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  • Le Liban, suite 2,

    un petit territoire mais une grande histoire.


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    Beyrouth, le centre ville.


    Les Maronites au Liban.


    saint-maron-150px-maroun04.1281770846.jpgLa communauté s'est probablement formée au Vème siècle dans la région d'Antioche, autour de l'anachorète Maron, qui deviendra son saint patron (l'anachorète est celui qui appartient à un peuple chrétien oriental catholique de rite Syrien constituant une des églises uniates implantées en Syrie et au Liban). Les fidèles de Maron fondent leurs premiers monastères dans la vallée de l'Oronte, dont le plus connu est le couvent de Saint Maron (Dayr Maroun). Les historiens admettent aujourd'hui que l'origine de la communauté «est liée à la tentative de l'empereur Héraclius (610-641) de rassembler les Chrétiens autour de la doctrine du monothélisme» en soulignant que les grandes Églises du Proche-Orient sont nées des querelles christologiques du Vème siècle. Ce serait à la fin du VIIème siècle que la communauté maronite se constitue en Église indépendante de Byzance. Le premier patriarche, Saint Jean Maron mort en 707, est installé dans la vallée de l'Oronte où il construisit un sanctuaire et un couvent dédiés à l'ermite Saint-Maron et il y déposa le crâne du Saint artisan miraculeux de guérison de malades.

    Saint-Maron est né au IVème siècle et est mort en 410, il était prêtre. Devenu ermite, il se retira près de la ville de Cyr sur le mont Taurus, dans la région d'Antioche. Le couvent de Saint-Maron devint rapidement un centre spirituel pour les chrétiens locaux. Saint Jean Maron est considéré comme le père du mouvement spirituel et monastique appelé maintenant Église maronite, une église chrétienne importante en Syrie et au Liban. Il a passé toute sa vie sur une montagne dans la région de Cyrrhus en Syrie. Cet endroit pourrait être celui du village avoisinant connu sous le nom de Kefar-Nabo au mont Al-Yambos.

    Le mouvement maronite a atteint le Liban quand Abraham de Cyrrhus, le premier disciple de Saint Jean Maron, s'est rendu au Liban où il a établi une mission pour convertir les païens d'origine phénicienne. Les disciples de Saint Jean Maron, les moines et les laïques, sont toujours restés fidèles aux enseignements catholiques. Ils forment une communauté chrétienne appartenant au rite oriental de Syrie et du Liban. Cette communauté a conservé la liturgie syriaque et elle fait partie de l’une des Églises uniates, elle reconnaît toutefois le pape de l’Église catholique romaine. Les Maronites vivent surtout au Liban et en Syrie, mais il existe d'autres petits groupes Maronites à Chypre, en Palestine, en Australie et aux États-Unis. Leur population est estimée à environ 3.500.000 dans le monde en 2005 dont 1.250.000 au Liban.

    L'église maronite est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient. Il a sa résidence à Bkerké au Liban. Le titulaire actuel est le cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir. Le titre «Mar» veut dire «Monsieur» en araméen. Dans la tradition Maronite ce titre est également donné aux saints. Les patriarches Maronites portent toujours le nom «Boutros» en second prénom, en référence à Pierre, fondateur de l'Église d'Antioche.

    L’Église maronite accepta le concile de Chalcédoine qui a eu lieu en 451, et fut même persécutée pour cela au VIème siècle. Elle n’est donc pas une Église monophysite. Monophysique est une doctrine christologique apparue au Vème siécle dans l'empire Byzantin en réaction au nestorianisme et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore 1er d'Alexandrie. Elle relève de la tradition antiochienne d’expression syriaque. Au VIIe siècle, l’invasion musulmane contraignit les patriarches chalcédoniens d’Antioche à l’exil. De 702 à 742, il n’y eut plus de patriarche du tout. C’est au cours de cette période troublée que l’Église maronite se constitue en patriarcat par le premier d'entre eux Saint Jean Maron. Chassés de Syrie par les persécutions au IXème siècle, les Maronites s’installèrent principalement au Liban où ils vécurent en Église autonome. Au temps des croisades, les relations de l’Église maronite avec Rome s’intensifièrent. Elle professa ouvertement sa soumission au pape au XIIème siècle.

