Avertir le modérateur

liban

  • Le Liban, suite 9,

    un petit territoire mais une grande histoire.

    Dans l'article 4 le Chiisme n'a été qu'esquissé pour un aperçu, bien qu'il représente 90 % des Iraniens. Cela conduit, à son égard, à se poser la question de son hégémonie, par suite de la nucléarisation de l'Iran, devenant ainsi une des puissances mondiales islamiques potentiellement capable de s'imposer sur la scène internationale en soutien au pays du golfe Méditerranéen. On ne peut détacher l'influence Chiite du Moyen-Orient et en particulier du Liban ou le Hezbollah d'obédience Chiite est implanté. Certes l'Iran n'est pas encore possesseur de l'arme absolue, mais ne fait-il pas tout pour les prochaines années  ?

    La géopolitique sur l'hégémonie Chiite,

     

    document-le-figaro-fr-5f7ac582-ac87-11df-9f9e-1e1b8095febd.1282462161.jpgDocument Le Figaro.fr .

    Le samedi 21/08/10, l'Iran a lancé avec l'appui technologique de la Russie, sa première centrale nucléaire de Bouchehr pour applications civiles, sous le contrôle de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique AIEA, près du golf Persique, au terme d'un feuilleton qui aura duré plus de 30 années, la proximité du golfe s'explique par ce qu'il apporte une source froide efficace au fonctionnement du cycle thermodynamique des turbines. De plus, l'Iran vient de lancer un drôme à long rayon d'action le «karrar» présenté comme une réponse aux agresseurs de la république islamique.

    C'est donc dans un climat de tensions et de sanctions internationales occidentales proférées par le Conseil de sécurité que l'Iran est passé outre. Ce point est important sur la scène internationale et certainement très apprécié des pays islamiques qui ont besoin d'un leader que l'Égypte ne fait plus depuis bien longtemps étant à la solde des États-Unis. Israël crie, jugeant totalement inacceptable le chargement des barres d'uranium enrichi et réclame encore plus de sanctions, ce qui le discrédite encore plus aux yeux de la communauté internationale sachant qu'il possède l'arme fatale depuis longtemps. Les menaces qu'il proférait de bombardements de sites d'enrichissement ciblés, fort de son aviation et de la technologie Américaine, risquent de ne pouvoir être engagées sans un risque de contamination nucléaire de toute la zone proche Orientale. Pour l'équilibre de la région Méditerranéenne dominée par Israël avec l'appui logistique de l'Italie aux Américains, voire mon article «L'Italie base Etanusienne en Méditerranée», il fallait l'amorce d'un leader capable non pas de déclarer un conflit mondial mais seulement d'accroître par son influence le respect d'Israël aux Palestiniens. Pour une paix équitable entre Israël et les Palestiniens il faut que les deux parties soient égales ce qui est loin d'être le cas, Israël tant trop largement soutenu par les Américains. Mahmoud Abbas est accusé de brader la Palestine aux Juifs, il est largement désavoué par le Hamas, mais que reste-t-il de la Palestine aujourd'hui ?

    Avec la Syrie dont l'idéologie est fondée sur deux piliers, le socialisme ba'athiste et sur des liens avec la communauté musulmane Alaouite, une branche du Chiisme, le Hezbollah Chiite et le Hamas qui se veut nationaliste mais soutenu par Téhéran. Les Chiites sont donc bien implantés sur l'autre rive de la Méditerranée. Plus à l'Ouest en Égypte les Chiites sont marginaux ne représentant que de l'ordre de 1% de la population musulmane du pays qui serait quant à elle 90 % des 73 millions d'Égyptiens. Or, l'Iran et l'Égypte qui ont déjà des relations tendues se sont encore dégradées à la suite de l'arrestation de 49 personnes accusées d'être affiliées au Hezbollah. Et le Caire accuse Téhéran de l'instrumentaliser. Or, dans un entretien accordé au site arabophone alarabiya.net Al-Darini Sunnite, converti au Chiisme, affirme que «le grand nombre de Chiites aujourd'hui est le résultat de conversions de Sunnites au Chiisme. Cela est dû à l'information, aux nouvelles technologies et à la révolution Internet, mais aussi à la résistance de l'Iran à l'impérialisme Américano-sioniste et aux nombreux ouvrages qui inondent Égypte et aux activités du Conseil suprême pour la protection des Ahl al-Bayt qui a fonctionné pendant huit ans et publié le journal Sawt Ahl al-Bayt, de tradition musulmane proche de Mahomet… » Al-Darini a ajouté que la communauté chiite ne s'expose pas «parce qu'elle craint les persécutions dont elle a été victime pendant les 25 dernières années». Il suffit de mentionner tous ceux qui ont été arrêtés et torturés en 1988-1989, 1994, 1996, 2000, et 2002-2004.

    En février 2009 le chef du Hamas Khaled Mashal a salué les dirigeants Iraniens pour leur soutien pendant le conflit dans la bande de Gaza, une indication supplémentaire du renforcement des liens entre le groupe islamiste Sunnite, et le régime Chiite de Téhéran et l'on connait le soutien financier et militaire de Téhéran pour le Hamas. Ces exemples de la coopération Chiite Sunnite  soulève la question de savoir si l'Iran peut améliorer ses relations avec l'Égypte des Frères Musulmans. Or, Les Frères musulmans qui sont l'essence du mouvement Hamas s'entretiennent à de bonnes relations. Les Frères Musulmans qui représentent un parti d'opposition en Égypte pourraient bien comme le Hamas se tourner vers l'Iran pour raison de fraternité musulmane. Il faut se rappeler que pendant la guerre Plomb durci le Hamas malgré le blocus Égyptien à Rafat, s'est approvisionné en armes fournies par l'Iran par ses tunnels du coté Égyptien, c'est donc une hégémonie Chiite basée sur une fraternité entre Sunnites et Chiites qui ne peut que se développer d'autant qu'en Irak, des gardes armés défendent l'accès au mausolée de l'imam Ali,Chiite. Le dôme d'or du sanctuaire de Nadjaf, où est enterré le gendre du Prophète, est sous haute surveillance alors que la communauté chiite Irakienne se déchire. Car le premier lieu saint du Chiisme est aussi un puissant symbole temporel, celui du contrôle d'une communauté devenue la clef du pouvoir dans le nouvel Irak, premier État arabe moderne dominé par les Chiites, grâce à l'invasion Américaine.

    Le sanctuaire de Nadaf à Kerbala une citée hors du temps.


    698-2-065cb.1283357103.jpg

    La Revue de Téhéran

    L'accès à la puissance nucléaire de l'Iran bouleversera le monde islamique proche Oriental.

     

    Géopolitique du Moyen-Orient , suite,

    LIBAN, Les États-Unis, une justice «à la carte», la France, une suspicion légitime par Réné Nabla du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre Part 3/3, suite.

     

    Etats-Unis ont débloqués plus de 500 millions de dollars pour neutraliser le Hezbollah.

    Les États-Unis ont débloqué, en trois ans, depuis 2006, de l’aveu même des responsables Américains, à travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative, MEPI, plus de 500 millions de dollars, pour neutraliser le Hezbollah, la plus importante formation paramilitaire du tiers monde, arrosant près de sept cents personnalités et institutions Libanaises d’une pluie de dollars «pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse». A cette somme se superpose le financement de la campagne électorale de la coalition gouvernementale aux élections de juin 2009, de l’ordre de 780 millions de dollars, soit un total de 1,2 milliards de dollars en trois ans, à raison de 400 millions de dollars par an. En vain. Le Hezbollah est sorti victorieux de la totalité des épreuves de force qu’il a dû affronter, conférant une confortable marge de manœuvre diplomatique à ses protecteurs, l’Iran et la Syrie. Infligeant deux revers militaires à Israël, la VIIème puissance atomique de la planète, le Hezbollah a bouleversé l’équation régionale avec infiniment moins de moyens qu’Oussama Ben Laden en Afghanistan, 50.000 combattants Arabo-afghans et 2O milliards de dollars, développant, de l’aveu même d’un expert occidental, une version «basse technologie» de la furtivité, s’imposant comme un interlocuteur pivot de la scène Libanaise.

    Israël a annoncé le 29 juillet, que le principal accusé du meurtre de Rafic Hariri, n’est autre que Moustapha Badreddine, beau frère de Imad Moughniah, qui lui a succédé à la tête de la branche militaire du Hezbollah. Israël n’a fait l’objet d’aucune mesure d’instruction durant cette enquête et n’a donc pas théoriquement accès aux pièces du dossier. Sauf à accréditer l’idée d’une connivence avec le Tribunal spécial, la diffusion de cette information à la veille d’un sommet tripartite à Beyrouth entre l’Arabie saoudite, la Syrie et le Liban destiné à calmer le jeu pourrait relever de la manipulation et de la provocation.

    Fait sans précédent dans les annales de l’humanité, le tribunal est financé à parité par le plaignant, le coupable désigné par avance par un pays partie prenante au conflit Libanais, Israël, mais curieusement soustrait à l’enquête, l’innocent sommé de prouver son innocence et non le procureur de prouver sa culpabilité. Déjouant les pronostics, jouant de l’effet de surprise, Hassan Nasrallah, s’est dégagé du nœud coulant que les pays occidentaux lui glissaient autour du cou en vue de son étranglement en dévoilant, le 9 Août 2010, une série de documents sonores et visuels mettant en cause d’agents Libanais à la solde des Israéliens dont l’un se trouvait sur les lieux de l’attentat anti-Hariri la veille de l’assassinat de l’ancien premier ministre Libanais. En application de la théorie de la dissension sociale, un autre, Ahmad Nasrallah, un homonyme du dignitaire religieux, a avoué avoir jeté la suspicion entre le clan Hariri et le Hezbollah dès 1993, en avisant la famille du nouveau premier ministre du Liban des préparatifs d’attentat ourdis contre lui par le mouvement Chiite. L’homme, convaincu de collaboration avec Israël, a été incarcéré en 1996, et, curieusement élargi par le gouvernement Hariri, en février 2000, quelques mois avant la libération du sud Liban par le Hezbollah. Le Clan Hariri ne s’est jamais expliqué sur les motifs de la remise en liberté de cet agent Israélien qui vit désormais en Israël où il serait en charge du recrutement de nouveaux collaborateurs pour le compte de l’État hébreu. La présence dans la zone de l’Hôtel saint Georges d’un agent Israélien, un officier de l’armée Libanaise à la retraite, en repérage sur les lieux du crime la veille de l’attentat, Ghassane Gerges El Jed , ancien chef d’état major adjoint, en fuite, du fait du comportement dilatoire du pouvoir politique, pose le problème du laxisme du camp pro occidental au Liban dans la traque des preuves de l’assassinat de Rafic Hariri et la chasse aux espions Israéliens.

