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sécurité

  • On ne voit pas la sortie du tunnel, de nombreux obstacles la masque,

    chômage, sécurité, croissance, compétitivité.....

    Support Wikipedia Le président pourra toujours augmenter ses interventions, bien que ce ne soit pas son style, homme de gauche respectueux des institutions, rien de Sarkozy en lui, les sondages montrent encore son influence, mais ce n'est pas cela qui fera qu'il y ait moins de chômeurs. Les trois millions sont atteints, et nous ne sommes pas au top. C'est le ministre du travail, Michel Sapin qu'il l'a annoncé sur radio J le dimanche 02 septembre, mais aussi le seuil du taux de 10 % de chômeurs est franchi. Ils auraient été franchis en août. Avec l'Outre-mer, c'est 4,733 millions de demandeurs d'emploi qui étaient recensés fin juillet, dont 3,232 millions sans aucune activité, catégorie A. Selon une étude de l'institut Coe-Rexecode, diffusée par l'agence Reuters fin juillet, le cap des 10,5% de chômeurs devait être atteint d'ici fin 2013 au vu des projections économiques de l'INSEE.

    L'année prochaine, quel sera le taux de chômage ? Personne ne le sait répond Michel Sapin. «La question est, est-ce que cela va augmenter encore beaucoup ?» «Oui, cela va augmenter», a ajoute-t-il avant de nuancer immédiatement, est-ce qu'à un moment donné on peut l'inverser ? Oui, «on peut inverser».

    En Champagne à Châlons, harcelé par une poignée de Cégétistes et la presse à la 66ème foire de Châlons-en-Champagne, François Hollande déclare, «je ne reviendrai pas sur les responsabilités d'hier ou d'avant-hier, j'ai pris la situation de la France en toute connaissance de cause, telle qu'elle est». «Je n'ai rien ignoré de la réalité», pas si sûr !

    «François ne nous fais pas regretter d'avoir voté pour toi, ne nous oublie pas», lui ont lancé des salariées de la société Sodimédical, qui n'ont pas été payées depuis onze mois. Mais, elles savent tous bien qu'il n'y est pour rien. Que c'est la même chose dans les autres pays d'Europe même en Allemagne qui subi aussi l'austérité, elle frôle aussi la récession avec un taux de croissance de 0,3 % du PIB au second trimestre 2012. Quant à la Grande Bretagne c'est -0,5 %, Italie - 0,7 %, Espagne - 0,4 %, zone euro - 0,2 %, et la France 0,00 % au 14 août 2012.

    La crise que subissent les pays du sud de l'Europe s'étend à l'Allemagne et à la France, et la situation restera critique jusqu'en 2013. Le PMI manufacturier de la zone euro recule davantage qu'anticipé en août, ce qui montre que le volume des affaires a été moindre qu'espéré, malgré les baisses de prix consenties par les industriels. Le PMI manufacturier «purchasing manager'index», est basé sur un sondage au niveau des achats dans le secteur industriel. Quand cet indice s'élève ou baisse cela à un impact sur l'économie. L'actu Forex du 3 septembre donne une progression à 44,7 points pour 44 points pour l'Allemagne alors que l'on s'attendait à 45,1. L'indice Français à quant à lui progressé à 46 points contre 43,4 précédemment, on espérait 46,2. Il reste pour le 13ème mois consécutif sous le seuil de 50, séparant contraction et expansion de l'activité, mais s'en rapproche. Cela laisse espérer une amélioration de la situation de l'industrie. Mais pour les analystes il pèsera encore sur le PMI brut jusqu'au troisième trimestre. Pour la zone euro c'est la même chose, il s'est contracté de 0,2 % en deçà des prévisions à 45,1 contre 45,3 estimé par rapport au précédent de 44 points. Cela montre que la France se porte vis à vis des autres partenaires dans une meilleure posture, et s'il viendrait à augmenter, la croissance pourrait émerger début 2013.

