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  • Obama réélu, une logistique pragmatique

    tenant compte de la démographie des minorités.

    Document Le Monde.fr.

    C'est le second président démocrate a obtenir deux mandats consécutifs avec Bill Clinton depuis 1945.

    Support Wikipedia Quel est le fondement politique de cette réélection ? Une leçon de pragmatisme, l'Amérique n'est pas que blanche, et c'est par une politique sociale démocrate à l'Américaine, sur le libéralisme de l'argent qu'Obama l'a emporté. La victoire d'Obama est sans bavure, claire, sans recomptage des voix. Les Américains, c'est à dire les non blancs, du Texas et d'ailleurs, plus quelques uns pour faire une majorité veulent être gouvernés au centre. Bien sûr ce n'est pas la sociale démocratie à la Française, mais pour un pays vantant la réussite de la richesse, c'est énorme quand le chacun pour soi en est la culture. L'Amérique le pays ou il a le plus de milliardaires ! C'est un tournant mondial, la droite et l'ultra droite vaincues ! C'est la victoire de la classe moyenne, hispaniques, afro-américains, beaucoup de femmes, des jeunes, plus ouverte qui va de l'avant sur le sectarisme d'une droite conservatrice polarisée par l'électeur blanc. C'est un exemple pour l'Europe, pour la France, le monde change.

    L'Amérique est multiraciale et l'importance des afro-américains et des hispaniques, des latinos à fait pencher l'élection pour Barack Obama. C'est la stratégie de l'Iowa inaugurée lors des primaires de 2008, augmenter la taille de l'électorat en incitant les minorités à aller voter. Le 05 novembre Obama ne sait pas encore qu'il a gagné, Jim Messina son directeur de campagne lui annonce que des bénévoles ont passés 125 millions d'appels. C'est l'effet du vote anticipé qui lui est favorable. Pour que Mitt Romney emporte l'élection il faudrait qu'il engrange 58 % des voix restantes dans le Névada et 59 % dans l'Iowa, impossible.

    Obama avait été élu à la suite de Georges Bush qui laissa son pays dans un état d'endettement important, avec deux conflits militaires, qui pesaient sur les finances de l’État. Le chômage était élevé, l'industrie automobile moribonde, les gens de l'Ohio qui avaient perdu leur emplois s'en rappellent, et malgré l'opposition de la Chambre des représentants, il manœuvra dans une position d'équilibre au cours de son premier mandat. Ce qu'il faut retenir, de sa principale action, et qui ne fut pas une partie de plaisir, ce fut la mise en place de l'importante réforme du système de santé toujours combattue par les républicains.

    Cette réforme il l'arracha au terme d'un combat de quatre années. Elle permit la création, au niveau fédéral, d'une «assurance santé universelle», sans pour autant imposer une couverture obligatoire à l'exception des enfants. Elle fut adoptée par la Chambre des représentants le 07 novembre 2009 par 220 voix contre 215 sur un texte remanié. Le sénat vota le projet de loi le 30 décembre 2009 par 60 voix contre 39, l'ensemble des démocrates et des indépendants votants «pour», tandis que votaient «contre» les républicains. Le 21 mars 2010, en dépit de sondages d'opinions défavorables, et d'une polarisation aggravée de la classe politique et des citoyens Américains, d'une popularité présidentielle en berne, et des réticences d'une partie des élus démocrates, le texte voté par le Sénat fut adopté tel quel par la Chambre des représentants par 219 voix contre 212, 178 républicains et 34 démocrates. Malgré cela, les républicains ne l'acceptèrent pas y voyant le pouvoir fédéral s'imposer par rapport aux États et aux citoyens. Le 28 juin 2012, les neufs juges de la Cour suprême ont maintenu le pouvoir du Congrès de taxer les citoyens. En vertu du texte ainsi adopté, la plupart des Américains auront l'obligation de s'assurer avant 2014, sous peine de se voir infliger des pénalités.