    Dans une démarche qui apparaît destinée à réduire l’impact des révélations de Hassan Nasrallah sur une possible implication d’Israël dans l’assassinat de Rafic Hariri et réduire les critiques quant à sa passivité dans la traque des espions, le gouvernement Saad Hariri a annoncé, coup sur coup, la neutralisation d’un agent Israélien proche du général Aoun, le général Fayez Karam et l’élimination d’un dirigeant présumé du Fatah al Islam, Abdel Rahman Awad, tué samedi 14 août lors d’une fusillade à Chtaura, près de la frontière Syrienne, en vue de semer la suspicion dans le camp de ses adversaires. La grandeur d’un homme dans l’épreuve se révèle dans sa dignité et son honneur est de veiller à l’égalité des armes dans son combat contre ses adversaires, non le recours à la tortuosité de témoins stipendiés et l’instrumentalisation du Tribunal Spécial sur le Liban en arme de destruction massive contre les contestataires de la «Pax Americana» au Moyen-Orient.

    Sept ans après la gigantesque manipulation de l’opinion internationale sur la prétendue existence d’armes de destruction massive en Irak et des liens présumés entre le régime laïc du bassiste Saddam Hussein et l’organisation intégriste Al Qaïda, la mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de Rafic Hariri, si les informations du dignitaire Chiite et du journal Libanais al Akhbar étaient confirmées, constitueraient une intoxication d’envergure planétaire à l’effet de discréditer durablement ce qu’il est convenu d’appeler «les grandes démocraties occidentales», dont la récidive aurait ainsi déshonoré la démocratie et l’Occident, de même que la notion même de justice pénale internationale.

    Dans la perspective du retrait Américain d’Irak et de l’épreuve de force Américano-iranienne sur le nucléaire iranien, sa criminalisation aurait le quintuple avantage de:

    • occulter la fragilité des indices recueillis via les communications, du fait de la multiplication des faux témoins et de la mainmise israélienne sur le réseau Libanais,
    • permettre au Tribunal Spécial de se ménager une sortie par le haut au terme de cinq ans de procédures aussi laborieuses qu’onéreuses,
    • placer le Hezbollah sur la défensive, tributaire d’un agenda international d’ultimatum et de sanctions, comparable au calendrier observé à l‘encontre de Saddam Hussein, ou à tout le moins le contraindre à reprendre les armes pour se défendre, le privant ainsi de toute la légitimité dont il bénéficie en tant que force combattante d’Israël.
    • mener, par défaut, une guerre de substitution à l’Iran privant le camp antioccidental des bénéfices des exploits militaires de leur allié chiite libanais,
    • faire diversion en détournant l’attention sur le règlement au rabais de la question palestinienne que les Israéliens et les Américains entendent imposer au président palestinien de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas, en état de grande faiblesse.

    L’Arabie saoudite, un pompier pyromane d’enjeux qui la surpassent.

    Le martyr est commun à tous les peuples de la planète. Mais nul part ailleurs qu’au Liban le culte des martyrs ne prend une telle ampleur au point que la vénération posthume des chefs de clan, la plupart fourvoyés dans des causes perdues, ressortit d’une industrie du martyrologe, une rente de situation pour les ayants droits, un passe droit permanent. Sous le halo du martyr couve en fait une vaste mystification. Rafic Hariri, et Benazir Bhutto, se situaient aux extrémités d’un axe politique ayant vocation à servir de levier de transformation de l’Asie occidentale en «Grand Moyen-Orient». Les deux anciens premiers ministres, le sunnite Libanais et la chiite Pakistanaise, tous deux assassinés à deux ans d’intervalles, présentaient un cas de similitude absolu dans leurs fonctions, les deux d’ailleurs en connexion étroite avec l’Arabie saoudite dans la mesure ou Rafic Hariri était le co-garant avec le Prince Bandar Ben Sultan, le président du Conseil national de sécurité, de l’accord régissant le retour d’exil de l’ancien premier ministre Pakistanais Nawaz Charif, rival de Benazir. Une garantie reprise à son compte par Saad Hariri, l’héritier politique du clan Hariri au Liban.

    La suite portera sur le «Parrain originel des Talibans d’Afghanistan, l’Arabie Saoudite»

     

  • Le Liban, suite 8,

    un petit territoire mais une grande histoire.

     

    Le tribunal spécial pour le Liban s'active.


    20583.1282485267.jpgLe tribunal spécial pour le Liban doit donner avant la fin de l'année ses conclusions sur l'attentat à la voiture piégée du premier ministre Libanais Rafic Hariri et de 22 autres personnes le 14 février 2005, voire le premier article «Le Liban», poursuit son enquête et son procureur Daniel Bellemare aurait demandé aux autorités Libanaises de lui transmettre toutes les informations que détiendrait le secrétaire général du Hezbollah.

    Le TSL qui siège à La Haye, Pays-Bas, est une juridiction à caractère international pour le jugement des personnes présumées responsables de l’attentat du 14 février 2005 à Beyrouth. C'est à la suite de la demande du gouvernement Libanais le 13 décembre 2005 aux Nations-Unies, que le tribunal a été créé. Les Nations Unies et le gouvernement de la République Libanaise ont ensuite négocié les termes d’un accord portant sur la création du Tribunal spécial pour le Liban. Suite à la résolution 1757, du Conseil de sécurité du 30 mai 2007, les dispositions du document annexé à la résolution et le Statut du Tribunal spécial qui y est joint sont entrés en vigueur le 10 juin 2007.

