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pétain suite 46

  • Phillippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 46,

    les juifs en France avant et pendant le régime de 1940.

     

    Support Wikipedia Nous sommes encore dans la phase de la révolution nationale qui s'étend de 1940 à mai 1942. Elle n'est plus d'actualité à partir du retour de Laval au pouvoir le 27 mars 1942. La rafle du Veld'Hiv point culminant de l'action de Pétain et de Laval suit de très près la fin de ce que l'on a appelé la révolution nationale puisqu'elle eu lieu les 16 et 17 juillet 1942.

    On peut se demander plus de 70 ans après pourquoi les Français de 1940 et même d'avant ont persécuté les juifs se faisant de ce fait le complice du nazisme.

    Un peu d'histoire d'antisémitisme pour comprendre.

    Le populisme Français voyait dans les juifs deux choses le capitaliste et le pauvre.

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    Le juif pauvre est le colporteur, et le juif riche le capitaliste, référence, Mémoire juive et éducation

    La haine des juifs porte aussi des raisons religieuses dans un pays fortement chrétien, le judaïsme était mal vu. Il y avait une culture antijuive enracinée qui datait des croisades, et du Moyen-âge. La première croisade d'Urbain II en 1095 déclenche des persécutions de la part des paysans envers les communautés juives de France et d’Allemagne, malgré les oppositions et interdictions de l’Église. Les persécutions et la prédication de la première croisade en 1095 entraînent une flambée d’antijudaïsme. Avant d'arriver en Terre Sainte, les croisés vont surtout se faire remarquer par un antisémitisme forcené, des massacres et des pogroms. Tant la croisade populaire que la croisade des seigneurs tremperont dans ses exactions. On massacre les juifs comme «ennemis de Dieu» dixit Emich de Flonheim. Autour de Prague, le prête Folkmar et sa troupe se livrent à des pogroms. Ils seront anéantis un moins plus tard. Un autre pillard, Gottshalk subira le même sort en Hongrie par l'armée du roi Coloman. Enfin, citons le cas de Emich de Liesingen, un chevalier brigand qui commence sa propre croisade en massacrant les juifs des villes de Rhénanie qu'il traverse, Cologne, Trèves, Worms... A Mayence, 1300 juifs sont tués, malgré les protestations des Évêques et des seigneurs. Emich de Liesingen sera exterminé par le roi de Hongrie Coloman .

    Dans certaines régions de France et d’Allemagne, les Juifs sont considérés comme des ennemis, à l’instar des musulmans, on les croit responsables de la crucifixion, ils sont proches alors que les musulmans sont lointains.

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    Une carte postale antisémite Bretonne contre la République, la République est représentée par une femme hideuse au nez crochu, une juive, des hommes politiques piétinent le cadavre du Christ devant des Bretons catholiques mécontents, référence Mémoire juive et éducation.

    Selon le moine Raoul Glaber, les juifs auraient incité les musulmans à détruire les lieux Saints de Jérusalem. Plusieurs actions contre les juifs, comme les conversions forcées, avaient été condamnées au cours des années 1007-1012 par l'église catholique et par le Pape ou ses évêques. Aussi avec la prédication de la croisade, les persécutions anti-juives qui entrent dans une nouvelle phase historique, différente de la précédente période. Mais, l’ampleur de l’anti-sémitisme est révélée par une rumeur qui prétendait que Godefroy de Bouillon aurait «juré de ne pas partir en Croisade avant de venger le sang du Christ, de sorte qu’il ne restera "pas de Juifs" en vie derrière lui». L’empereur Henri IV, avisé de cet engagement par Kalonymos ben Meshoullam, le chef de la communauté juive de Mayence, promulgua une ordonnance interdisant de telles actions. Godefroy affirma par la suite qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer des juifs, mais par sûreté, les communautés de Mayence et de Cologne lui envoyèrent une somme de 500 marks d’argent.

    Sigebert de Gembloux vers 1075 écrit, qu’avant de se lancer dans une guerre au nom du Seigneur, il est essentiel que les Juifs se convertissent, et que ceux qui refusent soient privés de leurs biens, massacrés et chassés des villes. Autre exemple, le roi Philippe-le-Bel expulsa les juifs de France en juillet 1306, en n'oubliant pas de confisquer leurs biens... En 1492, à Mecklenburg, Allemagne, 24 juifs, dont 2 femmes, accusés de profanation d'hostie par un prêtre, sont brûlés sur le bûcher, en un lieu appelé par la suite en 1652 Judenberg la «colline aux Juifs». Le cimetière de la Colline aux juifs.

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    Plus près de nous, l'Affaire Dreyfus nous montre l'antisémitisme en France à partir de 1895.

    antidreyfusard.1296036426.jpgLes antidreyfusars veulent à tout prix que Dreyfus soit coupable par ce que juif ! Référence, Mémoire juive et éducation.

    Avec l’immigration, le judaïsme Français s’est diversifié et divisé. Au lieu de s’intégrer dans les communautés autochtones, chaque nouvelle vague de réfugiés a formé ses propres groupes et a gardé ses traditions particulières. A travers la multiplicité des structures communautaires religieuses et profanes, deux groupes sociaux, deux cultures, deux types de juifs se sont opposés avec âpreté, surtout à Paris où les étrangers étaient beaucoup plus nombreux que partout ailleurs. Ce phénomène se serait sans doute atténué avec les années, mais le temps a manqué. Les Français «Israélites» et les immigrés anciens étaient parfaitement intégrés et assimilés, mais ils étaient souvent déjudaïsés ou en voie de déjudaisation. Souvent aisés, très fiers d’être Français, ils restaient très attachés à la solution Française de l’assimilation.

    Pour la plupart d’entre eux, le judaïsme n’était pas un phénomène national, ni même une culture, mais une simple confession religieuse parmi d’autres, dont beaucoup s’étaient d’ailleurs détachés. Ils se retrouvaient en principe dans les grandes synagogues consistoriales du XIXème siècle dirigées par des rabbins et des notables respectables et cultivés, presque tous anciens combattants. Mais ces synagogues étaient souvent désertées, surtout par les plus jeunes, malgré tous les efforts des rabbins pour développer une instruction religieuse qui n’était plus guère donnée à la maison. Il y avait aussi parmi eux quelques riches et quelques escrocs que les antisémites montaient en épingle. Les immigrés récents étaient au contraire presque tous pauvres ou très pauvres, et peu intégrés. Cela ne les empêchait pas d’être très attachés eux aussi à la Patrie des Droits de l’Homme, ou du moins à l’idée qu’ils persistaient à s’en faire malgré bien des déconvenues. Mais si leur judaïsme était beaucoup plus vivant. ils rejetaient généralement l’assimilation totale à la Française et se défiaient des Israélites Français considérés comme des Juifs honteux, qui, de leur côté, n’étaient pas très fiers de ces cousins encombrants et peu reluisants.

    En 1939, les étrangers restaient donc isolés par la médiocrité de leur condition sociale, par leur mauvaise connaissance du Français et par leur propre fierté. Ils habitaient les mêmes quartiers et se retrouvaient dans de petites synagogues improvisées, dans de multiples associations d’originaires, Amis de Brest-Litovsk, Union des Bessarabiens, Enfants de Lublin, Société de Galicie, de Lithuanie, etc.... Dans des commissions syndicales et dans des sociétés de secours mutuels, les unes et les autres très vivaces et très attachées à leurs traditions et à leur indépendance, tiré de La persécution nazie et l'attitude de Vichy, Cercle d'étude et de la déportation de la Shoah .

    Il y a en France métropolitaine en 1940 environ 300 000 Juifs, parmi lesquels 150 000 citoyens Français et 150 000 étrangers. Les deux tiers de l'ensemble, la très grosse majorité des Juifs étrangers vivaient en région parisienne. Sur les 150 000 Juifs Français, 90 000 sont de vieille souche et parmi les juifs naturalisés ou étrangers, souvent immigrés de l'Europe de l'Est, la moitié est arrivée dans les années 1930. Les derniers arrivés sont des juifs envoyés d'Allemagne par le gouvernement nazi dans les semaines qui suivent l'armistice.

    Les juifs Français qui se partagent, sur le plan religieux, entre orthodoxes, libéraux et agnostiques, revendiquent plus volontiers l'appellation d'«Israélites» que celle de «Juifs». Ils ne se reconnaissent pas forcément dans le consistoire central censé régir depuis Napoléon 1er leur vie communautaire. Ils appartiennent souvent à des milieux aisés et cultivés, alors que les juifs étrangers qui vivent en majorité à Paris se situant en majorité aux bas de l'échelle sociale. Ces mêmes Juifs étrangers sont généralement attachés à la yiddishkeit, symbole de la fidélité aux coutumes ancestrales.

    Les Juifs de France vivaient une situation d'oppression depuis juillet 1940 jusqu'à la mi-1942. À partir du printemps 1942, ils doivent faire face à la politique de la «solution finale» décidée par les nazis dans l'Europe occupée depuis la conférence de Wannsee. Cette tentative d'extermination des Juifs dans toute l'Europe occupée porte le nom d'Holocauste ou de Shoah . Il s'agissait pour les nazis de déporter tous les Juifs d'Europe vers des camps d'extermination situés principalement dans l'Est de l'Allemagne et en Pologne. Jusqu'en novembre 1942, date de l'occupation de la zone libre, la situation des juifs n'était pas exactement la même en zone libre et en zone occupée.

    Les lois Françaises antijuives s'appliquaient sur l'ensemble du territoire, mais en zone occupée s'ajoutent des décrets Allemands. Le gouvernement de 1940 mèna une politique de restriction de leurs droits ainsi que pour les francs-maçons dès son installation, avant même que les Allemands n'en expriment la demande expresse. Dès juillet 1940, le ministre de la Justice Alibert crée une commission de révision des 500 000 naturalisations prononcées depuis 1927. Le retrait de la nationalité concernera 15.154 personnes dont 7 000 Juifs environ. Le 16 août 1940, le décret-loi Marchandeau du 21 avril 1939 réprimant l'injure et la diffamation raciales est abrogé par une loi du gouvernement de Pétain. Avec ce premier texte des tous premiers temps, le régime signe son racisme et son antisémitisme. La propagande xénophobe peut prendre son envol, la liberté de la presse est au service du racisme et de l’antisémitisme !

    Le 23 septembre 1940, le Militärbefehlshaber in Frankreich, Chef de l'administration militaire Allemande en France, promulgue une ordonnance qui interdit aux juifs qui ont fui la zone occupée d'y retourner, oblige les commerces juifs de la zone occupée de se signaler par une affiche spéciale, et oblige les juifs de la zone occupée à se faire recenser auprès de leur sous-préfecture avant le 20 octobre 1940.

    L'article suivant 47 sera la suite de cet article.

    Références,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Urbain_II
    http://dictionnaire.sensagent.com/emich+de+flonheim/fr-fr/
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pogrom
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Coloman_de_Hongrie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_croisade
    http://books.google.fr/books?id=FCp-c_B5NjgC&pg=PA46&lpg=PA46&dq=Pr%C3%AAtre+Folkmar&source=bl&ots=FjLjQYtzvn&sig=sgts2UKCOGgRNytCZ_rSQTFg3HA&hl=fr&ei=hNBOTaz8M4Kt4AaXooCpCQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&sqi=2&ved=0CCQQ6AEwAg#v=onepage&q=Pr%C3%AAtre%20Folkmar&f=false
    http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/antisemitisme.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Glaber
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Godefroy_de_Bouillon
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_IV_du_Saint-Empire
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_de_Mayence
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Meshoullam_ben_Kalonymos
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sigebert_de_Gembloux
    http://lionel.mesnard.free.fr/le%20site/Histoire-des-Juifs-France-Europe.html
    http://judaisme.sdv.fr/synagog/basrhin/r-z/saverne/historiq.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Agnosticisme
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Consistoire_central
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapha%C3%ABl_Alibert
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Yiddish
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Wannsee
    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2010/07/25/vichy-l-antisemitisme-legalise.html
    http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HP_009_0091

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