    Ce qu’expriment les sondages c'est bien plus de l'inquiétude qu'une politique dont il faut attendre qu'elle inverse le sens de cette situation. Mais les Français ont raison, ils l'expriment. Ils ont besoin d'être rassurés sur les perspectives de la politique menée. François Hollande doit donc parler, pas comme Sarkozy, mais comme un président qui agit pour le bien de tous. Ses démarches auprès du patronat en sont la preuve, ce sont eux qui créent des emplois. La création de la banque d'investissement pour les PME, PMI (qui fait polémique entre Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg sur le choix de la banque Lazard par suite de l'embauche, de la compagne de Montebourg Audrey Pulvar par Matthieu Pigasse, principal associé de la banque d'affaire ), est un des points majeurs, une politique forme un tout avec l'augmentation du plafond de livret A, et les 150.000 emplois jeunes effectifs qu'en 2013, le contrat de génération dont Michel Sapin à transmis hier le document d'orientation. Son but maintenir un sénior de plus de 57 ans et embaucher, dans un tutorat, un jeune de 16-25 ans en durée indéterminé. L'objectif 500.000 jeunes sur cinq ans pour un coût de 2 à 3 milliards/an. Pour beaucoup c'est trop long, mais il faut avant tout construire quand depuis 10 années la gauche fut exclue des décisions, peser, convaincre et légiférer prend du temps. La date de reprise du parlement a été avancée au 10 septembre dans ce but. Et puis, il y a les augmentations d'impôts des classes supérieures, ISF, les droits de succession, la taxe exceptionnelle à 75 % et la suppression des heures supplémentaires défiscalisées qui devraient donner du souffle pour la dette et pour l'investissement.

    L'augmentation du prix des carburants à pesé directement sur le pouvoir d'achat des ménages, à cela le gouvernement en congé n'a pu y faire face dans l'instant. Il lui fallait attendre la conclusion de la mission menée auprès des pétroliers sur leurs marges. Il s'est avéré qu'elles étaient minuscules et que l'on ne pouvait espérer que des broutilles. La DGCCRF à également montré qu'elles étaient limitées notamment sous l'effet des taxes. Elles tournaient autour de 1 centime par litre, au delà la vente serait à perte. Finalement la baisse est de 6 centimes par litre pour, quelques mois, répartis entre l’État et les pétroliers, c'est peu, mais cette baisse devrait coûter dans les 300 millions d'euros. En définitive cet argent sera récupéré en impôts, c'est donc une erreur faite pour respecter l'engagement du président. Il est évident que la baisse de l'euro par rapport au dollar est, avec les tensions de guerre au Moyen-Orient, l'un des facteurs de cette montée du coût des carburants. Ce qu'il faut c'est moins consommer, prendre les transports en communs et s'approvisionner ou c'est moins cher.

    L'autre dossier concerne la sécurité des Marseillais. La recrudescence des règlements de comptes entre bandes rivales, 14 morts depuis le mois de janvier c'est trop. Cette guerre des gangs pour trafics de drogue crée un climat d'insécurité qui a fait déclarer à une sénatrice socialiste Madame Samia Ghali maire du 15ème et 16ème arrondissements qu'il faudrait l'intervention de l'armée, comme solution de secours. C'est donc un cri devant le laxisme du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin. Pendant l'ancienne majorité qui lui était favorable on ne l'a pas entendu contre ces règlements de comptes qui se perpétuent dans les quartiers d'obédience socialiste. La honte d'un maire qui se contentait comme le préfet délégué Alain Gardère de la tranquillité d'une ville plutôt paisible. Mais c'est vrai qu'à Marseille cela fait plus de 30 ans que cette ville est habituée aux règlements de compte. Alors quand Manuel Valls déclare qu'il est hors de question que l'armée intervienne et que les actions spectaculaires ne servent à rien, il montre sa fermeté. Il faut des actions en profondeur pour juguler cette délinquance et non des actions ponctuelles. Pour lui, Jean-Claude Gaudin fait de la démagogie réclamant que toute la ville soit placée en zone de sécurité prioritaire, et qu'il n'était pas acceptable que seulement les quartiers socialistes soient en ZSP. La réponse de Manuel Valls fut de dire que lui et ses amis ne se sont pas occupés de leur ville pendant des années. C'est bien ce que beaucoup pensent devant ces crimes. Ces propos ne peuvent que se retourner que contre lui. «Marseille est une ville en très grande perdition, qui a besoin d'une réponse exceptionnelle de l'État et c'est ce qui va être fait avec la réunion de jeudi», a insisté Manuel Valls. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait présider jeudi 06 septembre à Matignon un comité interministériel consacré à l'élaboration d'un «programme d'action pour l'agglomération Marseillaise». Le problème est que les effectifs de police ont été considérablement réduits et que c'est habiller Paul en déshabillant Pierre. L'insécurité est partout, et il faut du temps pour reconstituer une police nationale qui fut meurtrie par l'ancienne majorité.

    Quant à la compétitivité, il est évident que c'est avant tout le dynamisme commercial de nos entreprises qui est en cause, beaucoup plus que le coût des charges sociales, voir Le faux problème des charges patronales. Les Allemands avec leurs voitures haut de gamme et leurs machines outils ont une balance commerciale positive tandis que nous, nous sommes déficitaires de 34,9 milliards d'euros depuis le début de l'année. Le commerce extérieur Allemand avec la Chine est positif. L'Allemagne qui a établi un partenariat fructueux affiche son insolence avec le surplus de la balance courante (qui inclut notamment la balance commerciale) devrait atteindre 210 milliards d'euros, soit plus que l'excédent Chinois, Japonais ou celui des pays exportateurs de pétrole, note le journal Financial Deutschland en citant l'Institut de statistiques allemand. Exprimé en % du PIB il dépasserait le seuil de 6 %.

    L'économie Chinoise est passée, en 8 ans, de 4 % du PIB mondial à 20 %, entre 2002 et 2010, tandis que l’Occident, déclinait en proportion ? La Chine n’importe que ce qu’elle ne fabrique pas ou peu. Les belles voitures sont Allemandes et les machines outils haut de gamme le sont aussi, de même que la construction navale. Mais son excédent commercial est aussi en Europe dans la zone euro. Les belles voitures Allemandes Mercédès, BMW, Audi, Porsche, se vendent très bien en France, et la mécanique aussi, et nous que vendons-nous comme voitures et machines outils en Allemagne ? Le gouvernement précédent masquait notre déficience industrielle et commerciale par l'argument des charges sociales. C'était une tromperie honteuse qui allait bien avec l'incompétence de notre industrie dans des domaines porteurs de marchés. Faire des voitures que tout le monde fait, et moins cher que nous, ne fait pas en vendre.

  • Ou en est la sécurité de Sarkozy,

    après celle de Daniel Vaillant ?

    «Voir aussi la sécurité de Sarkozy».

    Support Wikipedia Qui ne se souvient pas des propos de Nicolas Sarkozy lorsqu'il prit le ministère de l'intérieur le 06 mai 2002 sous la gouvernance de Jean-Pierre Raffarin ? Il n'avait pas de propos assez durs pour qualifier la politique de son prédécesseur Daniel Vaillant et sur la politique angélique de la gauche en matière de police et de sécurité. Ses premières actions, a part ses propos «débarrasser les Français de la racaille», de «nettoyer les banlieues au karcher» en montrant ses gros bras entourés de cars de police, furent la suppression de la police de proximité mise en place par le précédent gouvernement justement pour lutter et prévenir contre l'insécurité, voir «L'échec de Sarkozy, la sécurité». Et puis bien entendu la fusion police gendarmerie le 1er janvier 2009 pour ne faire qu'un seul corps sous ses ordres, alors que ce sont deux corps différents, voir AgoraVox.

    Le nombre de lois publiées est assez impressionnant pour un résultat médiocre. On sait bien que trop de lois tuent la loi, ne sachant plus ce qu'il faut appliquer. De plus, les effectifs de police ont été considérablement réduits estimant que la vidéo pouvait remplacer la présence policière. Cette prolifération de caméras sécuritaires, si elle apporte un plus, toute information est bonne à prendre, encore faut-il qu'elle soit exploitable, ce qui n'est pas prouvé eu égard à son coût de dépouillement.

    J'ai subi en décembre 2010 le vol à la tire de ma carte bancaire et le délit a été très important, et malgré les caméras qui enregistrent tous les achats dans les magasins ou ils furent effectuées, les coordonnées et l'heure des achats étant connus, aucun des voleurs n'a encore été appréhendé et pourtant des recoupements sont possibles, il suffit de le vouloir. Aux dernières informations rien n'a encore été fait ! La prolifération des délits de toutes sortes fait que nos services de police, pas assez nombreux, sont contraints de faire des choix ne pouvant tout traiter. Les délits mineurs comme le vol à la tire d'une carte bancaire par exemple sont laissés dans les dépositions, par ce que les assurances et les banques remboursent le délit en général. Cet ensemble de délits de vols à la tire, vols à la portière, de portables arrachés des mains, de petites agressions corporelles, voire de voitures, ou cambriolages d'habitations qui ne sont jamais résolus, empoissonnent plus les Français que les grosses affaires.

    Une vingtaine de lois sur la sécurité intérieure ont été votées depuis 2002. Si le nombre global des crimes et délits constatés par la police est en baisse, ce qui reste à vérifier, tout n'est pas déclaré à la police sachant que souvent c'est inutile aucune suite n'est donnée, d'autant que vous êtes mal reçu. Une forme plus grave et plus violente de délinquance est en augmentation constante, celle des agressions physiques et crimes contre les personnes. Ceux-ci représentaient 303.552 des infractions constatées en 2002 et 408.251 en 2008, soit une augmentation de +34 % en 6 ans ! Parallèlement, les atteintes volontaires à l’intégrité physique 381.400 en 2002 sont en hausse de plus de 19% en 7 ans pour s'établir à 455.911 atteintes enregistrées en 2009. Mais, le plus révoltant est aussi le fait que de nombreuses condamnations ne sont pas exécutées faute de prisons.

    On tue maintenant pour rien, que ce soit dans la rue et même à l'école par des enfants et adolescents. Les crimes n'ont pas de limite, un vigile de 35 ans d'une discothèque d'Ivry sur Seine à été abattu vers 4 heures du matin par ce qu'il en refusait l'entrée. Les trois hommes qui s'étaient présentés sont repartis et sont revenus armés d'un fusil, et l'un deux a tiré à deux reprises sur ce groupe de vigiles.

    La question que beaucoup se posent est «la politique répressive engagée par Sarkozy dans une situation de misère, ne nourri-t-elle pas la délinquance ?» Dans ce contexte le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des forces de sécurité publique fait le point.

    Ce rapport de 248 pages nous apprend ce que nous savions déjà, une baisse des moyens en effectifs, mais cette baisse de moyens est inégale. Par exemple la Seine-Saint-Denis a vu ses effectifs augmentés de 8,8 %, dans l’Essonne 8 %, une faible hausse en Seine-et-Marne 2,2 %, dans le Val-d’Oise 1,3 % et les Yvelines 0,7 %, et une baisse non négligeable dans les Hauts-de-Seine - 3,0 % et le Val-de-Marne - 4,4 %. Pour Paris l'évolution serait favorable par suite de l'intégration des départements limitrophes, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, sous l’effet de l’instauration de la police d’agglomération en septembre 2009, au sein de la nouvelle Direction de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne (DSPAP). Les effectifs parisiens sont restés stables entre le 1er janvier 2006 et le 1er janvier 2010 avec 20.394 agents à cette date tandis que ceux de la police nationale ont diminué de 1,6 % au cours de la même période. Par contre depuis 2009 un renversement de tendance sur l'évolution des effectifs des services de la DCSP, Direction Centrale de la Sécurité Publique, et des unités de la gendarmerie départementale, s’inscrit dans le cadre de celle de la police et de la gendarmerie dans leur ensemble, retracées par le tableau ci-dessous.

    Dans le cadre de la loi de finance la réduction des services publics s'est poursuivie en 2011 à hauteur de 712 emplois et la gendarmerie à hauteur 96 emplois. Le mouvement de réduction s'est poursuivi sur le nombre de policiers fonctionnaires dans les DDSP pour tomber à 50.928 au 1er janvier 2011, annulant de plus de la moitié l'accroissement qui avait été obtenu au cours de la période 2003-2009. A cela vient s'ajouter une baisse des budgets de fonctionnement hors rémunération. La période 2006-2010 voit la réduction des dépenses de fonctionnement avec une hausse des rémunérations que l'on peut attribuer à la politique au mérite malgré la baisse des effectifs.

    Nous avons donc le résultat suivant, notre police nous coute globalement plus cher avec moins d'effectifs c'est à dire moins de sécurité.

    Le rapport marque un développement des polices municipales, qui sous une forme cachée supplie à la police de proximité supprimée par Sarkozy sans que pour autant elles disposent des mêmes moyens. Elles sont un pis aller développé par les communes mais ne peuvent lutter contre la délinquance. Ces polices municipales sont nommées par le maire et sont à la charge des communes. Elles reçoivent un double agrément du préfet et du procureur de la République et prêtent serment devant le tribunal d’Instance dans leur ressort. Ces policiers municipaux comme les Agents de Surveillance de la Voie Publique AVSP, titulaires ou contractuels, n'appartiennent à aucun cadre d’emplois spécifique ce qui rend leur fonction quelque peu précaire. Ils sont munis d’une carte professionnelle, mais n’ont pas qualité d’agent de police judiciaire adjoint et ne suivent pas de formation obligatoire. Ils ne peuvent pas porter d’armes de 4ème et 6ème catégories. Ils sont chargés de la verbalisation aux infractions au Code de la route, au Code de la santé publique et peuvent constater les infractions aux règles relatives aux bruits de voisinage et sont affectées à la surveillance des abords des écoles. L’îlotage est organisé à des fins préventives et ne conduit pas à des interpellations. Le seul armement dont, le cas échéant, sont dotés ces policiers relève de la 6ème catégorie. Ils ne travaillent pas la nuit. Compte tenu de l'hétérogénéité des polices municipales la Cour recommande

    • d'instaurer la transmission aux préfets, outre les maires, des avis de fin de formation des stagiaires émis par le CNFPT, Centre National de la Fonction Publique Territoriale, afin de motiver les décisions d’agrément,
    • créer une obligation de formation continue des directeurs de police municipale,
    • étudier de nouvelles modalités de contrôle des polices municipales par le ministère de l’intérieur.

    Le développement de la vidéo-surveillance est fortement controversé car son but qui serait de compenser le manque des forces de police sur la surveillance des voies publiques et des transports est contesté. Il est prévu d'implanter 60.000 caméras à l'horizon 2012 sachant qu'en 2008 20.000 étaient implantées. En dehors des chiffres donnés par le ministère de l'intérieur et ceux recensées par l'enquête de la Cour des comptes qui montre des écarts, c'est le but politique qui est cherché. La vidéo-surveillance rebaptisée vidéo-protection dans le cadre de la loi Loppsi du 14 mars 2011 est considéré comme l'un des moyens pour réduire le nombre des délits et améliorer leur taux d’élucidation, voir Loppsi qu'est-ce c'est, et Loppsi qu'est-ce qu'on a retiré. Le rapport rappelle que le Conseil constitutionnel a annulé les dispositions de l’article 18 de la Loppsi 2 qui autorisait des personnes privées à procéder à une surveillance de la voie publique parce qu’elles constituaient «une délégation à ces personnes des tâches inhérentes à l’exercice par l’État de ses missions de souveraineté» et méconnaissait «les exigences constitutionnelles liées à la protection de la liberté individuelle et de la vie privée». A ainsi été retirée de la loi, votée par le Parlement, la possibilité pour l’autorité publique ou toute personne morale de confier par convention l’exploitation de son système de vidéo-surveillance de la voie publique à un opérateur public ou privé agréé par le préfet, et le cas échéant, à une société de sécurité placée sous le régime de la loi du 12 juillet 1983 relative aux activités privées de sécurité. Le rapport souligne par ailleurs une absence des contrôles à postériori. Dans sa conclusion, le rapport pointe l'efficacité de la vidéo-protection la ou elle est largement implantée comme à Nice mais aussi pointe son coût de 300 M€, subventionné, en moyenne, à hauteur de 40 % par l’État, au moyen du Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance FIPD, doté de 30 M€ en 2010. Les collectivités territoriales financent 60 % de l’investissement et supportent les dépenses de fonctionnement, de l’ordre de 300 M€ par an. En conséquence, il aurait été souhaitable, notamment du fait de l’importance des sommes en jeu, qu’une évaluation de l’efficacité de la vidéo-surveillance accompagne, sinon précède, la mise en œuvre, de ce plan de développement accéléré. La France se caractérise par la quasi-absence d’enquête scientifique sur le sujet. Une seule étude a été menée par le ministère de l’intérieur essentiellement à partir des statistiques de la délinquance enregistrées à l’état 2001. Cependant, ses résultats contradictoires, autant que sa méthode, ne permettent pas d’en tirer des enseignements fiables. Les études menées à l’étranger ne permettent pas non plus de conclure à l’efficacité de la vidéo-surveillance de la voie publique.