    Le statut du TSI prévoit notamment que le Tribunal appliquera les dispositions du Code pénal Libanais relatives à la poursuite et la répression des actes de terrorisme, et des crimes et délits contre la vie et l’intégrité physique des personnes. Le statut sera appliqué sous réserve de l’exclusion de peines telles que la peine de mort et le travail forcé, qui sont applicables en droit Libanais. Le Tribunal spécial peut imposer des peines allant jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité. Les peines seront exécutées dans un État désigné par le Président du Tribunal spécial, à partir d’une liste d’États qui auront fait savoir qu’ils sont disposés à recevoir des personnes condamnées par le Tribunal.

    Le caractère international du Tribunal spécial pour le Liban avait été expressément stipulé dans la demande adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies par le Gouvernement Libanais, et étaient convenus que le Tribunal aurait une composition mixte, comprenant des juges Libanais, des juges Internationaux, et un procureur international. Les normes de justice du Tribunal, y compris les principes relatifs aux garanties d’une procédure régulière, seront fondées sur les normes internationales de justice pénale les plus élevées telles qu’elles sont appliquées dans d’autres tribunaux internationaux. Pour garantir son indépendance, le statut prévoit une procédure rigoureuse et transparente de désignation des membres du personnel du Tribunal, notamment des juges et du Procureur, il prévoit en outre que les chambres seront composées de juges tant libanais qu’internationaux, avec une majorité de juges internationaux, un procureur international et un greffier visent à assurer l’indépendance, l’objectivité et l’impartialité du procès. De plus, pour des considérations d’équité à l’égard de l’accusé, le statut comprend la création d’un Bureau de la Défense qui s’acquitte de ses fonctions en toute indépendance. Le statut traite également du droit des victimes d’exposer leurs vues et préoccupations.

    Pour garantir l’efficacité du Tribunal, le statut confère des pouvoirs élargis au Tribunal lui permettant de prendre les mesures propres à assurer un examen rapide des questions soulevées et prévenir toute action qui entraînerait un retard injustifié, la fiche d'information sur le TSL est à lire ici. On peut également consulter le document L'Orient Le Jour.com qui présente les caractéristiques du TSL. Un premier rapport qui couvre la période de mars 2009 à février 2010 à déjà été établi par le premier Secrétaire Général des Nations-Unies Ban Ki-noom que l'on peut lire ici.

    Sur le plan politique, le TSL «doit être et sera au-dessus de la politique», a déclaré son procureur, le Canadien Daniel Bellemare. «L'enquête et la poursuite ne sont pas et ne seront pas influencées par la politique, elles sont gouvernées par des principes juridiques. En tant que procureur, je suis indépendant», a-t-il déclaré, assurant que le TSL «doit être et sera au-dessus de la politique», lors d'une conférence de presse. Le TSL a ouvert le 01/03/2009 lors d'une courte cérémonie à La Haye. «Le lieu a changé mais la mission continue», a ajouté l'ancien chef de la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri

    On peut s'étonner que l'on s'active tant sur l'affaire Rafic Hariri ou le Hezbollah met tout en œuvre pour prouver la culpabilité d'Israël qui, même si l'État Hébreux serait déclaré coupable, cela n'aurait aucun effet matériel outre le fait que, pour la Communauté internationale, Israël serait coupable de cet assassinat et qu'il ne manquera pas d'affirmer le contraire. Tout ceci sera donc sans effet, et ce ne serait pas la première fois qu'Israël serait condamné pour des actes criminels. La compétence du TSL s'applique aux personnes et pas aux États. Si, les personnes qui ont commis cet attentat, à supposer qu'elles soient Israéliennes et qui ont obéit aux ordres de l'État d'Israël, on ne voit pas comment elles pourraient subir la condamnation de ce tribunal ?

    D'après El Watan.com, des données impliquant Israël dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Libanais, Rafic Hariri, ont été remises par le mouvement Hezbollah au gouvernement Libanais qui les a envoyées à son tour au TSL, bien qu'il ait déclaré :

    «nous ne faisons pas confiance à ce tribunal (...) mais nous sommes prêts à donner ces éléments au gouvernement Libanais, qui décidera...»

     

    hassan-nasrallah-arton2265.1282456496.jpgHassan Nasrallah Al-Oufok .

    «J'accuse l'ennemi sioniste d'avoir assassiné le premier ministre martyr Rafic Hariri».

    Dans un discours diffusé sur grand écran devant des milliers de ses partisans rassemblés dans la banlieue sud, il a accusé Israël d'avoir organisé cet attentat, critiquant aussi le fait que l'enquête internationale ne s'est jamais penchée, selon lui sur la piste Israélienne.

    Le TSL, a indiqué une source judiciaire citée par des médias dans l'accusation du Hezbollah impliquant Israël, transmise par son secrétaire général le cheikh Hassan Nasrallah, que l'accusation est basée, sur des images prises avant le drame, par un avion de reconnaissance type (MK ?), et intercepté par son mouvement survolant la zone, et que d'après lui, lorsque l'on prend de telles images c'est généralement l'introduction pour l'opération d'une exécution ! On peut s'étonner du bien fondé de cette accusation qui ne prouve rien même si, les survols Israéliens d'une zone sont souvent les prémices à une attaque aérienne ciblée et précise contre une personne ou un groupe afin de les éliminer. Dans ce cas, on ne voit pas, pour l'ancien premier ministre Rafik Hariri, l'intérêt pour Israël de l'éliminer par un attentat à la voiture piégée ?