    Cela faisait près d'un siècle que le Congrès débattait de cette question de la santé. Le président républicain Théodore Roosevelt en parlait déjà dans son programme, mais il fut battu à l'élection présidentielle Américaine de 1912 par le candidat démocrate Woodrow Wilson. En 1965, le président démocrate Lyndon Johnson avait promulgué le Medicare et le Medicaid, assurances pour les personnes âgées et pour les personnes pauvres, respectivement, après avoir rallié à lui la moitié des voix républicaines du Congrès. Le président démocrate Bill Clinton tenta lui-aussi de faire passer un projet ambitieux en 1993, mais échoua.

    Sa réélection Obama la doit à cette réforme, ses électeurs ont voulu prolonger son mandat pour ne pas perdre ce qu'il avait obtenus et que Mitt Romney s'engageait à revoir, mais aussi à sa capacité de rassembler, et à son engagement lors de l'ouragan Sandy. Mais aussi au renouveau de l'industrie automobile, il n'y a qu'a écouter les gens de l'Ohio qui ont retrouvé un travail dans leurs usines. Plus jeune 51 ans plus décontracté que Mitt Romney 65 ans, il a montré sa classe de speaker et a bénéficié d'une équipe de campagne très disciplinée n'hésitant pas à faire du porte à porte. Cette victoire n'a, bien sûr, pas la portée de la première, mais elle apparaît pour lui comme une confirmation de sa politique et lui donne de l'assurance. C'est aussi une formidable revanche sur les républicains qui n'hésitèrent pas à relancer la polémique sur son lieu de naissance. Cette allusion se référençait aux critiques formulées en 2007 sur le fait qu'il ne serait pas né sur le sol des États-Unis. Les élans racistes des ultras conservateurs le contraignirent à publier durant la campagne son extrait de naissance, montrant ainsi qu'il était né le 4 août 1961 à Honolulu, capitale de l’État Américain d'Hawaï.

    Barack Obama, élu avec 303 grands électeurs pour 206 à Mitt Romney n'en aura pas moins pour autant de grandes difficultés pour gouverner. La Chambre des représentants reste aux républicains même si des figures de proue du Tea Party comme Allen West en Floride, ont été battues. Par contre le sénat reste aux démocrates avec une position consolidée. Cette division entre les deux chambres du Congrès ne facilitera pas la gestion d'Obama d'autant plus que les affrontements pendant cette élection ont atteint un niveau non encore égalé.

    C'est la raison pour laquelle il a lancé un appel aux républicains faisant référence aux principes fondateurs des États-Unis. Cette démarche est habille pour ressouder les Américains devant les difficultés sur le chômage et la dette. La réponse est désormais dans le camp des républicains. Tout dépendra de l'analyse qu'ils feront de leur défaite. S'ils considèrent qu'ils ont perdu par ce qu'ils n'ont pas assez «droitisé» leur discours, ce sera très difficile pour Obama. Si au contraire, ils concluent qu'ils doivent assouplir vers le centre, alors la cohabitation sera possible et l'impasse politique sera évitée. Mais aussi, ils doivent penser que dans quatre années il y aura une autre élection avec deux nouveaux candidats, Mitt Romney ne se présentant pas. Ils ont donc tout intérêt à adoucir leur politique afin d'éviter le blocage des institutions, ce que les Américains ne pardonneraient pas. Dans le cours terme Obama devra composer avec eux pour voir leurs réactions, il doit faire le premier pas.

    Quelle leçon pour la France ? L'endettement Américain était plus important à la fin du mandat d'Obama que lors de sa prise de fonction. C'est la même configuration pour la France avec Sarkozy. Mitt Romney a joué la droitisation à l'extrême, c'est la même chose que Sarkozy. Mitt Romney a perdu comme Sarkozy. C'est une nouvelle orientation politique mondiale qui émerge.

  • Hollande, Obama, G8 de camp David et Chicago,

    tout le monde est content.

    Support Wikipedia C'est la fin d'un marathon de quatre jours ou François Hollande à montré un autre visage de la France, une rupture toute en douceur. Les thèmes étaient outre la rencontre avec Obama, la croissance l'Afghanistan et l'Iran. Sa première et grande sortie internationale de président, il ne devait pas décevoir, on l'attendait au tournant. Nombreux sont ceux qui guettaient un clash entre Hollande et ses partenaires non choisis. Non choisis par ce qu'ils étaient copains copains depuis plus de cinq ans, et que Hollande, socialiste, arrivait comme un intrus dans le club des biens pensants maîtres du monde. Il avait quelque chose d'inquiétant dans l'atmosphère laissée par la droite de Sarkozy. Quelques soient les endroits du monde, lorsqu'un nouveau venu arrive, non connu, surtout aux États-Unis, la France socialiste fait peur, et une curiosité mêlée d'inquiétude se développe parmi la population qui se croît être, à elle seule, le Monde. Obama qui voulait effacer la mauvaise impression qu'il avait manifestée en ne faisant rien pour que ses conseillés reçoivent François Hollande avant son élection, bien que la demande lui eut été formulée, mit les petits plats dans les grands. Mais pas que pour cela, il fallait le préparer à des concessions sur les grands dossiers dont l'Afghanistan et l'Iran. Il est vrai qu'il entretenait avec Sarkozy des relations approfondies puisqu'ils s'étaient même entretenus, via un réseau satellitaire pendant la campagne, prenant de ce fait partie pour lui. Il reçut donc Hollande un jour avant les autres dans son bureau ovale. Il paraît que c'est un honneur, qu'il soit ovale, rond ou carré que nous importe, il y est resté soixante-dix minutes un record paraît-il dont vingt en tête à tête, le reste avec des journalistes.

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    François Hollande et Brack Obama le 18 mai 2012 à la Maison Blanche, document Le Monde.fr, REUTERS/POOL.

    Que sont-ils dit, en dehors des cheeseburgers pas grand chose de bien sérieux, sinon que la Maison Blanche reconnaissait l'importance du président Hollande et des problèmes mondiaux à résoudre, heureusement. Hollande l'aurait paraît-il ménagé, ne pas lui causer trop de difficultés en période électorale ce qui montre sa diplomatie quand on sait que c'est tout le contraire qui fut fait à son encontre. Sur le fond des problèmes mondiaux, ils ont confirmés l'espoir du maintien de la Grèce dans la zone euro, ce qui pour la France est important. Nous sommes de grands contributeurs auprès des banques Grecques. Une sortie de la Grèce de l'euro nous ferait perdre environ 65 milliards que la France détient dans la dette Grecque et pour nos banques 37,6 milliards de la dette des entreprises, une ardoise d'environ 100 milliards.

    Restait le problème de la croissance tant décrié par le Merkel et Mario Monti, comme impossible autrement que par des réformes structurelles, mais rien de bien précis. Il faut attendre la rencontre informelle du Merkollande et des autres dirigeants Européens, ce mercredi 23 mai, ou François Hollande veut tout mettre sur la table, euro-bons, croissance afin d'examiner un compromis avec les dirigeants Européens fin juin. Mais déjà une convergence avec le président Obama, la croissance «doit être une priorité en même temps que nous mettons en ordre nos comptes publics à travers des pactes budgétaires» a déclaré François Hollande. Concernant l'Iran, François Hollande booste la négociation, «que la négociation puisse s'engager mais avec la fermeté indispensable pour qu'il n'y ait à aucun moment l'accès de l'Iran à la technologie nucléaire à des fins militaires», ce qui satisfait Obama. Sur l'Afghanistan c'était l'occasion de connaître sa réaction. Pour François Hollande «le retrait des troupes d'Afghanistan n'est pas négociable», mais la France resterait dans l'ISAF, la Force Internationale d'Assistance et de Sécurité, et qu'elle continuera à soutenir l'Afghanistan quand bien même «ce soutien serait d'une autre nature et sous une autre forme».

    La photo suivante marque la soirée par le diner offert par Hillary Clinton à François Hollande à Blair House, la prestigieuse résidence des invités officiels du président des États-Unis, qu'il rejoignit à pieds de la Maison Blanche.

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    François Hollande et Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, déjeunent avec Hillary Clinton à Blair House, à Washington, vendredi 18 mai, document Le Monde.fr. Crédits : Jean-Claude Coutausse/french-politics pour «Le Monde».