    Aujourd’hui l’Église maronite compte 23 diocèses et deux vicariats au Liban, en Syrie mais aussi dans le monde entier comme en Argentine ou en Australie.


    Géopolitique du Moyen Orient , Le Liban une passoire par René Nabla du blog renenaba.com.

    Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre (partie 1/3), fin.


    Le paradis Libanais, une fournaise.

    Mais le paradis Libanais tant vanté par les maquettes publicitaires de luxe s’est révélé être une fournaise. A l’ombre de la dolce vita et du farniente de la riviera Libanaise, longtemps à la botte des États arabes, toujours à la remorque des occidentaux, constamment en quête de reconnaissance internationale, les Palestiniens paieront un lourd tribut à leur débordement de type mafieux, à leur laxisme contre révolutionnaire. Un maillon important de la chaîne de commandement en fera les frais, dont les principaux responsables politiques et militaires, que cela soit au Liban même ou à Tunis, leur troisième lieu d’exil. Au Liban avec l’assassinat de Kamal Nasser poète et homme politique palestinien, porte parole officiel de l’OLP, Mohamed Abou Youssef al-Najjar, le ministre de l’intérieur de la centrale Palestinienne, Kamal Adouane, le responsable des formations de jeunesse, tué lors d’un raid Israélien en avril 1973, et le play boy Ali Hassan Salameh tué en 1948, chargé de la protection rapprochée de Yasser Arafat. A Tunis, avec l’assassinat des successeurs présumés du chef Palestinien, Khalil al-Wazir, alias Abou Jihad al-Masri , commandant en chef adjoint et ordonnateur de l’Intifada en Cisjordanie, et, Salah Khalaf, l'un des fondateurs du Fatah, alias Abou Iyad , responsable de l’appareil de sécurité. La décapitation des chefs charismatiques de la guérilla Palestinienne privera le combat Palestinien d’une direction révolutionnaire, déblayant la voie à la promotion de bureaucrates aux postes de commandement dont Mahmoud Abbas en constitue le parfait représentant, de la même manière que l‘incarcération des deux figures emblématiques de la résistance de l’intérieur, Marwane Barghouti, Fatah, en prison en haute sécurité Israélienne et condamné à perpétuité, et Ahmad Saadate, FPLP, dégagera le terrain à la propulsion de deux cerbères affectés à la sécurité d’Israël, Mohammed Dahlan et Djibril Rajoub, dont le goût prononcé pour le luxe leur sera fatal.

    La donne changera avec la relève chiite, et, en dépit de la disproportion des forces, le combat parait moins inégal. Certes le Hezbollah a dû pâtir de sérieux coups de butoir tant des Israéliens que des occidentaux, mais le décompte au terme de trois décennies ne lui apparaît pas totalement aussi défavorable que la supériorité technologique du camp adverse et son impunité n’auraient pu le suggérer. Deux des prestigieux chefs du Hezbollah, Abbas Moussawi, premier chef du Hezbollah, et surtout Imad Moughnyah, le bâtisseur de sa branche militaire, ont certes été éliminés par assassinat, et le chef dignitaire religieux chiite, Cheikh Mohamad Hassein Fadlallah, objet d’un attentant manqué ourdi par la CIA avec des fonds pétromonarchiques. Mais, stoïc dans l’adversité, sa riposte a été à la hauteur de ses pertes.

    Véritable prise de guerre, l’occupation de l’ambassade Américaine à Téhéran, en 1980, a permis la mainmise sur un important lot de documents confidentiels, détaillant l’architecture du réseau du renseignement Américain au Moyen orient et la liste des émargements. La décapitation de l’Etat major de la CIA pour le Moyen-Orient, une trentaine de personnes, lors de l’attentat contre le siège de l’ambassade Américaine à Beyrouth, en 1983, de même que le dynamitage du PC des marines, 214 tués, en même temps que le PC Français, le Drakkar, en octobre 1983, constitueront de sérieux revers pour le renseignement occidental, accentué par la prise en otage, le 16 mars 1984, de William Buckley officiellement diplomate Américain à Beyrouth, en fait un des animateurs de l’antenne de la CIA au Moyen-Orient, mort en 1985 en captivité, après avoir, semble-t-il, fourni des précieuses indications à ses tortionnaires. Sans compter le retentissant scandale de l’Irangate, la vente prohibée d’armes Américaines à l’Iran, le scandale de la décennie 1980, allumé par une mèche à lente combustion depuis Beyrouth, pour finir par carboniser l’administration républicaine du président Ronald Reagan.

