Avertir le modérateur

guadeloupe

  • La Guadeloupe,

    entre esclavagisme et perfusion.

    On n'a bien des difficultés pour apprécier, à sa juste valeur, le climat d'insurrection qui depuis plus d'un mois règne dans cette île soumise à un coût de la vie prohibitif eu égard aux revenus de ses habitants. D'après ce que l'on perçoit, cette île comme celles des autres Antilles La Réunion, la Martinique, la Guyane départements d'Outre-mer serait, (seraient) soumise(s) à l'esclavagisme noir dominé par les colons blancs d'après le leader Élie Domota du LPK (Lyiannaj Kont Pwofitasyon), «ensemble contre les profiteurs» qui est devenu la figure emblématique de la contestation Guadeloupéenne.

    1-france-guadeloupe-elie-domota_90.1235138826.jpg

    Cette insurrection qui nous coûte déjà cher mais va couter ou va nous coûter encore plus cher de 580 millions pour les Dom dont 280 millions au titre du RSA, le revenu de solidarité active, et ceci après un mois de désordres, un syndicaliste Jacques Binot tué par balle, des magasins pillés, incendiés, des barricades et des tirs à balles réelles, et six policiers blessés par des tirs d'armes à feu. Des jeunes hors de contrôle, une jeunesse désœuvrée qui ne trouve pas de travail à bac+5 évoquant Mai 68 et soutenant Domota, celui qui a ouvert les yeux sur la pwofitation (profitassions). Ils sont par grappes enturbannés dans leur tee-shirt qui tiennent des petits barrages en feu tous les 100 mètres. Ils sont grands musclés portent des tongs ou des baskets. Leur colère est grande contre l'État d'avoir laissé pourrir la situation.

    Quel triste bilan pour les Français à mettre à la gloire de Sarkozy qui n'a pas pris à temps les mesures qu'il fallait. Il a laissé envenimer le climat en envoyant Yves Jégo secrétaire d'État à l'Outre-mer sans réel pouvoir mais qui probablement a fait au mieux et qui affirme avoir apporté 131 réponses à 132 revendications du LPK en multipliant les rencontres pour obtenir une issue du conflit. C'était donc insuffisant puisque ensuite deux médiateurs, nommés par le premier ministre, sont repartis avec Yves Jégo pour trouver un terrain d'entente à la préfecture de la Basse-Terre et sont repartis dès leur arrivés dans l'île constatant une impossible base d'entente.

    Sarkozy se trouvant acculé devant l'ampleur de la révolte paye avec notre argent les pots cassés, a-t-on jamais vu pareille gouvernance ?

    Quel honneur pour celui qui voulait réformer l'État, nous voici avec une ardoise potentielle de 580 millions. Il ne voulait pas entendre parler d'augmentation des salaires pour finalement entendre de François Fillon sur RTL annoncer une prime proche de 200 euros défiscalisée pour les bas salaires sauf sur la CSG et la CRDS mais représentant une charge de 108 millions pour l'Etat modulée entre 35 et 120 euros et fonction de la taille de l'entreprise et qui serait payée par le patronat et les entreprises, prime réclamée à l'origine de la grève par le LPK. Offre qui devrait être soumise à la table de négociations pour accord entre le patronat Guadeloupéen et le LPK qui trouve cette proposition particulièrement floue.

    Elle serait versée par le patronat pendant deux ans, pour ceux qui gagnent entre 1 et 1,4 fois le SMIC soit 45.000 personnes en Guadeloupe, et payée mensuellement.

    «Il n'est pas question que l'État supporte seul la hausse des salaires en Guadeloupe devant les sénateurs jeudi 19/02/09, François Fillon». De la bravoure mal placée eu égard au désastre. On est loin de la revendication portée depuis le début par le LPK de 200 € pour les bas salaires et l'astuce serait le recours au RSA en élargissant ses conditions d'application Outre-mer ce qui, pour François Fillon, permettrait de faire la soudure à 200 €, mais ce ne serait pas immédiat puisqu'il faudrait le mettre en place.