    Après cette journée ce fut le G8 de camp David. Mais déjà la croissance avait fait son chemin isolant la chancelière. The beginner's look comme l'écrit Libération, la chance du débutant. Mais était-il un débutant ? Sur la croissance nul besoin d'être sorti de la cuisse de Jupiter, pour admettre que l'austérité seule ne mène nulle part sinon à l'émergence de doctrines néo-fascistes ou révolutionnaires. «Je ne me sentais pas du tout en observation. Je me suis exprimé autant que je le considérais nécessaire, pas plus, pas moins. Et sans avoir à comprendre ou apprendre». Ceux qui mettaient en avant son inexpérience internationale en sont pour leurs frais. Il ne fut pas comme d'aucuns qui «clamaient avoir remporté un succès». Pour lui ce qu'il avait obtenu constituait déjà un succès puisque le communiqué final du G8 appelait à la mobilisation pour la croissance ainsi qu’à une «zone euro forte et unie». «C’est une étape nouvelle» pour l’Europe, qu’il refusa de voir en «grand malade», mais aussi pour «l’ensemble du monde». Mais aussi une baffe au Merkozy. Et, dans la foulée, il estima, bien que tout reste à faire dans le concret, que l'accord des Français sur ce point est «déjà honoré» puisque le G8 et les prochains les différents sommets Européens qui s'en suivront auront «une dimension de croissance».

    Il faut bien commencer par quelque chose, et ce G8 lui en a donné l'occasion. Il sera donc plus difficile à Merkel et ses supporters de ne pas modifier leur position d'autant que l'Autriche avec d'autres veulent un pacte de croissance. «Le chancelier Autrichien Werner Faymann souhaite que l'Union européenne adopte un pacte de croissance dès son prochain sommet et investisse dans l'éducation, l'emploi et les infrastructures grâce à des «obligations de projets». «Il faut qu'on s'entende sur un pacte de croissance au prochain conseil Européen», programmé fin juin».

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    François Hollande au G8 à Camp David, le 19 mai 2012, document Libération.fr, (Photo Ludovic Marin. AFP).

    Le dernier volet de cette première confrontation internationale fut le sommet de l'OTAN à Chicago. François Hollande quitta Chicago le 21 mai en déclarant «notre mission en termes de combat est terminée en Afghanistan».

    Heureux d'avoir convaincu ses alliés, d'accepter sans heurs la décision du retrait de nos forces d'Afghanistan pour la fin de l'année, «la majeure partie des 3 400 soldats Français déployés devrait avoir quitté, d'ici à sept mois, ce pays où la France est présente depuis 2001». Alors là, c'est la grande polémique pour tous ceux à droite, dans les médias, qui ne manquent pas de souligner qu'il s'agit maintenant seulement de forces combattantes, et non de toutes nos forces, comme Hollande l'avait annoncé ! Comme si Hollande était aussi stupide qu'eux sachant très bien qu'un tel retrait poserait des problèmes structurels concernant nos équipements. Nous ne pouvons tout abandonner comme des malpropres laissant ainsi nos alliés et les troupes Afghanes après 10 années de guerre et de soutien qui valurent 83 morts Français.

    «L'armée Afghane se substituera à nos troupes dans les prochains mois et avant la fin 2012», a précisé M. Hollande à la presse, dimanche 20 mai. «En 2013, demeureront seulement des formateurs pour les forces de police et les cadres de l'armée Afghane».

    Ce changement n'engage pas notre engagement national à précisé François Hollande qui s'est entretenu avec le président Afghan Hamid Karzaï en marge du sommet de l'OTAN. «Nous avons fait plus que notre devoir», a-t-il déclaré lors de la conférence de presse finale, rappelant nos morts. «En 2013, ne resteront que les éléments indispensables pour les actions de formation que nous définirons dans le cadre du traité que la France et l'Afghanistan ont signé en janvier», et appelé à être ratifié à l'automne. Au-delà de 2014, quand l'ensemble des troupes combattantes alliées auront quitté le pays, «nous serons toujours avec le traité Franco-afghan dans un soutien civil à l'accès au développement, à l'éducation, à la santé, à l'émancipation des femmes pour accompagner le peuple Afghan», a-t-il encore expliqué. Tout ceci me paraît raisonné.

    Sur la contribution financière, il refusa de s'engager au-delà de 2014. Un chiffre de 200 millions de dollars fut avancé. «Nous avons été saisis de cette demande, nous n'y avons pas répondu». Sur le principe, nous pouvons regarder. «Nous n'avons pas fixé de montants, nous ne sommes pas liés par ce que peut faire l'Allemagne ou d'autres pays», a-t-il précisé. «Nous avons mis une condition, qui est de savoir si les éventuelles contributions seront effectivement contrôlées».

    Restait le bouclier anti-missiles, il a estimé avoir reçu le 20 mai les garanties nécessaires pour adhérer au projet dans l'état actuel des choses.

    Pour lui quatre principes sont essentiels. «Que la défense anti-missiles ne puisse être un substitut à la dissuasion mais un complément». En outre, «un contrôle politique de son utilisation». «Savoir qui appuie sur le bouton et quand». Que les industriels «soient directement intéressés à la réalisation des équipements nécessaires». «C'est aux Européens de s'organiser pour qu'ils puissent être aussi impliqués que nécessaire». «Il doit y avoir une maîtrise des coûts pour qu'il n'y ait pas de dérive financière qui serait d'ailleurs insupportable pour les budgets des pays de l'Alliance». «Sur ces quatre principes, le communiqué final nous donne satisfaction», a-t-il conclu.

    «Il ne peut pas être question que des pays puissent être menacés par ce dispositif anti-missiles, je pense notamment à la Russie. Le dialogue avec la Russie devra être poursuivi», a dit François Hollande. «Ce que je souhaite, c'est que les pays qui sont proches de ces anti-missiles puissent être totalement rassurés».

    Pour un président qui n'avait aucune expérience internationale c'est pas mal. «Il y avait une attente forte, comme toujours après une alternance. Certains s'en réjouissent ou la déplorent, mais il y avait une envie très forte de nous voir et d'établir des liens avec nous», a-t-il précisé.

  • Entre Obama et Nétenyahou,

    rien n'allait plus.

    Depuis qu'Obama a déclaré qu'Israël devrait considérer les frontières de 1967 pour une paix avec les Palestiniens, sur la base d'une révision des frontières issues de la guerre des Six jours, rien n'allait plus entre lui et Nétenyahou. Il faut dire qu'il a poussé le bouchon un peu loin, aucuns président des États-Unis n'avaient osé avancer un tel argument de paix mais devaient en penser pas moins ! L'Orient LE JOUR.com titre : Nétenyahou inflige un camouflet à Obama.

     

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    Document l'Orient LE JOUR. com. Cette photo montre bien le visage tendu de Nétenyahou et l'attention d'Obama qui se sont entretenus pendant deux heures à la Maison Blanche, Jim Young/Reuters.

    Pour Nétenyahou, si Israël est prêt à faire des compromis généreux pour la paix, il ne peut pas revenir aux lignes de 1967, car ces lignes sont indéfendables, pour Obama, «une paix fondée sur des illusions s'écrasera en définitive sur les rochers de la réalité du Moyen-Orient. La seule paix durable sera fondée sur la réalité, des faits intangibles». Pour qu'il y ait la paix, «les Palestiniens devront accepter certaines réalités fondamentales». Nous n'avons pas beaucoup de marge d'erreur, parce que, «M. le président, (Nétenyahou), l'histoire ne donnera pas une nouvelle chance aux juifs», a-t-il continué. Sans même évoquer le problème de Jérusalem Est occupée et annexée, le retour aux frontières de 1967 conduirait à l'évacuation de 300.000 Israéliens des colonies de Cisjordanie. Colonies implantées en dehors de toute illégalité internationales.

    La Résolution 242, 1967, des Nations unies demanda à Israël de se retirer «des territoires occupés», version officielle Française, ou «from occupied territories», version officielle Anglaise. De plus, l'article 35 de la charte des Nations unies interdit toute modification des frontières par la force. Selon cette Résolution, l'occupation elle-même est illégale, la colonisation l'est dans tous les cas, quelle que soit la nature de l'occupation. Même si la fixation des frontières n'a pas été faite par l'ONU en 1949, mais par les lignes de cessez-le-feu nées de la guerre des Six jours, l'ONU considère donc ces lignes comme constitutives de frontières de fait, «sous réserve d'accords modificatifs entre les parties». Concernant les colonies proprement dites, la quatrième Convention de Genève 1949 interdit l'implantation de populations nouvelles dans un territoire conquis suite à un conflit (art. 49: « La Puissance occupante ne pourra procéder [...] au transfert d'une partie de sa population civile dans le territoire occupé par elle »). Ce qui fonde la condamnation des colonies Israéliennes par l'ONU. Voir Territoires palestiniens occupés - IVème Convention de Genève. Mais, c'est du papier seule la puissance des armes prime.

    C'est donc la grande affaire du moment, le refus de Nétenyahou est catégorique,  il oblige Obama à dire que ses propos ont été mal interprétés, en fait il temporise,  ou tout au moins à clarifier ses idées. C'est lors d'un discours le dimanche 22 mai devant le Congrès annuel du principal lobby pro-israélien aux États-Unis l'APAIC, l'American Israël Public Affairs Committee, qu'il avait lancé pour la première fois la création d'un État palestinien dont les lignes seraient guidées sur les frontières de 1967, ce qui change tout. En d'autres termes, ce serait à partir de cette frontière que Palestiniens et Israéliens devraient  négocier une frontière différente de celle qui existait le 4 juin 1967, tenant compte des «nouvelles réalités démographiques sur le terrain et des besoins des deux parties». M. Obama a observé que sa proposition sur les frontières de 1967 n'avait «rien de particulièrement originale» et que l'idée était discutée depuis longtemps par les parties. L'APAIC constitue un groupe de quelques 100.000 personnes pro-israéliennes et républicaines très influentes dont certaines avaient appelé à voter Obama. Un président Américain ne peut se mettre à dos ce lobby et pour assurer sa réélection Obama doit composer.

    Par ailleurs Obama a envoyé au 10.000 congressistes un engagement ferme sur la volonté inébranlable pour l'Amérique de soutenir Israël et d'assurer sa sécurité. D'ailleurs, il a rappelé que l'aide financière Américaine à la défense d'Israël avait atteint sous son administration «des niveaux record». Il a souhaité le maintien, avec l'aide des États-Unis, de la «supériorité» de la force militaire Israélienne sur ses adversaires potentiels dans la région

    Le lundi 23 mai à Washington Nétenyahou devant ce même lobby a déclaré «la paix doit garantir la sécurité d'Israël et donc Israël ne peut revenir aux frontières indéfendables de 1967». Selon Le Monde.fr plusieurs protestataires ont estimés «inacceptable» la négation de la situation des Palestiniens mais leurs voix furent rapidement couvertes par les acclamations de l'assistance montrant ainsi que le sort des Palestiniens était le moindre de leurs soucis. Bien évidemment Nétenyahou a demandé aux Palestiniens la reconnaissance de son État comme État juif. Pour ceux-ci cela reviendrait à admettre qu'ils sont pour certains des terroristes et à renoncer au retour des réfugiés Palestiniens. Pour Nétenyahou, «ceux qui soutiennent les Palestiniens sont peu nombreux, la question du soutien à Israël ne divise pas l'Amérique. Elle unit les jeunes et les vieux, les libéraux et les conservateurs, les démocrates et les républicains».

    Le mardi 24 mai, Nétenyahou s'est adressé devant le Congrès Américain à majorité républicaine pour présenter une «vision pour une paix Israélo-palestinienne sécurisée» selon les propos qu'il avait prononcés devant l'Apaic. Il fut acclamé par le Congrès lors d'un discours sans concession pour le processus de paix tout en promettant que son pays serait généreux quand à la taille mais très ferme quand aux frontières de l'État palestinien, l'intégralité du discours en Français. On voit bien l'hégémonie Israélienne quand il emploie les mots généreux quand à la taille, en fait c'est Israël qui construit l’État palestinien.

