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manuel vals

  • Manuel Valls un engagement personnel dans son discours de politique générale,

    une émotion forte quand il évoqua son destin d’immigré espagnol naturalisé et devenu premier ministre.

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    (Photo Patrick Kovarik. AFP), document Libération politique.

    Support Wikipedia On peut ne pas être en accord avec la politique du président de la République, puisqu'il fut sanctionné par les Français, c'est donc que pour ceux qui l'ont sanctionné, que le chômage ne serait pas leur principal souci, bien que le président veut le réduire par un allègement des charges aux entreprises, mais alors quoi ? Le nouveau premier ministre dans son discours de politique générale du 08 mars n'a donc rien compris puisqu'il continue la politique de son prédécesseur ! «Je le dis sans détour, nous avons besoin des entreprises, de toutes nos entreprises». «Entreprendre créer, prendre des risques, embaucher, c'est cette démarche positive que je veux encourager parce qu'elle fait du bien à notre pays». Une folie, on aurait pensé qu'avec une telle baffe, qu'il aurait proposé une autre politique puisque c'est ce qu'exprimèrent ces élections. Pas du tout, il enfonce le clou et récolte une confiance confortable de 306 voix contre 239, qui n'est pas un chèque en blanc, les écologistes, dans leur réponse, le lui ont signifié ! Ils sont fous ces députés !

    J'ai écouté son discours de vérité, comme il aima le dire, citant Pierre Mendes-France mais rendant, aussi, un hommage au travail accomplit par son prédécesseur en prenant souvent référence à la feuille de route du président.

    Son discours de 47 minutes fut un moment d'émotion lorsqu'il évoqua son cas d'immigré espagnol parvenu à cette haute fonction bien que n'étant pas né en France, mais seulement naturalisé, montrant ainsi la grandeur de la République et de la France.

    La France a cette même grandeur qu’elle avait dans mon regard d’enfant, la grandeur de Valmy, celle de 1848, la grandeur de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle, la grandeur du maquis. C’est pourquoi j’ai voulu devenir Français» ! Des trémolos dans sa voix qui ont du toucher de nombreux auditeurs.

    Mais, bien plus, parce qu'il montra qu'émigré avec ses parents, rien ne peut empêcher un citoyen de devenir, par sa volonté, le personnage le plus important après le président de la République. Quelle leçon à ceux qui désespèrent et qui attendent tout de l’État !

    «Trop de souffrance, pas assez d’espérance, telle est la situation de la France», c'est par ces mots qu'il commença. Mais la France n'est pas en désespérance comme on aime à le faire croire, ce qu'il y a c'est trop d'inégalités. C'est le problème qui exaspère les classes moyennes et ouvrières quand les riches deviennent toujours plus riches, voilà ce qu'il aurait dû clamer, en expliquant ce qu'il faut faire pour les réduire. Il n'a, malgré la valeur de ses propos, pas analysé le fond de cette désespérance dont il parle. Il aurait fait comprendre, à sa gauche, qu'il la comprend mais en faisant tout ce qu'il faut pour dégager de la richesse et des emplois.

    Nous avons eu des surprises à la fois sur l'écologie, l'école et les territoires ou il stupéfia les députés lorsqu'il annonça, outre la réduction par moitié du nombre de régions, affirmant qu'elles doivent disposer d'une taille critique en s'inspirant du rapport des sénateurs Yves Krattinger et Jean-Pierre Raffarin, avec la suppression des conseillés départementaux à l'horizon 2021, sans évoquer celle des départements, mais aussi l'objectif de fonder une nouvelle carte de vie d'intercommunalité pour le premier janvier 2017 avec une clarification des compétences et une réduction de 10 milliards de la donation aux territoires.

    De nombreux points restent à définir, ils touchent directement les citoyens, mais aussi, induiront de grandes difficultés avec une majorité volatile et une droite puissante. Un programme trop ambitieux dans la situation du pays. J'ai senti frémir les députés de l'opposition maintenant qu'elle est devenue majoritaire en villes et qu'elle va avoir à gérer, avec moins d'argent leurs communes, comme elle le fit pour la gauche lorsqu'elle réduisit aussi cette donation.

    Les majorités changent mais aussi les opinions suivant les circonstances politiques. J'ai trouvé la droite arrogante, irrespectueuse et la réponse de Christian Jacob lamentable pour un parti si prétentieux.

    On aurait pu penser, eu égard aux problèmes que posèrent les écologistes par leurs exigences dans la transition écologique, à leur comportement sur le conflit de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avec l'opposition Valls-Duflot, mais aussi le fait que le président fut forcé, par l'accord dans son dos, entre Martine Aubry et les Verts lors de la primaire socialiste, que le premier ministre n'entende pas conduire la transition écologique mais, il affirme que la loi sera présentée en juin pour être adoptée en fin d'année.

    «La transition énergétique sera l’une de mes priorités. C’est une formidable opportunité économique !», a-t-il déclaré !

    On a vu, sur les bancs de l'opposition grincer les dents puisque cette transition écologique implique, en premier, le démantèlement de la centrale de Fessenheim, confirmé par Ségolène Royal sur RTL et LCI et la réduction de 75 % à 50 % la part du nucléaire.

    Sur l'échotaxe, l'un des boulets de la droite, Manuel Valls ne s'est pas prononcé mais on sait que les Verts sont pour afin de financer cette transition écologique. Or, Ségolène Royal ne veut pas ajouter une taxe aux taxes pour les transports routiers, le problème n'est donc pas éclaircit, il pèsera sur ce gouvernement.

