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otages

  • La famille Tanguy Moulin-Fournier capturée par le groupe extrémiste Boko Haram

    enfin libre après deux mois dans le désert du Nigéria.

    Support Wikipedia Amaigris mais en bonne santé ainsi que leurs quatre enfants. Ils furent enlevés au Cameroun le 19 février, et sont sur cette image à l'ambassade de France à Yaoundé le 19 avril. Leur libération fut d'abord annoncée par le président camerounais Paul Biya pour être ensuite confirmée par l’Élysée. Le ministre des affaires étrangères s'est immédiatement rendu auprès de la famille Tanguy Moulin-Fournier.

    Que l'on se rappelle, ils furent enlevés avec leurs quatre enfants Eloi, Andéol, Maël et Clarence âgés de 12, 10, 8, et 5 ans, avec l'oncle Cyril Moulin-Fournier dans le parc national de Wasa dans l'extrême-nord du Cameroun lorsque leur véhicule fut intercepté par des hommes à moto. Le véhicule fut abandonné et la famille emmenée au Nigeria voisin. Cette famille réside depuis deux années au Cameroun à Yaoudé ou le père est directeur de développement chez GDF Suez.

    En fait, on connait peu d'éléments sur cet enlèvement sinon que le groupe Boko Haram avait capturé cette famille comme monnaie d'échange des prisonniers au Cameroun et au Nigéria. Le 21 mars Boko Haram précisa ses intentions dans une vidéo diffusée sur Youtube le 25 mars 2013.

    Cette vidéo montre trois adultes dont une femme et quatre enfants entourés par trois ravisseurs au visage masqué par des chèches se réclamant de Boko Haram, la capture d'écran fit l'image qui fut reprise par tous les médias, voir l'article «Otages François Hollande ne veut plus payer». Une source proche de la famille, selon la formule habituelle avait authentifié le document. La réclamation des ravisseurs fut la libération de frères islamistes emprisonnés au Cameroun et de femmes emprisonnées au Nigéria. Ces revendications furent donc impossibles à satisfaire pour la France puisqu'elles dépendaient de gouvernements souverains. Ce fut donc une action commune qui permit leur libération. Elle fut donc liée à la décision de ces gouvernements, cela montra la grande difficulté des négociations qu'il fut nécessaire d'engager.

    Le 18 mars, un second enregistrement sonore fut diffusé et l'homme qui parla s'est dit être détenu par Jamaatu Ahlisunnah Lidda'awatiwal Jihad, nom arabe par lequel le groupe islamiste nigérian Boko Haram se fait appeler. Il parla en français et anglais et se présenta Tanguy Moulin-Fournier pour demander à l'ambassadeur de France au Nigéria, puis au président camerounais Paul Biya de tout mettre en œuvre pour leur libération en décrivant les conditions difficiles de leur captivité. Là aussi, la voix fut reconnue par un proche de la famille. Cette voix de détresse fut un appel au secours, nous sommes détenus depuis 25 jours, dans un endroit désertique. «Nos conditions de vie sont très dures notamment pour les enfants. Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades. Nous ne tiendrons pas longtemps, s'exprimait ainsi Tanguy Moulin-Fournier, eau, chaleur, nourriture, sommeil, d'autant plus pour nous qui sommes des Blancs, non habitués aux chaleurs africaines, et pour les enfants». Il rappela ensuite les exigences de Boko Haram pour leur libération et demanda de tout mettre en œuvre pour qu'une solution soit trouvée.

    Cet appel, si tant est qu'il émeut, il y a des enfants, d'autant que c'est la première fois que des enfants sont otages, constituait forcement une gène pour les ravisseurs auprès de la population africaine. Pour autant, François Hollande renouvela son opposition à tout versement de rançon. «La politique de la France, c'est qu'il n'y a pas de versements de rançons». Des déclarations qui auraient pu inquiéter les familles des otages. Pour autant, pendant ces deux mois de captivité, celles-ci communiquent sur leur confiance renouvelée aux autorités françaises. «Nous pensons que tout est réellement fait pour les revoir très vite», affirmèrent les frères respectifs des parents sur RTL à la veille de l'annonce de leur libération.