    «Nous reconnaissons qu’un État palestinien doit être suffisamment grand pour être viable, indépendant et prospère», Al-Oufock. Quand à Jérusalem Est, Nétenyahou est inébranlable, «Israël ne permettra jamais de diviser Jérusalem qui restera toujours la capitale de l’État hébreux». Pour lui, Israël est le seul État démocratique qui a protégé la liberté de conscience, ou à la fois juifs, chrétiens, musulmans ont pu prier librement, c'était lorsque Jérusalem était sous contrôle Israélien ! Quand à la reconnaissance par l'ONU d'un État palestinien, Israël s'y opposera, déclarant que cette tentative Palestinienne n'apportera pas la paix. La paix ne peut être imposée que par des négociations. La presse Israélienne clame qu'il a fait le discours de sa vie, mais ce n'est pas pour autant qu'il obtient une majorité de satisfaits. Au sein de sa coalition et même de son parti le Likoud, des mises en garde s'élèvent de ceux qui rejettent toute concession et qui ne veulent pas entendre parler d’État palestinien. C'est le cas du député Dany Danon qui considère que le Hamas au pouvoir à Gaza tirera des missiles dans le sud d'Israël qu'il ait un État ou pas. Benyanin Nétenyahou est aussi critiqué par l'opposition centriste Kadima ou les travaillistes lui reprochent de manquer d'audace.

    Mais les Palestiniens restent déterminés à demander la reconnaissance en septembre de leur État par l'ONU, et cela sur les frontières de 1967, mais ne pas le proclamer unilatéralement. C'est un responsable du Fatha à Moscou Azzam Al-Amhad responsable du dossier de la réconciliation avec le Hamas au sein du Fatah, qui le 24 mai assure que la Russie y serait favorable. «Nous allons vers les Nations unies pour réclamer l’adhésion de l’État de Palestine et sa reconnaissance sur les frontières de 1967, mais nous ne considérons pas cela comme une action unilatérale», a-t-il indiqué.

    Quelles sont les concessions qu'Israël pourrait faire aux Palestiniens, d'après le site Al-Oufock, Nétenyahou serait près à l'abandon des terres bibliques aux yeux des juifs pour une paix avec les Palestiniens. «Je suis prêt à des compromis douloureux pour parvenir à cette paix historique. Il en va de ma responsabilité en tant que dirigeant d’Israël», a déclaré Netanyahu devant le Congrès américain, un discours rejeté aussitôt par les dirigeants palestiniens.
    «Ce n’est pas facile pour moi. Ce n’est pas facile parce que j’admets que, dans une paix véritable, il nous sera exigé d’abandonner des parties de la terre juive ancestrale», a-t-il dit, faisant allusion à la Cisjordanie, appelée Judée-Samarie par les juifs.
    Quand au problème des réfugiés Palestiniens de la guerre de 1948, ce problème devrait être résolu hors des frontières d’Israël.

    Devant ces prises de position catégoriques que peuvent espérer les Palestiniens ? La reconnaissance par l'ONU d'un État palestinien ne résoudra rien, ce ne peut être qu'un État virtuel, un État de papier. Nétenyahou pourrait-il faire d'autres concessions, peut être, mais pas celles exigées par les Palestiniens. Quels sont leurs possibilités, accepter ce qu'Israël est prêt à faire, ou conquérir pas la force armée les territoires qu'ils réclament, mais là c'est la guerre ! Alors, le mieux ne serait-il pas de mettre un peu d'eau dans son vin ?

    Selon RIANOVOSTI, les Palestiniens approuveraient la position d'Obama de considérer les frontières de 1967 comme base de négociation en règlement du conflit avec les Israéliens. C'est le secrétaire du Comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine OLP, Yasser Abel Rabbo qui déclare à l'issue d'une réunion avec les dirigeants Palestiniens à Ramallah que le futur État palestinien doit avoir une frontière commune avec la Jordanie, l’Égypte et Israël.

     

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