Avertir le modérateur

juin

  • La chronique de juin,

    retraite et voile.


    Ce mois de juin a été fertile en évènements politiques. Nous avons eu le passage d'une logique visant à sortir de pauvreté à une logique du travail par le RSA. Il donne un peu plus aux pauvres mais comporte des risques en instituant la précarité.

    Mauvais départ pour le RSA à lire ici.

    Le Revenu de Solidarité Active, le RSA, remplace différentes allocations dont le RMI et permet de les cumuler avec les revenus d'un travail partiel. En 1988, lors de la création du RMI (Revenu minimum d'insertion) par la gauche, la droite s'était élevée arguant que l'individu mérite qu'on l'aide, certes, il a des droits, mais aussi des devoirs, notamment celui de chercher du boulot. Le débat s'était ouvert entre une morale de l'effort et une morale de la solidarité. La gauche l'a emporté et avec elle s'introduit une révolution, le lien qui existait entre revenu et travail a été dénoué au profit d'une autre logique, le droit d'insertion, comme le raconte la sociologue Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS, dans un livre qui retrace la naissance politique du RSA. Seulement le RSA qui est censé résorber la précarité est encore un cadeau fait aux entreprises par l'apport d'une main d'œuvre bon marché.

    En fait, tout simplement, il officialise le fait que les entreprises ont le droit de payer leurs salariés avec des sourires, c'est à dire en dessous du SMIC.

    Il permet de compléter le RMI au Rmiste afin qu'il ne perde pas de revenu lors d'une embauche puisque le RMI lui est supprimé, en d'autres termes, ce complément de revenu fait une soudure acceptable à la fois pour le Rmiste et pour l'entreprise, le RSA, voir ici.

    Il y a eu les élections Européennes qui ont vu l'émergence d'Europe écologie la liste conduite par Daniel Cohn-Bendit avec un peu plus de 16 % de suffrages, se plaçant tout juste à coté du PS. Cela a été largement commenté, voir mes articles ici, et ici.

    Et puis cette fameuse loi Hadopi qui pour le moment est en stand bye, le piège qui a vu la disgrâce de Christine Albanel remplacée par le féru de culture qu'est Frédéric Mitterrand. Souhaitons lui bonne chance dans cette quadrature du Net un vrai merdier «création et internet», voir ici.

    Et puis quelque chose dont  on a peu parlé c'est la chute de l'emploi salarié au premier trimestre 2009.

    09061211_inseex1i1_ori567-la-chute-de-lemploi-salarie.1246374177.jpg

    Aucun secteur n'est épargné. L'industrie a atteint un point bas historique. La construction a perdu 10 400 emplois et s'attend à 20 000 à 25 000 emplois en moins en 2009.

    Toutes les sources le confirment, l'emploi salarié s'est effondré au premier trimestre 2009. Au cours des trois premiers mois de l'année, la France a perdu 187 800 emplois salariés selon les chiffres de l'Insee publiés jeudi 11 juin. La baisse est de 1 % par rapport au trimestre précédent et de 1,9 % sur un an. Les chiffres de l'assurance-chômage, qui couvrent un champ différent, font état de 175 100 emplois en moins. Et l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS), qui recouvrent les cotisations de Sécurité sociale, constate une diminution de 2,2 % de la masse salariale au cours de la même période. Selon Etienne Debauche (Insee),

    «c'est le point le plus bas depuis que les données existent, soit depuis 1970».

    Après une année 2008 difficile, les destructions des emplois dans le secteur concurrentiel s'accélèrent. Selon les chiffres de l'Insee, la chute du premier trimestre 2009 représente plus de 60 % de celle, déjà importante, du quatrième trimestre 2008, 106 800 postes. Il n'est pas étonnant que l'on veuille augmenter l'âge départ en retraite puisque les cotisations patronales et salariales sont en chute libre.

    Et là nous arrivons le 15/06/09 à une déclaration de Brice Hortefeux suggérant de porter l'âge de la retraite à 67 ans, comme si c'est c'était âge qui conduirait au chômage et au déficit abyssal de nos finances.

    d5ea66c2-596e-11de-9f1a-bb5ddf9b5a27.1246375431.jpg

    Le ministre du travail a rappelé que le relèvement de l'âge de la retraite est «l'une des trois pistes généralement présentées» pour combler les besoins de financement. Photo F. Bouchon Le Figaro

    La dessus le président de la république veut ouvrir le chantier de la vie après 60 ans. Le gouvernement acculé par l'envol du déficit de la branche vieillesse relance le débat sur l'âge de départ à la retraite.

