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  • Au Québec le tintamarre des casseroles contre la loi 78,

    du gouvernement libéral centriste de Jean Charest gouverneur du Québec.

    Support Wikipedia Au Québec se déroulaient depuis plusieurs mois des manifestations étudiantes dont le but fut de s'opposer à l'augmentation des droits de scolarité universitaires annuels annoncés pour 2012 à 2017 par le gouvernement Jean Charest. Ils passèrent de 2. 168 à 3. 793 $ Can, (1 € = 1,2876 $ Can), une augmentation de près de 75 % en cinq ans, ou pour sept ans 2012 à 2019, de 2. 168 à 3. 946 $ Can, une augmentation de près de 82 %.

    Les manifestations furent commencées le 13 février 2012 par la grève étudiante la plus longue de l'histoire du Québec. Elle fut déclenchée par l'Association des chercheuses et chercheurs étudiants en sociologie de l'Université Laval, le Mouvement des étudiants en service social de l'Université Laval et l'Association Facultaire des Étudiants en Arts de l'Université du Québec à Montréal, UQAM. Ils furent suivis dès le lendemain par les facultés des sciences humaines, de sciences politiques et de droit de l'UQAM. Le 16 février, le Cégep du Vieux Montréal qui dispense une formation supérieure régulière à plus de 6.000 étudiants et continue à plus de 5.000 étudiants, fut le premier établissement de ce type à entrer en grève. Le 20 février, d'autres collèges, vinrent grossir les rangs des grévistes, jusqu'à plus de 30. 000. Le mouvement ne cessa de s'étendre et le 27 février 65.000 étudiants furent en grève. Le 5 mars 2012, environ 123.300 étudiants furent en grève illimitée et environ 9.500 étudiants avaient un mandat de grève illimitée. Le nombre d'étudiants en grève atteignit son sommet le 22 mars 2012, avec 200. 000 étudiants à crier non à la hausse des frais de scolarité ! Le mouvement atteignit même 300. 000 étudiants en grève, sur un total d'environ 420 000.

    Le 21 mars 2012 en plein conflit, Line Beauchamp ministre de l'éducation du loisir et du sport depuis le 11 août 2010 et vice première ministre à partir du 07 septembre 2011 refusa la proposition de médiation faite par Michel Ringuet, recteur sortant, de l'Université du Québec à Rimouski. Elle mettra fin à son mandat le 14 mai 2012 devant l'impasse du conflit.

    Il faut savoir que selon la Constitution canadienne de 1867 l'éducation fut de compétence provinciale. Elle était en 1960 contrôlée par l'église catholique et réservée aux élites fortunées. Au cours des années 60 le ministère de l'éducation fut créé facilitant ainsi l'accès aux universités Québécoise. En 1968, les droits de scolarité des universités publiques furent établis et fixés à 540 $ Can par an. Le 19 mai 1976, le Canada adhéra au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels dont l'article 13 stipulait que, «l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité».

    Les frais de scolarité furent gelés jusqu'en 1990.

    Sous le second gouvernement de Robert Bourassa, ils triplèrent pour atteindre 1.668 $ Can. Ils furent gelés à nouveau de 1994 à 2007. En 2007, le gouvernement de Jean Charest décida d'appliquer une nouvelle augmentation des droits de scolarité de 500 $ Can sur 5 ans, ils passèrent à 2. 168 $ Can par année. Le 18 mars 2011, Jean Charest, exprima sa décision d'augmenter les droits de scolarité de 1. 625 $ Can sur 5 ans, pour les faire passer à 3. 793 $ Can par année, en y additionnant les frais afférents exigés par les universités, la facture étudiante totale avoisinerait ainsi annuellement, en 2016, les 4. 500 $ Can.

    En regard de ces augmentations la condition étudiante au Québec est précaire. 40 % ne reçoivent aucune aide financière de leurs parents et les deux tiers n'habitent plus chez eux. 80 % travaillent et étudient à temps plein. La moitié des étudiants vivent avec 12. 200 $ Can par année. Le seuil de pauvreté pour une personne seule en 2010 était de 16. 320 $ Can. Ils s'endettent donc à long terme pour étudier faisant le profit des banques assurant les prêts gouvernementaux.

    Cette situation s'avère porteuse d'une crise nationale par la bulle spéculative qu'elle engendre, seulement profitable aux banques. L'endettement étudiant est comparé par des observateurs Américains à l'endettement des ménages avant l'éclatement de la bulle immobilière.

    Il faut savoir que les universités Canadiennes ont de lourds déficits, et que les droits devraient être augmentés de 1.500 $ Can par année afin qu'ils atteignent la moyenne Canadienne, selon une entrevue au quotidien montréalais Le Devoir en février 2010, par le recteur de l'Université Laval, Denis Brière.

    Un groupe de 16 personnalités publiques dont l'ancien recteur de l'Université de Montréal, Robert Lacroix, associés au manifeste «Pour un Québec lucide» en 2005, «alors que notre avenir est menacé par le déclin démographique et la concurrence mondiale, le Québec ne peut se permettre d'être la république du statu quo», ainsi que l'ancienne ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, proposèrent des «mesures draconiennes» pour regarnir les coffres des universités en augmentant substantiellement les droits de scolarité sur une période de trois ans.