    Géopolitique du Moyen-Orient , suite,

    LIBAN, Les États-Unis, une justice «à la carte», la France, une suspicion légitime par Réné Nabla du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre Part 3/3, suite.


    La criminalisation du Hezbollah, une guerre de substitution contre l’Iran.


    La neutralisation d’un important lot d’agents Israéliens, particulièrement dans le secteur sensible de la téléphonie cellulaire, dont les relevés fondent l’acte d’accusation, pose le problème de la fiabilité des preuves des enquêteurs internationaux. L’acte d’accusation a été divulgué par anticipation, en mai 2010, sans que l’autorité compétente se ravise, aux mépris des règles les plus élémentaires de la procédure pénale internationale. Sa teneur a été communiquée officieusement au Hezbollah, non par la voie judiciaire compétente, mais par le propre chef du gouvernement du pays plaignant, et le propre fils de la victime, Saad Hariri à Hassan Nasrallah dans une conversation à huis clos dans une démarche qui s’apparente à un marchandage. L’implication de «trois membres indisciplinés» du Hezbollah pour solde de tout compte du contentieux qui oppose Sunnites et Chiites dans le monde arabe depuis l’invasion Américaine de l’Irak, en 2003.

    L’offre a été refusée et portée sur la place publique. Quiconque connaît le fonctionnement du Hezbollah à la discipline toute spartiate, le pointage d’un membre «indiscipliné» de ce mouvement constituerait l’aveu d’un dysfonctionnement, d’une absence de contrôle du chef du mouvement sur ses troupes. Pis, elle stigmatiserait le Hezbollah de l’accusation de régicide à l’effet de le marquer du sceau de l‘infamie au regard des Sunnites, le courant majoritaire de l’Islam dans le monde arabe et musulman, et de plomber du même coup la légendaire réputation du Hezbollah en tant qu’organisation disciplinée exclusivement consacrée à la lutte contre Israël. Une accusation qui constituerait le point de basculement vers une guerre Sunnite–Chiite sur l’ensemble du monde arabe, particulièrement au Liban et les monarchies du golfe, Arabie-saoudite, Bahreïn, Koweït, où résident de fortes minorités Chiites. L’un des principaux inculpés, Jamil Sayyed directeur général de la sureté Libanaise, accusera publiquement à sa libération le tribunal de lui avoir demandé de se désigner comme «bouc émissaire» afin de conclure l’instruction et de clore le dossier. Un scénario identique semble se reproduire à l’encontre du Hezbollah.

    Depuis L’assassinat de Rafic Hariri, le mouvement Chiite fait l’objet d’une vive pression visant à le marginaliser, à défaut de le délégitimer. Initiée par l’interdiction en France de sa chaîne de télévision «Al Manar», en 2004, la pression s’est poursuivie par une vaine tentative de le désarmer, dans la foulée du coup de massue Israélien, en 2006. Elle s’est poursuivie dans la foulée de la neutralisation du camp Palestinien de Nahr el Bared, en 2007, avec, l’assassinat à Damas, en février 2008, de son chef militaire Imad Moughniyeh qui était l'homme de l'ombre le plus secret de tous les chefs politiques et militaires du Proche-Orient, accusation suivie d’une épreuve de force avec ses adversaires de la coalition occidentale visant à neutraliser son réseau autonome de transmission, en mai 2008. Le tout couplé par des actions hostiles en direction de son protecteur, la Syrie, matérialisée par le bombardement d’un site nucléaire en novembre 2007, et l’assassinat de l’interface syrien du Hezbollah Libanais, le Général Mohamad Souleymane, tué depuis un yacht, dans son chalet du bord de mer, à Tartous, (Syrie), en Août 2008.

    Projet d’enfumage médiatique et de brouillage diplomatique visant à gommer l’implication du clan Hariri dans l’exacerbation du courant intégriste Sunnite dans les camps Palestiniens du Liban, la neutralisation de Nahr el Bared s’est soldée par un lourd bilan, malgré l’appui logistique de l’armée Syrienne à l’armée Libanaise. 143 personnes, 76 militaires Libanais, 50 insurgés, 17 civils Palestiniens, ont péri au cours des 32 jours d’affrontement qui se sont déroulés dans ce camp Palestinien du Nord Liban, en mai juin 2007 dans une opération de diversion, visant à neutraliser les effets de la défaite Israélienne de juillet 2006 et à mobiliser le camp Sunnite face au Hezbollah. La reddition du camp signera la victoire morale du président Emile Lahoud , fondateur de la nouvelle doctrine militaire Libanaise de la stratégie de la riposte, mis à l’index par les occidentaux qui cherchaient à le déstabiliser depuis l’assassinat de Rafic Hariri.

