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lejaby

  • Lejaby mon coeur suite,

    par le fruit d'une volonté politique.

    Support Wikipedia Vous vous rappelez la fermeture de la dernière usine Lejaby à Yssingeaux, Haute-Loire, fabricant de lingerie pour femme qui mettait 93 ouvrières expérimentées au chômage, 30 années de bons et loyaux services pour certaines, des doigts d'or. Cette fermeture avait ému la classe politique et les médias, en cette période électorale, voir Lejaby mon coeur. L'élection présidentielle fait des miracles puisque François Hollande avait chargé Arnaud Montebourg de faire le tour des usines et de rechercher un repreneur, la Saône-et-Loire n'est pas trop éloignée de la Haute-Loire. Cela avait décidé Sarkozy d'intervenir et il manda Laurent Vauquier maire du Puy-en-Velay voisin. C'est un maroquinier du pays qui finalement s'engagea à reprendre les 93 ouvrières qui devront se reconvertir dans la spécialité. Pour le moment nous en sommes là, et comme l'expérience montre qu'il est très difficile dans ce genre d'opération d'assurer ses engagements, il faut s'attendre, malheureusement, à des restructurations pour éviter les doubles postes. Reprendre 93 salariées sur 200 que compte cette usine n'est pas une mince affaire. Il faut assurer plus de 30 % de commandes avec la situation actuelle, ce n'est pas gagné, mais les élections seront passées. Nous verront ensuite.

    Arnaud Montebourg pas découragé d'avoir été devancé par l’Élysée a donc poursuivit son mandat, et c'est un petit article publié dans Libération.fr qui relate qu'il apporte un repreneur à la seconde usine.

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    M. Montebourg y a rejoint dans l'après-midi Assya Hiridjee, sœur de la fondatrice de la marque de lingerie Princesse Tam Tam, pour signer le bail de location. Document Libération.fr ( © AFP Jeff Pachoud)

    C'est à Bourg-en-Bresse département de l'Ain que s'est passée cette signature. C'est un bail de location qui a été signé avec la sœur de la fondatrice de la marque de lingerie Tam Tam, Madame Assya Hiridjee. Évènement nationalement non médiatisé ce que l'on peut constater sauf localement ou la presse locale est venue en masse. Il s'agit de la seconde usine de 88 salariées de Lejaby. Une cinquantaine de salariées seraient reprises pour lancer d'ici cet automne la marque «Monette Paris sur fond bleu blanc rouge» qui doit être commercialisée à l'été 2013 avec une première sortie de production en octobre 2012. Madame Assya Hiridjee, avait déjà été pressentie pour l'usine d'Yssingeaux, cela montre qu'elle ne fut pas découragée d'avoir été distancée sur la première usine. La presse locale a salué en Madame Assya Hiridjee, une femme qui déclare avec mes moyens on va recréer, fabriquer et mobiliser l'industrie textile en France.

    Les collectivités locales seront contributrices acquérant le site pour le relouer à Monette. Des subventions du Conseil général de l'Ain sont à l'étude. Madame Assya Hiridjee doit être reçue le 12 mars par le préfet du Rhône-Alpes pour voir comment l’État peut concrétiser le projet.

    C'est donc l'affaire de tous ce qui montre que l’État, les collectivités locales et les entreprises privées doivent travailler ensemble pour sauver ce qui reste de nos usines. Ce ne sont plus des affaires seulement privées ou l’État se contentait de regarder les entreprises et de prélever les impôts. Il n'y a pas plus de droite que de gauche dans la situation ou nous sommes, et les collectivités locales deviennent de plus en plus impliquées, ne sont-elles pas les premières exposées ? Seule l'union sacrée doit être privilégiée.

    Une famille de trois sœurs.

    Le textile qui souffre, leur domaine d'intervention. Loumia Hiridjee et sa sœur Shama, lauréates du prix veuve Clicquot de la femme d'affaires, voulurent redonner de l'espoir. Elles lancèrent en 1985 la marque de lingerie Princesse Tam Tam. Celle-ci réalisa en avril 1988 un chiffre d'affaires de 122 millions de francs. Ces deux sœurs nées à Madagascar dans une famille d'origine Indienne, pour s'implanter dans les hypermarchés, firent le choix de la licence. Elles signèrent en 1995 avec le groupe André pour créer Kookaï Lingerie, une gamme de mode conçue à l'usage de la grande distribution. Le pari fut réussi, Kookaï Lingerie réalisa un CA de 30 millions de francs qui par la suite doubla. Ce fut également l'occasion de faire travailler Assya, la troisième sœur Hiridjee qui devint à cette occasion directrice de la collection Kookaï Lingerie. Elle fut chargée de travailler sur une collection de lingerie de nuit coordonnée à la gamme de jour.

