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hollande merkel

  • Les affrontements,

    Qui baissa les yeux en premier ?

    Angela Merkel et François Hollande au château de Ludwigsburg le 22/09/12 /AP/ Michael Probst, document Le Monde.fr.

    Support Wikipedia Droit dans les yeux chacun veut exprimer sa suprématie politique. L'enjeu c'est l'Europe bien sûr, et celle dont on connait la mieux c'est celle d'Angela Merkel, le fédéralisme dans les rigueurs budgétaires des États membres. Celle de François Hollande aussi d'ailleurs, pour le budget, puisque que l'effort de redressement sera de 37 milliards en 2013. De quoi réjouir à la fois les Allemands mais aussi les autres pays qui ont déjà adoptés le TSCG et qui avaient peur d'une dérive budgétaire d'endettement.

    L'affrontement c'est aussi celui de François Hollande avec la droite et la gauche radicale.

    37 milliards c'est plus que les 30 milliards annoncés puisque s'ajouteront 7 milliards déjà votés dans le budget rectificatif. Le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit public de 4,5 % du produit intérieur brut fin 2012 à 3 % fin 2013, ce qui soulève des critiques même dans la majorité. La question est pourquoi 2013, cela risque de miner la croissance qui est déjà faible clament les économistes. Mais le gouvernement veut rassurer les marchés et donner à la France la crédibilité de sa signature, Sarkozy ne s'était-il pas engagé aux 3 % en 2013 ? Actuellement nous empruntons à des taux extrêmement bas, et cela nous fait engranger deux milliards d'euros.

    Contrairement à ce qu'a fait le précédent gouvernement, sur ces 37 milliards 20 milliards seront des hausses d'impôts. Cette politique de partage entre austérité et hausse d'impôts mécontente à la fois la droite par les impôts et la gauche radicale par l'austérité. La politique sociale démocrate de gauche de François Hollande est donc attaquée par la droite, bien qu'elle engage 10 milliards de réduction des dépenses, et par la gauche bien qu'elle engage 20 milliards de hausse d'impôts. Que la droite conventionnelle tape sur Hollande rien de plus logique puisqu'elle nous à endetté de 1.700 milliards, quant à l'extrême droite toujours aussi pauvre intellectuellement puisqu'elle déclare, à son université d'été, par la bouche de Marine Le Pen que la normalité du président est de prendre ses ordres de Berlin, ou Washington ou Goldman Sachs !

    De ce constat, il ressort que le budget avec le TSCG actuellement en débat au parlement sera adopté, pour le budget, par les socialistes à quelques défections près et par les écologistes, mais ils seront opposés paradoxalement au TSCG comme quelques socialistes, sur le fait que c'est le texte du Merkozy, des incohérences politiques comme toujours, on vote le budget mas pas les conditions de son application, voir l'Europe vers plus de fédéralisme à pas feutrés pour ne pas entendre. Quand à la droite parlementaire elle devrait voter pour le TSCG puisque c'est son texte, mais pas le budget. Dans ce contexte rien d'étonnant à ce que la popularité de François Hollande soit en baisse de 11 points selon le baromètre Ifop/JDD. François Hollande paie à la fois les hausses d'impôts et prend de plein fouet les impatiences de la gauche titre le JDD du 27/09/12.

    Le problème est de savoir ce qu'il faut faire sachant, que ce qui est fait mécontente soit la droite soit la gauche ou les deux à la fois, on n'en sort donc pas. La politique de François Hollande est donc dans une position médiane qui on le sait mécontente le plus grand nombre. Mais il lui reste encore 43 % ce qui est encore acceptable. Quant à Jean-Marc-Ayrault sa chute est de 7 points pour atteindre 50 %. Mais faut-il s'en préoccuper non, faut-il poursuivre cette politique et laisser aux médias du grain à moudre, ne faut-il pas vendre, et pour cela, ils n'hésitent forces sondages, qui changent du jour au lendemain, à perturber l'action du gouvernement, ce qui finalement émeut peu.

    Alors on cherche si un président a fait pire que lui en un mois. Jacques Chirac soutien de François Hollande puisque Corrézien tous deux a fait pire en 2005 après le non au référendum Européen et Charles de Gaulle en 1962 à la fin de la guerre d'Algérie. Il faut donc laisser s'amuser ceux qui se gaussent de cette mauvaise passe, et comme François Hollande l'a déclaré lors de l'anniversaire des 50 années de l'amitié au moment de la conférence de presse, interrogé sur le fait que la chancelière Allemande montait dans les sondages tout en étant en fin de mandat alors que lui, en début de mandat, baissait, le président déclara,

    «il se trouve que nous sommes dans une situation en Europe qui est difficile. Il y a une crise, une croissance faible, du chômage et mon devoir c'est de permettre à la France, dans le cadre de ses engagements Européens, d'arriver à la fin de mon mandat dans un meilleur état que ce que j'ai connu au début». «Il y a effectivement dans un mandat, des hauts et des bas, ce qui compte c'est le cap qui est fixé, les moyens de l'atteindre et la force que l'on met pour obtenir des résultats», a-t-il ajouté. «Les débuts de mandat sont forcément une période où les attentes sont considérables, les fins de mandat sont des temps où des résultats sont attendus».

    Mais, j'ajouterais que l'Allemagne n'est pas la France et qu'elle est beaucoup plus cohérente politiquement que nous. C'était bien sûr une commémoration qui fit que François Hollande s'adressa en Allemand à la jeunesse comme le fit le Général de Gaulle.

    C'était à l'endroit même ou le général de Gaulle avait prononcé son discours il y a 50 ans à la jeunesse Allemande. Et c'est aussi devant une jeunesse politique citoyenne réunie pour cette commémoration que la chancelière s'exprima. «Vive la jeunesse Franco-allemande, vive la jeunesse Européenne», lança-t-elle en Français à l'issue d'un discours prononcé en Allemand, au château de Ludwigsburg l'une des plus grandes résidences baroque d'Europe. «Nous Européens, nous sommes unis pour notre bonheur», a-t-elle martelé deux fois, applaudie par l'assistance. Pour anecdote, elle avait huit ans lorsque le général de Gaulle s'exprima.

    Ce château de Ludwigsburg tout un symbole pour ces deux dirigeants qui prétendent être le moteur de l'Europe. Malgré la crise et les désaccords sur la gestion de la dette de l'euro, on sait que l'Allemagne s'oppose au rachat des dettes par la BCE et qui rappelle que son objectif est avant tout la stabilité des prix de la zone euro, mais aussi sur la fusion du groupe à dominante Franco-allemande EADS avec le Britannique BAE système.

    Ce rapprochement, s'il aboutit, créerait un groupe mondial dont le chiffre d'affaire s'élèverait à près de 80 milliards dollars du plan vision 2020, le plaçant devant le géant Boeing avec 68,7 milliards de dollars. Les deux groupes AEDS et BAE représenteraient 225.000 employés. La fusion d'Airbus et de Eurofighter créerait «un groupe d'envergure internationale avec des centres de production et d'excellence substantiels en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis», ont indiqué les deux groupes dans un communiqué. Rien n'est encore fait, les Britanniques ne se prononceront que si leurs intérêts seront préservés, Pierre Moscovici se prononcera le moment venu, il y a énormément d'obstacle à franchir selon Bernard Cazeneuve ministre des affaires Européennes, la France veut garder la main sur des projets stratégiques, quand aux Allemands ils veulent des garanties sur l'emploi et les Espagnols n'ont pas souhaité réagir pour le moment.

    Sur le rapprochement EADS et BAE, François Hollande a déclaré, «nous, la France et l'Allemagne, sommes décidés à agir en concertation étroite parce que nous considérons que c'est un enjeu qui concerne l'Europe mais aussi nos deux pays, compte tenu de la composition du capital de cette entreprise», quant à la chancelière «les détails ne doivent pas être débattus en public, notamment compte tenu des emplois» soulignant qu'EADS était une bon exemple de coopération Franco-allemande.

    Pour les Échos.fr, il s'agissait pour l'ancien président d'EADS de donner à la maison mère du souffle après ses déboires avec l'A380 en parvenant à la hauteur de Boeing à l'horizon 2020. EADS veut équilibrer la part des activités de défense à la hauteur des activités civiles et la part du non-Airbus à celle de l'avionneur, (Dassault), elles représentent 70% du chiffre d'affaires du groupe. De plus EADS, dont la production et les emplois sont principalement en Europe, bien que la majorité de ses ventes sont à l'export, vise 40% de production et 20% des emplois hors d'Europe en 2020. Enfin, le groupe aéronautique, promet d'atteindre 10% de marge brute, comme son concurrent Américain. Cet objectif jugé inatteignable pourrait voir le jour avec cette fusion. Mais des ombres assombrissent ce rapprochement, Berlin exigerait la parité avec Paris après la fusion avec BEA. Les Allemands compliqueraient le dossier, en entrant en direct au capital du nouvel ensemble. Ils tiendraient cette position dans la mesure où Paris manifeste de son côté son souhait de conserver sa participation de 15% dans EADS, (diluée à 9% en cas de fusion). Berlin exigerait ainsi la parité Franco-allemande au sein du capital du nouvel ensemble pour la préservation de l'emploi dans les usines d'EADS en Allemagne, à un an des élections générales.

    Les industriels ont jusqu'au 10 octobre pour conclure à un rapprochement ou l'abandonner. Du politique mais aussi de la stratégie industrielle et pour cela nous devons montrer notre détermination politique dans l'objectif des 3 % en 2013. Cela forme un tout pour notre crédibilité.

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