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l'école

  • L'école entre crise et violence,

    pas une seule journée ou elle n'est pas citée.

     

    L'académie de Créteil fait la une des médias, et la Seine-Saint Denis est en première ligne, mais, il n'y a pas qu'elle, le Val de Marne, la Seine et Marne ont fait grève le jeudi 18 février et en appellent à une grève nationale pour le 12 mars. Pour l'académie de Créteil c'est la troisième journée d'action en huit jours. Les deux premières manifestations ont réuni à chaque fois entre 1.000 et 2.000 personnes, alors que la plupart des autres académies sont en vacances. La réduction des moyens par celui de la réduction du nombre d'enseignants et de surveillants cohabite avec celui de l'augmentation de la violence qui apparaît en être le corolaire avec de plus en plus d'enfants en difficultés, et là c'est une certitude.

    La grève est la réponse des syndicats d'enseignants, elle montre le paradoxe des Français qui manifestent devant la dévalorisation de l'institution scolaire mais qui, dans le même temps, soutiennent majoritairement la droite pour ces réformes ! Comment comprendre que l'opposition soit si divisée alors qu'elle devrait s'unir, n'est-elle pas la principale responsable ? Le paradoxe de cette opposition fait que se sont les enfants qui en souffrent alors qu'ils sont innocents des conséquences des coupures budgétaires qui, quoique seront ces grèves, se poursuivront !

    Que l'insécurité s'accroisse, rien d'étonnant en 2004, l'éducation nationale employait 50.000 surveillants pour assurer la sécurité sous différents statuts alors qu'aujourd'hui, ils ne sont que 28.000. Ce qui se passe illustre le désinvestissement de l'État dans l'éducation de nos enfants pour raisons budgétaires, c'est tout simplement la compensation de la réduction des impôts par le bouclier fiscal qui oblige à rogner sur les dépenses de l'État, donc sur les gros postes budgétaires comme l'éducation nationale sur lequel est l'avenir de nos enfants. Un point de PIB en moins c'est 20 milliards d'euros au budget de l'éducation nationale à ce qu'il était en 1996, 20 milliards sur 129 milliards c'est un trou de 15 %, il manque un euros sur six !

    16.000 suppressions de postes sont prévues à la rentrée ce qui pour les syndicats va conduire à désorganiser les établissements en imposant une autonomie de gestion à la pénurie.

    Cela se traduit par des reculs majeurs, en 1996, 84 % des jeunes de 18 ans étaient scolarisés, aujourd'hui nous sommes redescendu en dessous de 80 %. Et à 20 ans, la chute est encore plus prononcée, de l'ordre de 6 points… Tandis que 150 000 jeunes sortent toujours du système scolaire sans aucun diplôme. L'école Française apparaît en outre dans les comparaisons internationales comme médiocre, parmi celles qui produisent le plus d'inégalités sociales.

    Nous ne pouvons rien y changer c'est comme cela depuis des lustres bien que ce ne soit pas acceptable, mais eu égard aux nombreuses couches sociales de notre population il ne peut en être autrement. Or, en France d'énormes possibilités sont offertes pour qui veut s'instruire ce que l'on ne trouve dans aucun pays développé, il convient de le souligner.

    Sur  la violence scolaire l'Express.fr publie un témoignage d'une ancienne chef d'établissement dans un collège qui raconte comment elle a fait face à cette difficulté.

    Extraits,

    «Il y a quelques années, des élèves avaient amené une bouteille d'acide au collège, un genre de cocktail molotov. Après cet incident, on avait tous un peu peur, et les profs voulaient user de leur droit de retrait. Pendant une réunion, je leur signale que ça n'est pas très correct de me laisser seule face aux 300 gamins, que c'est le moment de se serrer les coudes. La bouteille était évacuée, les fautifs étaient pris en charge... Il n'y avait pas de danger immédiat. Par contre, il y avait 300 ados à rassurer, avec qui parler de la situation, et ne pas laisser de doute sur le caractère grave de cet incident. Bref, on ne pouvait gérer ça qu'en équipe».

    «Je n'ai jamais traité un problème collectivement, mais toujours par des entretiens individuels. Ensuite, je comptais sur le travail de fond que j'avais mis en place. Ca compte, l'autorité que tu as sur tes élèves et la reconnaissance qu'ils ont de ta place de chef d'établissement».