    Des femmes courageuses et entreprenantes qui ne s'engagent pas à la légère. Souhaitons leurs de réussir là ou d'autres avant elles n'ont vu que le profit de la délocalisation, Maroc, Turquie et autres.

  • Lejaby mon coeur,

    dans la rivalité droite gauche.

    Support Wikipedia L'élection présidentielle a du bon, le cas des 93 ouvrières de la fabrique de sous vêtements Lejaby auront une chance de ne pas être au chômage. La rivalité Hollande Sarkozy s'est exprimée, c'est à celui qui trouvera un repreneur avant l'autre. La dernière usine d'assemblages de la marque à Yssingeaux, Haute-Loire, est devenue en quelques jours le souci principal de ces deux personnes dans la symbolique plaisanterie de produisons Français. Comment laisser ces ouvrières si expérimentées avec ce savoir faire, impensable se sont-ils dit. Alors ce fut en premier François Hollande qui décrocha son téléphone et chargea Arnaud Montebourg le chantre du combat contre la mondialisation et la finance, de trouver un repreneur. Aussitôt l’Élysée se met en mouvement et décoche Laurent Vauquier auprès des ouvrières, qui toutes étonnées se méfient de la récupération politique dont elles sont l'objet.

    On le serait à moins quand on sait que Guillaume Sarkozy le frère ainé de notre président et Président de l'UIT, Union des Industries Textiles, Vice-président du MEDEF et dont Nicolas Sarkozy occupait alors, le poste de Ministre de l’Économie, déclarait «je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants, la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution», d'après le blog de Bernard Gensame et l'Expansion du 28/11/02. Le conflit d'intérêt entre les deux frères est dénoncé dans ce blog. Guillaume Sarkozy est accusé d'avoir «coulé l'industrie textile Française», et après avoir déposé le bilan de son Entreprise en 2006 devenait Président du conseil d’administration ainsi que Directeur général du groupe Malakoff-Médéric fusionné en juin 2008. Il a bénéficié, 6 mois plus tard, à la faveur de la mise en place du dispositif «mutuelle obligatoire employeur», des souscriptions de contrats d’assurance des 50 000 employés de Pôle emploi et de 120 000 employés de la Sécurité sociale. Une bonne affaire familiale, la présidence de ce groupe Malakoff-Médéric. La réduction du régime de répartition ne peut que conduire à l'éclosion de retraites sur des fonds de pension dont les mutuelles privées sont les principales gestionnaires, une parenthèse.

    L'industrie de l'habillement avec celle du textile fut l'une des premières industries à délocaliser à partir des années soixante. Cela fait donc plus de 50 années que ce domaine industriel souffre des coûts de la main d’œuvre des pays comme le Maroc et la Tunisie. En 2002 un article du Monde.fr soulignait que «les entreprises Françaises de confection ont, dès les années 1960, fait coudre leurs vêtements en Tunisie et au Maroc principalement». Actuellement, elles replaceraient leur système de production en Chine, en Europe centrale, en Turquie. Sans pour autant renoncer au Maghreb, qui réagit à cette nouvelle concurrence en affinant son offre, non seulement pour l'assemblage des pièces de tissu, mais aussi pour les découpes, l'étiquetage, l'emballage et même le dessin des modèles. Les principaux fournisseurs de la confection en France sont la Roumanie, la Bulgarie, le Maroc et la Tunisie, affirme-t-on à l'Union des industries textiles, UIT.

    Il n'existe plus de pantalons, de chemises ou même de soutien-gorge qui soient de fabrication 100 % Française, à l'exception des produits de luxe. On le sait maintenant, la Tunisie excelle dans la lingerie, le Maroc dans la fabrication des pantalons et des vestes, le Pakistan dans le linge de lit, la Chine dans les tissus de coton, et la Corée du Nord, comme le Vietnam, dans les vêtements de travail.

    En avril 2004 à Shanghai, au moment ou l’industrie du textile s’apprêtait à perdre encore 17 000 emplois lors de la fin des quotas textiles de janvier 2005, Jean Pierre Raffarin, alors Premier ministre estimait que la Chine était «un acteur responsable de l’économie mondiale», laissant ainsi entendre qu’elle pourrait auto limiter ses exportations textiles en pleine expansion, TF1 news 24 avril 2005. Déjà à l'époque l'industrie textile qui employait environ 100.000 personnes perdait 10 % d'emplois par an. Une étude de l'Institut Français de la mode, exprimait à l'époque, qu'au moins 7% d'emplois soit 7.000 pouvaient être perdus.