    Une ténébreuse affaire à tous égards que l’attaque du camp Palestinien de Nahr el Bared dans la mesure où celui qui a été célébré comme le héros de la bataille, le Colonel Mansour Diab, blessé au combat, s’est révélé être un agent Israélien. Ancien directeur de l’école des forces spéciales et des commandos de marines, a-t-il favorisé dans l’exercice de ses fonctions durant la période de son mandat, le transbordement du matériel d’espionnage et de sabotage Israélien ? L’exfiltration d’agents démasqués? L’infiltration d’agents opérationnels du Mossad pour des opérations coup de poing ? Sa bravoure au combat était-elle destinée à brouiller les pistes sur sa connivence Israélienne, en anéantissant à Nahr el Bared les preuves de la collusion du clan Hariri avec l’intégrisme sunnite djihadiste ?

    Autant de questions légitimes qui rejoignent d’autres questions demeurées, elles, sans réponse concernant les connexions sulfureuses de Gébrane Tuéni, le comportement faussement désinvolte de Marwane Hamadé sur lequel il ne s’est jamais expliqué, de même qu’Elias el Murr , Monsieur gendre de la présidence Libanaise, du temps de la mise en quarantaine de son beau père, le président Emile Lahoud, avant son spectaculaire retournement en faveur du clan Hariri, sans oublier l’omission intrigante du champ des investigations des deux personnalités particulièrement averties de la scène Libanaise, le transfuge Syrien Abdel Halim Khaddam , ancien vice président de la République, proconsul Syrien au Liban pendant trente ans, en charge de la gestion de l’affairisme Syro-haririen, dont le laxisme en faveur de son coreligionnaire Sunnite, le milliardaire Libano saoudien, pourrait avoir permis, en connexion avec l’intégrisme activiste de la mouvance wahhabite, le grenouillage du marigot Libanais et son noyautage par les taupes Israéliennes, ainsi que Johnny Abdo , homme de l’ombre par excellence, témoin muet des opérations clandestines de ses deux poulains politiques, le président éphémère du Liban, Bachir Gemayel et le premier ministre Rafic Hariri, tous deux tués dans un attentat, le chrétien en 1982 et le sunnite en 2005, signe patent de l’échec de cet homme du renseignement au rôle occulte, interface Libanais des services occidentaux.

    Concentré de toutes les turpitudes Occidentales et Saoudiennes, le groupe Fatah al Islam compte parmi ses fondateurs, le cheikh Naji Kanaan, issu de la mouvance des Frères musulmans. Il a été incarcéré une dizaine d’années dans les geôles Syriennes, jusqu’en 2000, pour «activisme religieux antinational». Il sera par la suite responsable de la mobilisation Sunnite pour «le Courant du Futur», la formation du premier ministre Saad Hariri, chargé des questions militaires et sécuritaires auprès du Colonel Ahmad al Khatib, ancien officier dissident Libanais, fondateur de «l’armée du Liban arabe», durant la guerre civile Libanaise, 1975-1990. Chef du Mouvement de l’unification Islamiste (MUI), implanté dans la région de Tripoli au milieu des années 1980, le groupe avait recruté nombre d’activistes saoudiens, yéménites salafistes, placés sous le commandement opérationnel au Nord Liban de Chaker al-Absi, ancien colonel de l’armée de l’air Jordanienne. Rallié aux troupes islamistes, Chaker Absi sera désigné comme adjoint de Abdel Moussab al-Zarkaoui en Afghanistan, puis en Irak. Le groupe passe pour avoir bénéficié des largesses financières du prince saoudien Bandar Ben Sultan qui aurait financé, deux mois avant les affrontements de Nahr el Bared, les organisations «humanitaires et religieuses» Sunnites opérant dans camps Palestiniens du Liban en vue de faire pièce à l’expansion du chiisme au Liban et à contenir le Hezbollah. La dénomination «Fatah al Islam» n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard, mais choisie à dessein en vue de brouiller les pistes du fait de la conjonction du terme Fatah, qui renvoie au mouvement Palestinien, et Islam, qui renvoie plutôt à Al-Qaïda. Hasard ou préméditation ? Quoiqu’il en soit, force est de relever l’élimination opportune d’un dirigeant présumé du Fatah al Islam, Abdoul Rahman Awad , tué lors d’une fusillade samedi 14 Août 2010 à Chtaura, près de la frontière Syrienne, dans la foulée des révélations de Hassan Nasrallah sur une possible implication d’Israël dans l’assassinat de Rafic Hariri.

    Principale formation politico-militaire Libanaise, dont le démantèlement est réclamé les États-Unis, le Hezbollah dispose d’une représentation parlementaire sans commune mesure avec l’importance numérique de la communauté Chiite, sans commune mesure avec sa contribution à la libération du territoire national, sans commune mesure avec son prestige régional, sans commune mesure avec l’adhésion populaire dont il jouit sans chercher à en tirer avantage. Tant au niveau de la démocratie numérique que de la démocratie patriotique, la place qu’occupe le Hezbollah est une place de choix. Un positionnement incontournable.

    La suite sera les «États-Unis ont débloqués plus de 500 millions de dollars pour neutraliser le Hezbollah»

  • Le Liban, suite 7,

    un petit territoire mais une grande histoire.

     

    Le Hezbollah en terre libanaise

    Le drapeau du Hezbollah.

    800px-flag_of_hezbollahsvg.1282201026.png

    L'emblème du Hezbollah est vert, couleur de l'islam, sur fond jaune. Il est composé du mot «Hezbollah» en calligraphie de style coufique, dont l'alif du mot Allah se transforme en un bras brandissant un fusil d'assaut de type AK-47, surmonté d'un extrait de verset du Coran écrit en rouge (Al-Maidah, V, 56) فإن حزب الله هم الغالبون (fāʾinna ḥizb allāh hum al-ġālibūn), «Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, «réussira» car c'est le parti d'Allah qui sera victorieux». En bas de l'image, on trouve en écriture rouge المقاومة الإسلامية في لبنان (al-muqāwamah al-islāmīyah fī lubnān) «résistance islamique au Liban», Wikipédia .


    Le Hezbollah Libanais fondé en juin 1982 est un mouvement politique Chiite développé dans la continuité du mouvement Amal fondé en tant que milice par l'Imam Moussa Al-Sadr, voire la suite 4, possédant une branche armée (Al-Muqawama al-Islamiyya, Résistance islamique) qui fut créée en réaction à l'invasion Israélienne au Liban en 1982, en s'appuyant sur un financement Iranien. Il est apparu au Liban par ce que cet État possède une caractéristique que nul autre État ne possède, il est sectorisé en 18 communautés religieuses reconnues et implantées sur son territoire. La nature montagneuse du Liban a contribué au développement des mouvements religieux. Ces mouvements ou communautés sont d'origine une force religieuse et militaire comme le Hezbollah, en l'occurrence Chiite.

    shi3a_dawlaa.1282227557.jpgL'État Chiite au Liban en jaune.

    La concentration Chiite au Sud Liban n'est pas sans raison au développent du Hezbollah. Le Hezbollah cristallise à lui seul le problème du Moyen-Orient. Il s'est développé sous l'impulsion Chiite Iranienne, en continuité, (voir du Amal au Hezbollah) du mouvement Amal en 1974 ou (1975 ?), fondé en tant que milice armée des «déshérités» avec le soutien de la Syrie pour combattre la puissance hégémonique Israélienne dans cette région sous l'excuse d'assurer sa sécurité.


    hassan_nasrallah.1282233512.jpg

    Hassan Nassrallah, le chef.

    Implanté au Liban Sud depuis sa victoire sur l'armée Israélienne il constitue outre, une force militaire terroriste pour certains États occidentaux, inscrit depuis 1997 comme organisation terroriste aux États-Unis, au Canada, en Australie, et Israël, un parti politique dirigé par le cheikh Hassan Nassrallah depuis 1992. La position de l'Union Européenne est ambigüe sur sa cotation terroriste, le Hezbollah n'est pas considéré terroriste, mais le Conseil de l'Europe incluait l'officier supérieur des services de renseignements du Hezbollah l'Imad Faïz Mughniyah sur la liste des terroristes, or celui-ci est décédé le 12 février 2008 ! Or, le Hezbollah compte à l'issue des élections législatives de 1992, 12 députés puis 6 en 1996 dont deux chrétiens et un sunnite, ce n'est donc plus un mouvement terroriste, mais un parti politique !

    Le Hezbollah, le parti de Dieu, s’est par ailleurs forgé une légitimité certaine en assurant le financement de très nombreuses activités d’aide sociale, hôpitaux, écoles, reconstruction des habitations détruites par l’armée Israélienne, palliant ainsi les carences de l’État libanais sans pour autant vouloir s’y substituer. L'organisation du pouvoir est faite par un Conseil consultatif exécutif constitué de 7 membres et présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah. Il prend ses décisions par consensus. Le secrétaire général possède une autorité importante, mais non absolue. Cela permet notamment d'éviter que son décès ne «décapite» totalement le mouvement, Wikipédia.

    Le Hezbolah est donc un parti militaire dans l'État Libanais.


    Géopolitique du Moyen-Orient , suite,

    LIBAN, Les États-Unis, une justice «à la carte», la France, une suspicion légitime par René Naba du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre Part 3/3


    La justice pénale internationale, dont l’avènement avait été salué comme annonciateur d’une ère nouvelle est, ainsi, d’emblée, obérée par sa sélectivité et ses immunités, en un mot par sa partialité. Les États-Unis, un des tortionnaires majeurs de l’époque contemporaine, le maître d’œuvre des tortures de la base Américaine de Guantanamo, Cuba, de Bagram, Afghanistan, et d’Abou Ghraib, Irak, de même qu’Israël, considéré par une fraction importante de l’opinion publique mondiale comme «l’État voyou N°1» de la scène internationale, n’ont pas souscrit au traité fondateur de la Cour pénale internationale. Ils disposent de ce fait d’un privilège de juridiction qui leur confère une sorte d’immunité régalienne les plaçant à l’abri des poursuites, héritage de l’ancien «régime des capitulations» de l’empire Ottoman.

    «Depuis Nuremberg, les États-Unis ont toujours prôné et construit une justice «à la carte». Le propos d’une grande limpidité ne provient pas d’un pourfendeur aigri de l’Imperium américain, mû, selon l’expression consacrée, par un «antiaméricanisme primaire», mais d’un journaliste du quotidien Français le Monde, quotidien de référence s’il en est. Analysant «La nouvelle victoire Américaine à propos de la Cour Pénale Internationale», à la suite de l’adoption de la définition juridique du «crime d’agression», en complément aux crimes de génocide et crimes contre l’humanité, Stéphanie Maupas soutient

    «Que ce soit pour les crimes nazis, japonais, rwandais ou yougoslaves, Washington est toujours parvenu à imposer sa liste de suspects, quand d’autres étaient soit «oubliés», soit acquittés».

