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la sécu

  • La sécurité sociale,

    vers un déficit record en 2010.

    Vous attendiez probablement à cette annonce, n'est-elle pas le baromètre de la santé de notre pays ?

    C'est un peu comme le bâtiment quand il va tout va. Elle est toujours malade cette sécu, et l'on peut réduire les remboursements maladie autant que l'on veut, ce que n'a pas arrêté de faire ce gouvernement et cela ne change rien, en 2010 le régime général des salariés du privé atteindra un nouveau record de 27 milliards d'euros sur les branches maladie et retraite.

    Ce qui montre la valeur économique de ce gouvernement.

    Lors du dernier gouvernement socialiste sous Jospin la sécu n'était pas dans le rouge, et il a suffit que la droite vienne au pouvoir avec Jacques Chirac pour voir se dégrader les finances de la sécu, et il n'y avait pas la crise mais seulement une politique droitière anti sociale.

    En écrivant cela, je ne fais pas «d'anti droitisme» j'exprime une réalité.

    Pour fixer les idées sur les remboursements de la branche maladie, vous savez que l'on vous prend un euro par consultation généraliste référant, que des franchises s'appliquent sur les médicaments qui ne sont plus remboursés à 100 % mais beaucoup moins, voire pas du tout pour beaucoup d'entre eux, que les mutuelles sont de plus en plus chères et ne remboursent pas tout, enfin ceux qui sont malheureusement malades ont eu certainement à s'en rendre compte. De plus, vous savez aussi que nos hôpitaux crient misère on dégraisse autant que faire se peu au point qu'il faut attendre plusieurs mois pour avoir une consultation, et si vous êtes soigné, on vous expédie au plus vite chez-vous et l'on vous dit, et bien si vous allez mal revenez. En d'autres termes la santé ne va plus pour ceux qui ne peuvent payer la médecine privée, ou l'on vous soigne avec des sur honoraires.

    Un exemple récent pour celui qui ressent des difficultés digestives, l'hôpital lui propose un délai d'un mois et demi avec une lettre de son médecin référant qui n'a pu correctement le soigner. Comme il ne peut attendre si longtemps, il va au privé consulter un gastroentérologue qui lui prend 60 euros, et ce n'est pas de loin le plus cher, tout en lui proposant une fibroscopie, le rituel pour un gastroentérologue. Le rendez-vous est pris dans sa clinique, normal non. Le coût de cette fibro est de 80 euro pour le praticien, le reste est pris en charge par la sécu, mais en plus vous avez 18 euros de forfait hospitalier non remboursé bien sur, ce qui vous fait une dépense de 60+80+18= 158 € augmentée des 22 € de la consultation du généraliste soit 180 € pour voir ce que vous avez. Mais, ce n'est pas tout, le médicament qu'il vous prescrit n'est pas pris en charge et il vous faut payer au pharmacien 6,65 €. En conclusion vous aurez payé 186,65 € pour commencer à vous soigner. Et sur cette somme vous êtes remboursé au minimum.

    Tous ne peuvent payer une telle somme et la santé des Français se dégrade ce qui conduit à une recrudescence des maladies virales et autres coqueluche et tuberculose etc....Notre déclin est commencé.

    Ce ne sont donc pas les patients qui mettent la sécu sur les genoux ni l'hôpital bien que le gouvernement veut encore économiser sur la fonction hospitalière 600 millions d'euro par suite du dépassement prévisionnel. Dépassement qui serait imputable aux hôpitaux alors qu'il serait d'un niveau classique et loin du seuil d'alerte de 0,75 %, soit 1,2 milliards sur 162,4 milliards d'euros. Mais la plus grave des restrictions porte sur le gel de 180 millions d'euros de crédits, qui devraient concerner des établissements médico-sociaux (création de places en maisons de retraite...), et des hôpitaux (aides à la restructuration, compensation de charges de service public...). A ces économies il faut ajouter le changement de calcul des indemnités journalières en cas d'arrêt-maladie, 70 millions d'euros, ou la baisse du tarif de l'anesthésie pour l'opération de la cataracte, 10 millions, prévues dans ces 600 millions d'euros mais qui n'avaient pas été mises en œuvre. Or, des économies pourraient être faites sur les dépenses de l'Élysée par exemple le coût de la garden party en 2009 soit 732.826 €, un niveau jamais atteint auparavant. Remarquez que Christine Boutin virée du gouvernement n'a pas à s'en faire avec une mission sur la justice sociale à 9.500 € mensuels net pour calmer son ardeur contre Sarko.

    Le budget de l'Élysée ne connait pas la crise


    Au total, des économies d'un montant de 1,84 milliard d'euros avaient été prévues pour cette année, grâce à des mesures phares comme la prise en charge de certains médicaments par l'assurance-maladie à hauteur de 15 % et non plus de 35 %, ou encore la hausse très controversée du forfait hospitalier, de 16 à 18 euros par jour.

    1,84 milliards sont loin des 27 milliards de déficit cette année, alors qu'est-ce qui fait cette somme, tout simplement la branche retraite qui serait en déficit de 10 milliards et les pertes des charges salariales dues au chômage et allègement des charges patronales qui ne font plus rentrer d'argent dans les caisses de la sécu.

    Les heures supplémentaires défiscalisées de la loi Tepa sont une catastrophe pour notre économie, non seulement elles l'appauvrisse mais ne créent pas d'emploi. Pour 2009 les exonérations de charges des heures supplémentaires, dues à la loi Tepa, ont atteint 2,7 milliards d’euros, dont, 2,1 milliards d’euros pour les exonérations de cotisations salariales, 0,6 milliard d’euros pour les réductions de cotisations patronales. Ces chiffres correspondent, selon Le Figaro, édition datée du 22/02/2010, à 676 millions d’heures supplémentaires, contre 727 millions d’heures en 2008, soit une baisse de 7% en moyenne annuelle selon l’ACOSS, l’organisme qui regroupe les URSSAF au niveau national, avec une baisse de, 0,6% dans les Toutes Petites Entreprises (TPE), - 9% dans les entreprises de plus de 10 salariés, - 13% dans les entreprises de plus de 2000 salariés.

    Pour la branche retraite on sait ce que le gouvernement prépare une augmentation de l'âge de départ associé à l'augmentation de la durée de cotisation. Or ces deux mesures sont contre productives, l'augmentation de l'âge ne crée pas d'emplois il ne fait que de la misère puisque nombre de séniors sont mis au chômage à 55, 58 ans sans espoir de travail, donc avec un niveau de retraite diminué par rapport au salaire qu'ils avaient, et un nombre d'annuité insuffisant pour une retraite au taux plein. En outre les entreprises qui licencient ne les remplaceront pas pour ne pas alourdir leurs charges. Cela revient à surcharger la branche chômage, donc à diminuer les durées d'indemnités, ce qui va à l'encontre d'une relance de la consommation créatrice de richesse.

    Une politique qui va dans le mur pour le seul bénéfice d'hommes politiques incapables de faire des économies budgétaires, ou d'augmenter les recettes, et pour qui l'invention de nouvelles dépenses reste l'occupation favorite. Et les citoyens d'aujourd'hui sont assez lâches pour tolérer qu'on reporte ainsi sur les générations suivantes le poids des efforts qu'ils refusent de faire pour conserver leur bien être. On maudira alors la classe politique, qui, pour ne pas prendre le risque d'être provisoirement impopulaire, aura reculé devant les réformes difficiles, et en particulier devant les inévitables hausses d'impôts, on maudira les plus anciens, et, pour finir, on renversera du sel sur le tombeau de notre grandeur, Jacques Attali sur Slate.fr.

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