    Leur libération reste un mystère si tant est que les négociations furent secrètes. Ce que l'on sait c'est que François Hollande annonça lorsqu'il vint les accueillir à Orly le 20 avril, à la descente de l'avion diplomatique du ministre des affaires étrangères, qu'aucune rançon ne fut donnée en échange de leur libération. En revanche, les ravisseurs obtinrent la libération d'une dizaine de personnes des prisons camerounaises et nigériennes selon le renseignement français. Au début, ils avaient demandé avec la remise des personnes emprisonnées, de l'argent, mais au cours des contacts leur demande s'est focalisée sur la remise des prisonniers. Dans ce succès, il faut noter le rôle de Laurent Fabius qui n'a pas ménagé sa peine auprès des chefs d’État du Cameroun, Paul Biya, et du Nigeria, Goodluck Jonathan, qui, sans eux, aucune issue positive n'eut été possible. Mais, il faut souligner que sans la fermeté du président de ne payer aucune rançon les otages n'auraient probablement pas été libérés si rapidement. C'est certainement cela qui fit que les ravisseurs abandonnèrent cette exigence.

    L'employeur GDF Suez de Tanguy Moulin-Fournier tenta un temps de résoudre cette prise d'otages en utilisant ses propres contacts pour payer la rançon. Cette idée fit psitt après l'intervention du Quai d'Orsay informé par les services de renseignements. GDF Suez n'a pas souhaité commenter cet épisode.

    Ce fut une collaboration internationale à coté du Cameroun et du Nigeria, la Grande-Bretagne apporta son aide. Il faut comprendre que la présence d'enfants fut un facteur d'urgence aux yeux de l'opinion, mais aussi dans l'esprit des responsables politiques qui donna lieu à une mobilisation sans précédent de l’État français, mais aussi de plusieurs pays. Le Nigéria qui accepta la demande française alors qu'il est dans une ligne très dure contre Boko Haram, que la France soit seule décisionnaire en cas d'une opération armée. Les services secrets français furent autorisés d'opérer auprès des forces nigérianes.

    Quand au Cameroun, le président intervint pour que des personnes détenues dans les prisons fussent libérées conformément aux exigences des ravisseurs. Ces prisonniers comme au Nigéria furent condamnés à des peines qui n'avaient pas de rapport avec le terrorisme, mais seulement pour des problèmes financier et commerciaux. Le président Biya fit de la résistance, mais la pression française était plus forte.

    La Grande-Bretagne apporta son aide sur sa connaissance de la zone située au nord du Nigéria ou se trouvaient les otages. Selon une source diplomatique, «l'expertise britannique sur les réseaux de pouvoirs locaux et la sociologie clanique et tribale permit d'approcher au plus près d'une réalité locale très complexe».

    Quand aux États-Unis, ils mirent à notre disposition des moyens électroniques de surveillance qui offrirent la possibilité de couvrir une zone assez large sur laquelle le contrôle fut permanent.

    Pour ce qui nous concerne, furent mobilisés des forces du service action de la DGSE et des groupes du commandement des opérations spéciales qui travaillèrent en synergie auprès d'un militaire interrogé à Paris. Des éléments se trouvaient en périphérie de la zone où était retenue la famille de M. Moulin-Fournier. Leur présence avec les forces nigérianes finit par devenir une gêne pour les populations qui vivent des nombreux petits trafics dans cette région. Il semble que cette gêne permit d'obtenir beaucoup d'informations. Le fait qu'il fut pris des enfants et une femme a affaiblit les ravisseurs, «les villageois n'étaient pas d'accord avec l'enlèvement d'enfants».

    Ce fut une pression de toutes les parties sur les ravisseurs, finalement, elle porta son fruit.