    Il fait une politique de marche en avant qui nous conduit tout droit dans un mur. Incapable de maîtriser la montée du chômage, incapable de donner du pouvoir d'achat pour relancer la croissance, incapable de reconnaître son erreur fondamentale de réduction des impôts pour les plus riches, incapable de reconnaître qu'il gaspille notre argent avec ces heures supplémentaires défiscalisées, enfin incapable de voir l'avenir et de nous dire à longueur d'années que la croissance va enfin arriver, il n'a rien trouvé d'autre que de suggérer d'augmenter l'âge de départ la retraite pour réduire le déficit de plus de 20 milliards d'euros pour 2009, 9 à10 milliards pour la branche maladie et 7 à 8 por le branche vieillesse. Bien entendu nous vivons plus âgés et nous pourrions partir en retraite plus tard, mais pas dans les conditions actuelles ou l'emploi des séniors est toujours aussi précaire, combien sont ceux qui travaillent jusqu'à 60 ans ?

    François Fillon a aussi déclaré que ce n'était pas une question taboue et beaucoup à l'UMP se sont félicités que le débat ait lieu, les déficits s'aggravent.

    Le gouvernement qui avait écarté l'an dernier l'idée de relever au delà de 60 ans l'âge légal de la retraite comme le propose le patronat, juge maintenant que c'est une piste envisageable.

    En 2009, en France, près des trois quarts des prestataires du régime général d'assurance-vieillesse partent à la retraite à (ou avant) l'âge de 60 ans, l'âge minimum légal d'ouverture de leurs droits. Par exemple, en 2007, 76 % des hommes et 68 % des femmes sont partis à la retraite du régime général à 60 ans au plus, qu'il s'agisse de départs «au taux plein», de départs pour inaptitude ou pour invalidité, de (rares) départs «au taux réduit» ou, enfin, de départ en «retraites anticipées-carrières longues», selon un article paru dans la Revue de l'OFCE (n°109 d'avril 2009 consacré ). Ceci s'explique par le fait que les personnes qui partent à la retraites aujourd'hui sont entrées dans la vie active dans les années 1950 et 1960, période où la scolarité ne dépassait guère les 14 ou 16 ans.

    Les réformes successives des retraites, mises en route en 1994 par Edouard Balladur, en 2003 par François Fillon, alors ministre du Travail, et en 2007-2008 par Xavier Bertrand n'ont certes pas touché à l'âge légal au dessus duquel il est possible de partir à la retraite, mais elles ont en revanche allongé progressivement la durée de cotisation exigée pour bénéficier d'une retraite à taux plein, qui était de 37 ans et demi de cotisations avant 1994 et qui sera de 41 ans en 2012.

    Au final, le relèvement de l'âge moyen de départ pour les hommes serait de l'ordre de deux ans entre 2005 et 2020. Sous cette hypothèse le financement des retraites est relativement assuré à l'horizon 2020, sous réserve que le niveau relatif des pensions continue à diminuer, selon la revue de l'OFCE.

    La conséquence coule d'elle même, la durée de cotisation étant augmentée le niveau des pensions diminuant il n'y a aucune raison de ne pas augmenter l'âge de départ en retraite.

    «Autour de nous, dans tous les pays européens, on a repoussé l'âge légal de la retraite. Donc cette question n'est pas une question taboue», a déclaré François Fillon. «C'est une question qui mérite un grand débat national. J'ai déjà indiqué que c'est une question qui devrait faire l'objet d'un débat dans le cadre d'une élection présidentielle ou d'une élection législative»,

    a-t-il ajouté.

    Seulement, il oublie de déclarer que chez nous l'emploi des séniors est au plus bas. Ils sont jetés au chômage bien avant l'âge de la retraite. Ce problème forme un tout, on ne peut le regarder que d'un seul coté sans prendre en compte tous les paramètres par exemple celui de la pénibilité, du départ dans la vie professionnelle dès l'âge de 18 ans, de l'emploi des jeunes si les vieux restent au travail comment leur en donner, et de l'équilibre entre les classes sociales qui composent notre pays. La façon de procéder de notre gouvernement est tout à fait intolérable, les salariés du privés sont pris à la gorge tandis que ceux du public ont des avantages incomparables en retraite et en garantie de l'emploi.

    L'autre fait tout aussi intolérable est le voile qui masque le visage des femmes de religion musulmane, nous ne sommes plus en France, nous ne pouvons tolérer cette façon de traiter ces femmes comme si elles étaient des criminelles dont il faut cacher le visage.

