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parachutes

  • Les parachutes dorés,

    seront liés aux performances des patrons.

    Une des promesses de campagne de Sarkozy qui était, en mai 2007 , de faire une loi pour interdire les parachutes dorés, ces indemnités de départ des grands dirigeants d'entreprise dont les montants ont scandalisés l'opinion.

    Élu président, il avait admis la réalité qu'il est difficile d'encadrer les rémunérations des entreprises privées. Il revenait ainsi sur cette orientation politique montrant un engagement irréfléchi voire une incompétence ou une tromperie, mais .nous étions en campagne électorale.

    Remarque réaliste, il est difficile en effet, voire impossible, d'imposer à une entreprise privée de ne pas rémunérer comme elle le veut ses dirigeants, c'est contraire à toute logique capitaliste si chère à Sarkozy, le problème c'est qu'il l'avait prétendu et qu'il le prétend encore !

    Un projet de loi subordonnant ces parachutes a, quand même, été présenté le 20 juin 2007 en conseil des ministres.

    Ce que disait le projet :

    un dirigeant ne touchera d'indemnités de départ que s'il a créé de la valeur pour son entreprise, en augmentant ses bénéfices ou son cours de Bourse, ou en créant des emplois, et en aucun cas, s'il a démérité. La décision de lui attribuer ou non une indemnité convenue à son arrivée sera prise par le conseil d'administration en place au moment de son départ, «s'il le veut bien, nuance». Elle devra être rendue publique et soumise au vote des actionnaires. Le texte incite aussi à généraliser l'attribution de stock-options, ces droits d'acheter des actions à un prix déterminé à l'avance, à l'ensemble des salariés d'une entreprise.

    Un nuage est passé déversant cette démagogie irréaliste comme si les salariés pouvaient recevoir des stock-options, et les acheter, une fanfaronnade.

    Ce texte sur ces parachutes et l'attribution des stock-options se trouve dans le projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Il regroupe des mesures comme le bouclier fiscal, l'exonération des heures supplémentaires ou encore la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers. Ces parachutes dorés seront désormais subordonnés à certains conditions de performances fixées au départ, via aux conventions soumises au vote des actionnaires. Vous comprenez bien que ce ne peut être que du pipeau.

    Ce projet de loi, sur lequel l'Élysée a eu la haute main, a été élaboré sur fond d'affaire «EADS», qui a vu l'ex-coprésident du groupe aéronautique, Noël Forgeard, le quitter en 2006 en raison des importants et coûteux retards de l'A380, mais avec une prime de 8,5 millions d'euros. Mais, s'appliquant aux entreprises cotées en Bourse dont le siège social est en France, la nouvelle loi n'aurait pas privé M. Forgeard de ses indemnités. Celles-ci lui ont été versées par la maison mère Néerlandaise d'EADS.

    Ce qui change tout en montrant que, dans ce domaine, on ne fait pas ce que l'on veut.

    Les économistes, croyant tout ce que disait Sarkozy, voyaient dans ce projet une moralisation des affaires,

    «c'est un progrès, entre la liberté absolue et le «légiférer strict», qui de toute façon se contourne», estime Olivier Pastré, professeur à Paris-VIII. Pour lui, lorsqu'elles sont méritées et plafonnées à des niveaux raisonnables, ces indemnités sont la contrepartie de la précarisation des PDG, débarqués du jour au lendemain en cas de fusion ou d'OPA hostile.

    On aura tout vu, la précarisation des PDG expliquerait ces parachutes dorés ! Mais leurs salariés débarqués aussi, du jour au lendemain qui ne reçoivent aucune indemnité ne seraient-ils pas des précarisés ?

    «c'est une façon d'accompagner le capitalisme moderne, juge-t-il, les patrons n'ayant plus de garantie d'emploi, ce sont de supers intermittents du spectacle» les malheureux. Leurs salariés aussi non pas la garantie de l'emploi, mais eux sont des intermittents de l'ANPE !

    C'était avant le crash boursier, on donc a vu ce qu'est le capitalisme moderne ?

    Emmanuel du Boullay, voir cliquez ici, conseiller en gouvernance, dit aussi qu'il était impossible d'interdire les parachutes dorés? «ce serait entrer dans la gestion privée des entreprises, aucun pays au monde ne l'a fait».

    Maintenant si, Obama l'a fait, pour les entreprises bénéficiant des aides de l'État de limiter leurs revenus à 500.000 $, au plus par an, soit 388.800 €, 32.400 €/mois dans le cadre du plan de relance de 787 milliards de dollars adopté par le Sénat après le vote de la Chambre des représentants, mais attendons pour voir.

    Le Medef,

    était en colère bien que, tout en saluant une loi qui met fin à «cette dérive Française qui voit des dirigeants bien payés revendiquer en sus les droits et les protections des salariés», Daniel Lebègue, président de l'Institut Français des administrateurs, veut plus de transparence. «Il faudrait que le conseil et les actionnaires votent sur tout le package de rémunération d'un mandataire social, indemnité de départ, retraite complémentaire, stock-options et aussi, parties fixe et variable du salaire, avantages en nature etc....». L'usine à gaz, pour noyer le poisson rien de tel.

    Laurence Parisot présidente du Medef, s'était dite «stupéfaite» des montants de certains parachutes dorés, «il n'y a pas tant d'abus que cela», souligne Mme Simon. «Nous serons les seuls en Europe à avoir un texte aussi contraignant, il ne faut pas désavantager les entreprises Françaises», conclut-elle.

    En outre, elle juge anormal que l'Etat décide de la rémunération des patrons, c'est un grand risque que partent des hommes ou des femmes qui sont pour partie responsables du drame économique actuel mais qui sont aussi plus compétents pour mettre en place des solutions, voir La Tribune.fr et, Le Point.fr.

    Depuis ces bonnes intentions de Sarkozy, nous sommes en droit de nous demander ce que sont devenus ces parachutes dorés ?

    D'après Le Monde.fr, cliquez ici, les excès continuent en dépit de ce qui vient d'être rappelé. Dans une étude inédite à ce jour, conduite sur les 120 plus grandes sociétés constituant l'indice boursier SBF 120, le cabinet international Hewitt Associates, spécialisé dans les questions de rémunérations dresse l'état des lieux pour 2008. D'après son enquête, les pratiques de près de 80 % des entreprises du SBF 120 «ne sont pas conformes» aux recommandations de l'AFEP et du Medef, adoptées en octobre 2008 à la demande du gouvernement, (AFEP Association Française des Entreprises Privées).

    Le graphique suivant montre le panorama des indemnités de départ des patrons du SBF 120. «L'indice SBF 120 est un indice boursier sur la place de Paris pour les Sociétés de Bourses Françaises. Il est déterminé à partir du CAC 40 et de 80 valeurs du premier et du second marché plus les liquidités cotées sur Euronext Paris parmi les 200 premières capitalisations boursières Françaises».

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    Les organisations patronales avaient déconseillé le cumul d'un mandat social (PDG, directeur général ou président du directoire) et d'un contrat de travail, susceptible d'entraîner un empilement d'indemnités de départ, les fameux parachutes dorés.

    Selon Hewitt, 79 % des dirigeants des grandes sociétés Françaises bénéficient de telles indemnités de départ, soit au titre de leur mandat social (31 %), soit au titre d'un contrat de travail, toujours valide, d'ancien salarié de l'entreprise (48 %).

    Ces indemnités se superposent pour un tiers des dirigeants, aboutissant à des excès manifestes. Elles sont même parfois majorées en cas de changement de contrôle de l'entreprise ou pour tenir compte d'une clause de non-concurrence. Pour Jean Lambrechts, qui dirige le pôle «rémunération des dirigeants» du cabinet de conseil Hewitt en France, les grandes entreprises Françaises ne doivent plus tarder pour se mettre en règle avec les bonnes pratiques.

    Se mettre au travail,

    telle est la consigne, il est normal que les entreprises mettent du temps pour se conformer à des recommandations adoptées à l'automne 2008, ce n'est pas par un coup de baguette magique que l'on réforme des pratiques anciennes, reconnait Jean Lambrechts. Mais les conseils d'administration des entreprises, et leurs comités de rémunération, doivent impérativement se mettre au travail, notamment pour préparer des propositions de suppression du contrat de travail des mandataires sociaux et limiter les indemnités.

    Les entreprises du CAC 40 ont versé en 2008, 54,2 milliards à leurs actionnaires, cliquez ici.

    Malgré la crise, les sommes restituées aux actionnaires en 2008 n'ont que légèrement reculé. En pleine saison d'annonce des résultats et des dividendes et alors que le sujet est devenu un thème de société, le total de l'argent « rendu », par le biais des dividendes et des rachats d'actions, n'a que légèrement fléchi. Les entreprises du CAC 40 ont versé 54,2 milliards d'euros en 2008, contre 57,2 milliards d'euros en 2007, selon la lettre d'information « Vernimmen.net », publiée ce vendredi 13/02/09.

    Ce qui montre que les bonnes intentions ne valent rien devant les réalités. Qui peut raisonnablement espérer que les patrons, maitres chez eux restreignent leurs indemnités de départ ? En fait beaucoup de bruit pour pas grand chose. Des annonces, des lois, qui pour le brave peuple que nous sommes permettent de calmer sa colère devant ces abus. Ce que l'on ne comprend pas, c'est qu'ils aient été dévoilés à la presse avant, nous étions dans l'obscurité et tout était pour le mieux, ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient. Maintenant peut être un peu moins mais, un tout petit peu moins seulement.

    Le privilège du patronat à toujours été préservé, il représente la potentialité d'offrir du travail ce que ne peut faire directement le gouvernement sans passer par lui. De ce fait, il subventionne avec nos impôts les entreprises défaillantes qui peuvent licencier et ensuite rémunérer grassement avec notre argent leurs dirigeants.

    Il est impératif de mettre fin à de tels abus, notre argent, celui des contribuables que nous sommes doit servir pour des emplois et non pour le profit de certains hauts dirigeants, aux délocalisations et aux licenciements. Ce chantage doit cesser, il faut balayer devant nous par des mesures autoritaires contre ces patrons qui ne cessent de réclamer des réductions de charges, et que, plus ils en n'ont plus ils licencient. Notre industrie automobile est l'une des plus automatisée d'Europe, nos usines sont presque vides de personnel et nous n'arrivons pas à faire des voitures compétitives au point qu'il nous faut les faire faire ailleurs !

    C'est ce qu'Obama vient de faire, saurons-nous le faire ?

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