    Il reste encore au moins huit de nos otages dans cette région du Sahel, Philippe Verdon aurait été exécuté. La question qui se pose est-ce-que l'opération Serval permettra de les libérer. Le silence sur la suite de cette opération maintenant que nos forces ont commencé leur retour, pose cette question ?

  • Otages François Hollande ne veut plus payer,

    il a répondu à la question posée dans mon article, Otages faut-il négocier, est-ce la meilleure solution.

    Support Wikipedia Ne pas vouloir payer n'implique pas de ne pas négocier, mais dans la prise d'otages lorsque l'on négocie c'est déjà une faiblesse, c'est reconnaître les terroristes donc leur donner une crédibilité, en approuvant qu'ils sont incontournables surtout lorsqu'il s'agit de terroristes religieux. On sait bien, et depuis toujours, que contre le terrorisme seule la fermeté est comprise. On ne comprend donc pas les faiblesses de Sarkozy qui a arrosé pour libérer nos otages. Rien n'empêche ces fous d'Allah, si la rançon est donnée, de ne pas livrer les otages, c'est ce qui aurait été fait pour libérer 4 de nos otages, employés d'Areva au Niger, détenus par les terroristes d'Aqmi. C'est l'ex ambassadrice Américaine au Mali et ex-responsable des affaires africaines au département d’État, désormais retraitée, interrogée par iTélé qui a révélé ce fait. Selon elle, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a versé 17 millions de dollars à Aqmi en 2010.

    L'habitude voulait de verser une rançon si elle pouvait conduire à libérer des otages, mais ce qui importe, plus que la rançon, c'est l'encouragement qui en résulte. La preuve est flagrante avec nos 8 otages dont une famille avec 4 enfants détenue au Nigéria, les Français payent pourquoi se gêner ? Quinze Français dont Philippe Verdon, voir ci dessous, dont la mort reste à confirmer sont otages en Afrique de l'Ouest.

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    Pierre Legrand, Marc Feret, Daniel Larribe, et Thierry Dole, la famille Moulin-Fournier, DR Gilberto Rodriguez Leal, Philippe Verdon, Serge Lazrevic, Francis Collomp. DRMAXPP/AFP. Document Le Monde.fr.

    Parmi ces huit otages Philippe Verdon aurait été exécuté en représailles à notre intervention au Mali selon l'agence de presse mauritanienne ANI, Agence Nouakchott Information. C'est un dénommé «Al-Qairawani», se présentant comme un porte-parole d'Aqmi, qui aurait précisé que le Français, qualifié d'espion, avait été décapité le 10 mars. La barbarie n'a pas de limite. Il est évident que notre intervention au Mali peut servir de prétexte à toutes sortes de crimes. Cet Otage fut enlevé dans la nuit du 24 novembre à Hombori, dans le nord du Mali, en même temps que Serge Lazarevic. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères français, Philippe Lalliot, déclara que les services du ministère vérifiaient l'information. «Nous n'en savons pas plus pour le moment», a-t-il indiqué.

    Le père de Philippe Verdon très fatigué ne se fait aucune illusion sur son fils, «je suis très fatigué et très affecté» déclara-t-il dans un entretien téléphonique à l'AFP. J'attends confirmation, je ne suis pas en état de m'exprimer. Que peut faire le président outre vérifier l'information, et puis après ? Faire comprendre l'intérêt national à une famille qui vient de perdre l'un des siens, difficile, c'est un cas de conscience lourd à supporter. La fonction de président de la république n'est pas dénuée de responsabilité, mais aussi de conscience. L'ambiguïté entre la négociation pour une rançon et la fermeté sera toujours dans son esprit. «Si j'avais négocié j'aurais peut être libéré les otages», ce doute doit le miner. Donner aux familles les informations qui lui parviennent, c'est ce qu'elles réclament, que peut-il faire de plus ? Mais, «on ne nous dit rien, côté français, on ne dit rien, les djihadistes ne parlent pas non plus, c'est-à-dire que nous sommes dans un brouillard total, et c'est insupportable à vivre», regrettait ainsi Jean-Pierre Verdon, le père de Philippe Verdon, mardi sur la radio française RTL. Pascal Luppart président du comité de soutien de Philippe Veron exprima le désarroi de son père, je m'exprime pour lui, car il s'est effondré. Nous avions déjà envisagé cette éventualité, mais pour un père elle est terrible.

    Pascal Luppart craignait que les otages soient entre les mains de seconds couteaux, c'est une angoisse permanente en représailles de la mort du chef d'un des terroristes d'Aqmi, Abou Zeid.

    Mais, si l'information ne parvient pas, on ne peut en donner. C'est d'ailleurs fait exprès pour accroître la pression sur les autorités afin que les Français finissent par faire admettre, à l'exécutif, qu'il faut payer. C'est donc sans fin. La France ne peut être à la merci de groupes terroristes, il faut l'admettre sans arrière pensée. Malheureusement, des otages risquent de payer de leur vie ce changement de politique, mais c'est la seule solution.

    Les politiques précédentes consistaient à nier toute rançon, mais elles étaient versées, cela se savait. Depuis 25 années, nous payons systématiquement des rançons. Rappelez-vous l'enlèvement à Beyrouth de Jean-Paul Koffmann avec Michel Seurat le 22 mai 1985. Il fut libéré le 4 mai 1988 avec d'autres otages, Michel Seurat étant mort en détention. Le 7 mars 2006 son corps fut rapatrié en France.

    François Hollande n'avait pas évoqué lors de sa campagne présidentielle la question des otages. Doit-on être étonné qu'il prenne cette volonté de ne pas négocier, donc de ne plus payer ? En fait, il y est contraint, d'une part à cause du versement des 17 millions, il n'en dit mots, bien qu'il ne peut ne pas être au courant, mais aussi devant l'ampleur que prennent ces prises d'otages.

    Depuis la mi-janvier, il fit savoir à l'ensemble des familles de citoyens Français détenus en Afrique, que la France ne paiera plus. Mais aussi l’État refusera toute transaction financière et s'opposera à tout versement. Cela vise les familles, les assurances, les entreprises, qui pourraient être conduites à des versements. Cette consigne fut transmise à l'ensemble des services de l’État concernés, au ministère des affaires étrangères et à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure, DGSE. L'opération militaire au Mali, est donc aussi, avec l'obligation de combattre la menace terroriste envers nos compatriotes au Mali, la conséquence de ce changement de politique. Le ministre des affaires étrangères informa les ambassades des pays à risques dans le monde afin que cette nouvelle politique soit connue, notamment au Pakistan et en Afghanistan.

    Ne plus payer n'implique pas de ne pas mettre la pression sur les preneurs d'otages, les agents de renseignements sont aguerris à cet exercice. «Ce n'est pas parce que l'on ne paie plus que l'on ne travaille plus, note un agent de la DGSE en poste à l'étranger. On peut travailler sur l'entourage familial du ravisseur, on peut lui mettre la pression en coupant ses soutiens, on peut s'appuyer pour cela sur les autorités locales qui disposent d'autres leviers et puis, si on a assez d'éléments, on peut aller chercher l'otage de force». Évidemment ce n'est pas ce qui plait aux familles qui voient dans cette politique la perte de l'un des leurs, c'est humain, mais il s'agit de la France. En fait on se rend compte que payer ne change rien, c'est d'ailleurs le propos de l'invitée Diane Lazarevic dont son père est retenu en otage à l'émission le Grand Journal de Canal + le 20 mars. «C'est un cauchemar aujourd'hui, et je pense encore plus à la famille Verdon, .....je suis contre le versement de rançon,..... je suis d'une famille d'otage....mais si la France paie, malheureusement on va continuer.... ».

    Il est évident que tous nous attendons que l'opération Serval conduise à la libération des otages. Mais pour le moment rien de concret ne nous permet d'espérer leur libération. Ce qui est notable, c'est la position ferme du président que l'on qualifiait de mou, et de capitaine pédalo.