    Voyez-vous plus de violence qu'avant dans les établissements ?

    «Non, les bagarres de garçons au fond de la cour ont toujours existé. Ce qui change, c'est que les gamins viennent au collège avec un couteau, ce qui engendre des dégâts plus important. Je crois que c'est pour ça qu'il y a un peu plus de risque qu'avant».

    «Beaucoup d'élèves sont sûrs qu'ils n'auront pas d'avenir. Une mère seule avec une tripotée de gamins à élever et un frigo vide, c'est fréquent et un peu compliqué. Certains ados vivent dans une grande souffrance et se défendent comme ils peuvent. Si la violence augmente, c'est aussi le reflet d'une société qui va mal».

    « J'ai vu des directions qui déconnent, des parents, des profs qui déconnent. Il n'y a pas qu'un seul responsable, mais dans les quartiers difficiles, ça ne pardonne pas. La violence n'augmente pas vraiment, mais cette médiatisation donne l'impression que tous les collèges sont à feu et à sang. Il ne faut pas exagérer!

    A l'académie de Créteil un lycéen de 17 ans du lycée Guillaume-Apollinaire (Thiais) a été agressé à coups de cutter. Les enseignants ont arrêté les cours, invoquant leur «droit de retrait». Le 2 février, un élève du lycée Adolphe-Chérioux (Vitry-sur-Seine) a été attaqué au couteau par six personnes extérieures à l'établissement, provoquant l'arrêt des cours par les professeurs pendant près de deux semaines. Début janvier, un lycéen de 18 ans de Darius-Milhaud (Kremlin-Bicêtre) avait été poignardé à mort par un camarade. Alors à l'attention de ceux qui croient que l'académie de Créteil rassemble toute la pègre scolaire, le blog d'Emmanuel Davindenkoff qui est Directeur de la rédaction de l’Etudiant développe des violences de tout types sur quatre journées ordinaires. Emmanuel Davidenkoff est chroniqueur sur France Info et producteur sur France Musique. Auteur de plusieurs ouvrages sur l’éducation, il avait tenu un premier blog en 2005-2006 pour le quotidien Libération, où il travaillait.

    Témoignages.

    Ces informations remontent à plusieurs mois et elles sont anonymées.

    Journée 1,

    LILLE,

    Collège (62) Vendredi, une élève a agressé verbalement et physiquement un professeur pendant le cours. Le professeur, voulant se protéger, lui a saisi les deux poignets. Les parents de l’élève ont déposé plainte. Référent police informé.

    POITIERS,

    Pendant le week-end, une école (…) en RRS a été vandalisée par 3 collégiens du secteur (…) entendus par la gendarmerie. Les dégradations sont importantes mais réparables en 1 ou 2 jours sauf le matériel informatique. Les élèves sont accueillis en garderie dans les locaux du centre aéré par les services municipaux, les enseignants participant à la remise en état de leur classe.

    NICE,

    Lycée Un élève de terminale a été retrouvé mort (…) près de son domicile, dans des circonstances jugées suspectes par les services de police.

    NANTES,

    Vendée. En complément de mon message de ce matin, concernant le décès, dans un accident de voiture, de trois jeunes filles scolarisées à XXX (Vendée), je porte à votre connaissance que les trois familles concernées ont souhaité une cérémonie commune d’obsèques, qui aura lieu en l’église X. Il faut signaler, d’autre part, qu’un agent municipal de la commune de X, mandaté pour constater le drame, est décédé subitement dans sa voiture sur les lieux mêmes de l’accident.

    Loire Atlantique,

    Lycée Jeudi soir, à 18 h 00, devant l’arrêt des cars, le proviseur-adjoint de l’établissement, Monsieur X, a été agressé par un individu, en état d’ébriété, ami d’une élève du Lycée professionnel X. Il a été injurié, bousculé et a chuté lourdement sur le sol.

    TOULOUSE

    Collège – Gers,

    A la fin des cours, à 11heures 30, une élève de 3ème (15 ans) s’est jetée par la fenêtre de sa classe, depuis le 3ème étage. Evacuée à l’hôpital, double fracture à chaque jambe, ses jours ne sembleraient pas en danger. Cette élève, dont la mère est décédée il y a deux ans suit un traitement à base de psychotrope et est suivie par le CMP de X. Une cellule d’aide psychologique est en place depuis 14 heures avec l’infirmière et le médecin scolaires afin que ses camarades puissent s’exprimer.