    Il est évident qu'il fut impossible de lutter contre les coûts de main d’œuvre pratiqués. L'écart du coût du travail horaire, en dollars Américains, charges sociales incluses, en 2000, pour les salariés travaillant dans l'habillement, était de 1 à 87 entre le moins cher, Pakistan, et le plus cher, Japon, selon les données de Werner International, citées par l'Union Française de l'Habillement, UFIH.

    • Japon : 26,1 dollars,
    • Union européenne : 14, dollars, 13,8 dollars en France contre 4,3 dollars au Portugal,
    • Amérique latine : 3 dollars,
    • Turquie : 2,6 dollars,
    • Mexique : 2,2 dollars,
    • Europe centrale : 1,9 dollar, 1,6 dollar en Slovaquie,
    • Maghreb : 1,7 dollar, 1,8 dollar au Maroc, 1,6 dollar en Tunisie,
    • Asie : 0,6 dollar, 0,6 dollar en Chine, 0,5 dollar en Inde et 0,3 dollar au Pakistan.

    On ne voit pas ce que pouvait faire Arnaud Montebourg dans ce contexte, la poursuite de cette activité dans ce domaine textile si concurrentiel est une hérésie, il n'avait aucune chance. Seul un domaine d'activité sur du luxe protégé peut encore tenir la route quelque temps.

    Heureusement que les socialistes ont tirés les premiers, ce qui décida, il faut le reconnaître, l’Élysée a entrer en jeu. L'annonce du tribunal de commerce de Lyon le 18 janvier concernant la fermeture de l'usine n'avait pas fait sourcilier un œil au président, ni à Laurent Vauquier maire du Puy en Velay voisin, il s'était résigné. «Nous allons faire le maximum dans les prochains jours pour que l'on accompagne, au mieux, chaque salariée pour retrouver un emploi le plus vite possible» avait-il déclaré. Quant à Xavier Bertrand ministre du travail, «il y a un contrat de sécurisation professionnelle qui a été mis en place qui va garantir aux salariés pendant un an, d'avoir 98 % de leur salaire», il est le dispositif légal sans plus. Même le président a clamé qu'il ne laisserait pas faire, «moi je n'accepte pas la fatalité, je ne serai pas Monsieur Jospin face à Vilvorde», l'usine de Renault qui a fermé en 1997 a-t-il assuré !

    Alors tout se précipite, Laurent Vauquier qui avait promis une bonne nouvelle sur son compte twiter, s'est rendu mercredi 01/02/12 à l'usine Lejaby pour annoncer qu'il y avait un repreneur, Le parisien.fr.

    C'est un maroquinier originaire d'Yssingeaux, qui dirige une entreprise en Auvergne. il reprendra l'intégralité du personnel de Lejaby, soit les 93 salariées. Elles changeront de secteur d'activité, quittant celui de la lingerie pour la maroquinerie de luxe. Vincent Rabérin est «quelqu'un de chez nous», a ajouté le ministre. «Il travaille pour Louis Vuitton, qui s'est engagé à un carnet de commandes sur la durée ?», a-t-il déclaré au côté de l'intéressé. «Aujourd'hui, vous êtes toutes sauvées, c'est une réussite collective», a conclu Laurent Wauquiez à l'adresse des salariées.

    «Il faudra vous remettre en question»

    Cette entreprise implantée dans l'Allier, compte 200 salariés. Il a averti les salariées, «ce n'est pas de la corsetterie, il faudra vous remettre en question». Il a été applaudi et a insisté sur le fait qu'il était «un industriel, pas un financier». Puis ce fut la visite au président.

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    Cliquez sur l'image.

    Sept représentantes de Lejaby ont été reçues par Nicolas Sarkozy le 04/02/12, Photo AFP, document Le Progrès.fr

    «On n’est pas venu faire du tourisme à Paris, ni visiter l’Élysée, même si c’est un très beau bâtiment. On est là pour défendre l’emploi en France» a déclaré Bernadette Pessemesse, déléguée syndicale, CGT. «Si M. Sarkozy nous fait venir pour qu’on le remercie, il fait erreur. Fallait pas qu’il se dérange ! Cette victoire c’est le résultat de notre lutte à nous».

    Il reste encore 350 postes à sauver.

    Ne mâchant pas leurs mots, «a l'avenir il faudra vous préoccuper plus de l'emploi en France», ont-elles déclaré.

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