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  • Le Sri Lanka meurtri,

    déchiré, cette île n'en fini pas...

    125px-flag_of_sri_lankasvg.1241719580.pngS'il est un morceau de terre dont on parle peu est bien celui du Sri Lanka. Ce pays est dominé par la guerre civile depuis 1983. Cette guerre civile mine ce pays paradisiaque de plus de 21 millions d'habitants baigné par le golfe du Bangale, le golfe de Mannar et l'Océan Indien. Situé à 50 km de l'Inde, il y est relié par le pont d'Adam comme le représente l'image suivante,

    250px-adams_bridge_map.1241704583.pngLe Pont d'Adam est aussi nommé pont de Râma car il est dit dans le Râmâyana[1] qu'il a été construit pour permettre à Râma d'atteindre l'île de Lanka où son épouse Sitâ était prisonnière du roi démon Râvana, on est en plein mythe Hindou.

    Le Sri Lanka anciennement Ceylan bien connu pour son thé, est réputé d'une nature exotique, des plages de sable désertes ou presque faisant le bonheur des touristes, des montagnes, des cascades ou vivent encore des éléphants sauvages, d'orchidées rares, des épices et des pierres précieuses. La nature a comblé l'île d'une beauté naturelle qui fait le rêve des amoureux de la nature dans cette partie du monde. Le Sri Lanka est doté d’un fabuleux héritage, l’Unesco a consacré sept de ses sites (cités anciennes, villes saintes, peintures uniques et forêts précieuses) en les inscrivant au Patrimoine de l’Humanité.

    Seulement ce pays souffre, la guerre civile oppose officiellement le gouvernement dominé par la majorité Cinghalaise Bouddhiste aux Tigres de libération l'Eelam Taboul organisation séparatiste luttant pour la création du Tamil Eelam, un État indépendant dans l'est et le nord du pays, majoritairement peuplé de Tamouls de religion hindoue (18% de la population du pays). Ce conflit a causé plus de 70 000 morts depuis 1972 selon des chiffres du 1er mars 2008. Comme dans tous ces pays la population est partagée entre diverses ethnies.

    Le contexte historique et politique, voir ici .

    Avant la période coloniale, le Sri Lanka était partagé par plusieurs royaumes locaux, à Kotte[2] (Cinghalais et Bouddhiste), Kandy[3] (idem) et Jaffna[4] (Tamoul et Hindouiste). Certaines zones à l'Est étaient dominées par les Tamouls, mais sous le contrôle de Kandy. L'invasion historique de l'île par le roi Tamoul Ellalam a été relatée dans un récit mythique, le Mahavamsa. Elle aboutit à une brève domination du sud de l'Inde sur le nord de Ceylan, avant que le roi Cinghalais Dutugamanu ne remporte une victoire. Plus tard, les royaumes Pallava, Chola et Kalinga, du sud de l'Inde, ont envahi et dominé quelques régions de l'île. Ce furent également des périodes d'échanges culturels et commerciaux. Ces invasions ont été rétrospectivement interprétées par des historiens contemporains comme une hostilité ethnique ancestrale. Toutefois, de nombreuses castes Cinghalaises sont issues d'immigrants du sud de l'Inde qui ont embrassé l'identité Bouddhiste. Les Cinghalais prétendent fréquemment que les Tamouls ont bénéficié d'un traitement préférentiel de la part des Britanniques quand ceux-ci ont administré Ceylan entre 1796 et 1948, notamment parce que les colonisateurs ont apporté avec eux des Tamouls du continent.

    Les Tamouls d'origine Indienne, une grande partie des Tamouls du centre de l'île sont issus des ouvriers travaillant dans les plantations Britanniques qui ont émigrés du sud de l'Inde, à l'initiative des colons au XIXe siècle. Ces Tamouls Indiens (encore fréquemment nommés ainsi au Sri Lanka), continuent à travailler dans les plantations de thé, dans des conditions de vie précaires. Bien que parlant la même langue, ils sont considérés comme une communauté distincte des Tamouls Sri-lankais du Nord et de l'est du pays. Initialement, ils ont été la principale cible du nationalisme Cinghalais.