    Ecole maternelle - Gers

    Deux suspicions de méningite virale ont été relevées. Trois autres cas du même syndrome ont été également signalés au collège privé sous contrat X. La réunion en COD, qui s’est déroulée en milieu d’après-midi, sous la présidence du préfet a permis de faire un point de situation plus précis sur les syndromes méningés signalés dans la matinée. Aucun des cas ne s’est révélé être une méningite de forme virale mais angine et virose voire entérovirus de fin de printemps. Les médecins traitants et dans un cas, les urgences de l’hôpital d’Auch, ont prescrit un simple traitement des maux de tête. Aucune hospitalisation. Les familles des élèves des établissements concernés sont destinataires d’un message rassurant de la part des médecins scolaires et de la DDASS, occasion de rappeler les règles élémentaires d’hygiène. Les services de l’Etat restent néanmoins vigilants, la DDASS relaie un message de sensibilisation aux médecins du Gers Les mesures prises pour l’école X (…) ont été appréciées des parents, des autorités municipales.

    ORLEANS-TOURS LOIRET,

    Collège X : vendredi, un élève de 3ème a introduit un petit couteau (canif) dans l’enceinte de l’établissement et l’a exhibé pendant les récréations en menaçant certains camarades. Il a également menacé certains camarades de les « planter ». L’élève a été exclu par mesure conservatoire en attendant la tenue du conseil de discipline.

    VERSAILLES EPU X (92),

    A dix heures, le directeur de l’école a été agressé, il a reçu un violent coup de poing à l’oreille, de la part du père d’une élève. Suites : Intervention immédiate des services de police. Consultation à l’hôpital X pour le directeur de l’école (diagnostic de perforation d’un tympan avec une perte de 30% de l’audition.) Arrêt de travail d’une semaine. Dépôt de plainte par Monsieur l’Inspecteur d’Académie au nom de l’Inspection Académique.

    CLG (78),

    Ce matin, une élève de 5ème a menacé la CPE avec une arme blanche. Suites : Elle a été mise en garde à vue. Une plainte a été déposée.

    CLG (92),

    Un ancien élève de l’établissement, exclu par un conseil de discipline, a demandé à rencontrer le principal pour savoir s’il devait passer le Diplôme National du Brevet dans le collège. En sortant, il a montré son sac à un assistant d’éducation. Ce sac contenait des armes (revolver, marteau, couteau, gants et cagoule). Le jeune homme détenteur de ces objets est ensuite ressorti de l’établissement, sans proférer de menaces. Suites : Enregistrement du témoignage de l’assistant d’éducation par les services de police.

    AMIENS,

    Lycée privé (Somme) : un élève de 4ème a été retrouvé, à la fin de la récréation du matin, ligoté et les yeux bandés. Il aurait été également violenté. L’auteur de ces faits est exclu par mesure conservatoire.

    NANCY-METZ,

    Une vingtaine de parents, d’enseignants et d’éducateurs de l’EREA de X (54) sont venus manifester devant le rectorat pour protester contre le retrait de 3 emplois d’éducateurs. Une délégation a été reçue. Les médias ont couvert cette manifestation.

    CRETEIL,

    Collège Trois tentatives d’intrusion dans la semaine dont la dernière a abouti à de graves dégradations dont une salle de classe incendiée.

    Journée 2, journée 3, journée 4, voir la suite à la référence mentionnée.

    Du courant en quelque sorte qu'il est bien difficile d'éviter. Mais quand il y a à Vitry onze surveillants pour 1.500 élèves quelques soient les volontés, il est difficile de contrôler les dérives et les violences qui s'en suivent. Trop de disparités sociales ne peuvent que conduire au malaise de l'école qui reçoit les problèmes des familles dans leur mal à vivre. C'est toute la société qui est responsable et l'école s'en trouve dégradée dans son sacerdoce éducatif. Or, les coupures budgétaires sont inadmissibles dans ce contexte ou il convient d'assurer l'éducation de nos enfants qui se paye plus tard c'est donc un mauvais calcul pour la société.

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