mêler en rien du Grand-Orient ni des assemblées de franc-maçons» Un «froid glacial» accueillit cette déclaration puis on procéda à «la dégradation maçonnique du citoyen Egalité en le faisant démissionnaire, et on le dépouilla de son titre de Grand maître».

    Philippe égalité duc d'Orléans

     

     

    La Franc-maçonnerie Française allait entrer dans la tourmente révolutionnaire.

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