    «Enjeux clés de cette justice qui menace chefs d’État et hauts gradés, les cibles des procureurs successifs ont toujours fait l’objet de tractations», relève-t-elle dans une correspondance de La Haye en date du 27 juillet 2010. La réforme a été adoptée par cent onze états membres, mais la décision de sa mise en œuvre a été repoussée à dans sept ans.

    Il en est de même des autres pays du champ occidental. La France, hébergeur du faux témoin Syrien Zouheir Siddiq, compte à son actif l’élimination des principaux opposants du tiers monde hostiles à son hégémonie, Félix Mounier, Cameroun-1958, Mehdi Ben Barka, Maroc 1965, de même que les chefs de file du mouvement indépendantiste Kanak Jean Marie Tjibaou et Yéwéné Yéwéné, tous deux assassinés en 1989 en Nouvelle Calédonie sur un territoire dont la France a la charge de sa sécurité, ou enfin, le chef de l’opposition Tchadienne Ibn Omar Mahmat Saleh , 2008, arrêté à la suite d’informations émanant des services d’écoute de l’armée Française.

    Une «suspicion légitime» frappe d’ailleurs la France tant en ce qui concerne le Darfour que le Liban, en raison de son rôle présumé dans l’élimination de l’opposant Tchadien et de son activisme à «internationaliser» l’assassinat de Rafic Hariri, un crime relevant en principe du droit pénal Libanais. Le président Français de l’époque, Jacques Chirac, un obligé notoire de l’ancien premier ministre Libanais, s’est appliqué à porter devant la justice pénale internationale le cas Hariri. La reconnaissance du ventre ne saurait donner lieu à des excès, ni à manipuler de faux témoins, et l’honneur d’un homme ne se lave pas par le recours à de témoins stipendiés.

    Les bévues qui ont émaillé la procédure, la partialité du premier enquêteur l’Allemand Detlev Mehlis, ont plongé le Tribunal dans un climat de suspicion généralisé tant en ce qui concerne sa fonction première que sa finalité, que le choix de ses officiants. Au terme de cinq ans de fonctionnement, le TSL constitue à proprement parler une parodie de justice d’autant plus symptomatique qu’il a constamment écarté de son champ d’investigation, le volet Israélien, en opposition avec le principe du débat contradictoire, quand bien même le système des télécommunications Libanaises s’est avéré être sous contrôle Israélien. Cette découverte, qui pourrait avoir de sérieuses implications concernant la détermination des responsabilités, devrait conduire le tribunal à reconsidérer sa position d’autant plus impérativement que la crédibilité des données est désormais frappée de suspicion du fait de la main mise du Mossad sur les communications Libanaises. L’enquête internationale dans son ensemble risque ainsi de s’effondrer.

    Le tribunal spécial sur le Liban, institué par un accord conclu entre le Liban et les Nations Unies, le 5 juin 2005, confère des privilèges exorbitants à la commission d’enquête de l’ONU en ce qu’elle permet à cette instance d’exercer une tutelle de fait sur les autorités locales Libanaises, en l’habilitant à enquêter sur un fait qui ne constitue pas un «crime international» juridiquement parlant. Mais le fait de privilégier le cas du chef du clan Saoudo-américain au Moyen-Orient, au détriment d’autres personnalités éminentes de la scène internationale (Benazir Bhutto Pakistan 2007, Salvador Allende Chili 1973, Patrice Lumumba Congo Kinshasa 1961),

    «au détriment des dizaines de personnalités Libanaises, au détriment des milliers des victimes civiles de la guerre Libanaise, au détriment des dizaines de dirigeants Palestiniens et des milliers de civils Palestiniens tués par les Israéliens»,

    donne à penser que la coalition occidentale entend placer sur la défensive les principaux contestataires de l’ordre hégémonique Américain dans la zone, l’Iran, via le dossier nucléaire, La Syrie et le Hezbollah, via le dossier Hariri, principal pierre d’achoppement à la capitulation déguisée conduite par le président Palestinien Mahmoud Abbas.

    La sélectivité dans son choix porte préjudice au Tribunal en ce qu’elle constitue une négation du principe d’universalité de la justice internationale et fait craindre une instrumentalisation de cette juridiction à des fins politiques au service des desseins du camp occidental. Sauf infléchissement ultérieur, un tel tri sélectif opéré en Mars 2009, Rafic Hariri/Liban, 1er mars, et Omar al-Bachir /Soudan, 4 mars, à l’exclusion de tout autre cas similaire, pourrait dénaturer sa posture morale en imposture, la négation même de la notion de justice. Le ciblage du monde arabo-africain, à l’exclusion de toute autre sphère géopolitique, à la notable exception de l’ex Yougoslavie et du Cambodge, séquelles du bloc communiste, paraît ressortir d’un projet visant à maintenir sous pression la zone privilégiée d’expansion de la Chine et de la Russie, sur le flanc méridional du camp occidental, en désignant à la vindicte publique leurs traditionnels alliés régionaux, la Syrie, l’Iran et le Soudan. Plaide en faveur de cette thèse, le choix discriminatoire de traduire devant la justice internationale les assassins de Rafic Hariri et pas ceux de Benazir Bhutto, de poursuivre le Soudanais Omar El Bachir et non le Tchadien Idris Deby au bilan sanguinairement comparable, voire même du Libyen Mouammar al Kadhafi, responsable de la disparition du chef spirituel de la communauté Chiite du Liban l’Imam Moussa Sadr .

    La suite portera sur «La criminalisation du Hezbollah, une guerre de substitution contre l’Iran».

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu