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manuel valls

  • Beaucoup fut fait, mais beaucoup reste à faire Monsieur le premier ministre,

    en moins de trois années si vous tenez jusque là ?

    Support Wikipedia Le gouvernement Ayrault-Hollande qui a succédé à celui de Fillon-Sakozy, ne rencontra pas les mêmes difficultés que la succession Sarkozy-Chirac, qui eut une même continuité politique. Hollande-Ayrault se devaient d'appliquer une politique sociale démocrate, conformément à leur conviction, qui fut axée contre le chômage par leur boite à outils. Ils ont espéré, devant l’hécatombe des suppressions d'emplois, rappelez-vous Citroën Aulnay, Good Year et bien d'autres, qu'elle pouvait inverser la courbe du chômage qui, logiquement de lui-même ne pouvait que ralentir. Il n'en fut rien même si, pour les jeunes, la courbe s'inversa. C'était sans compter sur les séniors qui furent licenciés, sans égard à la charge de la société, comme le montre le graphique ci-dessous.

    Chomage-50-ans

    Les entreprises profitèrent de cette période de transition pour dégager leurs «vieux», ce qu'elles n'auraient pas fait avec Sarkozy en place. L'alternance leur fut propice d'autant plus que François Hollande fut confronté à une impopularité jamais atteinte, ce qui forcément le diminuait, alors pourquoi se gêner ! François Hollande ne pouvait faire d'emblée un pacte de responsabilité de réduction des charges aux entreprises et son action porta sur cette boite à outils qui, après plus de 22 mois de gouvernement Ayrault, montra son impuissance, le chômage ne s'inversa pas. Ce manque de résultat fut sanctionné par une partie de son électorat de la manière que l'on sait. La boite à outils mesure de gauche critiquée par la droite, ne fut pas prisée dans les entreprises privées qui réclamaient de la flexibilité et François Hollande fit, début 2013, un accord pour plus de flexibilité-sécurité pour les entreprises et les salariés, pièce maîtresse de la flexibilité réclamée par le patronat. En cas de «graves difficultés conjoncturelles», les entreprises peuvent imposer à tous les salariés une baisse momentanée des salaires, jusqu'au SMIC et une modulation de la durée du travail en plus ou en moins d'heures travaillées pendant une durée de deux ans au maximum. Cela ne réduisit pas le chômage qui continua à croître, bien que cette mesure offre la flexibilité réclamée depuis longtemps. Le patronna fit la politique de la droite pendant que la gauche de la gauche tapait sur le gouvernement !

    À cela, le gouvernement Ayrault et le Parlement socialiste menèrent une série de mesures pour la sécurité, l'emploi et la société dont les principales sont présentées ci-dessous.

    Un redressement budgétaire continu de 4,8 % de déficit en 2012 à 4,3 en 2013, mais l'objectif des 3 % en 2015 ne sera pas atteint.

    Le 16 août 2012 le gouvernement annonce la création à partir de 2013 de 500 postes de policiers et de gendarmes chaque année

    Le CICE, Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi qui conditionne une baise de 6 % des charges pour les entreprises sur la base de leur masse salariale, mis en vigueur début 2013 pour les impôts 2014, coût 20 milliards d'euros. Il permet jusqu'à 1.700 € d'économie par salariés en 2013.

    En mars 2013 le parlement adopte l'article premier du projet de loi sur la refondation de l'école, celui-ci définit les grandes orientations du texte et programme la création de 60.000 postes durant le quinquennat,

    En mai 2013 le gouvernement officialise le mariage pour tous par la loi n° 2013-404 du 17 mai 2013.

    En septembre 2013, le gouvernement lance 34 plans de reconquête industrielle associant industrie privée et investissements publics.

    En décembre 2013 le gouvernement annonce la création de 16 zones de sécurité prioritaires portant leur nombre à 80.

    Revalorisation du RSA de 1,3 % le premier janvier 2014

    Projet de loi sur l'égalité hommes femmes adopté en janvier 2014 par l'Assemblée nationale.

    Début janvier 2014 port obligatoire du matricule pour les forces de l'ordre.

    Le 21 janvier 2014, la loi concernant la réforme des retraites publiée au Journal officiel.

    Le 04 février lancement du troisième plan cancer

    En février 2014 la loi sur le non cumul des mandats validée par les Sages pour une application à partir de 2017.

    IVG et contraception remboursés à 100 % pour toutes les femmes et les jeunes filles de 15 à 18 ans à partir du 31 mars 2014.

    On ne peut nier l'importance du travail fait par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et la majorité socialiste en si peu de temps.

    Et maintenant le pacte de responsabilité et de solidarité que le premier ministre Manuel Valls est chargé de mettre en œuvre dans un contexte socialiste déplorable. Outre ces deux dossiers, il doit retourner la situation électorale pour les européennes. Il est donc attendu par les Français.

    Il a un discours de droite comme dit Copé reste à voir si sa politique sera comprise à gauche ? Installé à Matignon dans l'ancien bureau du président du Conseil du front populaire, il se sent chez lui, ayant fréquenté Matignon depuis plus de 20 années. La confiance lui sera accordée, elle ne fut jamais refusée à un premier ministre. Ne faut-il pas lui laisser le temps de montrer sa valeur par la cohésion de son gouvernement mais aussi par la réussite de sa politique, qui se présente difficile. Il aura à convaincre une fronde de 90 parlementaires socialistes notamment l'aile gauche du parti, menée par Martine Aubry pour une inflexion à gauche, un front qui se dresse contre la ligne Hollande.

    Un texte intitulé «les conditions de la confiance» fut signé par 86 parlementaires. Ce texte préconise de mettre fin à la politique européenne d'austérité qui a enfoncé l'Europe dans la récession. C'est un bras de fer qui s'annonce aussi contre la commission, mettant François Hollande en situation difficile puisqu'il s'est engagé à une réduction des déficits et de 50 milliards sur les dépenses et les charges aux entreprises, que devra soutenir Manuel Valls devant cette commission. La mise en ouvre du pacte de responsabilité en dépend. On mesure, dès à présent, la fronde socialiste qui devrait convaincre, un peu plus, que la gauche ne peut gouverner dans une situation de crise.

    La dissolution de l'Assemblée nationale comme je l'ai écrit, aurait répondu à ce problème, laisser faire la droite et attendre !

    Les Verts et cette fronde risquent de stopper Manuel Valls dans son élan, s'ils venaient à ne voter que les lois qui seraient en faveur des augmentations de salaires pour les salariés les plus modestes, en passant sous silence les répercussions dans l'échelle des autres salaires. Manuel Valls devra donc jouer serré. Les députés frondeurs demandent, en outre, d'intensifier le redressement productif et la création d'un pacte national d'investissements négocié jusqu'au niveau des entreprises, aux mesures plus couteuses du pacte de responsabilité. En fait, rien concernant la réduction des charges des entreprises, ce qui importe le plus pour François Hollande pour la réduction rapide du chômage.

    Vas-t-on vers une scission des socialistes en deux, ceux plus à droite vers le centre et ceux plus à gauche vers le Front de gauche. Si les élections européennes sont catastrophiques pour le PS on peut le craindre. La transformation de l'échiquier politique commence avec le retrait de Jean-Louis Borloo de la politique pour une force centrale de gauche et de droite, les intérêts sont finalement plus proches entre eux que la droite socialiste avec sa gauche.

    c4nlogo

  • Un gouvernement hollandais-valls, plus politique mais,

    plus arasé que rénové fait de ministres permutés.

    François Hollande à Valls faites du Valls.

    Support Wikipedia Il faut aller vite, le temps presse, il ne reste que 2,5 années pour avoir des résultats avant la présidentielle, alors Valls faites du Valls ! Un cri obligé, après avoir longtemps hésité, devant le désastre dont-il pouvait sortir par le haut en dissolvant l'Assemblée nationale, comme je l'ai écrit et que personne ne releva. Miser sur Valls pourquoi faire ? Un nouveau gouvernement, c'est peut-être en tirer un profit s'il réussit, puisqu'il garde la main. S'il échoue, c'est aussi un adversaire sérieux en moins pour 2017, c'est aussi un bon calcul.

    Dans ce Valls gouvernement, il y a deux nouveaux Ségolène Royal et François Rebsamen, tous les autres sont les mêmes. Plus politique, des expérimentés c'est mieux, moins épars ce qui revient à resserrer, c'est plus exact, mais dans la continuité du précédent hollandais dont la base Voltaire, Michel Sapin se confirme avec l'apport Ségolène Royal, des incontournables aussi avec Stéphane le Foll, Jean-Yves-le-Drian, Laurent Fabius, un normal sup et agrégé, deux universitaires, puis des normaliens Marisol Touraine et Aurélie Filipetti, des indispensables pour la gauche, trois universitaires Christine Taubira, Benoît Hamon, Arnault Montebourg, puis trois fidèles universitaires qui feront bien leur boulot, Najat Valaud-Belkacem, Marilyse Lebranchu, Bernard Cazeneuve, plus le nouveau et ami François Rebsamen universitaire aussi. Donc pas de grandes pointures, HEC, ENA, l' X, qui viendraient perturber le président. Mais le Droit prime François Rebsamen, George Pau-Langevin, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Sylvia Pinel, ainsi que l'Institut des sciences politiques Arnaud Montebourg et Najat Vallaud-Belkacem à Sciences Po Paris et Bernard Cazeneuve à Sciences Po Bordeaux.

    Le moins glorieux, Manuel Valls, universitaire Paris 1 Panthéon-Sorbonne, licence de droit, mais Tobiac ou il connut Alain Bauer. Cultivé par son père peintre dans un milieu politique d'intellectuels, il apprit, dès son enfance la politique, n'est-ce pas la meilleure formation ? Pas besoin de grands diplômes mais du bagout, de la répartie, du discours et de l'analyse avec du caractère, mais aussi de la chance.

    Finalement ce gouvernement Valls apparait très équilibré, sans Verts qui ont refusés un poste qu'ils ne retrouveront jamais avec l'engagement d'une part de proportionnelle, mais aussi une gauche qu'il a voulu forte et des sociaux démocrates. On disait, la presse, que Valls aurait imprimé sa marque, les journalistes cherchent toujours pour vendre, mais en fait rien, sinon un long entretien avec le président d’où sortit de leur chapeau Bernard Cazeneuve à l'intérieur. Un homme de bureau à gauche, rien de Sarkozy ou de Valls, dans un poste de combat avec le syndicat Alliance police nationale bien à droite, ce n'est pas du gâteau, mais attendons. De même Montebourg à l'économie qui devrait secouer la fourmilière de Bruxelles sur le déficit. Un bien, peut être, Sapin veillera ? Mais aussi sous le même toit, le couple Sapin-Montebourg, un sage avec un dépensier, l'affaire Arcelor Mittal devrait vous rappeler une nationalisation qui ne se fit pas. Grosse question aussi sur le commerce extérieur entre Bercy et le Quai d'Orsay, mais Fabius est un poids lourd, Valls a tranché, c'est Fabius. Hamon, ancien patron des jeunes socialistes proche des syndicats étudiants, à l’Éducation nationale aura fort à faire après le désordre Peillon avec les rythmes scolaires. Benoît Hamon, l'obscur qui ne m'a paru à la hauteur lire, # ONPC du 08/02/14 en retard d'un métro de l'actualité politiques.

    On reconnait la maitrise Hollande aux postes clés donc pas trop de Valls, mais des couacs possibles, attention à Ségolène Royal, il faut bien qu'une équipe prenne ses marques.

    François Hollande laissera manœuvrer Manuel Valls, échaudé par l'expérience Jean-Marc Ayrault avec un gouvernement pléthorique, difficile à maitriser. Jean-Marc Ayrault lui a montré ce qu'il ne fallait pas, court-circuiter son premier ministre.

    Au Conseil des ministres il devrait y avoir des échanges, on peut compter sur Ségolène qui connait bien les points faibles du père de ses enfants. Elle devrait le débloquer pour qu'il se définisse. Il faut compter avec elle pour se frotter à Manuel, c'est que l'on doit craindre le plus. Son coup sur l'échotaxe avant le premier conseil des ministres, incorrigible. Qu'elle ait envie de faire, éloignée depuis longtemps des décisions gouvernementales, c'est compréhensible, mais attention. Cet exécutif comprend trois politiques de la primaire socialiste, c'est dire, pour deux d'entre eux la prétention qui les anime.

    Lors de la passation de pouvoirs avec Jean-Marc Ayrault, ou il reconnu le travail fait par lui et les conditions difficiles qu'il eut à affronter, Valls n'hésita pas à s'engager à «faire encore plus et plus vite». Plus direct on ne peut dire, il ne montra pas de sentiment. Un peu dur pour Jean-Marc Ayrault qui eut tout à affronter.

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    Jean-Marc Ayrault éconduit regarde avec amertume la jeunesse de son vainqueur dans la cour de Matignon. La lutte pour le pouvoir, dénuée de sentiment, est cruelle mais la défaite fut telle que le président fit ce choix. Document Jean-Claude Coutausse/French-politics pour Le Monde.fr .

    Ce ne fut pas sans bataille que Jean-Marc Ayrault donna sa démission. Deux heures de discussion avec son camarade de chaise à l'Assemblée nationale ne suffirent pas à le dissuader de prolonger son expérience. Cette fois, il avait dit ce qu'il voulait, ce qui le changeait de son obéissance à son égard. Mais le président resta muet sur ses intentions, comme à son habitude indécis, n' ayant pas encore tranché, mais penchant pour son départ. Il reçoit Valls pour encore discuter. Ce n'est qu'en milieu d'après-midi que le chef de l’État téléphona à Jean-Marc Ayrault pour lui demander sa démission. Cela fut douloureux pour François Hollande, bien qu' il avait acté depuis longtemps le remplacement de son ami, mais il n'arrivait pas à le faire, sachant que la responsabilité de la déroute, c'était lui ! Jean-Marc Ayrault le savait, la baffe était trop forte. Selon son entourage, «Ayrault accepta sans problème, c'est la règle de la Vème République, même s'il part avec un goût d'inachevé», confia un proche du premier ministre, Le Monde.fr. L'enfer de Matignon de Raphaëlle Bacque, Albin Michel, avait encore frappé.

    Jean-Marc Ayrault n'avait pas d'ambition pour la rue Saint-Honoré, il était d'une parfaite loyauté. Manuel Valls interrogé sur TF1 déclara, continuité, loyauté, «nous sommes tous des hollandais», ce qui ne signifie pas qu'il puisse ne pas avoir des prétentions.

    Jean-Marc Ayrault accepta une politique impopulaire, les élections l'ont montrée, en sera-t-il également avec Manuel Valls ? Oui, puisse qu'il s'engage à appliquer la feuille de route définie par le président,

    «le président souhaitait répondre aux messages des Français, un message de déception, de colère, de crainte vis-à-vis de l'avenir ; nous parlons aux Français qui connaissent le chômage, le surendettement. En deux jours, nous avons composé le gouvernement sans doute le plus resserré, le plus compact, un gouvernement de combat décidé au service des Français pour répondre à leur message».

    Le risque d'être encore sanctionné est donc réel, mais dans ce cas il ne restera plus de socialistes ! Les électeurs iront-ils jusque là ? Nous le sauront bientôt. Si Valls réussit, il le devra à Jean-Marc Ayrault.

    Valls sur TF1 expliqua, à la question concernant son équipe qui est la même à deux ministres près, «changer d'entraineur c'est important», «important pour permettre de mieux jouer de manière collective. Il y a une rupture, pas une révolution, dans bien des domaines, nous allons continuer le travail de Jean-Marc Ayrault, à qui je souhaite rendre hommage». Le président à la légitimité pour fixer la politique de la France, c'est lui qui fixe le cap et «c'est ensemble de manière efficace que nous l'avons composé».

    Réaffirmant qu'il est de gauche,«mon ambition pour la France est qu'elle réussisse, que les Français vivent mieux. Il y a de la division, du pessimisme, de la morosité, il y a beaucoup de difficultés, elles sont incontestables, mais il y aussi beaucoup d'atouts».

    En fait, dans le cap du président rien ne fut changé, a-t-il écouté le message qui lui fut envoyé ? Oui, par la baisse des cotisations salariées mais en 2017, oui, par un pacte de solidarité qui est à faire mais sans argent ! Les difficultés sont donc les mêmes, les premiers ministres changent mais rien ne change !

