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  • La gauche peut-elle faire rêver,

    le chantier est immense !

     

    Les Français sont fatigués, ces deux années de droite dure après les cinq années Chirac ont sapés l'énergie de Français. Ils entendent le même refrain chaque jour leur annonçant des restrictions dans tous les secteurs économiques, dans les effectifs d'État, dans la santé, dans l'éducation, pour raison budgétaires et les déficits ne cessent de se creuser, la sécurité sociale est à moins 27 milliards alors que nos hôpitaux subissent des restrictions budgétaires et que nos remboursements de dépenses maladie, prélèvements, franchises, médicaments non remboursés mettent à mal notre santé. Le chômage a considérablement augmenté et les subventions à nos collectivités territoriales subissent des coupes sombres, enfin tout va mal d'autant que nous ne sommes pas certains d'être à l'abri d'un crash financier. Nous aurons en juillet une augmentation du prix du gaz de 4 à 7 % après celle de 9,7 % en avril alors que les marchés sont actuellement au plus bas, mais aussi dans les trains sauf TGV. En Seine Saint-Denis l'État doit au département 640 millions au titre de la sous-compensation de la suppression de la taxe professionnelle et des sommes restant dues par l'État pour payer les prestations sociales comme le RSA. Le chantier est donc immense pour un nouveau gouvernement il aura une tâche colossale pour donner de l'espoir aux Français.

    Nous n'avons pas d'autre alternatives le choix est entre la reconduction de la droite actuelle ou un changement à 180° porté par la gauche. Il n'y a pas de solutions intermédiaires il faut que ce soit net. Mais avec une France aussi meurtrie comment apporter rapidement de l'espoir sans panser au préalable les plaies. La France est malade, blessée, il faut donc avant tout redresser ce qui ne va pas, et cela ne peut se faire rapidement. Les Français à bout seront-ils suffisamment patients avant d'obtenir ce qu'ils espèrent c'est à dire un mieux, une meilleur qualité de vie ? Là est tout le problème, il ne peut y avoir de miracle, la gauche pourra-t-elle être suffisamment claire pour faire comprendre les impératifs du moment ? Comment imaginer un projet d'espoir dans un tel contexte ?

    Le projet socialiste est franchement à gauche et Pierre Moscovici l'écrit sur son blog et montre une alliance hypothétique avec les écologistes, et il se pose la question pour écrire qu'il «n'en sait rien» tant les écologistes apparaissent divers entre Cécile Duflot, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit l'homme-histoire comme il le nomme. Dans cette confirmation à gauche avec une possible teinte verte, la Convention nationale du PS présente un nouveau modèle économique et social dont l'auteur est Pierre Moscovici.

    Ce modèle est destiné à l'ouverture d'une base de dialogue avec les écologistes et les autres forces de gauche, le PS réaffirme le rôle de l'État dans la politique industrielle et plaide, dans le même temps, en faveur d'une société plus juste. Le document dessine l'architecture de nouvelles politiques publiques. Entre les nationalisations des années 1980 et le libéralisme de la droite, il trace une voie médiane, un «volontarisme» économique qui permet de «redécouvrir à la fois l'économie mixte et la responsabilité de l'État». En d'autres termes c'est une sociale démocratie avec une tendance marquée à gauche, mais il souligne qu'il n'y a «pas d'économie forte sans industrie forte», c'est du bon sens. Pour Pierre Moscovici nous vivons la fin d'une époque, nous en sommes tous persuadés tant les déséquilibres ont été marquant entre l'hyper richesse et la précarité. C'est bien la dérive d'un système capitaliste qui gouverne le monde le politique à perdu la main. Pour Pierre Moscovici la droite fait le dos rond en laissant passer la crise financière pour recommencer comme avant. Pour lui, une nouvelle civilisation est à inventer, elle passe par le politique.

    Mais rien de concret, des phrases contenues dans les clés d'un nouveau modèle. Privilégiant le long terme pour changer la logique économique et sociale alors que l'on cherche le court terme, il met en avant les thèmes chers aux socialistes l'éducation, la recherche, l'innovation, le développement des infrastructures, les économies d'énergie. Mais pour cela il faut de l'argent et nous n'en avons pas. Ce que nous aurions aimer lire comment fait-il pour en avoir, tout démarre de là.

    «C'est le principal problème qui gouverne la transition entre ce que les socialistes voudraient faire et ce que la droite laissera à son départ».

    Plus de justice sociale plutôt que la captation des richesses par une minorité, ce ne serait pas être socialiste sans cette condition. Plutôt le bien être que tout avoir mettant en cause la société de consommation, des mots. Comment modifier cet état d'esprit qui privilégie la société du jetable, l'appauvrissement des ressources, société de l'insatisfaction comme il l'écrit !

    Or, les valeurs de l'effort sont perdues, il est moins couteux d'acheter une montre que de faire réparer celle qui ne marche plus. Le monde à changé et j'ai bien peur que les socialistes se gargarisent de faux semblant. Les pays en voie de développement inondent le monde de leurs produits à des coûts dérisoires qui poussent à la consommation.

    Les biens publics et la solidarité plutôt que l'individualisme, c'est mal connaître le monde dans lequel nous vivons qui n'est fait que d'égoïsme. Donner les moyens de maîtriser son destin alors qu'il dépend de cette mondialisation et de cette Europe qui font que nous ne pouvons intervenir que sur presque plus rien ! Pierre Moscovici prône la création d'un pôle public d'investissement industriel, 2P2I. «Financé massivement, mobilisable rapidement, décliné territorialement sous forme de fonds régionaux d'investissements, adossé à la Caisse des dépôts et consignations, à la Banque de France, à la Banque postale et à Oséo», il sera un outil majeur du pilotage de la politique industrielle nationale. Une partie des sommes aujourd'hui attribuées au Crédit Impôt Recherche lui seront attribuées, mal ciblées aujourd'hui. Les prises de participation seraient soumises à des critères stricts. «Actionnariat, plans de création d'emplois, dividendes encadrés, excellence environnementale, obligation de réinvestissement dans d'autres PME, présence au capital de dix ans».

    Le PS souhaite encourager la reconversion des sites et des salariés et lutter contre les licenciements abusifs, mais comment ? Augmenter le coût des licenciements économiques dans les entreprises florissantes, et instaurer une obligation de remboursement préalable des aides publiques reçues moins de cinq ans avant toute procédure de licenciement ou de fermeture des sites ? Dans sa politique du donnant donnant, pour le PS donner de l'argent sans contre parties dévalorise l'action de l'État. Nous devons imposer des contre parties sociales et environnementales fortes aux aides publiques. Le PS donnera la possibilité aux salariés de saisir le Tribunal de Grande Instance dans le cas extrême de pratiques contraires à l'intérêt de l'entreprise menaçant sa pérennité, c'est bien mais ce n'est pas ce qui donne du travail. Le PS propose une vraie politique industrielle en Europe et l'émergence de «champions Européens» ce qui passera par le renforcement du rôle politique de l'Eurogroupe face à la Banque Centrale Européenne pour une gestion plus démocratique de l'euro favorable à la croissance et l'emploi, nous sommes 27 et presque tous à droite.

    Le PS s'engage à valoriser le travail et l'environnement par une politique de croissance riche en emplois de qualité en instituant pour chaque Français des droits de tirage qui lui donnent un compte formation. Il propose en outre d'avancer vers «une indemnisation du chômage ne laissant personne sans droits». Le point important proposé est de reconstruire un droit au travail protecteur après des années de démantèlement de la droite. Le travailler plus pour gagner plus privilégiant la rente et la finance sera réduit ? Les lois Auroux seront prolongées et les conditions de travail devront faire l'objet dune confrontation approfondie entre tous les secteurs de l'entreprise. Dans le cadre de la répartition de la richesse au sein de l'entreprise, le PS propose pour les entreprises du CAC40 que les salaires soient compris dans une fourchette de 1 à 20, faut pas rêver, pour les autres l'Assemblée générale des actionnaires devra fixer ce ratio.

    La hausse des salaires reste l'objectif prioritaire en instituant un système de bonus malus aux cotisations de l'entreprise en fonction ou non d'un accord salarial. Le SMIC fera l'objet de coups de pouce régulier.

    Sur les mesures fiscales de la droite, pour les socialistes les mesures injustes comme le bouclier fiscal seront supprimées, ce n'est pas ce qui coûte le plus. Dans le cadre d'un grand impôt citoyen la fusion de l'impôt sur le revenu et la CSG constitueront un impôt progressif prélevé à la source. La participation du capital à la solidarité nationale impose de revoir les revenus du patrimoine beaucoup plus faibles que ceux de travail. Pour Pierre Moscovici une refondation de l'impôt sur la fortune, ISF, vidé de son sens par la droite s'impose. Le PS est favorable à une remise à plat de l'imposition sur les successions afin qu'elle cesse de constituer un obstacle à l'égalité, les successions les plus importantes devraient être soumises à des droits plus élevés afin d'éviter une société de rentiers. La lutte contre l'évasion fiscale des particuliers et des entreprises sera l'objectif, le PS ne peut permettre un manque à gagner de 42 à 51 milliards d'euros en 2006 par an.

    De plus il entend lutter contre l'injustice locale en matière d'impôts locaux, la révision des valeurs locatives constituant une urgence.

    Pour le nécessaire redressement des comptes publics il est prévu par un relèvement de la fiscalité dans le cadre de la mise à plat des impôts, mais aussi le retour de la croissance. Le PS entend inventer de nouveaux leviers pour prendre en compte les aspirations de la société à construire son avenir. La création d'un pôle financier public «issu du rapprochement de l'ensemble des outils publics devrait permettre à la collectivité de se donner les moyens de soutenir une politique vouée à redonner à l'action publique les moyens de son objectif».

    Pour Pierre Moscovici, il faut changer de modèle, la crise est globale la réponse doit être globale.

    C'est 23 pages d'intentions qui demandent plus de cinq années de gouvernance pour être appliquées d'autant que certaines options rencontreront de la part du patronat des difficultés ne serait-ce que sur la rémunération des dirigeants, quant aux retraites chapeau Pierre Moscovici n'en fait pas allusion.

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    Les PDG ne sont pas toujours les mieux rémunérés, les très hauts cadres de certaines professions ou les sportifs peuvent avoir un revenu annuel moyen astronomique, 35 années de SMIC pour un sportif de haut niveau, 23 années pour un cadre supérieur de la finance, 18 années pour un dirigeant d'entreprise salarié. Source l'Observatoire des inégalités.

    De même, certes louable, est l'objectif d'assurer une indemnisation du chômage pour tous ainsi que la prolongation des lois Auroux sur le droit du travail mises en place au cours de l'année 1982 par Pierre Mauroy sous la présidence de François Mitterrand, implique de lourdes discussions avec le patronat.

    Un point qui peut remettre en cause ces bonnes intentions du PS est, quel sera l'engagement de celui qui sera désigné par la gauche lors des primaires sur ce modèle économique et social ? Il a été élabore avec les dirigeants du parti qui ne sont pas forcement candidats aux primaires de sorte que cette convention ne peut être qu'une approche de mesures pas forcement consenties. En premier lieu les militants devront trancher le 29 mai lors d'une Convention nationale qu'en restera-t-il malgré ce coup de barre à gauche ?

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