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suite 21

  • La Franc-maçonnerie, dossier suite 21,

    la période contemporaine.

     

    Les Obédiences flirtent avec le pouvoir.

     

    A fonds publics services publics,


    Ce dogme républicain n'a donc pu être appliqué par un gouvernement de gauche nouvellement élu après tant d'années rejeté par les Français. Ce constat montre que cette gauche au dogmatisme d'arrière garde, cultivé au Grand Orient de France n'a pas évolué avec le temps. Si les fonds publics doivent aller aux services publics ce qui est somme toute normal, ne l'est plus pour l'éducation, cheval de bataille de la droite qui à su se rassembler pour montrer sa détermination. La gauche qui venait aux affaires ne s'est pas rassemblée de la même façon, elle a laissé courir, elle n'a pas su imposer cette valeur républicaine fondement de notre démocratie.

    En fait la droite dans le plus profond des foyers a le courage de ses opinions, la gauche non, elle ne sait pas, elle a peur. Elle croit que voter pour elle est suffisant ce qui est faux. Si un gouvernement n'est pas soutenu par sa base, il ne tient pas. Nicolas Sarkozy n'aurait jamais abdiqué même devant une si grande manifestation, Mitterrand l'a fait, a-t-il eu raison, oui pour éviter une guerre inutile. Il l'aurait perdue.

    La gauche ne tient donc pas ses engagements rien d'étonnant que les Français ne croient plus en elle. Le problème est qu'elle veut avec sa bonne volonté rendre plus de justice sociale que la droite qui, elle, ne s'occupe pas de considération de cette sorte sachant qu'elle sera de toutes façons majoritaire, et que, si elle perd le pouvoir quelques années, elle le récupérera ensuite pour inhiber ce que la gauche aura fait.

    L'école est une institution sacrée, tous les Français ont droit à l'éducation gratuite depuis Jules Ferry, seulement notre école laïque va mal. Elle doit recevoir tout le monde, et l'on voit de plus en plus d'enfants venant de l'immigration qui ne suivent pas très bien les enseignements, compromettre l'éducation des autres enfants de souche Française, de sorte que les parents ont peur, et veulent mettre leurs enfants dans le privé dans l'espoir d'un enseignement meilleur, ce qui n'est pas forcement vrai. Mais, ils sont de plus en plus nombreux à le croire quand l'on sait l'importance qu'elle a sur la vie future des jeunes Français.

     

    Mais de quelle laïcité s'agit-il ?

    De celle, sourcilleuse, défendue par l'ancien Grand Maître Paul Gourdot qui se complaît, non sans malice, à donner de lui une image de «bouffeur de curé». Ou, d'une laïcité dite «ouverte», défendue par certains francs-maçons de la Ligue de l'enseignement qui admettent l'expression des différences culturelles et religieuses à l'école dans certaines conditions ?

    Derrière l'unanime condamnation du communautarisme à l'américaine et l'attachement maintes fois renouvelé à la République une et indivisible par les Grands Maîtres du Grand Orient de France successifs, les francs-maçons de cette fin de siècle, sont plus divisés qu'il n'y paraît sur cette question fondamentale. Ils ont été, comme le reste de la population, divisés en deux camps au moment de la loi Savary. Et ce clivage perdure. D'un côté il y a ceux qui, à tort ou à raison, sont attachés aux libertés aux premiers rangs desquelles ils plaçaient, en 1984, la liberté de choix scolaire. De l'autre, on défend une conception jacobine de l'État transcendée dans l'idéal laïc.

    Une ligne de partage qui passe incontestablement entre la sensibilité traditionnellement laïque du Grand Orient de France, et celle, plus libérale, qui s'exprime dans les autres Obédiences. Mais elle traverse aussi toutes les Obédiences. André Laignel, héros de la cause laïque en 1984, n'est-il pas membre de la Grande Loge de France réputée modérée, sinon de droite ? Tandis que le très Chiraquien Michel Sy, membre du Grand Orient de France, déclarera avoir manifesté avec les partisans de l'école privée le 24 juin 1984 parce que,

     

    «la réforme Savary n'était pas à son sens, une loi laïque, simplement parce qu'elle n'assurait pas la pérennité de l'enseignement privé».

     

    En effet on ne peut priver de subventions un enseignement qui est prodigué à des centaines de milliers de Français.

    On a vu réapparaître ces clivages, qui correspondent davantage à des sensibilités philosophiques que politiques, lors des premières polémiques sur le foulard islamique à la fin des années 80. Sur cette épineuse question, certains observateurs ont pu en effet constater que derrière le refus intransigeant de tout signe extérieur d'appartenance religieuse à l'école, transparaissait chez certains francs-maçons la même méfiance, pour ne pas dire plus, que celle que manifestent beaucoup de Français à l'égard de l'islam. A l'inverse, c'est au nom de la tolérance, valeur tout aussi maçonnique que la laïcité, que d'autres francs-maçons acceptent un droit à la différence qui passe selon eux par la visibilité de coutumes nouvelles encore mal acceptées dans une société Française qui reste pétrie de tradition catholique.

    Pour preuve du malaise des francs-maçons sur la question laïque, on constate depuis quelques années, l'émergence de clubs ou de groupuscules d'inspiration maçonnique, et résolument laïcs, qui tentent de porter sur le terrain profane un combat qu'ils ont de plus en plus de mal à mener à l'intérieur des loges où la lisibilité du combat d'idées est d'autant plus floue qu'elle se confond souvent avec des combats de pouvoir dans l'obédience. En fait, beaucoup de francs-maçons font aujourd'hui un constat amer, la franc-maçonnerie n'est plus productrice d'idées nouvelles susceptibles de rayonner sur la société et de contribuer au perfectionnement matériel et moral de l'humanité.

    Certes, elle a très largement contribué, depuis la fin du XVIIIème siècle à la pérennisation des idéaux de la Révolution Française. Elle a également beaucoup fait pour que l'humanisme, le respect de l'État de droit et de l'individu, soient aujourd'hui des valeurs universelles de référence. Mais tout donne à penser que si l'on peut continuer à compter sur les francs-maçons pour défendre des valeurs partagées par le plus grand nombre face à la montée de l'intolérance ou du racisme, ils sont en panne d'idées dès lors qu'il s'agit de trouver des solutions nouvelles aux problèmes d'éthique, de morale, ou économiques et sociaux qui se posent aux hommes politiques.

    Charles Porset, qui est secrétaire général de l'Institut d'Histoire et de recherche maçonnique, analyse la situation en ces termes,

     

    «le Grand Orient donne l'impression d'être le reflet de son temps et de n'avoir plus de projets. Nous disons dans notre jargon qu'il faut laisser ses métaux à la porte du temple, autrement dit, de ne pas y rentrer avec des a priori politiques et religieux. Malheureusement, les francs-maçons laissent trop souvent leurs idéaux aussi à la porte. Aujourd'hui, nous n'anticipons plus dans le domaine idéologique, nous n'élaborons plus les projets de textes de loi comme jadis en matière d'interruption de grossesse. Nous sommes à la remorque. Certes, la maçonnerie doit être sans but, mais pas sans idéal», voir ici.

     

    Certains maçons, conscients de cette situation, l'expliquent en partie par le mode de recrutement des loges. La cooptation qui demeure le principal moyen de recrutement tend à reproduire et à accentuer une composition sociologique presque exclusivement assise sur les professions intermédiaires et les classes moyennes. Il n'y a pratiquement pas d'ouvriers ou de paysans francs-maçons mais guère plus d'artistes ou d'intellectuels dans les loges. Aucun des grands penseurs ou philosophes de ces cinquante dernières années n'a été franc-maçon. Les grands intellectuels, scientifiques ou chercheurs en sciences humaines, ne pénètrent en loge que lorsqu'ils sont invités à participer aux tenues blanches, ouvertes ou fermées, réunions maçonniques ouvertes aux profanes qui ressemblent parfois à des mises en scène à grand spectacle mais donnent toujours l'impression que c'est à l'extérieur de leurs loges que les francs-maçons vont chercher les idées intéressantes.

    Une autre cause explique aussi la perte d'influence de la franc-maçonnerie sur la vie politique, la plupart des francs-maçons exerçant des responsabilités politiques importantes ne fréquentent pas, ou très rarement, les loges. Par manque de temps ou par crainte d'être sollicités par des maçons en quête de faveurs ou de passe-droits. Et lorsqu'ils s'astreignent à un minimum d'assiduité, c'est pour se retrouver entre eux dans des loges élitistes dont les travaux ne sont ni plus ni moins utiles à la franc-maçonnerie que ceux des loges de base. La loge Demain, créée en son temps par Roger Leray pour rassembler des hommes politiques de gauche et de droite, est l'archétype de cette maçonnerie de club ou maçonnerie «Rotary» que l'on retrouve aussi dans certaines loges ou le recrutement se fait sur des critères professionnels ou affairistes.

    En fin de compte, à quoi sert l'engagement maçonnique des hommes politiques ? A pas grand chose, si l'on en croit André Laignel,

     

    «mon engagement politique est plus important que mon engagement maçonnique. Je suis plus proche d'un socialiste profane que d'un maçon RPR».

    Guy Mollet estimait pour sa part que,

    «la maçonnerie peut être un complément intéressant à la formulation d'un homme politique, mais elle doit rester une affaire privée».

     

    Un seul maçon dans le ministère Jospin ?

    En fait, rien n'est simple dans les rapports entre franc-maçonnerie et pouvoir. Durant les années Mitterrand, ils se sont faits «instrumentaliser» par le Parti socialiste et ont accepté d'immenses reculs sur le terrain de la laïcité tout en étant impuissants à enrayer la montée de l'extrême droite.

    Lors de la campagne des présidentielles de 1995, tous les candidats en lice ont été reçus au Grand Orient de France et y ont tenu des discours allant exactement dans le sens de ce qu'attendaient les francs-maçons. Pour quel résultat ? L'enjeu, sur fond de guerres intestines au sein des instances dirigeantes du Grand Orient, était moins de savoir quel candidat était le mieux placé pour défendre les valeurs maçonniques que de choisir lequel il convenait de soutenir pour avoir le pouvoir dans l'obédience.

    Et dans le contexte de coups de poignard dans le dos qui prévalait alors au sein du GO, certains ne furent pas peu surpris de voir une partie de l'ultra gauche laïque et les anciens militants trotskistes prendre parti pour Jacques Chirac, présenté comme le meilleur défenseur des valeurs républicaines et laïques.

    Dès lors, peut-être ne faut-il pas s'étonner que le gouvernement de Lionel Jospin ne compte qu'un seul franc-maçon (ou peut-être trois, selon une estimation récente - NDL), membre de la très conservatrice Grande Loge Nationale de France.

     

    Des maçons depuis 1981.

    Je ne sais pas s'il nous porte une affection très profonde. Il sait que nous existons, n'ignore pas que certains de ses collaborateurs et de ses ministres sont francs-maçons. Lorsque j'ai été ministre avec lui, je sais qu'il avait à la fois une grande admiration pour ce que nous faisions et en même temps une immense crainte parce qu'il ne voulait jamais être surpris par des personnes qu'il ne connaissait pas.

    C'est en tout cas quelqu'un qui n'a absolument aucune des qualités nécessaire pour être franc-maçon, et c'est pourquoi il ne vous comprend pas. Il a toujours eu peur de nous, expliquait le sénateur Henri Caillavet, membre du Grand Orient de France lors d'un reportage du «Droit de Savoir» sur TF1, l'une des très rares émissions de télévision consacrées à la franc-maçonnerie.

    François Mittterrand n'a jamais été initié. Ni aucun des présidents sous la cinquième République.

    En revanche, les personnalités franc-maçonnes étaient très présentes dans les différents gouvernements de gauche.

    En moyenne une dizaine de ministres sur quarante. Parmi eux :

    François Abadie, Michèle André, Roger Bambuck, Jean-Michel Baylet, Laurent Cathala, Roland Dumas, Henri Emmanuelli, Joseph Franceschi, Charles Hernu, Pierre Joxe, André Labarrère, André Laignel, Georges Lemoine, Martin Malvy, Jacques Mellick, Christian Nucci, Jean Poperen, Yvette Roudy, Jean-Pierre Soisson, Olivier Stirn, René Teulade, Kofi Yamgname. Aucun Premier ministre depuis 1958 n'aurait appartenu à la maçonnerie.

     

    Cohabitation et francs-maçons.

    Dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac (1986-1988), on comptait quatre ministres francs-maçons :

    Didier Bariani, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, ancien Grand Maître adjoint au GODF, André Rossinot, chargé des relations avec le Parlement, Alain Devaquet, ministre aux Universités. André Santini, alors secrétaire d'Etat aux Rapatriés, serait également franc-maçon. Lucette Michaux-Chevry, chargée de la francophonie, aurait appartenu à la Grande Loge Féminine de France.

    Selon l'hebdomadaire l'Express du 6 mai 1993, André Rossinot, ministre de la Fonction publique, aurait été le seul maçon du gouvernement Balladur, bien que Michel Roussin, ministre de la Coopération, et Roger Romani, ministre chargé des relations avec le Sénat, soient cités.

    La suite au dossier 22

     

    Dans cet article, le nom de Paul Quilès a été mentionné dans le paragraphe des Maçons depuis 1981, or, Monsieur Paul Quilés m'a fait savoir qu'il n'avait jamais été franc-maçon, j'ai donc effacé son nom. Cette information avait été tirée de la référence suivante ici .

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