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pessimisme

  • Le pessimisme des Français du milieu,

    à l'égard des socialistes.


    Par Français du milieu, il faut entendre ceux qui font l'appoint électoral à la droite et à la gauche pour leur donner une majorité présidentielle. Les autres, à droite ne votent ni à gauche «ni socialiste» c'est clair, de même que ceux à gauche ne votent à droite, non, il s'agit de ceux qui se situent entre centre et gauche socialiste, et suivant les circonstances, déterminent la couleur politique de la France, et de ceux qui, condamnant tous les politiques «ils sont tous pareils» font les partis du vote blanc et des abstentionnistes qui voient leur nombre croître à chaque élection. C'est donc une tranche en gros de 10% de l'électorat qui fait basculer à droite et rarement à gauche la politique Française par un pessimisme «restant d'une culture catholique» à l'égard des gens de gauche qui créeraient plus de mal que de bien.

    A la fin du mandat de Sarkozy cela fera trois mandats de droite qui se sont succédés c'est à dire 12 années de gouvernance totale à droite entrecoupée par une cohabitation socialo-chiraquienne de 1997 à 2002 qui été fatale aux socialistes arrivant en troisième position au premier tour de la présidentielle de 2002 battus par le FN second. C'est historique, le parti du peuple de gauche, ouvriers, fonctionnaires, la classe moyenne, ce parti qui veut réduire les inégalités n'avait pas réussit à mobiliser tout son électorat. Ce fait interpelle pourquoi, que s'est-il passé, la situation du pays était plutôt bonne le déficit de la sécurité sociale était quasiment résorbé, la balance du commerce extérieur était excédentaire, le chômage était maîtrisé, les socialistes avaient bénéficié d'une période économique favorable, et rien de cela n'a été pris en compte par tous ces Français de gauche et du milieu, ils ne lui ont pas fait confiance !

    Il y a, c'est certain, de multitudes de raisons, une politique plutôt à droite, disons sociale démocrate qui a déplu à ces gens de gauche qui espéraient que des socialistes prennent en compte leur vote de «gauche» ce qu'ils n'auraient fait à leur avis. Mais parmi ces raisons deux semblent avoir été déterminantes, elles tiennent à la personnalité de Lionel Jospin et aux 35 heures.

    En septembre 1999 Lionel Jospin était l'invité du journal télévisé de France 2, ou il a déclaré «Un pays moderne, mais une société humaine», «Oui à l'économie de marché, non à la société de marché». Mais plus encore sur les suppressions d'effectifs de l'usine Michelin ou il a fait appel à la mobilisation, «Je ne considère pas que c'est un fait acquis, les salariés existent, les syndicats aussi. Il y a une mobilisation qui peut se mener». «Il ne faut pas tout attendre de l'État». Cette dernière phrase à fait mal, sachant que les syndicats et le personnel n'ont aucun pouvoir contre les suppressions d'emploi, c'était donc de sa part une méconnaissance de la réalité industrielle des entreprises qui sont maître chez elles.

    «Si le peuple de gauche, qui espérait en un gouvernement de gauche ne peut attendre de ce gouvernement, qu'il a contribué à instaurer une solution à ses problèmes sociaux, il n'y a plus de solution à attendre de lui».

    S'il est vrai que l'État ne peut tout faire et que dans une économie de marché, comme il le clame, le pouvoir est aux entreprises régulé si possible par l'action syndicale, il n'en reste pas moins que sa réponse aurait dû être nuancée et expliquée. C'est donc une faute pédagogique d'avoir brutalement dit la réalité montrant ainsi un échec.

    Les 35 heures ont été un calvaire pour les socialistes qui n'ont pas su aussi expliquer et pas su en faire comprendre l'intérêt sur l'emploi. Partant du principe du partage du travail contre le patronat et la droite, il eut fallu expliquer aux salariés que ce partage impliquait un blocage des salaires par réaction des entreprises ainsi qu'une perte de revenus correspondant aux heures non travaillées, même si des heures supplémentaires étaient possibles sous certaines conditions, dont la maîtrise restait à l'entreprise. C'était donner au patronat une grosse «Berta» pour tirer à boulets rouges sur ces 35 heures, une occasion unique pour tuer ce projet même si potentionnellement il était un moyen de réduction du chômage, ce qui d'ailleurs s'est avéré. C'était un manque de clairvoyance du gouvernement d'agir contre le patronat alors que c'est lui qui est le maître de l'emploi privé. Faire admettre qu'il faut travailler moins, mais aussi gagner moins compte tenu de l'esprit égoïste régnant est un défi qui demande du temps pour être accepté, le chacun pour soi étant la règle. De plus, il aurait fallu que cela soit fait avec l'accord des syndicats les plus influents ce qui n'a pas été le cas, la CGT n'était pas d'accord de réduire les salaires. En outre, sur l'application à tous les corps de métier c'était un non sens, le partage du travail n'a de sens que s'il est possible et cela était, et est loin d'être encore le cas, comme par exemple dans les services hospitaliers. Les jours de RTT pris par le personnel manquant ne pouvaient être compensés par du personnel supplémentaire, il n'existe pas. Cela a fait que beaucoup ne pouvaient en bénéficier. Un projet avant-gardiste qui pour notre pays a été une erreur gravissime d'un manque de réalisme même si Martine Aubry a déclaré qu'elle avait prévu des ajustements. Bien qu'elles n'aient pas été totalement supprimées elles sont encore appliquées mais avec une souplesse telle qu'elles sont quasiment inhibées.

    De 2002 à 2007 tout joue contre les socialistes ne condamnant pas avec fermeté les violences urbaines, et offrent ainsi un boulevard à Sarkozy sur la sécurité lorsqu'il prend le ministère de l'intérieur. La politique classée «laxiste» du gouvernement Jospin en matière de sécurité devant la montée de la violence dans les banlieues sera exploitée au maximum sur l'arrestation d'un jeune braqueur de banque à Montbéliard en 2000, à Strasbourg en 2002 après la mort par noyade d'un jeune de 17 ans poursuivit par la police, mais c'est surtout les incendies de voitures prenant naissance à Strasbourg en 1995 ou à chaque nouvel an 200 à 300 voitures sont incendiées. Rien que dans les dix premiers mois de 2005, 28.000 véhicules ont été incendiés surtout dans les zones urbaines sensibles. Rite qui ne s'est jamais arrêté même depuis que Sarkozy est président, mais le secret en est bien gardé, ce qui montre l'aspect électoral de cette exploitation. Le sommet des violences est atteint en 2005 à Clichy-sous-Bois pour s'étendre dans les banlieues à travers la France. L'état d'urgence est déclaré pendant trois semaines elles ont vu la mort par électrocution de deux jeunes de 15 et 17 ans réfugiés dans un transformateur électrique pour échapper à la police.

    Les socialistes écrasés par la honte d'avoir été battus par le Front National, mais aussi par les coups de Sarkozy sur la sécurité et les 35 heures, sont aphones. Des luttes fratricides les divisent il ne devient que l'ombre de lui même au point qu'en 2007 à l'élection présidentielle François Bayrou, juge le PS bon à prendre et tente une OPA sur son électorat. Ségolène Royal dans le duel avec les ténors socialistes, DSK et Laurent Fabius, pour la candidature présidentielle gagne haut la main. Alors vient une avalanches de battons dans ses jambes, qui contre vents et marées se bat seule et perd mais avec honneur. Pouvait-il en être autrement avec un ou une autre c'est peu probable tant Sarkozy avait tout verrouillé, il avait bien manœuvré. Il gagne la présidence et continue de fendre le PS en offrant des postes gouvernementaux à des prétendus socialistes sur les bords, le PS souffre mais ne rompt pas.

    Le sommet de la mascarade socialiste a lieu à son congrès de Reims du 14 au 16 décembre 2008 et laisse un parti socialiste déchiré. Son objectif était la définition de sa ligne politique et la désignation d'un nouveau secrétaire en remplacement de François Hollande. Sur les six listes présentées celle de Gérard Collomb «l'espoir à gauche» soutenue par Ségolène Royal arrive en tête avec 29,08 % des voix devant celle de Bertrand Delanoë «clarté, courage, créativité» 25,24 %, Martine Aubry «changer la gauche pour changer la France» n'arrivant que troisième avec 24,32 %. Alors une coalition s'instaure contre Ségolène, après l'avoir descendue lors de sa campagne présidentielle, le «tout contre Ségolène» devient l'objectif principal de ce congrès. Finalement c'est Martine qui est choisie par la coalition et le vote national des socialistes «entachés d'irrégularités ?» donne Martine Aubry gagnante par 102 voix. Il s'en suit toute une trainée de reproches et d'accusations mettant à l'écart Ségolène Royal, on connait la suite. Libre de parole elle exaspère son électorat de gauche, ses coéquipiers l'abandonnent les uns après les autres, mais elle tient bon pour conclure des alliances contre les directions des partis lors des élections régionales, et finalement l'emporte une seconde fois en Poitou-Charentes avec plus de 60 % des voix. Ces élections placent le parti socialiste premier parti de France par le nombre d'élus ayant infligé à l'UMP une défaite mémorable ne lui accordant, avec ses partenaires, qu'une région l'Alsace sur 22 en métropole.

    Ce succès plus à la politique injuste de Sarkozy qu'à l'action de Martine Aubry fait qu'elle en tire tout le bénéfice ayant su maintenir les troupes qui l'avaient élue. Elle se trouve ainsi potentiellement capable de vaincre Sarkozy avec l'intouchable DSK qui dans les sondages caracole à plus de 59 % d'intentions de vote, alors qu'il n'a rien fait pour sinon suivre Sarkozy dans sa politique internationale, mais peut-on faire autrement lorsque l'on est directeur du FMI ?

    Un premier test sur la continuité de la vague socialiste sera les élections cantonales de mars 2011 ou seront renouvelés les cantons élus en mars 2004 pour une durée de six ans, puis avant l'élection présidentielle 2012 les élections sénatoriales en septembre 2011 qui peuvent faire basculer la majorité sénatoriale en pleine période des primaires socialistes à l'automne si elles sont maintenues à cette période.

    Elles seront incontestablement un test important sur la potentialité des socialistes à remporter la présidentielle d'autant plus si leur candidat est désigné avant. C'est après ces élections que le pessimisme des gens du milieu à l'égard des socialistes sera mis à l'épreuve. Seront-ils capables de donner à la gauche la présidence sachant que pour ces primaires le combat va être féroce et que les coups bas risquent de détruire l'unité de façade que l'on a vu à l'université d'été, d'autant plus que, si Martine, se présente elle abandonnera son poste de secrétaire générale laissant ainsi ce parti avec un nouveau chef ! Quelles seront les positions des autres partis de gauche, sans cet appui rien n'est joué pour les socialistes, et tout leur reste à faire. Quand à DSK démissionnera-t-il du FMI pour se présenter une nouvelle fois affronter ses partenaires aux primaires, on peut en douter, il n'apprécie pas. Une nouvelle épreuve attend donc les socialistes, seront-ils capables de la surmonter pour gagner les gens du milieu, et cela ne peut être obtenu qu'en montrant leur crédibilité par leur union avec un programme pragmatique de large consensus élaboré en commun avec les autres formations de gauche en tenant compte des électeurs du centre.

     

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