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municipales 2014 premier tour

  • Municipales 2014 le 1er tour du 23 mars,

    toute la politique attendait cette élection.

    La droite reste forte malgré les affaires.

    La gauche volatile est en danger.

    Le FN éclore

    Le président François Hollande a des problèmes

    Support Wikipedia À un peu moins de deux années de gestion gouvernementale socialiste, c'était le premier test national des forces politiques communales au niveau de plus de 36.000 communes françaises pour l'élection des conseillers municipaux, avec une nouveauté l'élection de conseillers communautaires au suffrage direct dans les communes de plus de 1.000 habitants. Ce test, fort attendu par l'opposition UMP et fort redouté par les socialistes, fut nationalisé par l'UMP, par suite de la cote de l'exécutif, 23 % d'opinions favorables pour le président de la République, dans l'espoir d'une revanche sur celles de 2008 ou elle prit une déculottée, rêvant qu'elle serait une sanction de la politique socialiste, qui, quand on y regarde bien, fut très proche de la politique que l'UMP pratiquait, c'est ce qui démobilisa l'électorat de gauche.

    Cet espoir fut exaucé sans difficulté, non pas par la cohérence politique des ténors de l'UMP qui se déchirent. L'opposition jouait sur du velours, les élections municipales sont toujours néfastes pour le parti aux affaires. Ce que d'ailleurs on peut analyser de la façon suivante, les élections municipales portent avant tout, pour de nombreux électeurs, sur la gestion communale et pour quelques uns sur la politique nationale ce qui les amènent à la sanctionner. Ce ne sont donc plus que des élections municipales, les résultats l'ont largement montré, de nombreuses villes bien à gauche, Lille, Lyon, ....ont des maires en ballotage certes, favorables, mais avec moins de voix qu'en 2008, bien que leur gestion soit proche de leurs administrés. C'est bien la politique de l'exécutif qui fut sanctionnée, malgré que ce sont des conseillers municipaux, puis des maires qui sont élus !

    La politisation de la société change sa nature qui est de distinguer ce qui est politique de ce qui ne l'est pas, mais est-ce la faute des électeurs alors que les maires se présentent sous l’étiquette de leur parti politique ? Pas certain que ce soit une bonne chose, une gestion communale ne doit pas être différente suivant la couleur politique des élus. Son rôle est de traiter tous ses administrés de façon égale, indépendamment de leur couleur politique.

    On est contraint à reconnaître que l'UMP a bien joué, en politisant les élections municipales qui, après quelques mois d'exercice d'un gouvernement nouvellement élu, offrent la possibilité d'une sanction par une partie des électeurs qui l'ont élu, mais c'est répondre à coté, car cela ne résout rien.

    Le chômage ne cesse de croître, 31.500 demandeurs d'emplois en février, ce n'était pas le moment d'affaiblir l'exécutif.

    L'électeur de droite ou de gauche ne fait pas de détail, bien que la politique municipale soit différente de la politique nationale qui est conditionnée par des contraintes budgétaires de déficit et de chômage ainsi que par la compétitivité des entreprises. Mais, cet électeur veut que sa commune soit l'émanation de son opinion politique indépendamment de la couleur qu'elle a, au moment du vote, même si elle fut bien gérée et cela, à des conséquences non négligeables sur la ville ou il vit. Les maires de gauche ont une approche bien plus sociale que ceux de droite envers leurs administrés, mais est-ce un argument ?

    Le plus paradoxal dans cette élection, est que les électeurs de gauche qui se sont abstenus donnent de la puissance à l'opposition politique par l'apport financier des postes de maires et de conseillers élus. En d'autres termes, l'abstention, qui fit le vote sanction est une sanction à eux-mêmes. Comme disait le général de Gaulle les français sont des veaux !

    Ce raisonnement colle bien avec le pourcentage d'abstentions qui est de 35,87 % source du ministère de l'intérieur pour 33,6 % en 2008, soit 2, 27 points de plus, (à noter que nous avons eu des estimations qui indiquaient 38,5 % et d'autres 35 %). À noter aussi que selon un sondage Ipsos/Steria pour radio France, que les abstentionnistes seraient plutôt jeunes, seulement 41 % de votants chez les 18-24 ans, plus de 76 % chez les plus de 60 ans, et marqués à gauche, 56 % de votants chez les sympathisants d'Europe Écologie-Les Verts. Pour l'UMP le vote aurait atteint plus de 76 %. Pas besoin que l'exécutif se décarcasse pour les emplois jeunes !

    Cela s'est traduit pour la gauche par 37,74 % de voix contre 46,54 % des voix pour la droite, alors qu'en 2008, 45, 1 % des voix étaient à gauche contre 40,8 % à droite. La gauche a perdu dans ce premier tour 7,36 % de ses électeurs et la droite en a gagné 5,74 %. On voit dans ces chiffres une montée moins élevée que la perte de l'électorat de gauche. Ils montrent, que si la gauche prend une déculottée de 7,36 %, la droite voit aussi une partie de ses électeurs qui se sont abstenus et d'autres qui sont passés au FN.

    L'extrême droite fait 4,65 % alors qu'en 2008 elle a fait 0,68 % des voix et l'extrême gauche 0,58 % pour 1,49 % des voix en 2008. La poussée du FN est de 4 points par rapport à 2008 tandis que pour l'extrême gauche, qui fut une composante de cette abstention, c'est aussi la chute.

    Il faut aussi considérer que la gauche était plus divisée que la droite, dans une ville comme Montreuil en Seine-Saint-Denis par exemple, au moins sept listes de gauche s'affrontaient, ce qui déboussole l'électeur. Même dans ma commune, il y avait cinq listes de gauche.

    La droite beaucoup plus unie n'avait que le FN comme principal adversaire à part quelques villes ou deux listes de droite s'affrontaient, mais c'était marginal.

    Au second tour, se forme à gauche des alliances, contre nature, ce que l'on peut déplorer, mais nécessité politique oblige pour réduire, sans trop y croire, une déroute. À droite, les alliances sont politiquement plus consensuelles.

    À Paris l'accord PS-ELLV est conclus, mais dans le 5ème arrondissement, la candidate Florence Berthout s'allie avec la liste dissidente de Dominique Tiberi qui rejoint NKM. Dans le 12ème arrondissement, l'UDI rejoint l'UMP. Dans le 18ème, l'UMP dissidente rejoint la gauche. Paris devient indécis, le duel sera serré.

    Les écologistes ont obtenus d'Anne Hidalgo 18 sièges de conseillés contre neuf actuellement. C'est moins qu'en 2001 mais plus qu'en 2008.

    À Marseille Patrick Mennucci et le Front de gauche s'accordent par secteurs. De plus l'accord PS, ELLV pourrait permettre qu'il finisse en tête dans au moins trois secteurs. Avec 46 % d'abstention l'accord arrive bien trop tard, ce n'est plus qu'un baroud d'honneur de la gauche qui ne vaincra pas le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin qui est a 20 points de son adversaire Patrick Mennucci. Le candidat du Front national, Stéphane Ravier, arrive en 2ème position avec 22% des voix. La honte pour les électeurs de gauche qui se sont abstenus.

    Le grand gagnant avec l'abstention qui ne fut jamais aussi forte et bien sur le FN, ce qui est logique, mais c'est marginal, 4,65 %, il partait de rien. Il fait partout de bons scores et il obtient un élu Steeve Briois dès le premier tour à Hénin-Beaumont, ville de plus de 10.000 habitants, avec 50, 26 % des suffrages, contre une gauche divisée avec quatre listes. Nous verrons bien si le FN est capable de réduire le chômage de cette ville ?

    Il fait aussi une percée dans sept autres villes, Perpignan avec Louis Alliot, Avignon avec Philippe Liottiaux, Forbach avec Florian Philipot, Béziers avec Robert Ménard, Fréjus avec David Rachline, Tarascon avec Valerie Laupies, Saint-Gilles avec Gilbert Collard. Il se présente comme une troisième force politique nationale. Sur les 585 listes présentées par le FN, 330 sont présentes au second tour soit 55,6 % de réussite, un record. En 1995, année faste où le FN avait gagné trois villes, il y avait eu 116 triangulaires.

    Que le FN soit présent sur le plan national, que la bi- polarisation politique fasse émerger une tri-polarisation politique c'est encore trop tôt mais cela permettra de voir ses capacités de gouvernance locales, qui furent catastrophiques lors des précédentes expériences, Toulon, Oranges, Vitrolles, Marignane.

    Sa poussée est due au vote des ouvriers, le nationalisme a toujours séduit la classe ouvrière. Les socialistes espéraient que l'UMP transvaserait vers le FN, c'est plutôt la gauche qui souffre dans le Sud-est et dans le Nord ou sont les taux de chômages les plus élevés. Les socialistes n'ont plus qu'un électorat de fonctionnaires d'employés et de cadres moyens.

    À droite, les caciques de l'UMP furent élus dans un fauteuil. Les affaires Copé, Buisson, les écoutes Sarkozy n'ont pas démobilisés leurs électeurs, la droite reste forte. Alain Juppé, Christian Jacob, Jean-François Copé, François Baroin, Patrick Balkany, ont ainsi été réélus dès le premier tour. Même constat pour Laurent Wauquiez, Eric Woerth, Xavier Bertrand, ou encore Hervé Mariton .

    Au centre, Hervé Morin, Yves Jégo, André Santini. Français Bayrou de retour dans son obédience d'origine est en ballotage favorable puisqu’il a recueilli 41% des suffrages lors du premier tour.

    À gauche, Michel Sapin, et à Tulles, Bernard Combes s’est imposé dès le premier tour. Benoît Hamon est arrivé largement en tête. Laurent Fabius dans le Grand-Quevilly élu avec 76 % des voix. En revanche, Guillaume Garot pourrait bien perdre Laval, où il avait pourtant été élu dès le premier tour en 2008, il est cette fois en troisième position sur la liste PS. À Metz, Aurélie Filipetti est numéro deux sur la liste PS, où le maire sortant est au coude-à-coude avec son adversaire de l’UMP. À Lille, Martine Aubry est en ballotage favorable avec près de 35% mais perd près de dix points par rapport à l’élection de 2008. À Lyon, Gérard Collomb fait aussi la course en tête avec près de 36% des voix et se trouve également en ballotage favorable. Ce sera plus difficile, mais pas impossible, pour Pierre Cohen à Toulouse, ce dernier a recueilli un peu plus de 32% des voix, soit près de six points de moins que son adversaire UMP.

    L'électorat de gauche ne soutient pas le gouvernement qu'il a élu, alors qu'il lui demande tout sans considérer le bilan laissé par la droite pendant 10 années ! Ce n'est pas en moins de deux années que l'on peut effacer le bilan de la droite.

    La puissance des ténors de la droite n'est plus à démontrer. La gauche ne s'est pas dégagée de ses démons, elle reste pour son extrême dans un conservatisme hors du temps. Il suffisait d'entendre Pierre Laurent à mots croisées le lundi 24 pour s'en rendre compte.

    On ne peut rien pronostiquer de définitif, mais le second tour devrait confirmer le premier. Quand à un virage de la politique de François Hollande la gauche se fait des illusions. Sa position est guidée par l'obligation d'un déficit de 3 % et d'une réduction de la dette, avec celle du nombre de chômeurs. François Hollande bien que, pris dans étau, ne changera pas. Sa parole est engagée. Par contre, il devrait s'expliquer franchement devant les Français pour montrer sa politique, cette élection l'oblige afin qu'il ne trompe à nouveau ceux qui, au second tour, ont essayés de limiter les dégâts. Le changement de gouvernement par un gouvernement resserré apportera du souffle, mais n'y changera rien, par contre, il faut qu'il soit plus politique, l'arrivée de Ségolène Royale serait une bonne chose avec d'autres. S'il change de premier ministre, ce que je ne lui conseille pas, ses difficultés ne viennent pas de lui, mais de sa politique. Son intervention ratée au soir des résultats était difficile après cette déculottée, et ceux qui tapent sur lui, sont des veaux. Quant à la gauche abstentionniste qu'elle fasse attention, le président peut très bien dissoudre l'Assemblée nationale, ce qui fit le général de Gaulle en renvoyant tous les mécontents dans leur foyer. Alors vive Sarkozy qui se retrouvera avec le chômage qu'il laissa.

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