    Les négociations du 20/02/09.

    Elles ont repris à Pointe-à-Pitre à la préfecture maritime après 22 heures Françaises entre le LPK avec une délégation représentant 49 syndicats et associations qui le composent et celle du patronat d'une vingtaine de personnes.

    L'impossible accord, les négociations ont été rapidement interrompues aux environ de 20 h30 heure locale (15 h 30 à Paris) pour reprendre lundi 23/02 à 11 heures locales, les propositions du patronat se limiteraient à 50 €. Les entrepreneurs de l'île seraient prêts à 50-70 €. D'après Yves Jégo vendredi soir sur France O, il y aurait matière a avancer dans les propositions avec les médiateurs de manière à ce que le patronat formate une offre là ou c'est possible. Pour le moment les barrages sont ne sont pas levés mais assouplis pour les obsèques du syndicaliste Jacques Binot. Le JPK n'est pas convaincu par les propositions de Sarkozy, pour lui, la manne de 580 millions D'€ serait utilisée pour le coup de pouce sur le RSA, or le RSA est difficile à mettre en œuvre mais ne profite pas à tous.

    Les départements Français quatre siècles d'incompréhension.

    Colons, esclavages, économies de comptoir, expressions, qui semblent surgies d'un passé lointain, reviennent sans cesse dans les discours des différents acteurs du conflit qui paralyse depuis plusieurs semaines la Guadeloupe, et a progressivement gagné la Martinique. Vu de métropole, leur emploi ne peut que surprendre pour certains, mais pour d'autres ces «noirs» ne sont pas acceptés. Il m'arrive, pour des compagnons que je fréquente, de constater leur racisme à l'égard de ces Français qui ne sont pas comme eux, et je les remets rapidement dans le respect des droits de ces personnes. Il faut aussi reconnaitre qu'elles aussi présentent des penchants racistes, probablement par ce qu'elles ne se sentent pas encore totalement intégrées, ou par fierté mal placée et manque de respect ou d'éducation. Car enfin, les DOM sont des départements presque comme les autres, presque par ce que lointains, c'est donc difficile n'étant pas à leur contact mais avec lesquels la solidarité nationale joue à plein.

    Les Antilles s'embrasent hantées par leur passé.

    C'est en 1635 que les premiers colons Français s'installent en Guadeloupe et en Martinique. La culture de la canne à sucre, très lucrative, s'y développe rapidement. Comme celle-ci nécessite une main d'œuvre abondante, les planteurs ont bientôt recours à l'achat d'esclaves venus d'Afrique noire. Les sociétés esclavagistes se mettent en place, on estime que quatre millions de personnes ont connu l'esclavage dans les colonies françaises (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Saint-Domingue...) Françaises ont un héritage particulier, qui pèse lourdement sur leur physionomie actuelle. Et leurs relations avec la France «continentale» n'ont jamais été simples.

    Les sociétés esclavagistes sont des organisations particulièrement instables. Les planteurs européens, en grande infériorité numérique (à la fin du XVIIIe siècle, on compte en moyenne 112 esclaves par plantation en Guadeloupe et en Martinique), vivent dans la hantise permanente d'un soulèvement, et font donc régner une discipline de fer. Un Code Noir, censé réglementer l'oppression, est édicté en 1685 sous l'égide de Colbert. Il ne sera jamais appliqué.

    La Révolution française arrive en plein apogée des colonies esclavagistes. Elle aura une influence décisive sur leur destin, malgré les efforts d'un puissant lobby, le Club de Massiac, la cause abolitionniste, défendue entre autres par la Société des amis des Noirs, progresse.

    Dans l'élan de 1789, la révolution de Saint-Domingue, menée par Toussaint Louverture, éclate en 1791. Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), la Convention décrète l'abolition de l'esclavage. Au fil des années, l'idée que la départementalisation est un «échec» gagne du terrain aux Antilles. Significative est, de ce point de vue, l'évolution d'un Aimé Césaire (1913-2008). Invité par Le Monde, en mai 1971, à dresser le bilan de la loi de 1946, dont il avait été le rapporteur devant l'Assemblée nationale, le député et maire de Fort-de-France ne cache pas son amertume,

    «En 1946, nous avons rêvé d'une France généreuse (...). La départementalisation, pour nous, devait être l'égalité des droits. Elle ne le fut pas. Le nouveau système est devenu encore plus colonialiste que l'ancien. Peu à peu, il a secrété ses privilégiés, ceux qui vivent de lui, les fonctionnaires, les grosses sociétés, le «lobby» Antillais qui pèse sur le pouvoir» à suivre sur cliquez ici.

    Témoignages.voire cliquez ici

    Jocelyne, 32 ans, 2 enfants, en métropole depuis trente-deux ans.

    «L'État Français a laissé trop faire sur le plan économique. La quantité de produits importés est trop importante. Il faut aussi trouver un terrain d'entente pour que les salaires augmentent». «Toute cette violence est déplorable, mais ce qui arrive en ce moment était malgré tout prévisible. Si j'ai envie de retourner vivre là-bas? Oui, bien sûr. Mais vous savez, la vie y est beaucoup plus compliquée qu'ici, notamment sur le plan professionnel.»

    Michel, 50 ans, informaticien, en métropole depuis l'âge de 14 ans.

    «Je suis très heureux de ce qui arrive là-bas. C'était inévitable. Il fallait ça pour que la situation se débloque. Cela vient même tard par rapport à ce que les départements d'Outre-mer ont vécu et vivent actuellement. «La violence? On ne peut pas faire d'omelette sans casser des œufs. Je n'ai pas peur de dire qu'il y a du tort du côté de nos politiciens, l'État Français envoie des subventions et on se demande où elles passent. Il y a un consensus entre ceux qui détiennent le pouvoir économique et le pouvoir politique».

    Urbain, 58 ans, retraité de France Télécom, en métropole depuis trente-cinq ans.

    «Je souhaite que les revendications qui sont exprimées là-bas puissent aboutir sans que ce soit du saupoudrage comme cela l'a été trop souvent pas le passé, hausse du pouvoir d'achat, baisse des prix des produits de première nécessité, augmentation des aides aux plus défavorisés». «L'économie est liée au pouvoir politique, et la politique qui est menée depuis quarante ans dans les départements d'Outre-mer n'est pas celle que nous attendons de la France».

    Les départements à l'économie sinistrée.

    09022017_domx1i1_ori567.1235153142.jpg

    Depuis le début des manifestations qui secouent la Guadeloupe, les syndicats et les associations du collectif contre l'oppression (LKP) ont évité d'ériger en priorité l'évolution du statut de l'île et de son maintien dans la République. Mais depuis la révision constitutionnelle de 2003, la question du lien reste posée entre l'Etat, les départements et les collectivités territoires de l'outre-mer.

    Fortes disparités entre l'Outre-mer et la Métropole.

    fortes-disparites-infographie-antilles1.1235207466.gif

    L'Outre-mer bénéficie de fortes exonérations de charges.

    Les abattements de charges dans les DOM, qui ont quintuplé en cinq ans, vont encore croître d'au moins 100 millions d'euros cette année. Chaque emploi créé représente déjà près de 40.000 euros en allégements de charges, selon Bercy. En annonçant un nouvel allégement de charges sur les salaires en outre-mer, le gouvernement ne fait qu'alourdir une facture déjà bien lourde, au regard du nombre d'habitants et du poids économique de ces départements.

    « Ceux qui crient aujourd'hui au désengagement de l'État ne font en réalité que jouer sur les peurs, la réalité, c'est que le budget 2009 consacre 16,7 milliards à l'Outre-mer contre 15 milliards en 2008 », a déclaré Yves Jégo en début de semaine.

    1,45 milliard d'euros en 2009.

    Outre d'importants compléments de rémunérations pour les fonctionnaires (159 millions d'euros annuels), la politique économique outre-mer est marquée par deux caractéristiques fortes, les réductions d'impôt sur le revenu pour attirer les investissements (plus de 1 milliard d'euros) et les exonérations de charges sociales pour favoriser l'emploi. Ce volet est particulièrement lourd à assumer pour l'État. Il représente plus de 5 % des exonérations consenties sur toute la France, alors que l'Outre-mer ne représente pas plus de 1,5 % de la masse salariale comme du PIB.

    En effet, le dispositif d'exonération prend en charge, à concurrence de 1,3 à 1,5 SMIC, l'ensemble des cotisations patronales dans les entreprises de moins de 11 salariés, y compris sur les hauts salaires. Le dispositif est beaucoup plus limité en métropole, puisqu'il se limite aux rémunérations inférieures à 1,6 SMIC.

    Les exonérations de charges patronales, qui ont quintuplé depuis 2000, représentent ainsi 1,358 milliard d'euros en 2008. Ce chiffre devait être porté à 1,45 milliard d'euros cette année, selon le projet de loi sur le développement de l'Outre-mer devant être discuté prochainement au Sénat, voire les échos ici.

    Alors on ne comprend pas cette insurrection eu égard à l'argent que nous dépensons.

    «Nous avons adopté la position verticale». Cliquez ici .

    Parole de Guadeloupéens en lutte, en forme de clin d’œil à Césaire, qui se définissait comme un « Nègre vertical », émancipé de la position de l’esclave à l’échine courbée. Comment comprendre la référence à l’histoire esclavagiste, omniprésente dans le mouvement social qui secoue depuis un mois les Antilles ?

    C’est que cette histoire lourde, longtemps taboue, a forgé, dans ces îles les consciences, les mentalités et les rapports sociaux.  Au-delà du maintien de cette oligarchie, c’est le regard suspicieux de la plupart des Blancs sur les Noirs et le racisme hérité de la colonisation que dénoncent Martiniquais et Guadeloupéens.

    «Nous sommes descendants d’esclaves. Nos ancêtres ont construit ce pays et la France. Pour tout salaire, ils recevaient des coups de fouet. Il reste des traces de ce mental colonialiste, chez les békés comme chez de nombreux métropolitains blancs. C’est cela qui explique la discrimination raciale dont nous sommes victimes, sur le marché du travail mais aussi dans tous les domaines de la vie », estime Mylène, secrétaire médicale au chômage, habitant dans un quartier populaire à Pointe-à-Pitre.

    Ce climat, relèvent de nombreux acteurs du mouvement, a été alourdi ces dernières années par les envolées d’un président de la République prompt à fustiger « la repentance » ou à exalter les « aspects positifs » de la colonisation.

    «En parlant ainsi, Nicolas Sarkozy contribue à maintenir ce rapport de domination et à libérer la parole raciste. Ces discours-là, nous ne les supportons plus », confie Suzy Singa. Pour l’artiste, c’est le rapport même de la France à elle-même qui est en cause. «Je ne renie pas la part Française qui est en moi. C’est l’histoire. Mais nous sommes différents. Que l’on nous laisse être ce que nous sommes, métissés, avec notre histoire. La France ne nous accepte pas comme tels. Ce pays a un lourd problème avec ses couleurs, avec la multitude qui la constitue ».

    On ne peut être totalement en accord avec lui, nous n'avons rien contre les métissés, notre effort financier en témoigne, mais il faudrait probablement gérer autrement notre argent pour qu'il soit plus justement réparti. Dans le cas contraire on ne pourra perfuser indéfiniment les DOM.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu