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pétain suite 7

  • Philippe Pétain, Maréchal de France, suite 7,

    la victoire de la Malmaison.

    Le 24 octobre 1917, une offensive, préparée par le général Pétain remplaçant du général Nivelle depuis le 15 mai, est lancée sur le Fort de La Malmaison qui contrôle l'accès sur la crête du Chemin des Dames.

    Le Fort de la Malmaison

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    Documents tirés de la référence Le Fort de la Malmaison, Le sacrifié.

    Le champ de bataille de La Malmaison se trouve à une quinzaine de kilomètres, au nord-est de Soissons. La situation, dans cette partie du front, résulte des opérations engagées le 16 avril. La ligne de front atteint l'Ailette canalisée, au nord du village de Vauxaillon.

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    Elle est jalonnée à partir de là dans la direction du sud-est puis de l'est par le moulin de Laffaux , les rebords sud du plateau de l'ange gardien, et du Fort de la Malmaison jusqu'au point ou elle touche vers La Royère le Chemin de Dames.

    Stèle du Moulin de Laffaux

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    Référence, http://www.fammac.com/moulin_de_laffaux.html

    En poursuivant plus à l'est encore, en dehors du champ de bataille proprement dit, c'est cette crête fameuse du Chemin-des-Dames qui marque jusqu'à Craonne le contact Franco-allemand. L'adversaire a derrière lui, sur toute l'étendue du front que nous venons de parcourir, la rivière de l'Ailette, canalisée en aval du grand bassin d'alimentation de Pargny-Filain.

    La distance de l'obstacle, aux premières lignes, atteint six kilomètres dans la région de Vaudesson, elle n'est en moyenne que de 3 km depuis Filain jusqu'à Craonne. Tout ce terrain est difficile, les pentes vers l'Ailette sont rapides, et c'est le pays par excellence des carrières, des creutes immenses, assurant des abris naturels contre le bombardement, mais susceptibles aussi, dans certaines conditions, de se muer en souricières pour les unités subitement attaquées. Le saillant Allemand, vers Laffaux, a l'inconvénient de procurer à nos adversaires des vues sur les arrières, dans la vallée de l'Aisne. Ses batteries nombreuses de la région de Vaudesson et de Chavignon sont très gênantes pour la partie ouest de nos positions du Chemin-des-Dames.

    L'organisation de la bataille.

    Côté Français les ordres du général Maistre, commandant de la 6° Armée, limitent nettement la portée de l'attaque projetée. Celle-ci doit assurer la possession du plateau que jalonnent le fort de La Malmaison et la râperie de l'Ange Gardien, possession qui ne sera assurée pas tant que les éléments les plus avancés ne seront pas parvenus au pied des pentes nord, enlevant à l'ennemi un terrain favorable aux contre-attaques, et permettant ainsi aux batteries de s'installer sur le plateau et d'agir vers l'Ailette. Cette avance privera les Allemands de leurs vues sur la vallée de l'Aisne, dont les inconvénients ont été signalés. Elle leur enlèvera les emplacements de batteries au sud de l'Ailette, que les pièces soient prises ou qu'elles soient rejetées au nord de la rivière. Enfin, elle retournera la situation puisque des vues vers l'ennemi seront possibles, mettant ainsi sous les feux d'artillerie, la crête du Chemin des Dames et les pentes en arrière. L'exécution est confiée à trois Corps d'armée, disposant chacun de quatre divisions.

    L'artillerie déploiera dans l'affaire de La Malmaison une puissance jamais réalisée jusqu'alors.

    Le but poursuivi est d'obtenir une usure considérable de l'adversaire, sans renoncer à l'effet de surprise, donc d'exécuter une préparation courte, quatre jours, mais assez intense pour «ruiner les moyens matériels, les forces physiques et morales de l'ennemi».

    Les forces d'artillerie, accumulées sur un front de départ de 10 à 12 kilomètres, comprennent :

    768 pièces de 75, plus 44 de 95, donnant un total de 812 canons de campagne ;
    862 pièces d'artillerie lourde de calibres divers, allant du 105 au 380, mises à la disposition des Corps d'armée
    105 pièces à grande puissance, constituant l'artillerie d'armée.
    Et il faut ajouter encore 66 batteries d'artillerie de tranchée, dont une partie, il est vrai, opère en dehors des ailes de l'attaque pour fournir les tirs de démonstration dont nous avons parlé. Sans tenir compte de l'artillerie de tranchée, la densité obtenue est de, une pièce de campagne par 13 à 14 mètres de front, et une pièce d'artillerie lourde par 12 mètres environ.
    Sur le front du 21ème Corps, 592 pièces, artillerie de tranchée comprise, opèrent sur 2600 mètres, soit un canon par 5 m. Telle est la machine à détruire que doit mettre en œuvre la 6ème Armée.

    Du côté Allemand ces difficultés sont prévues. L'infanterie emmènera avec elle des canons Stokes, servis par les artilleurs de tranchée, et surtout elle sera accompagnée par des chars dont l'aide sera fort efficace pour détruire les centres de résistance échappés à la destruction de l'artillerie. Au 11ème corps, la 38ème division dispose d'un groupe de chars pour l'accompagner dans sa marche vers le Fort de la Malmaison. L'action des nouveaux engins a été préparée avec le plus grand soin, les itinéraires ont été reconnus ou étudiés sur les photographies. Les cuirassiers à pied constituant les unités d'accompagnement procèdent aux travaux indispensables en deçà de nos lignes, pour faciliter la mise en place et le débouché.

    Le 21 septembre, la 2ème division de la Garde prend place en première ligne, puis trois divisions sont amenées à 4 ou 5 kilomètres en arrière du front, à portée d'intervention immédiate, deux autres, enfin, plus les éléments d'une troisième, arrivent au nord de l'Ailette. L'artillerie Allemande comprend au total au milieu d'octobre 1917, 180 batteries dont 63 de gros calibre.

    La bataille.

    La préparation d'artillerie commence le 17 octobre 1917.

    Elle est formidable.

    Les Allemands soumis à cette épreuve apparaîtront anéantis à nos troupes d'assaut.

    L'heure H sera 5h45, au petit jour. Les ordres à ce sujet sont envoyés, par officiers, dans la matinée du 22. Avant même qu'ils aient atteint les échelons inférieurs, un radio Allemand, saisi apprend à l'État-major de la 6ème Armée que l'adversaire est renseigné. Le général Maistre est absent. Il visite ses Corps d'Armée. Son chef d'état-major, le colonel Hergaut, lui demande par téléphone de rentrer et lui rend compte de l'incident.

    L'heure est avancée à 5h15 malgré les inconvénients de l'obscurité, et l'indication en est transmise avec toutes les précautions possibles. Cette fois encore, les Allemands seront avertis. Leurs messages de T. S. F., déchiffrés par le 2ème Bureau de l'Armée, le font savoir. Il faut passer outre, encore que ces circonstances soient singulièrement troublantes. D'où peuvent venir ces communications criminelles ? Soissons a été, quelques mois auparavant, le centre d'une région agitée, où les mutineries ont pris un caractère de haute gravité. Quelque agent de l'ennemi doit s'y trouver encore, qui a changé de champ d'action, et qui, après avoir poursuivi la destruction du moral de nos troupes, s'emploie à faire échec à leurs efforts.

    Le 23, à 5h15, l'attaque part, dans la nuit, avec un ensemble parfait le Fort de La Malmaison est enlevé à 6h30 par la 38ème division, pendant que les carrières de Bohery, dépassées, sont attaquées avec l'aide de chars. La 67ème division, à sa droite, atteint la chapelle Sainte-Berthe A ce moment, d'après des déclarations ultérieures de prisonniers, les Allemands, abusés par l'arrêt que marquent nos troupes sur les premiers objectifs, croient notre attaque terminée et se disposent à contre-attaquer. Les unités qui se mettent en mouvement dans ce but se trouvent prises, à partir de 9h15 sous le deuxième barrage roulant et tourbillonnent, elles se dispersent ou se terrent. Aussi, la marche est-elle rapide vers les objectifs définitifs, qui sont enlevés sur tout le front de l'Armée dès le début de l'après-midi, sauf cependant pour les 66ème et 67ème, divisions, arrêtées encore par les mitrailleuses, sont contraintes de se replier en partie.

    En arrière des unités de première ligne, des actions locales ont réduit les carrières de Bohery et du Montparnasse, ainsi que les îlots de résistance existant encore dans les tranchées non bouleversées. Les chars d'assaut ont joué un rôle efficace au cours de ces épisodes, malgré les obstacles rencontrés par eux sur un terrain retourné par les obus, et rendu plus difficile encore par la pluie. Des reconnaissances poussent en avant du front, et enlèvent quelques nids de résistance. Dans la matinée du 24, la 129ème division constate que l'ennemi a commencé son repli, elle occupe le plateau de Moisy et le mont des Singes.

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    Mémorial virtuel au Mont des Singes

    Le 25, une opération complémentaire, prévue depuis longtemps et décidée sur le vu des résultats obtenus, nous livre Pinon , sa tour et son château. Il est visible que l'ennemi ne veut pas essayer de se maintenir au sud de l'Ailette. Dans l'après-midi, les 14ème et 21ème Corps d'armée ont leurs avant-postes sur la rivière. A droite, la 66ème division, surmontant les plus dures résistances, prend Pargny-Filain, et en liaison avec la 67ème la chapelle Sainte-Berthe. Le 26, La Royère, Filain, Moulin-Didier tombent entre nos mains, et le bassin d'alimentation est atteint.

    Le bilan.

    Tous les résultats recherchés par le Commandement Français, dans cette remarquable affaire de La Malmaison, étaient atteints. Non seulement nous occupions les pentes, descendant du plateau de La Malmaison vers le nord, mais nos troupes bordaient l'Ailette, depuis la forêt de Pinon jusqu'à Craonne. Le Chemin-des-Dames était complètement en notre pouvoir. Les pertes de l'ennemi étaient considérables, eu égard surtout aux dimensions réduites du champ de bataille. Nous ramassions, au cours de l'assainissement, 3300 cadavres d'Allemands tués pendant les journées de bataille proprement dites. Si l'on ajoute le chiffre de ceux qui furent victimes de nos tirs de préparation et de ceux qui tombèrent en dehors du terrain occupé par nous, il ne paraît pas exagéré d'admettre le chiffre total de 8000 tués. Les statistiques permettent de déduire que l'ennemi dut compter, en regard de ces 8000 tués, environ 30000 blessés. D'autre part, nos troupes avaient ramené plus de 11500 prisonniers, ce qui porte à près de 50000 le chiffre global des pertes infligées à nos adversaires. En regard, les pertes Françaises s'élevaient à 14000 hommes, blessés légers compris.

    Le matériel enlevé comprenait 200 canons, 222 minenwerfer lance mines, 720 mitrailleuses, et il est difficile d'apprécier les quantités détruites ou mises hors d'usage, et néanmoins emmenées par les Allemands dans leur retraite. La question n'a pas manqué de se poser, au lendemain de La Malmaison, de savoir s'il n'y aurait pas eu lieu d'exploiter à fond la victoire.

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    Un mini minenwerfer Allemand de 76 mm, Wikipédia

    Il paraît bien que c'eût été une aventure téméraire sans avantages réels, et présentant, par contre, d'inquiétants aléas. Le front de rupture était relativement étroit, et l'écrasement de quelques divisions ennemies n'affectait pas assez l'ensemble des forces Allemandes pour qu'il nous fût possible, à ce moment, d'escompter une décision générale. Il y avait à franchir les marécages de l'Ailette à une saison peu propice, il fallait traverser un terrain que notre artillerie lourde avait transformé en chaos, et nulle route n'y subsistait qui pût livrer passage à l'artillerie, à ses munitions, aux ravitaillements des grandes unités poussées en avant. Franchir l'Ailette, c'était s'exposer à se trouver, en fin d'opérations, sans résultats supérieurs, dans la situation qui venait de valoir à nos adversaires un sanglant échec. Il n'y fallait point songer. Il fallait savoir se contenter du possible. Ceci est tiré de la référence La Malmaison octobre 1917.

    La suite 8 sera la bataille de l'Aisne

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