    La colonisation Cinghalaise de zones traditionnellement habitées par des Tamouls, au Nord, et surtout à l'est du pays, par les gouvernements Sri-lankais successifs, a toujours été une source de tension entre les groupes ethniques. L'un des premiers contentieux s'est déroulé en 1947, après la construction du barrage de Gal-Oya dans la région de Batticaloa. Les terres autour du réservoir crée par le barrage auraient dû, en fonction d'une loi, être attribuée aux familles Tamoules déplacées par sa réalisation. Cependant, le gouvernement de l'époque accorda ces terres cultivables à des colons Cinghalais, originaires du Sud de l'île, bouleversant ainsi la composition ethnique de cette région. Traditionnellement habitée par des Tamouls, cette zone devint majoritairement Cinghalaise.

    Le Sri Lanka n'échappe donc pas aux conflits ethniques dans un même pays entre ceux qui sont favorisés par ce que les plus forts au détriment des autres créant ainsi une injustice. C'est le même problème chez nous entre ceux qui détiennent le pouvoir par leur richesse, que le gouvernement favorise, au détriment des autres.

    Le Sri Lanka est une république démocratique socialiste présidentielle et multipartite, où le président est à la fois chef de l’État et chef du gouvernement, un peu comme chez-nous. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et le parlement. Le pouvoir judiciaire est indépendant de l’exécutif et du législatif, chez-nous pas tout à fait. Lors de son indépendance en 1948, le Sri Lanka devint un royaume du Commonwealth sous le nom de Ceylan, le roi y étant représenté par un gouverneur général. Le parlement fut bicaméral (qui s'adresse à un parlement divisé en deux représentations législatives, «bi-caméra deux chambres») jusqu’en 1971. L’année suivante, Ceylan prit le nom de Sri Lanka et devint une république sans toutefois quitter le Commonwealth. Le président est élu pour six ans au suffrage populaire direct et répond politiquement de ses actes devant le parlement. Il peut être destitué par un vote de défiance des deux tiers des députés et avec le concours de la Cour suprême. Le président nomme le Premier ministre, généralement le leader du parti majoritaire, et les autres membres du gouvernement. Le gouvernement peut aussi faire l’objet d’un vote de défiance du parlement.

    Le Sri Lanka, superficie 65.610 km²

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    La montée de la violence,

    de nouvelles émeutes éclatèrent en 1977. À Jaffna, depuis plusieurs années, des groupes de militants Tamouls avaient sporadiquement agressé des policiers, majoritairement Cinghalais, sans que ceux-ci ne puissent les arrêter. Le 13 août 1977, lors de festivités de carnaval, un accrochage opposa de jeunes Tamouls et des policiers ayant abusé de leur pouvoir pour racketter des commerçants. Un policier fut tué, ainsi que quatre civils Tamouls deux jours plus tard. Le marché de Jaffna fut ensuite incendié par la police et le leader du TULF passé à tabac. À l'annonce de la mort d'un policier Cinghalais, des groupes d'étudiants Cinghalais montèrent une émeute, s'attaquant aux maisons, commerces et temples Tamouls. Ces émeutes s'étendirent à Kandy, Matale, Polonnaruwa. Le Premier ministre Junius Jayewardene, devant le Parlement, accusa le TULF d'être responsable des émeutes. Les émeutes gagnèrent alors Colombo, Panadura et Kalutara. Le 20 août, le gouvernement décréta le couvre-feu et déploya l'armée pour faire cesser les émeutes.

    Ces émeutes coutèrent la vie à 300 civils selon les groupes Tamouls (100 selon l'enquête officielle), et déplacèrent 25 000 Tamouls dans le pays. Elles dévoilèrent l'implication des extrémistes Cinghalais du Sri Lanka Freedom Party et radicalisèrent la jeunesse Tamoule, considérant que la stratégie légaliste du TULF était dépassée.

    Le déclenchement de la guerre.

    Rejetant les politiques gouvernementales, une partie de la jeunesse forme des organisations militantes, dont certaines financées par l'attaque de banques. Les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE), plus communément désignés sous le nom de «Tigres Tamouls», deviennent rapidement la plus importante d'entre elles. En réponse, le gouvernement intensifie sa présence militaire au nord du Sri Lanka.

    Dans ce contexte, l'ONU reste impuissante à apaiser les belligérants, d'une part par l'indifférence des États membres de Conseil de sécurité et d'autre part par ce que ce conflit est devenu si complexe dans la rhétorique de la guerre contre la terreur que beaucoup de pays ont été réticents à faire pression sur le gouvernement Sri Lankais.

    L'ONU est donc paralysée et des dizaines de milliers de Sri Lankais l'apprennent à leurs dépens.

    Depuis trois mois, dans le nord-est de l'île, ils sont pris au piège de violents combats entre une armée gouvernementale brutale et la rébellion sans scrupule des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE).

    Si, en janvier, la guerre dans la bande de Gaza avait, à juste titre, provoqué un tourbillon diplomatique, rythmé de réunions nocturnes du Conseil de sécurité, les civils Sri-lankais meurent dans une relative indifférence.

    Selon les chiffres officieux de l'Organisation, invérifiables, faute d'observateurs, près de 6 500 personnes ont déjà péri, cinq fois plus qu'à Gaza, et 14 000 ont été blessées. Ceux qui ont fui, près de 200 000 civils, ont été placés de force depuis le début de l'année 2009 dans ce que le gouvernement, qui s'est adjoint les services d'une firme de relations publiques de Washington, appelle des «centres de bien-être», et la moitié d'entres elles ont fuit à partir du 20 avril. Selon Human Rights Watch (HRW), il s'agit plutôt de «camps d'internement» entourés de barbelés et contrôlés par l'armée. 50.000 civils sont encore coincés sur une bande côtière au nord du Sri Lanka

    Les réfugiés passent par des centres de «triage» destinés à extraire les rebelles qui tenteraient de se fondre dans leurs rangs. Selon l'ONG Opération USA, les hommes en âge de se battre sont séparés des femmes et des enfants. En dépit de ses requêtes, l'ONU n'a pas été autorisée à surveiller le processus. Et «étant donné le passif du Sri Lanka en matière d'exécutions sommaires, cette situation est alarmante», prévient Anna Neistat, de HRW.

    Il a fallu attendre que le coordonnateur humanitaire de l'ONU, John Holmes, prédise, le 8 avril, un possible «bain de sang sur les plages du nord du Sri Lanka» pour que la machine onusienne sorte de sa torpeur. En dépit de nombreux communiqués et d'efforts diplomatiques en coulisse, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, n'a pas su réveiller les consciences pour faire du dossier une priorité. Il n'a pas relayé les rares appels à la mise en place d'une commission d'enquête internationale.

    Dans ses recommandations l'ONU en rappelant au gouvernement Sri Lankais ses «obligations» en vertu du droit international et demande aux Tigres Tamouls de déposer les armes et de renoncer au terrorisme et aux attentats suicides dont ils sont les pionniers, elle n'est pas écoutée.

    Un crime presque parfait sans qu'aucun cadavre n'apparaisse à la «une» des journaux ou sur les écrans de télévision. Les autorités de Colombo ont efficacement empêché tout témoignage sur la zone des combats. Les journalistes, les ONG et l'ONU ont l'interdiction d'entrer dans cette bande de 10 km2, dans le nord-est du pays, où quelques centaines de combattants des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) vivent l'ultime épisode d'une rébellion illuminée et sans scrupule.

    Pour faire taire les appels à la trêve, Colombo a recours à un argument massue. «Ceux qui exhortent de loin à une pause humanitaire (...) ne vivront pas au Sri Lanka lorsque les kamikazes frapperont de nouveau», a proclamé le journal progouvernemental Daily News. De fait, les Tigres Tamouls sont, à juste titre, considérés comme des terroristes par la plupart des pays occidentaux, dont aucun ne veut sembler défendre un mouvement adepte des attentats-suicides et du recrutement d'enfants soldats.

