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politique; histoire 2

  • La politique et l'histoire, 2ème partie,

    Le passage de l'histoire à la politique.

    Pierre Nora écrit la multiplication des preneurs d'histoire distributeurs consommateurs et producteurs ont été les premiers sur le terrain du contemporain avec les journalistes.

    En effet combien de films sont des best sellers,« La bataille de la Somme, Britannique documentaire 1916»,« La grande guerre 1959, Italien Lion d'or au festival de Venise»,« La victoire en chantant Français 1976, Oscar du meilleur film étranger aux Etats-Unis», et sur la «seconde guerre mondiale les films de la Bataille de l'Atlantique».

    Mais il y a aussi ceux qui dans leur chair portent comme témoins cette histoire et qui en ont été les victimes. Et puis Pierre Nora poursuit sur les minorités marginalisées, minorités sociales ou sexuelles, religieuses, provinciales coloniales...dont l'émancipation passe par la récupération de leur histoire.

    «Combien d'hommes politiques n'ont-ils pas pris des exemples de ces victimes pour justifier le respect à leur mémoire ou pour justifier une orientation politique.
    Sans aller bien loin dans le passé, notre président est maître dans l'art d'utiliser des cas spécifiques pour légiférer et de conduire sa politique».

    Pierre Nora poursuit, la consommation généralisée d'une histoire sans recours possible à la moindre forme de discrimination sont corrélatives en fait d'un éloignement du passé, «l'oubli par la mémoire» de son «estrangement» qui dépossède de sa maîtrise l'historien pour la faire passer toute entière du coté de la politique ce qui revient en définitive à une politisation de l'histoire.

    Dans le cas de la France c'est particulièrement significatif par ce que toutes les demandes sociales ou de revendications mémorielles sont de la décision politique qui, en fin de compte est le juge et l'arbitre, que cette décision soit celle d'un parti, du parlement ou du président de la république, (voire la première partie). Et Pierre Nora de citer les commémorations nationales, le 14 juillet, le 11 novembre et le 08 mai consacrées à des groupes particuliers de victimes et le 16 juillet contre les persécutions racistes et antisémites, 10 mai mémoire de l'esclavage et de la traite, 25 septembre hommage aux Harkis auxquelles il faut maintenant ajouter la jeunesse résistante en mémoire de Guy Môquet, cliquez ici.

    Pierre Nora enchaîne dans un pays ou l'histoire et son enseignement scolaire ont été si longtemps les instruments de la formation civique et de la conscience nationale, l'histoire de France continue de fournir aux politiques et notamment à celui qui aspire au pouvoir suprême ou le détient, un réservoir inépuisable de références dont l'invocation à une utilité stratégique, une vertu idéologique ou une efficacité symbolique, et de citer le couple Sarkozy-Guaino.

    Et Pierre Nora de citer un kaléidoscope destiné a une réhabilitation de l'idée nationale, mais aboutissant dans les faits à un bric-à-brac tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite ou vers les extrêmes. Et là Pierre Nora à une phrase extrême,

    «la place qu'en France le pouvoir fait à l'histoire passée est en proportion inverse de celle qu'elle occupe dans le monde».

    Pierre Nora cite, on retrouve la démonstration de ce fameux théorème au temps de deux phénomènes politiques après la libération à la fin des années 1970, ou deux partis se sont partagés l'imaginaire national, le gaullisme et le communisme, et de citer André Malraux aux assises du RPF en 1949, «il y a nous, les communistes, et rien».

    charles-de-gaulle.1227968595.gifPour le gaullisme l'histoire c'est d'abord le Général de Gaulle son incarnation en tant que doctrine politique et son action militaire pendant la seconde guerre de 39-40 suivie de son combat de résistant (à l'extérieur par les FFL et des réseaux en métropole par les FFC) contre les Allemands de le gouvernement de Vichy. Le gaullisme c'est aussi une philosophie qui se base sur le constat suivant,

    « la France a pu faire de grandes choses par le passé, et être une des plus importantes nations du monde occidental, lorsqu'elle était tendue vers un destin commun (les Croisades et la chevalerie, le Grand Siècle de Louis XIV et le rayonnement de la culture française à travers l'Europe, la Révolution Française et Valmy).
    À l'inverse, la France a en permanence la tentation de se replier sur ses querelles intérieures (politiques, sociales, intellectuelles), ce qui la ramène sur la voie du déclin», Wikipédia cliquez ici.

    Mais sa mémoire historique c'est ce qu'il nous laisse de symbolique au point que chaque année les dirigeants politique se réclamant de lui font un pèlerinage sur sa tombe pour lui demander pardon des erreurs qu'ils font.

    karl-marx.1227970087.JPGKarl Marx philosophe et théoricien Allemand 05/05/1818 au 14/03/1883.

    Le communisme est né par la publication d'un essai écrit fin 1847 début 1848 par le philosophe Allemand Karl Marx et publié en 1848 sous le nom «Le Manifeste du parti communiste».

    Il a été commissionné par la Ligue des Communistes. Karl Marx a rédigé le texte final sur la base de textes et discussions préparatoires au sein de la Ligue des communistes, et notamment sur la base d'une contribution de son ami Friedrich Engels. Le slogan final - « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », avait été adopté par la Ligue des communistes plusieurs mois auparavant.

    Le communisme désigne une idée mais aussi des mouvements politiques, divers et contradictoires, qui militent pour l'avènement d'une société sans classe sociale, sans salariat, sans propriété privée de moyens de production, sans État et sans capitalisme. L'objectif proclamé est la liberté et l'égalité de l'homme.

    130px-friedrich_engels.1227970253.jpgFriédrich Engels philosophe et théoricien socialiste Allemand, 28/11/1820 au 05/08/1895 grand ami de Karl Marx.

    Le communisme est multiforme, c'est un mouvement anti capitaliste qui naît dans les années 1840, porté par une classe ouvrière démographiquement croissante et pauvre. Il se développe plus tard au sein de l'AIT (Association Internationale des Travailleurs), dont il est l'un des principaux courants. Au lendemain de la défaite de la Commune de Paris en 1871, c'est la scission entre marxistes et anarchistes autour de la question de la méthode pour éliminer la propriété individuelle caractéristique du capitalisme, les marxistes estiment nécessaire une période de transition avec collectivisation des propriétés, sous le contrôle d'État « socialiste » devant dépérir progressivement, alors que les anarchistes prônent une abolition directe de la propriété, tout en organisant la fédération économique des moyens de production et de consommation. Le mouvement communiste est donc composé à l'origine de deux branches politiques principales : anarchistes communistes et marxistes, voir Wikipédia cliquez ici .

    En fait le communisme est né de l'évolution du Marxisme, Karl Marx considérait que l'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux mêmes, il ne fait pas référence à une histoire ancienne c'est un mouvement ouvrier idéologique et politique plus ancien que le gaullisme, eu égard à notre histoire, qui s'est développé par la pauvreté des populations sans référence à une quelconque religion ou philosophie ancienne.

    Pierre Nora écrit pour le gaullisme comme le communisme l'histoire a joué un rôle sans commune mesure possible avec toutes autres forces politiques. L'une s'enracine dans une France du rêve et de l'éternel, et l'autre s'appui sur le matérialisme historique et s'inscrit dans une science de l'histoire. Pour les gaullistes et les communistes leur identité se réfère à l'histoire dans son évolution, Pierre Nora parle de «déroulement sacralisé» dans deux thèmes majeurs depuis deux siècles, l'histoire de France contemporaine, et la Nation et la Révolution. Symboles légitimes historiques qui illustrent le rôle moteur que jouent dans la politique, en France, l'appel aux grands souvenirs et à la manipulation émotive du passé, Pierre Nora. Pierre Nora invoque une diminution réelle de l'importance mondiale de la France, un repli sur soi une sortie à petits pas comme tous les pays d'Europe qui serait liée aux dramaturgies historico-politiques (l'appel aux grands souvenirs et la manipulation émotive du passé) ce qui n'a rien d'évident.

    Ou, je suis mieux sa pensée c'est quand il exprime que ces deux dramaturgies historico-politiques ont fonctionné comme un exorcisme pour de Gaulle de subsister la légende à l'histoire et pour le communisme le mensonge à la vérité.

    francois-mitterrandf.1227971576.gifEt Pierre Nora rapproche de cette démonstration l'exaltation Mitterrandienne du peuple de gauche depuis sa visite inaugurale au Panthéon jusqu'au bicentenaire de la révolution à l'enterrement définitif du projet socialiste en 1983.

    En résumé Pierre Nora démontre l'influence émotive comme élément majeur de l'histoire sur le gaullisme et le communisme au point qu'ils s'en sont servis pour transformer la légende à l'histoire pour le gaullisme et pour transformer le mensonge en réalité pour le communisme. De même pour Mitterrand pour enterrer le programme commun en 1983.

    Pour conclure, Pierre Nora montre que l'historien n'est plus inséré dans une communauté dont il était le garant, son action devient plus un interprète et un expert, plus multicartes de la demande politique en justification de son action, qu'il résume sociale, dans un monde évolutif acculé au présent, mais rattaché à l'histoire, et zappant sur les médias, ce qui le rend l'historien plus nécessaire que jamais.

    Détail d'un monument aux morts de la guerre 14-18 document le Nouvel Observateur

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