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pétain suite 38

  • Philippe Pétain, Maréchal de France ses années noires de 1940 à 1944, suite 38,

    que pensent les historiens du maréchal.

     

    Support Wikipedia Je me suis exprimé à la suite 25 sur ce que j'ai ressenti tout au long de l'occupation Allemande jusqu'en 44, pour moi jeune adolescent je ne comprenais pas le procès qu'on lui faisait, et je trouvais qu'il avait été le sacrifié, comment gouverner un pays occupé ? Bien sûr je ne n'avais pas l'analyse d'aujourd'hui ou l'on regarde 70 après cette page de notre histoire qui fait que l'on est amené à condamner Pétain. Je ne le ferais pas par ce que je pense que c'est la France de l'époque qu'il faut condamner, il n'en est en fait que l'instrument. Ce que je lui reproche ce n'est pas sa collaboration, il ne pouvait probablement faire autrement, ce que je reproche c'est d'avoir contribuer à la persécution des juifs à ce génocide, c'est de mon avis impardonnable. Mais pourquoi, l'avoir fait ?

    A l'époque le juif était haï, mal vu, pour des raisons religieuses. Les chrétiens n'admettaient pas que les juifs refusent de croire que Jésus soit le fils de Dieu, le Messie. Quand la religion chrétienne fût celle majoritaire en Europe les juifs furent persécutés. L'affaire Dreyfus est un exemple d'antisémitisme. Pétain n'a pas condamné Dreyfus pour les faits fallacieux qui l'ont accusés bien que beaucoup l'ont fait, mais par ce qu'il n'avait pas su se défendre, ce qui dans le contexte de persécution de l'époque n'était pas étonnant. Les juifs ont toujours été considérés comme des parasites, ils étaient mis à part, le Ghetto de Varsovie en est un exemple frappant ainsi que les juiveries au Moyen-âge.

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    Rue juiverie quartier juif de Lyon jusq'en1379, référence Wikipédia

    Dans ce contexte Pétain qui était très croyant ne dérogeait pas à la règle, il n'aimait pas les juifs. Quelques caricatures de l'époque.

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    Caricatures d'un juif pauvre et d'un juif riche, référence Mémoire juives et éducation .
    S'ils sont pauvres, ce sont des parasites, ils sont sales et pouilleux,
    S'ils sont riches, ce sont des profiteurs, ils aiment l'argent et dépouillent les chrétiens.
    S'ils sont patron ce sont des capitalistes qui exploitent le peuple,
    S'ils sont révolutionnaires et anticapitalistes, ce sont des organisateurs de révolution qui sèment le trouble.

    Mais pourquoi tant d'acharnement ?

    D'après Robert O.Paxon, la France de Vichy de 1940 à 1945, Seuil novembre 1999, édition corrigée de celle de 1973, «écrit, plus personne ne peut contester que les premières mesures antijuives de 1940 relevaient d'une initiative purement Française, ni que ce soit le régime de 1940 qui à insisté en 1942 pour coopérer à la déportation des juifs vers l'Est». On pourrait aussi s'étonner de la passivité des Français qui regardaient cette étoile jaune sur leurs vêtements, ce que certains ne trouvaient rien à y redire. Il faut aussi bien comprendre que l'on se savait rien ou pas grand chose de la persécution qu'ils subissaient.

    Depuis ma naissance j'habite près du Fort de Romainville, et nous avions comme voisins un couple de juifs que l'on est venu chercher un jour et qui ne sont jamais revenus, nous ne savions rien de ce qui se passait dans ce Fort et dans le camp de Drancy juste à coté, mais Pétain ses ministres et collaborateurs ne pouvaient ne pas le savoir.

    La question juive est de toute évidence le point faible de la défense de Pétain lorsqu'il fût jugé pour collaboration, il avait 89 ans. Je reviendrais sur ce point en considérant l'influence de Laval sur une personne de cet âge sachant que ce qu'il a fait contre les juifs n'est pas le reflet de ses actes passés qui étaient très humains étant contre le sacrifice inutile des hommes au combat.

    Sur l'interprétation des historiens sur Pétain, la réflexion de Robert Aron mérite d'être citée dans sa thèse du bouclier et de l'épée lorsqu'il compare de Gaulle et Pétain.

    Ce qui ressort de cette comparaison est que tous deux ont été nécessaires à la France, Pétain faisant office de bouclier et de Gaulle faisant office d'épée. L'un comme l'autre sont indissociables de notre destinée. Il fallait le sacrifice de Pétain pour nous protéger, comme il fallait la bravoure de de Gaulle pour conduire la résistance. Que Pétain nous ait protégé des Allemands c'est certain connaissant le comportement de la police nazie les SS, que cela ait permit à de nombreux Français d'échapper aux Allemands c'est également certain, peut être a-t-il fallu sa collaboration bien que les Allemands ne l'ait jamais demandée mais souhaitaient une France docile qui assurait à Hitler une base solide de départ contre l'Angleterre. Quand à de Gaulle avec les Alliés il a réussit, il ne pouvait en être autrement dès lors que la puissance était finalement de leur coté, l'Allemagne était déjà bien affaiblie dans son combat sur le front Russe.

    Voici le texte de Robert Aron pétaino-gaulliste .

    «L’honneur qu’allègue le maréchal Pétain, c’est l’honneur d’un gouvernement qui a su maintenir les données de son indépendance et protège les populations, en un mot, c’est l’honneur civique. Celui qu’invoque le général de Gaulle, c’est l’honneur militaire pour qui s’avouer vaincu est toujours infamant. De ces honneurs, il se peut que l’un soit plus impérieux, plus instinctif, plus spontané. L’autre existe, sur un mode sans doute moins éclatant, mais il est pourtant réel. Le premier correspondait à l’aventure exaltante, mais d’apparence désespérée, dont Charles de Gaulle est l’annonciateur. Le second à l’épreuve lente et douloureuse dont Philippe Pétain ne prévoyait ni la durée ni la fin. Tous deux étaient également nécessaires à la France. Selon le mot que l’on prêtera à Pétain et à de Gaulle, «le Maréchal était le bouclier, le Général l’épée». Ainsi Montoire ne peut être apprécié seulement comme un acte politique, son aspect psychologique et humain est peut-être l’essentiel. (…) Il n’a pas suffi à arrêter la pression des occupants, (…) le Maréchal s’y est rendu pour protéger les Français, cette entrevue a causé une des équivoques les plus graves qu’ait connues notre pays, une des atteintes les plus profondes qu’ait subie son unité».

    Je reviendrais sur Montoire qui a été pour Pétain l'occasion de connaître les intentions d'Hitler, ce qui fait écrire par le général Hering que le maréchal Pétain fut le vainqueur diplomatique de Montoire.

    Pour confronter l'analyse de Robert Aron il convient de citer celle de la thèse de Robert O.Paxon, qui reprend son analyse de 1973.

    Il s'agit du bouclier et du «double jeu» qu'aurait été Pétain préservant les Français des Allemands.

    Sur cette question, il considère qu'à l'époque en 1970 il a été trop sévère voulant démolir le mythe du double jeu qui signifiait que Pétain collaborait à la fois avec les Allemands mais aussi avec l'Angleterre et les États-Unis, ce que les faits démontraient être inexact. Pour que le double jeu en fût vraiment un, page 16, il eut fallu que les négociations entre le régime de 1940 avec les Alliés fussent restées secrètes, or les Allemands étaient parfaitement au courant des accords conclus entre Pétain et les Alliés pour l'approvisionnement en Afrique du Nord de produits de première nécessité, accords qui n'étaient nullement contraires à leur intérêt, sauf quand ils ont commencés à recruter secrètement en 1942 des fonctionnaires civils et militaires.

    Sur la question du Diktat, page 12, Paxon revient, plus nuancé à l'époque ou écrivait Robert Aron. En 40 et 41 Hitler n'avait qu'une seule préoccupation c'était l'invasion de l'Angleterre. Pour que cela se fasse au mieux, il fallait purger la France de ses richesses mais aussi qu'elle ait un gouvernement dirigé par des Français ce qui éviterait la révolte de la population admettant plus aisément les privations, le STO, imposées par des Français plutôt que par les Allemands.

    Sur la question du bouclier, page 24, il conçoit que la zone libre a respiré un peu mieux que celle occupée, mais ne tenant aucun compte de ce qu'elle a apporté à la zone occupée. Pour lui le répit ait été de courte durée, et trop cher payé dans l'analyse qu'il fait de la situation après coup. Il n'est donc pas enclin à considérer que le bouclier qu'aurait été Pétain aurait joué. Dans les recherches qu'il a faites, il constate que Pétain n'a pas été mieux traité que d'autres dans les pays occupés de l'Europe ainsi, en est-il de la Belgique et de la Hollande. Dans les premiers temps, les nazis n'ont déportés que les juifs étrangers et épargné les juifs de nationalité Belge ou Hollandaise, et cela bien que ces pays n'eussent pas de gouvernement autonome en mesure d'intercéder.

    En d'autres termes, le gouvernement Français de 1940 n'aurait apporté que peu de chose eu égard au coût de la collaboration. Il est toujours aisé de faire l'histoire après. Il conçoit une chose évidente que l'opinion Française était unanimement favorable au maréchal Pétain en 1940, et que celle de 1944 était presque unanimement favorable au général de Gaulle. Le basculement de l'opinion de Pétain à de Gaulle se serait effectué fin 1942 début 1943, c'est à dire au moment ou la zone libre est envahie par les Allemands le 11 novembre 1942.

    Robert o. Paxon est un historien Américain spécialiste de l'histoire de l'Europe contemporaine, professeur émérite à l'université de Columbia, New York, mais il ne voit pas la bivalence entre de Gaulle et Pétain comme l'a ressentie Robert Aron.

    La suite 39 sera la révolution nationale.

    Référence,

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Juiverie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Paxton


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