    En trente ans, la guerre de l’ombre a été ponctuée de raids de commandos héliportés Israélien sur Beyrouth et sur le Sud Liban et de spectaculaires opérations. L’enlèvement de deux responsables chiites, Cheikh Karim Obeid, 1989, et Moustapha Dirani, 1994, et le contre enlèvement d’un colonel Israélien du cadre de réserve Hannane Tannebaum, 2000, en témoignent. De non moins spectaculaires échanges de prisonniers aussi, une dizaine au total, permettant la libération de près de sept mille prisonniers Palestiniens et Arabes, en contrepartie de la restitution de dépouilles de militaires Israéliens et d’espions, sans toutefois que ces gestes de conciliation n’affectent l’intensité du combat.

    Beyrouth est un vaste cimetière de traîtres, mais ce bilan macabre n’a apparemment pas découragé les vocations tant cette activité périlleuse s’est révélée lucrative, à en juger par le récent coup de filet anti Israélien réalisé par les services de sécurité Libanais. Du gros gibier, un général, deux colonels, trois cadres supérieurs occupant des fonctions névralgiques au sein d‘une entreprise stratégique de communications, un président sunnite d’un conseil municipal, proche du premier ministre Saad Hariri, le frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal. Tous à des postes sensibles. Soixante dix arrestations, 25 inculpations pour espionnage au profit d’Israël, un chiffre sans précédent, infligeant au renseignement Israélien l’un des plus importants revers de son histoire.

    L’élément déclencheur de cette contre offensive Libanaise aura été l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughnyah, le cauchemar de l’Occident pendant un quart de siècle, qui conduisit cette organisation clandestine et opaque à opérer un travail de contre espionnage en profondeur pour finir par démasquer les pisteurs, deux frères sunnites, originaires de la bourgade d’al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah, en possession du matériel photographique et vidéo, d’un système GPS dissimulé dans leur véhicule fréquemment garé au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, en vue de pointer les responsables du Hezbollah empruntant le passage vers la Syrie. Opérant depuis vingt ans pour le compte des Israéliens, Ali al-Jarrah était même muni d’un passeport Israélien, pour ses déplacements, via Chypre, en Israël.

    Au niveau chrétien, six acteurs majeurs ont été arrêtés, le général Adib Semaan al-Alam, un ancien de la sûreté nationale, un poste où il avait aussi accès au département des passeports, source d’information capitale. Recruté par les services Israéliens en 1994, il aurait loué pour le compte des Israéliens des abonnements à lignes de téléphonie cellulaire. Ses employeurs l’auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques «Douglas office», qu’il utilisait comme taupes auprès de leurs employeurs, membres de la bourgeoisie Libanaise. Grâce à cette couverture, Adib al-Alam aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l’armée Libanaise. Un deuxième officier chrétien inculpé est un beau frère d’un officier de l’armée dissidente Libanaise du général Antoine Lahad, les supplétifs de l’armée Israélienne au sud Liban. Convaincu de collaboration avec Israël, le colonel Mansour Diab, était directeur de l’Ecole des forces spéciales des commandos de marine, un poste qui lui a permis de superviser les opérations d’exfiltration d’agents et de transbordement de matériels d’espionnage. L’un des héros de la prise d’assaut du camp de réfugiés Palestiniens de Nahr el-Bared, l’été 2007, blessé à l’épaule lors de l’attaque, il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis.

    Trois autres Libanais employés d’une société de téléphonie cellulaire, la société Alpha, exerçant des fonctions sensibles au sein d‘une entreprise stratégique de communications, ont été inculpés pour «intelligence avec l’ennemi». Précisément pour avoir connecté le réseau de la téléphonie mobile de leur firme au réseau des services de renseignement Israéliens, leur répercutant l’ensemble du répertoire de leurs abonnés, de leurs coordonnées personnelles et professionnelles y compris les coordonnées bancaires. Tareq Raba, ingénieur des télécommunications, et son subordonné hiérarchique, Charbel Qazzi, auraient fourni à leur commanditaires le code d’accès des abonnés avec possibilité de permuter les numéros de téléphone en vue de brouiller l’origine d’un appel et son destinataire. Le chef du réseau, Tareq Raba, en poste depuis 1996, a été recruté par le Mossad en 2001 et percevait pour prix de sa trahison 10 000 dollars par mois. Le 5ème chrétien, Joseph Sader, est un employé à l’aéroport de Beyrouth, qui a admis être en charge du repérage des émissaires et diplomates du Moyen-Orient transitant par l’aéroport de la capitale libanaise.

    Au niveau sunnite, un officier supérieur a été inculpé, originaire du Akkar, district montagneux au nord du Liban, le colonel Shahid Toumiyeh, frère de cinq officiers en service dans l’armée et la gendarmerie Libanaise. Il a été arrêté en sa possession de plusieurs centaines de documents ultra secrets de l’armée Libanaise. Toujours au niveau sunnite, un proche de Saad Hariri, Zyad Ahmad Hosni, président du Conseil municipal d’une localité de la Bekaa, était chargé de pister les déplacements des dignitaires du Hezbollah dans la zone frontalière Libano-syrienne et d’obtenir un rendez vous avec Hassan Nasrallah, voire à la suite 7, le chef du mouvement chiite, en vue de son assassinat à distance.

    Au niveau chiite, quatre prises consistantes, Ali Hussein Mintash, frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal, chargé du repérage des sites de lancement des missiles, le deuxième, un représentant en pharmacie, Jaoudat Salmane al Hakim, revendique un bilan particulièrement lourd puis qu’il a participé à l’assassinat de trois responsables du Hezbollah, Ghaleb Awad, dans la banlieue sud de Beyrouth, en 2004, et les frères Majzoub, à Saida, en 2006. Toujours au niveau chiite, un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud Liban, Marwan Fakir, un concessionnaire automobile du Hezbollah, aurait utilisé ses talents pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures du parti. Un quatrième chiite, Nasser Nader, est suspecté d’avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements Israélien d’une grande précision en 2006.

    La découverte de ce réseau serait le fruit d’un événement fortuit, un puissant logiciel confié par les Occidentaux à la sécurité Libanaise pour détecter les anomalies des communications cellulaires dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, un logiciel capable d’analyser des dizaines de milliers d’appels téléphoniques et d’en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s’activent qu’à certains moments. Ou qui ne communiquent qu’avec un ou deux numéros. Le responsable de ce programme, un brillant officier spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid , devenu sans doute encombrant par ses découvertes, a été pulvérisé, le 25 janvier 2008, par un attentat à la voiture piégée.

    Plus grave, un des fournisseurs d’accès internet au Liban était alimenté par une société Israélienne, la branche régionale de la société anglo Italienne Tiscali, via son relais de Chypre, relié par une antenne pirate sur le Mont Barouk au Liban, une antenne pirate greffée sur l’antenne de la chaîne de télévision MTV, propriété de Gabriel Murr, frère du ministre de la défense Elias el Murr. Pis encore, une des antennes placées au Sud Liban, dans la bourgade de Safarieh, proche de Saida, était dirigée vers la zone frontalière Libano-israélienne, zone de déploiement de la Finul, avec un réseau disposant d’une capacité de captation de la totalité de la messagerie électronique des «Casques bleus» de l’ONU.

    Toutes les communautés Libanaises sont représentées, chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth. Toutes ont fourni des agents, soit pour glaner des informations, soit pour préparer des dossiers d’objectif ou organiser la filature des dirigeants du Hezbollah. Certains travaillaient pour Israël depuis les années 1980, recrutés pour des motifs variés, financiers, idéologiques ou psychologiques, voire même pour des cas de chantages sexuels ou d’addiction à la drogue. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention, une trentaine d’autres sont toujours recherchés par les autorités Libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l’avion vers une destination inconnue, d’autres ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949.

    Ce bilan ne tient pas compte des avatars tel celui de l’agent Franco-afghan Karim Pakzad , représentant du Parti socialiste Français à l’Internationale socialiste, arrêté le 26 avril 2007 par le Hezbollah, dans la banlieue Sud de Beyrouth, alors qu’il prenait des photos du bunker d’Hassan Nasrallah, porteur d’un appareil d’interception des communications téléphoniques, ni de la mystérieuse évaporation d’une non moins mystérieuse Néerlandaise, Inneke Botter, ancien cadre supérieur de la succursale Hollandaise de la firme Française Orange, partenaire de la société Libanaise, proche de la Mafia Israélienne opérant en Europe centrale notamment en Géorgie et en Ukraine, démasquée par les services de renseignements Russes.

    Fin de la première partie de la guerre de l'ombre.

  • On commence à comprendre,

    que la guerre ne résout pas tout.

    Il y aurait un vent de changement à Washington concernant sa position en Afghanistan d'après le Tribune de Genève du 28/01/09, voir ici. L’amiral Mike Mullen, numéro un de l’armée américaine, a évoqué hier à Washington les limites de ses troupes en Afghanistan et abordé les priorités militaires du nouveau gouvernement Obama.

     

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    © Daniella Zalcman/27 janvier 2009 | L’amiral Mike Mullen, numéro un de l’armée américaine. «Nous avons besoin d’un accroissement de notre présence diplomatique et civile sur le terrain pour avoir un impact sur les populations civiles.»

    Enfin on se rend compte que les armes ne font pas tout surtout en Afghanistan pays de montagnes difficile à contrôler. Il est entouré de la Chine, de l’Iran, du Pakistan, du Turkémistan, l’Ousbékistan, et du Tadjikistan, l’Iran et surtout le Pakistan sont des pays d’accueil des terroristes. Il est donc difficile de le combattre chez eux, leur frontière avec l’Afghanistan est pour le Pakistan de 2430 km et pour l’Iran de 936 km. Cela montre la difficulté de combattre l’infiltration de terroristes, voir cliquez ici.

    L'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan était un engagement inutile tant en hommes, (et on a vu ce qu'il en est advenu quatorze soldats Français y sont morts, cliquez ici,) qu'en dépenses présageant des difficultés qu'entrainaient la guerre dans de telles conditions territoriales et surtout le maintien d'une paix durable contre les Talibans, ce qui avait été également l'avis sous entendu de l'État major Français.

    Mais il fallait suivre George Bush qui réclamait de l'aide et dans le cadre d'un revirement de notre politique au sein de l'OTAN, et d'un rapprochement avec les États-Unis, nous en avons envoyé 1.000 soldats supplémentaires dans l'est de l'Afghanistan. Voir la vidéo précédent la discussion au parlement, non à l'envoi de troupes en Afghanistan.

     

    L'amiral Mike Mullen vient de confirmer que la situation militaire à des limites.

    En réponse à une question de la Tribune de Genève, l’amiral Mike Mullen, numéro un de l’armée américaine, a abordé hier à Washington les défis Américains en Afghanistan, mais aussi la nouvelle stratégie du gouvernement Obama. Comme on pouvait le penser, l'administration d'Obama se démarque de celle de George Bush qui, plutôt que de discuter, préfère la guerre sachant que, malgré l'expérience Américaine au Viet Nam, on ne peut vaincre dans ces conditions de façon continue si l'on n'occupe pas de façon permanente le territoire. Cela fait maintenant sept années que nous sommes présents en Afghanistan sans que la situation se soit améliorée, les risques d'enlisement sont réels.

    Cela ne veut pas faire croire que les États-Unis se dégagent d'Afghanistan puisqu'ils ont préparé des plans pour le déploiement de 30.000 soldats supplémentaires.

    «Nous avons besoin d’un accroissement de notre présence diplomatique et civile sur le terrain pour avoir un impact sur les populations civiles.»

    Il est évident que si l'on s'attache les populations civiles les chances de succès sont meilleures à la condition qu'elles comprennent ou est leur intérêt. Mais ces populations savent aussi que les Américains ne peuvent assurer une présence continue et qu'ils devront un jour partir, et c'est sur ce point que se joue le succès de cette opération. Ce que l'on peut redouter, c'est qu'une fois les Américains partis, les Talibans reviennent et commencent le nettoyage des collaborateurs, cette épée de Damoclès sur la tête de la population brise toute diplomatie de paix.

    L'amiral Mike Mullen a confirmé que la guerre en Afghanistan et la présence d'Al-quaida dans l'ouest du Pakistan étaient des sécurités prioritaires de la Maison-Blanche. «Nous nous sommes concentrés pendant des années sur l’Irak, ce qui a limité notre capacité à déployer des soldats en Afghanistan», a-t-il indiqué. Or comme le président Obama l'a maintes fois annoncé le dégagement en l'Irak permettra l'envoi des troupes supplémentaires en Afghanistan, et Barack Obama avait parlé d'un délai de 16 mois. L’amiral a confirmé que ce délai faisait partie des options étudiées mais est resté vague, préférant insister sur le besoin de prendre en compte tous les risques associés aux différentes stratégies.

    Il semblerait aussi que Barack Obama prenne en compte l'avis de ses militaires ce qui n'apparaissait pas évident avec George Bush.

    Or, l'envoi de troupes supplémentaires à été critiqué par Kaboul selon le quotidien ELMOUDJAHID.com, cliquez ici .

    «La décision des États-Unis d'envoyer des soldats supplémentaires en renfort en Afghanistan en 2009 a été critiquée par le président Afghan, Hamid Karzai, et par un porte-parole des Talibans, combattus dans le pays par l'armée Afghane et les forces de la coalition étrangère».

    M. Karzai, réagissant à l'annonce faite samedi par un haut responsable militaire Américain du déploiement prochain de 20.000 à 30.000 soldats supplémentaires, a notamment tenu pour responsables les forces internationales de la dégradation de la situation sécuritaire dans son pays, où les forces armées gouvernementales qui combattent les Talibans peinent à ramener la stabilité et la sécurité parmi les populations Afghanes. Il a d'autre part dénoncé la poursuite des raids aériens et des offensives terrestres menées par ces forces contre des civils innocents dans des villages des zones tribales de l'Afghanistan, «au lieu a-t-il précisé, de s'en prendre aux caches des milices Talibanes et des groupes armés» actifs dans le pays.

     

    Parallèlement à cette orientation en Afghanistan Barack Obama a tendu la main à l'Iran qui n'en veut pas.

    «Si des pays comme l’Iran sont disposés à desserrer le poing, ils trouveront une main tendue de notre part».

    Ce message, Barack Obama a visiblement décidé de le marteler. Lundi soir, c’était sur la chaîne Al-Arabiya, lors de la toute première interview octroyée à un média du monde musulman. Et cela, moins d’une semaine après son entrée en fonction. Tout un symbole. Et l'Iran à répondu,

    «Nous accueillons favorablement ces changements à la condition qu'ils soient fondamentaux et qu'ils s'engagent dans la bonne direction»,

    a dit le président Mahmoud Ahmadinejad.

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    Le président Iranien, Mahmoud Ahmadinejad, demande, mercredi 28 janvier, à Barack Obama de s'excuser pour les «crimes» commis selon lui par les États-Unis contre l'Iran. Dans un discours dans la ville de Kermanshah, le président iranien a énuméré toute une liste de griefs contre les États-Unis remontant jusqu'à leur organisation d'un coup d'État en 1953 pour renverser le premier ministre de l'époque, Mohammad Mossadegh. Il a aussi mentionné l'opposition de Washington à la révolution islamique de 1970 ou son soutien à l'Irak dans la guerre engagée par Bagdad contre l'Iran.

    M. Ahmadinejad appelle Washington à «respecter les peuples», à «ne plus s'ingérer dans les affaires des autres peuples», à «mettre un terme au soutien aux sionistes sans racines, illégaux et fantoches», et enfin à permettre au peuple Américain «de décider de son propre sort». L'Iran «accueille favorablement le changement à condition qu'il soit en profondeur», dit le président Iranien. Il avertit que si «quelqu'un veut parler avec le peuple iranien avec le même état d'esprit que l'ex-président George W. Bush (...) mais avec des mots nouveaux, la réponse de l'Iran sera la même que celle donnée ces dernières années à Bush et ses valets».

    Il est évident que la politique de gendarme du monde développée depuis des années par les Américains ne joue pas en faveur d'une prise en considération de la main tendue de Barack Obama. Elle laisse des traces, qui sans aller jusqu'à des excuses, cette main tendue mériterait d'être développée et concrétisée en premier par une mise au pas d'Israël pour la paix avec les Palestiniens, ce serait une preuve de bonne gouvernance.

    La politique de l'Égypte,

    elle ne peut pas être dissociée de celle de l'Irak sur la politique de la main tendue. Nous assistons à une guerre froide au Moyen-Orient qui pourrait aggraver les efforts de Barack Obama de créer un État Palestinien. De plus son désir de s'engager auprès des régimes Iranien et Syrien et de se retirer au plus vite d'Irak ne réjouis pas les États arabes modérés (Égypte, Arabie Saoudite, Jordanie et la plupart des États du Golfe) de l'axe mené par l'Iran (Syrie, Hezbollah, Hamas et le Qatar), voir l'édition Française Jérusalem Post du 28/01/09 cliquez ici

    Téhéran se bat pour son programme nucléaire, son succès menaçant la survie des États du Golfe, l'Iran ne reconnait pas Israël et a demandé à l'UE de le déclarer État terroriste. Aussi, la réussite du projet nucléaire Iranien pourrait mettre fin à la prééminence de l'Égypte dans la région et contre balancer la puissance d'Israël.

    D'autre part l'Égypte ne voit pas d'un bon œil la main mise du Hamas, satellite de l'Iran, dans la bande de Gaza, voulant l'ignorer en tant représentativité, sachant que les Frères musulmans dont sont issus les membres du Hamas sont une opposition à sa politique au Proche-Orient pro-Fatah, c'est à dire en fait celle que souhaite Israël.

    La réussite du projet nucléaire Iranien conduirait Le Caire de s'embarquer dans un programme nucléaire avec des fonds destinés au développement social de son pays. Cet ordre de priorité lui avait déjà fait signer un traité de paix avec Israël il y a 30 ans.

    D'autre part, les pays arabes modérés s'opposent non seulement aux liens unissant l'Iran au Hamas de la bande de Gaza, mais aussi aux relations entre la république islamique et le Liban. De ce fait, ils soutiennent avec l'Égypte le président de l'autorité Palestinienne, ainsi que le gouvernement Libanais Siniora.

    Ainsi Barack Obama aura bientôt la surprise de découvrir que l'objection à un État Palestinien viendra moins d'Israël que de l'Égypte, de l'Arabie Saoudite et de la Jordanie, puisque ces pays craignent que le groupe terroriste ne s'empare de la Judée-Samarie dans le cadre de la création d'un État. Concernant le problème Palestinien, ils préfèrent donc l'option d'un «processus» que celle de mesures réelles.

    C'est donc une recomposition du Proche-Orient qui se joue avec l'Iran. Tout est lié, l'impérative nécessité d'un État Palestinien ne peut se faire sans le Hamas donc sans une position de non agression des Iraniens qui permettrait à l'Égypte de reconnaitre le Hamas. La main tendue d'Obama à l'Iran devrait avoir comme objectif de détendre cette région de la menace Iranienne, mais, il faut pour cela des gages d'Obama de non agression avec l'Iran, et lui permettre la poursuite de son programme nucléaire qui de toutes façons se poursuivra quoiqu'il advienne, personne ne prendra le risque de déclarer la guerre à l'Iran. La solution est de laisser faire son développement nucléaire, ne pouvant faire autrement, contre l'échange d'un pacte de non agression envers Israël et les États modérés du Proche-Orient.

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