  • Otages, faut-il négocier, est-ce la meilleure solution,

    est-ce toujours possible si non, que faire ?

    Support Wikipedia Les récents évènements nous mettent devant ce dilemme qui n'a pas de solution satisfaisante. La prise d'otages contemporaine s'exprime par un acte d'agression contre un ou plusieurs pays, par un moyen de pression, chantage, afin d'obtenir de l'argent pour financer l'activité de groupuscules terroristes, ou la libération de prisonniers, voire même un ultimatum politique, contre l’emprisonnement de longue durée, ou la vie des otages. Ces chantages ont toujours existés, même au Vème siècle A.J. après la bataille de Sphacterie pendant la guerre du Péloponnèse qui voit une victoire Athénienne sur Sparte. Les Spartiates faits prisonniers furent utilisés comme otages dans le but de priver Sparte de sa supériorité militaire, Wikipédia.

    C'est donc dans la nature des choses que d'imposer par la contrainte, c'est l'arme des faibles qui peut s'avérer redoutable.

    Plus récemment la prise d'otages célèbre fut pendant les Jeux olympiques de Munich au cours de l'été 1972. Le 5 septembre, des membres de l'équipe olympique d'Israël furent pris en otage et assassinés par des terroristes membres de l'organisation palestinienne Septembre noir.

    Puis, lors de la crise Iranienne, marquant le début de la république Islamique d'Iran. Le 4 novembre 1979, 400 étudiants prirent d'assaut l'Ambassade des États-Unis et firent 56 otages pour la libération du Shah d'Iran. 13 des 56 otages furent libérés deux semaines après, les autres restèrent 444 jours prisonniers. Ce n'est que le 20 janvier 1981 à l'investiture du président Reagan qu'ils furent libérés.

    Puis l'enlèvement à Beyrouth de Jean-Paul Koffmann avec Michel Seurat le 22 mai 1985. Il fut libéré le 4 mai 1988 avec d'autres otages, Michel Seurat étant mort en détention. Le 7 mars 2006 son corps fut rapatrié en France.

    On ne compte plus les prises d'otages dans le monde dont certaines furent sanglantes.

    En 2002 une cinquantaine de rebelles Tchétchènes pénétrèrent au théâtre de Moscou remplit de 850 spectateurs, ils exigèrent le retrait des forces Russes de Tchétchénie et la fin de la seconde guerre. Le 26 octobre, trois détonations à l'arme automatique engagèrent les forces spéciales Russes dans l'assaut au théâtre. 36 preneurs d'otages furent tués, 67 otages morts, 750 spectateurs furent libérés. En 2004 la prise d'otages de Beslan le 1er septembre, des centaines d'enfants et d'adultes furent pris par des séparatistes Tchétchènes dans une école lors de la seconde guerre de Tchéchénie. Une explosion dans l'école d'origine non élucidée provoqua un mouvement de panique des enfants, sur lesquels les preneurs d'otages tirèrent et avec une intervention à brûle-pourpoint des forces spéciales Russes 344 civils furent tués, dont 186 enfants.

    Les récentes prises d'otages Français en Somalie et en Algérie, nous mettent devant des responsabilités qui rendent nos gouvernants désarmés. Que faire, la première action est bien sûr d'entrer en contact avec les ravisseurs afin de connaître leurs exigences, le souci étant de préserver autant que faire se peu la vie des otages. Des contacts secrets sont menés au moyen d'intermédiaires connaissant la région et ayant des possibilités d'approche des ravisseurs. Ceux-ci ont tout intérêt à favoriser une liaison dans le but d'obtenir la rançon de leur méfait. En général, ce n'est qu'après de longs mois que la situation s’éclaircit, il leur faut laisser murir la situation afin que l'opinion publique s'émeuve, ce qui pour eux est le moyen d'obtenir le maximum d'exigences. Finalement au terme de plusieurs mois ou d'années les otages sont libérés au moyen du paiement d'une rançon bien que ce fait fut toujours démenti. On ne peut comprendre autrement.

    Cette logistique est en général bien comprise et donne des résultats dans la mesure où le but des ravisseurs n'est que de l'argent, bien que cela pose le problème du financement du terrorisme, mais c'est un risque limité eu égard à la vie des otages.

    Ou la situation se complique, c'est lorsque les ravisseurs sont des fanatiques religieux dont le but est d'imposer leur doctrine dans un but de domination, c'est ce qui c'est passé en Somalie par le groupe islamiste somalien Al Shabbaab issu de la fraction la plus dure de l'Union des tribunaux islamiques, qui milite pour l'instauration de la charia. On n'en connait maintenant un peu plus sur l'opération menée par le commando Français en Somalie. Il était composé d'une cinquantaine d'hommes avec cinq hélicoptères pour une action en pleine nuit. Le but était la libération de l'otage de la DGSE Denis Allex détenu depuis le 14 juillet 2009. On sait que l'opération fut un échec, les Shebab furent prévenus par la population, ce qui permit qu'ils s'arment. Les Français s'étaient posés à trois kilomètres de la localité ou était maintenu Denis Allex, les Shebab, environ une centaine, qui étaient prêts à se défendre les attendaient selon un commandant local Islamiste, Cheikh Mohamed Ibrahim. Des combats acharnés durèrent environ 45 minutes, jusqu'au retrait de nos soldats. Selon le Huffington Post, l'otage Denis Allex serait mort exécuté à Bulomarer, localité du sud de la Somalie, raconta un responsable à l'AFP, qui s'exprimait au téléphone sous couvert d'anonymat.

    On ne connait pas les tractations qui eurent lieu entre ces Islamistes et le gouvernement Français pour libérer notre soldat. Ce que l'on peut penser, c'est si elles eurent lieu, qu'elles n'ont pas abouti, ce qui justifierait l'opération. Elle avait été bien préparée, et des conditions métrologiques favorables permirent qu'elle eu lieu.

    Quant à la prise d'otages au site gazier d'IN AMËNAS, qui fait l'objet de tous les commentaires au point d'éclipser l'intervention au Mali, on sait que les Algériens ne négocient pas, ils appliquent la logistique Russe, l'attaque. Les raisons sont liées à leur combat contre les terroristes qui ont fait de milliers de victimes dans la lutte contre les Groupes Islamiques Armés, GIA, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, GSPC, et Al-Qaida au Maghreb islamique, Aqmi, la fermeté est la politique anti-terroriste d’Alger. Il est en outre évident, que la prise du site stratégique gazier, constitue une agression mettant en cause la production de gaz qui est une des importantes ressources commerciales Algériennes.

    On peut critiquer les autorités Algériennes comme le firent les Japonais les Anglais, les Américains, facile dans un bureau, par ce qu'il y aurait des morts. Mais comment résoudre cette prise d'otages lorsque les ravisseurs réclament l'arrêt de l'intervention Française au Mali, et la libération d'une centaine de militants Islamistes détenus par l'Algérie ? Le gouvernement Algérien a donc agit seul, sans prévenir les gouvernements des otages concernés, montrant ainsi sa souveraineté et qu'il n'avait nul besoin des autres puissances pour résoudre cette prise d'otages.

    Il est évident que l'on ne peut négocier ces conditions, et dans ce cas, que reste-t-il comme possibilité ? Laisser pourrir la situation semble encore pire que l'attaque, puisqu'elle permettrait aux ravisseurs de s'implanter plus efficacement, et laisserait les otages blessés dans une situation intenable avec une ceinture d'explosifs. Parfois l'hypocrisie de certains gouvernements vous coupe le souffle.

    Les terroristes étaient, semble-t-il, de plusieurs nationalités, Égyptienne, Tunisienne, Algérienne et un homme noir, probablement Nigérien ou Malien. Impossible de savoir combien ils étaient en tout. L'un d'entre eux parlait l'anglais avec un accent parfait. Ils étaient très bien préparés, connaissaient le site, la base de vie et le complexe gazier. Pour Le Figaro.fr l'opération fut préparée de longue date, le mode opératoire ne montre aucune improvisation. Les terroristes ont coupé la production de gaz immédiatement après avoir pris le contrôle de l'usine.

    2Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe Islamiste «les signataires par le sang», auteur de la prise d'otages, document l'Humanité.fr.

    L'argumentation consistant à déclarer que cette prise d'otages au site d'IN AMËNAS, était la riposte du groupe terroriste du chef Islamiste Mokhtar Belmokhtar au survol de l'Algérie par les avions Mirage français ne tiens pas, mais elle en fut probablement le déclencheur. Selon le quotidien Algérien Liberté du jeudi 17 janvier «Alger paie pour son implication dans la gestion de la crise Malienne». Même son de cloches pour le quotidien d'Oran, «In Amenas reçoit de plein fouet l'effet de la guerre malienne. Plus rapidement qu'on ne l'attendait». Vendredi 18 janvier les troupes Algériennes encerclaient encore le site gazier, sans plus de renseignement.

    Le mouvement du site démocratique arabe Assawra, indique 18 janvier que 639 otages dont plus de 66 étrangers furent libérés. Près de 650 otages, dont plus de la moitié des 132 otages étrangers, a rapporté l’APS, Algérie Presse Service, alors que les forces spéciales Algériennes cernent toujours le site de l’usine d’IN AMËNAS. L’APS précise, citant la même source, que le bilan exhaustif n’est pas encore établi car certains employés étrangers du site gazier s’étaient abrités dans divers points du site. Il s’agit d'un premier bilan de source Algérienne sur les otages.

    Le 19 janvier l'épilogue sanglant prit fin après l'assaut final au terme de quatre jours de suspense. «C'est fini maintenant, l'assaut est terminé, les militaires sont à l'intérieur de l'usine et sont en train d'enlever les mines posées par les islamistes», selon une source informée. Le ministre de la défense Britannique, Philip Hammond déclara, «les pertes en vie humaines sont épouvantables et il faut dire clairement que ce sont les terroristes qui en portent l'entière responsabilité», le discours a donc changé. L'APS annonça que sept otages étrangers périrent par représailles, et que onze ravisseurs furent tués. Depuis le début des affrontements, entre 25 et 27 otages étrangers furent tués. Selon le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, il n'y avait plus samedi matin d'otage Français détenu à Tiguentourine.

    Selon un bilan officiel provisoire du ministère de l'intérieur Algérien, cité par l'agence APS, 23 otages seraient morts depuis mercredi, ainsi que 32 ravisseurs. Les forces Algériennes ont pu libérer «685 employés Algériens et 107 étrangers, selon le ministère de l'intérieur. Le groupe terroriste, qui a accédé au territoire national à partir de pays limitrophes, à bord de plusieurs véhicules tout terrain, était constitué de 32 criminels, dont trois Algériens, avec des spécialistes en explosifs», précise la même source, ajoutant que «les autres criminels sont de différentes nationalités».

    Mais les dernières informations font part de la découverte par les autorités Algériennes de 25 corps d'otages à l'intérieur du site gazier. Cela porterait à 48 otages tués.......Le site El Watan.com informe qu'une trentaine d'autres corps sont découverts sur le site gazier. Il s'agirait d'Algériens et de soldats de l'ANP, Armée Nationale Populaire.

    Pour François Hollande, l'Algérie a eu les réponses adaptées, les négociations n'étaient pas possibles. «Nous n'avons pas encore tous les éléments mais quand il y a une prise d'otages avec autant de personnes concernées, et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner, ce qu'ils ont fait, leurs otages, un pays comme l'Algérie a les réponses qui me paraissent, à mes yeux, les plus adaptées car il ne pouvait pas y avoir de négociation».

    Quelle conclusion tirer de cette prise d'otages, le gouvernement Algérien a-t-il bien fait de donner l'assaut, ou aurait-il fallu négocier ? Le débat est ouvert.

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