    Cela explique que, durant de longues semaines, la communauté internationale ait détourné le regard, pendant que le régime Sri-lankais, brutal et autocratique, tentait de terminer une «sale guerre» de trente-sept ans, qui a fait près de 70 000 morts. Bien qu'elle n'ait pas convaincu Colombo, il faut espérer que la visite au Sri Lanka du ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de son homologue britannique, David Miliband, marque la fin de l'indifférence de la communauté internationale.

    Depuis la publication de la visite de Bernard Kouchner annoncée dans l'article du Monde.fr du 02/05/09, cliquez ici, aucune information de presse n'a été diffusée sur cette visite

    Moscou et Pékin ont écarté tout appel à une «pause humanitaire» dans les combats.

    En réalité, L'ONU qui a remplacé la Société des Nations après la seconde guerre mondiale n'a aucun pouvoir, elle ne peut que dicter des recommandations voire des résolutions qui sans appuis militaires ne sont pas exécutées. Le nombre de résolutions onusiennes dans le conflit israélo-palestinien qui n'ont pas été appliquées est la marque de son impuissance. Je me souviens de Gaulle parlait de machin à propos de cette organisation. Vouloir attribuer à cette organisation internationale des pouvoirs, cela ne peut se faire que si elle a les moyens de les appliquer, et comme elle dépend des Nations qui la compose, incapables de s'entendre, elle reste impuissante.

    Elle peut que mettre en œuvre une force d'interposition, mais au Sri Lanka pays montagneux au possible elle serait inefficace.

    [1]Le Rāmāyana,

    qui signifie en sanskrit «le parcours de Râma» est la plus courte des épopées de langue Sanskrite composées entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle de notre ère. Constitué de sept livres et de 24 000 vers, le Râmâyana est, avec le Mahâbhârata, l'un des écrits fondamentaux de l'hindouisme et de la civilisation Indienne. Le Rāmāyana commence bien après la naissance de Rāma par la plainte de la Terre dévastée qui, sous la forme d'une vache, s'adresse à Vishnou et le met en face de sa responsabilité. Le Rāmāyana raconte la naissance et l'éducation du prince Rāma qui est le septième avatar du dieu Vishnou, la conquête de Sîtâ et son union avec elle. L'œuvre raconte également l'exil de Rāma, l'enlèvement de Sîtâ, sa délivrance et le retour de Rāma sur le trône.

    [2]Kotte,

    «Sri Jayawardenapura» en Cingalais et en Tamoul, connue autrefois sous le nom de Kotte, c'est une banlieue de Colombo, l'ancienne capitale.

    Du XIVe aux XVIe siècles, Kotte (signifiant «forteresse») était la capitale de l'ancien royaume de Kotte. Elle fut fondée au XIIIe siècle sur les rives marécageuses du fleuve Diyawanna Oya, comme une forteresse destinée à se protéger des invasions du Royaume Jaffna et de la dynastie «Arya Chakaravarth».

    [3]Kandy,

    est une ville sacrée classée au patrinoime mondial de l'UNESCO. Kandy est aussi appelée ville de «Senkadagalapura, Mahanuwara», la grande ville puis Kande par les Portugais, et aussi localement Udarata. C'est une ville du centre du Sri Lanka fondée probablement au milieu du XVe siècle et qui occupe des fonctions tant administrative que religieuse. Elle doit son nom à la déformation de Kande, du nom que lui donnèrent en 1542 les Portugais d'après le titre du chef local Kande râja, «roi de la montagne». Sa population s'élève à 161 395 habitants (recensement de 2001). Située à 116 km de Colombo, elle est arrosée par la rivière Mahawelî.

    [4]Jaffna,

    est une ville située au Nord du Sri Lanka à 400 km de Colombo et proche de l'Inde du Sud. C'était la seconde ville en importance du pays jusqu'à une période récente. Sa population a cependant beaucoup diminué du fait de l'agitation causée par la guerre. Autrefois port important, mais aujourd'hui ensablé, il n'est plus utilisé que par des pêcheurs. La ville est considérée comme la capitale culturelle des Tamouls Srilankais. Jaffna a été la capitale d'un royaume Tamoul établi par «Arya Chakravarti», un ministre du roi Pandya Kulasekhara.

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