    Le président à fait le choix de répondre aux conditions de la Commission européenne, pour lesquelles il va demander une rallonge d'une année pour l'objectif des 3 % de déficit, plutôt qu'à celles des Français qui l'ont sanctionné. Il est pris dans un étau. La Commission ne lui accordera pas de sursit, les autres pays plus atteints que nous par la crise sont parvenus à cet objectif.

    Déjà la cote de Valls baisse, il n'a plus que 40 % de Français qui lui vont confiance, tandis qu'à droite les ténors font un carton. Alors, Valls faites une politique de droite et cassez le social !

    c4nlogo

  • Municipales second tour, la solution Valls,

    pour ne pas dissoudre l'Assemblée nationale.

    Manuel Valls, la dernière chance du président pour faire le pacte de responsabilité et le nouveau de solidarité ?

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    Manuel Valls à l'Assemblée nationale répondant à Claude Goasguen.

    Support Wikipedia Quand on subit un tel revers, pour ne pas dire une blessure, on ne cherche pas à remanier comme un vague espoir de sauver son quinquennat, mais qui ne l'est pas. La politique sanctionnée par les ouvriers qui se sentent abandonnés et les classes moyennes étranglées, n'est que celle du président. Elle fut appliquée à la lettre par Jean-Marc Ayrault qui lui était fidèle. Fidèle au point d'être le fusible d'une politique de gauche, habituel, dit-on, mais injuste. Il aurait vidé son cœur à qui vous pensez selon le Canard enchaîné, page 2. La politique de la boite à outils, qui devait inverser la courbe du chômage n'a pas suffit. Elle reste une mesure de gauche qui sera donc complétée par le pacte de responsabilité une autre manière de réduire le chômage par celle des charges des entreprises. C'est deux mesures, une gauche et une de droite.

    Ce ne sont pas les couacs, les discordes entre ministres, le mensonge de Christiane Taubira qui n'en était pas un, la sécurité qui est impossible à juguler dans un état de crise, les annonces non tenues du président sur le chômage qui décrédibilisent la confiance, parce que tout le monde sait bien que ce gouvernement, inhomogène, novice, lourd, après 10 années de droite, que la situation récoltée était catastrophique. Le président prétend l'avoir connue, pour ne pas être accusé d'ignorance, ce qui ne change rien au fait. En 2013, 263 fermetures de site industriels furent annoncés presque autant qu'en 2012 ! Connaissait-il cela ?

    Ce sont les impôts et le chômage qui ont fait ce désastre socialiste qui frise une abstention moyenne de 37, 5 % sur les deux tours. Mais aussi l'incapacité des gouvernements précédents à porter une crédibilité, ce qui provoque un rejet des politiques des deux partis majoritaires, même si la droite reste soudée quelques soient les affaires. A droite, les affaires furent mobilisatrices.

    La gauche ouvrière s'est tuée, jamais une droite n'est revenue aussi forte après avoir été battue il y a 21 mois. Le socialisme municipal, fonctionnaires ouvriers, sa racine volatilisée, l'édifice s'écroule.

    Se sanctionner par un non vote, alors que la droite ne fit rien pendant dix années, c'est voter contre soi. Quelle baffe à vous retourner la tête. En charge, la droite appliquerait une politique encore plus austère, il suffisait d'écouter François Fillon au journal de 20 heures sur la 2. La sanction socialiste, remit la droite prétentieuse en ligne, alors pourquoi voter, puisque rien ne change ?

    On sait bien qu'en 21 mois, aucun gouvernement ne peut réparer la faillite de notre industrie, son incompétitivité est catastrophique, notre commerce extérieur est au fond du fond. L'abstention importante du second tour de 38,5 % confirma celle du premier à 35, 87 %, elle peut être analysée de la façon suivante.

    Tout d'abord au niveau local, de nombreuses municipalités de gauche, ont augmenté leurs impôts pour compenser les réductions des donations aux collectivités territoriales, mises en place par le gouvernement précédent. Ils sont devenus plus lourds que ceux sur leur revenu. Les communes de gauche, surtout communistes, au lieu de faire des économies ont conservé leur charge de personnel et se sont endettées. Le gel du barème de l'impôt sur le revenu par la précédente majorité fit que les tranches inférieures payèrent des impôts pour la première fois, puisqu' ils furent prélevés l'année suivante. Les socialistes eurent à subir le mécontentement de ses salariés. À cela, si vous ajoutez la suppression des heures supplémentaires défiscalisées vous avez un ensemble qui fit la sanction des classes moyennes et ouvrières. Un Front national démagogique en embuscade, anti européen et vous avez tous les ingrédients d'un tsunami.

    L'éclosion du FN qui était, déjà latente, à l'élection présidentielle trouva un terrain favorable. 12 villes furent emportées par lui, Béziers, Beaucaire, le 7ème secteur de Marseille, Fréjus, Le Luc, Cogolin, Camaret-sur-Aigues, Le Pontet, Henin-Beamont, Hayange, Villers-Cotterets, Nantes-la-Jolie, auxquels il faut compter 1.525 conseillers municipaux. L'électorat populaire, la base de l'électorat socialiste et communiste fut son pourvoyeur. Une situation impossible à retourner en moins d'une décennie de gestion municipale, c'est cuit.

    Nous avons vu, lors du débat de l'opposition-majorité sur France 2 pendant que les résultats s'affichaient sous les yeux des invités qu'il y avait incompatibilité de vues entre les écologiques et les socialistes. C'était criant ! Comment peut-on continuer à gouverner avec Cécile Dufflot qui montra une telle indifférence ? Cela choqua la droite, qui se voulait modeste et en fit la remarque.

    Que devait faire le président d'autre que de dissoudre l'Assemblée nationale pour sortir par le haut de ce désastre ? Toute autre solution ne peut que l'affaiblir devant ses partenaires. Choisir Manuel Valls comme premier ministre ultime possibilité parce qu'il est la personnalité de gauche la plus appréciée des Français, mais surtout à droite, est un pari risqué.

    Dans un tel désastre, 155 villes passent de gauche à droite, on laisse aux vainqueurs la gestion du pays et puis on attend pour voir. Que ce ne soit pas réjouissant, c'est évident, mais c'est démocratique et honorifique. Faire accepter, à ceux qui se sont abstenus, une réduction de 50 milliards des dépenses pour financer un pacte de responsabilité mais aussi de solidarité, ils ne peuvent y souscrire, ils ont déjà payés.

    Que le président ait tout fait pour réussir, on peut le contester, mais ce sont les Français qui jugent et pas moi. François Hollande un rêveur, je commence à le croire, remanier avec des antagonismes si marqués tient du poker, même si Pascal Canfin, Cecile Dufflot ont confirmés qu'ils «n'entendaient pas participer» au nouveau gouvernement dirigé par Manuel Valls, leur avenir politique est en jeu dirent-ils.

    Manuel Valls ne peut ne pas avoir des Verts à son gouvernement, compte tenu de leurs résultats nationaux, mais il devra se passer d'eux même après leur avoir proposé l'écologie, le logement et le transport. Le bureau politique des Verts refusa cette offre «malgré les propositions faites par Manuel Valls, conditions en l'état ne sont pas réunies pour une participation». C'est l'orientation du président sur le pacte de responsabilité qu'ils ne veulent plus cautionner, alors qu'avant le désastre, ils étaient au gouvernement. Le pacte n'a plus de vers !

    Les choses sont claires, Cécile Dufflot pourra aisément soutenir les glandeurs qui ont saccagé la ville de Nantes dans la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils seront dans l'opposition et soutiendront les projets pour lesquels l'écologie sera au rendez-vous et s'opposeront dans le cas contraire.

    À cela, il faut de tenir compte des sensibilités socialistes qui ne sont pas toutes cohérentes et de la parité hommes femmes, pas aisé. Il y aura des couacs et autres désagréments, même si le gouvernement est resserré autour d'un chef à poigne, de combat dit-on, mais qui manque de diplomatie. C'est un gros risque. Si Manuel Valls se grille, le président se grille aussi.

    François Hollande ne veut changer de politique, son allocution télévisée du 31 mars l'a montré, il est tenu à des engagements, il n'a donc aucune chance de retourner l'opinion, même s'il venait à réussir l'inversion de la courbe du chômage. D'autres élections vont avoir lieu, les européennes le 25 mai, les régionales et départementales en 2015, autant de défaites qui s'ajouteront avant la présidentielle de 2017. Il lui faudra tenir !

    Faire une dissolution de l'Assemblée nationale, lui aurait permit de mettre la droite aux affaires, de la laisser avec son caca de l'écotaxe et d'attendre la réaction des bonnets rouges. De Gaulle l'aurait fait !

    Les socialistes n'ont plus d'électorat de base, c'est une perte d'au moins 20 % d'électeurs. Des villes de la Seine-Saint-Denis à gauche depuis des décennies sont passées à droite. Plusieurs bastions communistes comme Bobigny, 49, 3 % d'abstention passa à l'UDI avec 53,41 % des voix après 94 années de gestion communiste. À Saint-Ouen 44, 79 % d'abstention autre bastion communiste vira à droite, c'est le candidat divers droites qui l'emporta avec 53,17 % des voix, devant la maire sortante, Jacqueline Rouillon. Au Blanc-Mesnil 43, 41 % d'abstention Didier Mignot communiste fut battu par l'UMP Thierry Meignen, élu avec 50,76 % des voix après 83 ans de communisme. Le Blanc -Mesnil est le fief de Maire-Goerges Buffet ancienne secrétaire général de parti communiste. À Bagnolet 49, 93 % d'abstention c'est le socialiste Tony Di Martino, 35,56 % des voix qui l'emporta, à l'issue d'une quadrangulaire, devançant Laurent Jamet communiste après une gestion communiste depuis 1928. Mais c'est à Villejuif, ville de Georges Marchais, qu'est la plus douloureuse défaite communiste depuis 1925, 45, 23 % d'abstention tomba à Franck Le Bohellec, UMP, avec 48,70 % des suffrages, face à Claudine Cordillot, maire depuis 1999. Dans ces forteresses communistes, les habitants votaient de moins en moins découragés de constater cette dictature démocratique. À Montreuil bastion communiste c'est la liste contre nature entre le Front de gauche Patrice Bessac, EELV et le PS qui l'emporta avec 37, 06 % devançant Jean-Pierre Brard divers gauches avec une abstention 46,98 %.

    A Aulnays-sous-Bois, la ville socialiste passa à droite avec 60, 7 % contre 39, 3 % avec une abstention de 43,43 %. À Limoges bastion socialiste depuis 1912 passa à droite pour 45, 07 % des voix avec une abstention 35, 79 %. À Roubaix ville socialiste de 94.186 habitants passa à droite avec 34,84 % des voix contre 33,18 % avec une abstention de 56,59 %. C'est bien la base socialiste et communiste qui fit monter le FN et la droite !

    Au niveau national, l'abstention au second tour atteint 38,5 % pour 36, 34 % au premier tour. Le non vote est bien une sanction dont il faut analyser l'importance. Bien que ce sont des élections municipales, la dimension nationale fut largement présente dans les grandes villes, Marseille, Lyon, Toulouse, mais aussi à Lille, Strasbourg, Montpellier, moins à Paris par suite d'un scrutin d'arrondissements.

    La presse européenne est septique quant à la nomination de Manuel Valls. En Allemagne, la Süddeutsche Zeitung, centre gauche, estime que «les effets de ce remaniement feront long feu». «Les problèmes demeurent, le président doit trouver une stratégie pour ranimer l'économie, redresser les finances, soulager les citoyens et empêcher une fronde au sein de son parti», explique-t-il.

    Au Royaume-Uni, Le Times, «Hollande en difficultés nomme un dur au poste de premier ministre».

    En Italie, le quotidien des milieux économiques, Il Sole 24 Ore, présente Manuel Valls comme «le socialiste qui fait un carton chez les électeurs de droite». Appelé à «sauver la gauche française», durant ces deux dernières années, il s'est fait une réputation de dur, «il ne plaît pas à l'extrême gauche, qui a souvent demandé sa tête». La Stampa, le quotidien de Turin, estime qu'il s'agit là «d'un choix hasardeux, que d'aucuns qualifient déjà de «cohabitation» entre le président et son premier ministre, tant les deux hommes semblent différents et incompatibles», tirés du Monde.fr.

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