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quinquennant

  • Editorial - Une cinquième république sur une jambe,

    les présidents demandent deux jambes !

    La faute du quinquennat ?

    François Hollande à l'assaut du double quinquennat.

    Support Wikipedia Dans son entretien du 14 juillet, et dernièrement lors du diner à la Maison des Polytechniciens le jeudi 18 juillet François Hollande dans son opération de séduction n'hésita pas d'évoquer sa vision pour les dix années à venir, sans toutefois préciser ce que concrètement il pensait, sinon, qu'il voudrait une France plus libérale plus souveraine. Ce propos montra qu'il n'aura pas assez de cinq années pour que la France soit indépendante des marchés, ainsi que de pouvoir conduire la transition énergétique d'une France libérée de l'hégémonie nucléaire, surtout qu'il précisa vouloir faire cela à son rythme. Son prédécesseur Nicolas Sarkozy piégé par le quinquennat qui ne lui fut pas renouvelé aurait aimé disposer encore de cinq années de plus, mais peut être pas pour les mêmes raisons. C'est la gloire qui le motivait plus que le redressement de la France, vu son état qu'il laissa à son successeur.

    La question est, est-ce la faute du quinquennat ?

    Rappelons nous le septennat instauré par le général de Gaulle avait le grand défaut de conduire à une cohabitation par le fait même que des élections législatives, en cours de mandat présidentiel, donnaient une majorité de gouvernance politiquement opposée à celle du président. Mais il avait en essence la qualité d'accorder au président sept années pour faire sa politique, ce qui ne fut qu'illusoire eu égard aux cohabitations. C'était contre mauvaise fortune bon cœur que le premier ministre et le président s'arrangeaient pour faire une politique internationale cohérente. En fait, si l'on y regarde maintenant avec le décalage du temps, pour le Français lambda, le dommage d'une cohabitation n'apparaît autant néfaste que d'aucuns le prétendirent ! Si nous comparons la politique menée par François Hollande à celle de Sarkozy pour beaucoup de Français de gauche elle est la même. Pour ceux de droite surement pas, mais c'est surtout leur mauvaise foi qui domine leur réflexion. S'il y avait cohabitation Hollande président Sarkozy premier ministre, est ce que nous en souffririons ? L'un arrondirait les angles de l'impétuosité de l'autre ! Non pas que je sois un adepte de la cohabitation mais pour le petit peuple, elle ne changerait pas grand chose.

    Le problème qui se pose pour les présidents c'est la continuité de leur politique, le même problème que pour tout élu, n'en fut-il également pour Barack Obama ? Dans une commune le maire qui lance un programme d'investissement par exemple et qui perd à la municipale sa mairie se voit traité de tous les noms par le nouveau conseil municipal. Est-ce que pour autant il avait mal fait de lancer ce programme d'investissement alors qu'il était dans son droit démocratique ? De plus rien ne prouve que ce programme d'investissement ait été néfaste pour la commune ? Tout ceci pour bien montrer que des élections peuvent contrarier les politiques engagées si elles conduisent à des politiques opposées, si elles ne s'expriment pas dans leur totalité, sans pour autant que soit amélioré la situation économique puisqu'elle dépend pour partie de la conjoncture internationale.

    L'autre problème qui se pose pour un président qui veut faire dix ans. Faut-il qu'il gouverne les yeux fixés sur sa cote de popularité pour être réélu ? Dans le cas de François Hollande on peut clamer que ce n'est pas le cas étant plus combattu par la gauche que par la droite.

    Affronter une nouvelle élection en cours de mandat alors que la vision d'un président va bien au-delà des cinq ans est une épreuve, et rien d'étonnant que François Hollande polarise dès maintenant les Français en leur disant, il ne faut dix ans ! Le quinquennat est impitoyable pour un président puisqu'il l'oblige à se remettre en cause, ai-je bien gouverné, les Français sont-ils satisfaits de ma gouvernance ?

    Mais c'est un passage obligé dans une démocratie comme la notre ou la majorité fluctue de droite à gauche. Renouveler un président pour cinq autres années permet aux Français de se dire, a-t-il répondu à ce que je souhaitais pour la France ?

    Dans le cas de Sarkozy, c'est à la fois l'usure du pouvoir de la droite que le personnage qui déplu plus que ce qu'il fit, la droite est majoritaire en France. Un président de gauche a forcément de grandes difficultés pour se maintenir quelques soient ses résultats. L'élection présidentielle se joue sur quelques millions de voix. François Hollande fut élu avec un apport important de voix de droite qui en avaient assez de l'arrogance de Sarkozy.

    Sarkozy pourra-t-il se représenter probablement, mais de là à être réélu c'est une autre histoire ! Quatre années éloigné du pouvoir même s'il entretien le suspens de sa présence ne lui permettront pas d'être réélu une nouvelle fois. Les Français ont tourné la page, et beaucoup n’oublieront pas l'ardoise qu'il laissa.

    Le quinquennat est terrible pour les présidents, c'est leur épée de Damoclès. François Hollande sent bien que cinq années c'est court déjà plus d'une année de passée et le chômage est toujours aussi haut !

    Sa prétention à engager la transition écologique en fermant la centrale de Fessenheim en 2016 montre qu'il s'engage dans un bras de fer énorme contre la droite, mais aussi contre la région qui voit les pertes d'emplois que cela implique et par voie de conséquence sur l'activité commerciale. C'est forcément du culot deux années avant le jugement des Français. On sent là, la nécessité qu'il poursuive sa politique sans cela, le bébé que récoltera son successeur sera difficile à gérer.

    Le quinquennat, est contre productif dans une situation de réformes qui touchent à l'existence même de notre capacité à faire une transition écologique. Et pourtant, elle est nécessaire, on ne peut rejeter les énergies renouvelables pour entretenir de vieilles centrales aux risques de catastrophes pour la population. C'est un virage à 180 degré. François Hollande se voit donc à engager en cinq années à faire ce que les dix années de droite n'ont pas faites, ce poids risque de peser trop lourd dans la situation économique actuelle si la croissance tarde à venir.

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