    Les différents types de voile qui se promènent dans nos rues.

    h_4_upl_1210687_7b3d_voile.1246381680.gif

    Le gouvernement légiféra-t-il sur le port du Nicab ou de la Burqa ? Une demande de commission d'enquête parlementaire sur le voile intégral relance le débat sur la laïcité en France, seul pays a avoir légiféré sur le port du voile à l'école. Une enquête «doit nous permettre de voir plus clair sur le sujet», de «mesurer l'ampleur du phénomène et puis ensuite de prendre les décisions qui s'imposeront», a affirmé le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. «Pourquoi pas» une loi, a-t-il dit.

    09062111_burqax1p1_ori180.1246384281.jpgA Lyon à la sortie d'une école.

    Le port du voile est une entorse à la tradition laïque. Légiférer sur cette islamisation même si elle est mineure est lui donner trop d'importance. N'avons nous pas assez de problème à traiter sans se perdre dans cette islamisation qui s'empare de nos rues.

    Ou est la France que j'ai connue ?

    Dans son discours au Congrès de Versailles du 22 juin devant les deux Assemblées, Nicolas Sarkozy a réaffirmé la laïcité de la France.

    «Qui peut oublier que la séparation de l’Eglise et de l’Etat s’est faite dans la douleur ?»

    Il retrace par ces mots la loi de 1905 qui n'a cessé d'être combattue par le clergé.

    «Je reste ferme sur l’idée que la laïcité ce n’est pas le refus de toutes les religions, ce n’est pas le rejet du sentiment religieux. C’est un principe de neutralité et un principe de respect. La laïcité c’est le respect pour toutes les opinions et pour toutes les croyances. Quand Jules Ferry a écrit aux instituteurs, il leur a dit,

    «Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il nous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire»

    «Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons de la dignité de la femme. Mais sommes nous obligés de continuer cette guerre qui n’a plus lieu d’être ? Nous ne sommes pas menacés par le cléricalisme. Nous le sommes davantage par une forme d’intolérance qui stigmatise toute appartenance religieuse. Je le dis en pensant en particulier aux Français de confession musulmane. Nous ne devons pas nous tromper de combat. Dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions. Le problème de la burka n’est pas un problème religieux. C’est un problème de liberté et de dignité de la femme. Ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement, c’est un signe d’abaissement. Je veux le dire solennellement, la burka n’est pas la bienvenue en France».

    Nous sommes d'accord.

    Après le discours de Sarkozy.

     

    Il y a bien eu d'autres sujets comme le remaniement ministériel qui ne me paraît pas présenter un intérêt majeur, on prend les mêmes que l'on déplace sur un chéquier en faisant au passage une petite épuration qui ne présente que peu d'intérêt, la politique est gouvernée par Sarkozy seul. La seule nouveauté est l'arrivée de Frédéric Mitterrand le neveu du défunt président.

    Interrogé mardi 23 juin par France 2 sur sa nomination comme ministre de la Culture, révélée plus tôt dans la matinée par nouvelobs.com, a déclaré qu'il s'agissait «d'une tâche exaltante et d'un honneur». Quand on l'a interrogé sur ceux qui demanderaient s'il était toujours de gauche, Frédéric Mitterrand a répondu, «je leur laisse le soin de répondre à la question», ajoutant, «François Mitterrand, quand il ne voulait pas répondre, ne répondait pas. Je suis pareil». «Nicolas Sarkozy a bien été ministre au temps de Mitterrand», a-t-il avancé.

    Nicolas Sarkozy a été ministre du Budget et porte-parole du gouvernement d'Edouard Balladur de 1993 à 1995 durant la deuxième cohabitation. Lionel Jospin avait revendiqué le «droit d'inventaire» pour se démarquer de l'action de François Mitterrand. François Mitterrand approuverait-il son choix ?

    «J'ai passé une année à la Villa Médicis, où je crois que j'ai fait beaucoup de choses. Les adieux avec l'équipe de la Villa Médicis ont été très émouvants et je pense que cette expérience va beaucoup me servir pour la suite», a-t-il ajouté. Interrogé sur la place qu'aura la culture au sein du prochain gouvernement, Frédéric Mitterrand a déclaré avoir «une idée précise de la place de la culture dans sa vie, c'est déjà pas mal». Alors qu'on lui demandait si François Mitterrand approuverait son choix, il a répondu, «Certainement, vous savez, lui, il ne se prêtait pas au droit d'inventaire».

    Finalement, il récolte ce qu'a refusé Jack Lang, qui n'a pas osé être ministre du gouvernement Fillon bien qu'il ait été sollicité.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu