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  • Le remaniement ministériel,

    annoncé pour fin octobre est-ce encore utile ?

    Quels que soient les gouvernements, vers la fin d'un mandat présidentiel chaque président procède à un remaniement afin de changer l'équipe dirigeante originelle de son mandat. Le but est de constituer une équipe gagnante pour la prochaine élection présidentielle. Le prétexte est que l'équipe qui a conduit les affaires serait fatiguée et qu'il faut du sang neuf sur le plan politique. Politiquement l'équipe actuelle n'a pas l'envergure souhaitée ayant depuis sa création appliquée à la lettre les consignes de Sarkozy, une équipe de techniciens en quelque sorte. Elle n'a rien fait d'autre que de déclarer qu'elle les appliquait, en y mettant certes son énergie, pour justifier que, ce qu'elle faisait, même si parfois certains ministres paraissaient ne pas être en phase avec le président, était de la décision du président. Une façon de se disculper en quelque sorte. En d'autres termes, elle n'a jamais apporté politiquement une orientation différente qui pourrait très bien être comprise à la fois par le président et par les Français, le président verrouillant tout comme si, à lui seul, il détenait la vérité. La cinquième république est fondée sur l'élection du président au suffrage des Français, c'est donc lui qui, plus que tout autre, représente la légitimité pendant son mandat, mais cela ne lui donne pas le droit d'être fermé à tout. Ce qu'il a fait et fait de son pouvoir donne la marge politique qu'il laisse à ses ministres et dans le cas présent Sarkozy n'a rien donné autre que des miettes. On ne voit pas pourquoi que cela changerait avec un remaniement gouvernemental. Pour Laurent Fabius il faut «que Sarkozy se remanie lui-même».

    L'équipe actuelle est certes fatiguée du peu de crédibilité qu'elle confère aux Français, certaines affaires comme celle de la vaccination AH1N1 une gestion déplorable et un four pour nos finances, celle de Bettencourt-Woerth avec le conflit d'intérêt qu'elle suscite, celle des Roms avec le cafouillage de cette circulaire les visant nommément avec la réaction de Viviane Reding de la Commission de Bruxelles, et dans sa continuité la déchéance de la nationalité, pour ne citer que les plus récentes, font une politique au coup par coup, éparse, désordonnée. Mais aussi l'affaire Karachi qui est relancée par la nomination du juge d'instruction indépendant Renaud Van Ruymbeke sur le financement politique occulte qui pèsent sur le dossier au sujet de la vente, en 1994, de sous-marins au Pakistan par le gouvernement d'Edouard Balladur, s'agissant du contrat Agosta.

    Mais, il y a tout un tas de faits qui conduisent le président à une cote autour de 31 %, selon le baromètre CSA pour le Parisien Aujourd'hui en France paru le 10/10, ne serait-ce que par le climat qu'il instaure sur le dossier des retraites ou 70% des Français désapprouvent ce qui est fait avec l'injustice du bouclier fiscal, et de la loi Tepa qui ruine nos finances et de beaucoup d'autres choses. Et puis cette fameuse démission de Bernard Kouchner qui n'en serait pas une, se plaignant des humiliations des conseillés du président, et pour avoir été mis à l'écart sur l'affaire de la Cote d'Ivoire soldant ainsi la fin de l'ouverture, eu égard aux piètres résultats de Fadela Amara probablement non renouvelée, il n'y a pas d'argent pour les banlieues, au départ de Martin Hirsch du gouvernement qui dénonce les conflits d'intérêt dans son livre «Pour en finir avec les conflits d'intérêts» mettant en cause Jean-François Copé et Gérard Longuet et rejoignant la section PS de l'Île de Ré, mais aussi le cas de Jean-Marie Bockel déplacé du secrétariat à la coopération sur demande expresse du président Bongo, tout cela créé un climat de fin de gouvernement sur fond de propositions de députés UMP de suppressions du bouclier fiscal et de l'ISF, ce qui ferait perdre près de 3 milliards de recettes.

    Dans une période ou le besoin d'argent est primordial pour le financement des retraites, on voit bien que cette majorité est à bout de souffle, et un gouvernement nouveau ou fortement remanié n'apporterait rien. Ce qu'il faut changer avant tout c'est le chef, d'autres ministres seraient dans l'obligation d'appliquer ses directives c'est à dire d'être des valets, du style Brice Hortefeux au détestable Christian Estrosi ministre de l'industrie dans la surenchère sécuritaire, tant les erreurs de l'injustice créées par Sarkozy minent toutes possibilités d'une politique équitable. Un gouvernement remanié ne pourrait résoudre l'état déplorable de nos urgences, par suite de manque de personnels ou les grèves s'accumulent. Qui peut corriger l'abandon de notre santé au Dieu argent alors que nous avons financé la TVA sur la restauration pour raison électoraliste des restaurants Auvergnats. En outre, on apprend que la Société générale a déduit de ses impôts la somme de 1,7 milliards d'euros sur sa perte de 4,9 milliards d'euros, et même si cette possibilité de déduction est légale elle n'en reste pas moins choquante que ce soit les Français qui paient les erreurs de cette banque. C'est donc une autre politique et par la même un autre président qu'il faut à la France.

    Un remaniement gouvernemental qui discrédite les ministres en place les mettant dans une position d'attente sur leur sort, n'est-il pas se créer d'autres problèmes en le programmant en automne ce que l'on ne fait jamais par ce que le budget est préparé par des ministres qui ne pourront pas l'exécuter, Jacques Attali dans «Assez plaisanté». En fait, on ne sait pas très bien ce que cherche le président, et l'on sent une difficulté au niveau du premier ministre, dans la politique menée ou il n'a pas démérité soutenant sans cesse son président. Il semble, depuis quelque temps, ailleurs comme s'il pressentait ce qu'il va lui arriver. Il faut bien comprendre qu'il n'a pas servit de bouclier qui prend tous les coups, de sorte qu'il est peu inutile ayant de plus une meilleure cote que celle de son président. Mais, pour un maroquin ne serait-ce que pour un an et demi il doit y avoir des candidatures c'est toujours cela de pris. Avoir été premier ministre est pour beaucoup une excellence, d'autant plus que certains n'en auraient pas l'envergure. Son remplacement n'est donc pas certain.

    Jean-Louis Borloo ministre d'État est cité, c'est le profil qui se rapproche le plus de Bayrou souhaité par Nicolas Sarkozy, politiquement ce serait bien joué vers le centre Valoisien au moment ou Hervé Morin envisage avec son groupe «Le nouveau centre» de faire cavalier seul pour la présidentielle de 2012. Un moment il fut question dans les bruits de couloir de Christine Lagarde, puis de MAM ce qui serait pour elle une consécration, mais eu égard à son passage à l'intérieur ou elle n'a pas brillé, ses chances sont minces. Pour l'intérieur Brice Hortefeux est irremplaçable, fidèle parmi les fidèles et exécuteur des tâches obscure. Éric Besson celui qui fait le boulot que les autres ne veulent pas faire, fait tout pour conserver son poste, et même si possible pour mieux. Dominique Bussereau secrétaire d'État aux transports a avoué avoir envie d'ailleurs. Éric Woerth dans le collimateur de la justice aura fait son boulot si la réforme de retraites est définitivement adoptée, il pourra donc partir. Rama Yade ne sera certainement pas reconduite ses propos lors du mondial de football sur l'hôtel de luxe des joueurs alors que sa chambre et celle de son équipe étaient à 667 euros dans un cinq étoiles à Georgetown selon le Canard enchaîné. Alain Jouandet secrétaire d'État à la coopération le spécialiste des voyages d'avion ne sera probablement pas reconduit.

    Le malaise de la réforme des retraites quel que soit le gouvernement laissera des traces, les grèves qui se prolongent avec des préavis de grèves illimités et l'entée des lycéens peut tout faire basculer, la majorité UMP peut se lézarder voyant que la politique poursuivie mène à la catastrophe. L'élection présidentielle est dans moins de deux années, ses députés vont commencer à penser à eux c'est à dire à critiquer leur président, il faut bien vivre et un salaire de député est un bien précieux, Sarkozy peut-il laisser tomber «les riches ?»

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