    La Cour recommande un certain nombre de mesures comme,

    • de se doter des moyens d’une connaissance exacte du déploiement des systèmes de vidéo-surveillance par les collectivités locales,
    • d’engager une évaluation de l’efficacité de la vidéo-surveillance de la voie publique dans la prévention de la délinquance et l’élucidation des délits,
    • d’organiser l’insertion systématique par les services de police dans les comptes-rendus d’enquête,
    • de mettre en œuvre une mesure analogue dans la gendarmerie nationale,
    • de joindre à l’arrêté préfectoral d’autorisation des systèmes de surveillance de la voie publique la liste nominative, ou au moins fonctionnelle, des personnes habilitées à visionner les images,
    • de prévoir l’obligation pour les communes de soumettre tous les personnels chargés de l’exploitation de ces systèmes à l’obligation de suivre un programme de formation conforme à un modèle type arrêté par voie réglementaire, d’inciter les communes à adopter un règlement intérieur du CSU, Centre de Supervision Urbain.

    On ne comprend pas, à l'étude de ce rapport, les critiques formulées par Claude Guéant et l'UMP, alors que la Cour des comptes fonctionne d'une façon collégiale, d'autant que les magistrats qui la compose sont les mêmes que ceux sous Philippe Seguin. En outre, et cela est important, le rapport à été présenté à toutes les institutions qu'il évoque, elles sont en annexe à partir de la page 190. Les 33 maires auxquels ce rapport à été présenté ne l'ont contesté sur le fond, pas plus que le garde des Sceaux.

    Les observations de Claude Guéant sont à la page 196. Pour lui un nombre «important d’inexactitudes, d’erreurs d’analyse, d’oublis et d’appréciations manquant parfois d’objectivité». Il regrette que les auteurs se soient limités à la seule période 2002-2009. Il conteste le mot «contrasté» mentionné au début du rapport. Par contre, il note que la Cour reconnaît positivement, dans une autre partie du rapport, «que la politique conduite dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure d’août 2002, s’est traduite par huit années consécutives de baisse de la délinquance et ce, alors que la population Française dans le même temps augmentait de 3,2 millions d’habitants». Il s'élève fortement contre la fausse allégation selon laquelle les récentes évolutions budgétaires «pourraient ne pas être sans risques pour l’efficacité de l’action des forces». Une telle appréciation «ne repose sur aucun fondement sérieux». Il annonce qu'il est décidé à poursuivre cette politique d’aide à l’équipement partout sur le territoire avec pour objectif le déploiement de 60.000 caméras d’ici 2012. Pour ce faire, outre les 35 millions d’euros entre 2007 et 2009, 30 millions d’euros ont été mobilisés sur le fond interministériel de prévention de la délinquance en 2010 et un effort similaire sera effectué en 2011.

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