    Sur l'école, Manuel Valls exprima que les rythmes scolaires sont une bonne chose pour les enfants puisqu'ils ont accès à des activités périscolaires sportives et culturelles, complémentaires à l'enseignement des enseignants. 93 % des communes s'y sont engagées. Ce fut un cri de refus à droite alors que seulement quelques pour cent de communes de droite refusent de les appliquer. Mais, il veut en tenir compte et se propose d'assouplir le cadre règlementaire avec les enseignants, les parents et les élus.

    «Sans croissance pas de confiance, et sans confiance, pas de croissance», affirmant que nous avons besoin des entreprises, «les soutenir c'est faire de l'emploi, de l'investissement et de l'exportation», d’où son ouverture sur la pacte de responsabilité et de solidarité.

    Tout d'abord sur le coût du travail il s'engage pour les salaires au niveau du SMIC à supprimer les cotisations patronales à l'URSSAF, de plus, le barème entre le SMIC et 1,6 fois le SMIC sera modifié en conséquence. Le coût est estimé à 4,5 milliards. Mais aussi, il n'oublie pas les salariés payés au delà du SMIC jusqu'à 3 fois. Les cotisations familiales seront abaissées de 1,8 point au premier 2016, ce qui représente un allégement supplémentaire de près de 4,5 milliard. Et, pour la première fois, les travailleurs indépendants et les artisans ne sont pas oubliés puisqu'ils bénéficieront d'une baisse de 3 points de leurs cotisations famille dès 2015, soit un coût de 1,5 milliards d'euros. Sur ces trois postes le coût global est de 9,5 milliards d'euros entre 2015 et 2016.

    Compte tenu des engagements de Jean-Marc Ayrault sur le CICE qui devrait atteindre 20 milliards d'euros en 2015, le total de l'abaissement des charges aux entreprises sera de 29,5 milliards et non 30 milliards comme il le déclara.

    De plus, «pour relever l’investissement, le gouvernement agira aussi par la fiscalité». Manuel Valls entend supprimer en trois années la «contribution sociale de solidarité des sociétés, la C3S, payée par 300. 000 entreprises. C'est une contribution sociale due par les entreprises réalisant un chiffre d'affaire d'au moins 760.000 € hors taxes. Elle finance le régime de protection sociale des travailleurs indépendants, artisans, commerçants, exploitants agricoles, etc...Le taux est de 0,16 % du chiffre d'affaire. Elle sera entièrement supprimée en trois ans. Cela représente environ 6 milliards d’euros d'allègements supplémentaires, dont 1 milliard dès 2015. Le total s'élève à 35, 5 milliards d'allègement de charges pour les entreprises, auxquelles, il convient d'ajouter la suppression de la surtaxe de l'impôt sur le résultat des sociétés instauré par la mandature précédente, de sorte que le taux normal d'imposition sera abaissé à 28 % en 2020 avec une étape intermédiaire. Le coût de cet allègement de charges ne fut pas précisé.

    Le problème est qu'il ne définit pas comment il refinancera l'ensemble de ces allègements de charges ? Mais, le sait-il ?

    Le cadeau du gouvernement est aux salariés au SMIC dans le cadre du pacte de solidarité associé au pacte de responsabilité. Il portera sur un allègement de cotisations salariales au premier janvier 2015, donc pas d'augmentation des salaires et ne provoquera pas de réaction sur l'échelle des salaires. Agir sur le salaire net afin de donner à ces salariés un gain de 500 € par année, soit un demi treizième mois, est le but de ce pacte. Ce gain sera dégressif entre le SMIC et 1,3 SMIC. On ne peut s'empêcher de voir, dans ces allègements de charges l'influence des mesures prises par le président du Conseil Matteo Renzi en Italie.

    «Notre redressement passera aussi par notre indépendance financière», c'est à dire notre dette. Mais bien sur Monsieur le premier ministre, c'est le cœur du problème. Elle nous coûte 50 milliards par an en remboursements d’emprunts. C'est vrai que sous les dix années de droite, la dette s'est accrue de 600 milliards d'euros et je ne pense pas qu'elle soit comme vous l'avez dit, une responsabilité collective. Il y a des proportions qui ne sont pas les mêmes dont il convenait de préciser. C'est vrai aussi que le déficit structurel de 5,2 % du PIB fut ramené par Jean-Marc Ayrault à 4,3 % du PIB et qu'il convient de poursuivre.

    Donc, vous vous engagez à 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans de 2015 à 2017, avec un effort partagé par tous !

    «L’État et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros. 10 milliards proviendront de l’assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales. Le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations».

    Monsieur le premier ministre, vous n'avez pas dit toute la vérité, vous avez dit celle que vous pouviez dire. Le compte de tout ce que vous avez promis fait 85,5 milliards d'euros, c'est un trou énorme dans nos finances, comment comptez-vous le combler ? Nul ne doute que votre volonté de bien faire est évidente, mais, vous n'en avez pas les moyens. Vous avez donné une illusion, c'est déjà beaucoup, mais les réalités arrivent très vite. Vous espérez que l'embauche de chômeurs apportera ce qui manque, mais le patronat n'embauche que s'il a des commandes, et elles arrivent toujours avec un délai de carence, qui sera préjudiciable.

    Le discours du premier ministre.

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