    Le Pacte pour un financement concurrentiel des universités, prévoit notamment un relèvement des droits de scolarité de 2. 200 $ Can par année. Il peut atteindre de 3. 000 à 10. 000 $ Can dans certains domaines, en étant assorti, d'un engagement ferme du gouvernement à maintenir son financement en termes réels, d'un relèvement des bourses aux moins fortunés, et d'un système de remboursement des prêts étudiants proportionnel aux revenus des diplômés. Le président-directeur général du CIRANO, dont ses domaines d'activité sont les politiques publiques, la finance, le développement durable, croit que, pour favoriser le développement du secteur scientifique à Montréal, il importe d'assurer un meilleur financement aux universités, mais aussi, par exemple, de chercher à valoriser davantage l'éducation.

    Au début de l'année 2012, les positions du gouvernement Charest quant à la négociation furent les suivantes,

    • le gouvernement a déjà débattu de la question de la hausse des droits de scolarité avec les partenaires de l'éducation,
    • la ministre de l'éducation Line Beauchamp trouve difficile de rencontrer le co-porte-parole de la CLASSE,
    • le gouvernement ne discutera pas avec des associations étudiantes prônant la gratuité scolaire,
    • le gouvernement ne discutera pas avec des associations «ne condamnant pas» la violence,
    • le gouvernement ne discutera pas avec des associations «ne condamnant pas» la violence avant le 18 avril 2012 au soir,
    • Le gouvernement reporte la rencontre avec les associations au 23 avril, puisque les trois associations refusent de rencontrer Line Beauchamp avant le congrès de la CLASSE,
    • Line Beauchamp ajoute une nouvelle condition, un statu quo «des deux côtés», qu'elle nomme «une trêve»,
    • Line Beauchamp annonce le 25 avril que la CLASSE s'est exclue parce qu'elle a fait la promotion sur son site Web d'une manifestation de «perturbation économique et sociale».

    La manifestation du 22 mars à Montréal fut une réponse au refus de Line Beauchamp de médiation faite par Michel Ringuet.

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    Photo, Jacques Nadeau - Le Devoir. «La manifestation monstre d’hier passera à l’histoire, entre autres pour s’être déroulée de façon exemplaire, de l’aveu même des policiers», le 23 mars 2012.

    Elle avait comme point de départ la place du Canada et se termina sur la place Jacques-Cartier dans le vieux port ou plusieurs discours furent prononcés. Elle a rassemblé 200 000 étudiants et membres de la société civile s'opposant à la hausse des frais de scolarité, 200.000 fois entendez-nous ! Dans cet immense appel à se faire entendre, ils ont été 200 000 à crier non à la hausse des droits de scolarité. «Cette fermeté du gouvernement explique que le débat se tient dans la rue», a lancé une représentante de profs contre la hausse, à une foule survoltée lors des discours d'avant-marche.

    La loi 78 Québec,

    Après presque trois mois, le conflit qui oppose une partie importante des étudiants de niveau postsecondaire le gouvernement est dans l'impasse. Les 4 et 5 mai, des négociations conduites par la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, avec les négociateurs des fédérations étudiantes, en présence des présidents des trois grandes centrales syndicales du Québec menèrent à la signature d'un document de 5 pages que les fédérations étudiantes acceptèrent de soumettre au vote des assemblées générales. Dans les jours qui suivirent, l'entente de principe fut rejetée massivement par les assemblées étudiantes.

    En quittant la politique le 14 mai, Line Beauchamp ouvrit la porte à ceux qui croyaient, au sein du gouvernement et de l'entourage du premier ministre Charest, que l'imposition d'une loi dure pour couper court au conflit, évoquée par le premier ministre au cours d'une rencontre avec les recteurs conviés à Québec au début mai, est nécessaire pour «accroître la pression et augmenter la gravité des sanctions», pour ceux qui se rendraient coupables d'outrages au tribunal, afin de permettre le retour en classe, selon le journaliste Denis Lessard du quotidien La Presse. Elle fut même prête à discuter d'un moratoire sur la hausse des droits de scolarité, tout en sachant que cette solution ne serait pas acceptée facilement, tant au Conseil des ministres qu'au caucus des députés libéraux. Line Beauchamp savait «que les carottes étaient cuites» après avoir évoqué une commission parlementaire spéciale, «on ne fait pas confiance aux élus», répondirent les étudiants. Les étudiants ont gagné mais leur victoire si tardive risque d'être sans effet.

    Depuis le 19 mai, des citoyens de plus en plus nombreux manifestent dans la rue pour s'opposer à cette loi spéciale. Une cacelorada utilisée au Chili en Argentine, en Uruguay qui consiste à utiliser des casseroles en métal fut reprise par les manifestants chaque soir à 20 heures pour faire du bruit. L'idée, fut lancée sur Facebook par François-Olivier Chené, professeur de science politique au Cégep de Saint-Hyacinthe.

    Manifestation de casseroles dans les rues du quartier Vieux-Limoilou, à Québec, le 26 mai. Cliquez sur l'image.

    Si on tapait sur des casseroles, comme le faisaient les Chiliens pour manifester dans le temps de Pinochet ? Une semaine plus tard, les casseroles résonnaient partout au Québec. Entre les deux, une simple page Facebook ! Aux dernières informations le tintamarre des casseroles trouverait une résonance au delà du Québec, mais rien de bien précis.

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