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  • Le prix du gaz,

    indexé sur le pétrole, oui mais.....

    Lorsque la presse et les médias audio visuels annoncent une augmentation du prix du gaz, ils n'oublient pas de préciser que ce prix dépend de celui du pétrole pour nous faire admettre l'augmentation. Mais sans préciser la corrélation entre les deux prix. Elle dépend des prix d'achat qui sont de droits privés et sont tenus secrets, et de la relation, entre ces prix d'achat, et de celui fixé au consommateur qui est aussi secrète de sorte qu'il est impossible de comprendre ce qui lie l'un à l'autre. D'autant plus que, le gouvernement intervient de sorte que, finalement, c'est lui qui fixe le prix souvent à la baisse en fonction du calcul et du souhait du Gaz de France-Suez, et de l'avis de la Commission de régularisation de l'énergie, CRE qui n'a pas pouvoir de décision.

    Pour celui qui ne s'intéresse pas à cette usine à gaz, il s'attend à ce qu'il baisse avec la baisse du brut, et il a raison, d'autant plus que ces derniers mois il a fortement baissé après avoir aussi fortement augmenté comme le cours du pétrole qui atteint, voir ici,

    le 07 juillet 2008, 95 € pour le baril de 159 litres soit, pour un euro à 1,56 $, un prix du baril en dollars de 148,2 $ d'ou, par litre 0,932 $, alors qu'il était à 62 € au début de l'année soit sur 7 mois 53,2 % d'augmentation.
    Le cours au 12 décembre 2008 est à 34,81 € le baril soit, pour un euro à 1,3382 $, un prix du baril en dollars de 46,582 $ d'ou, par litre 0,293 $. La variation à la baisse est donc de 68,56 % depuis le 07 juillet 2008. Or tout le monde sait que le prix du gaz domestique n'a pas chuté de ce pourcentage.

    En me référant à mes factures, entre le 31/12/07 et le 17/06/08 il le prix du gaz au kwh a augmenté en deux fois donnant 11.85 % d'augmentation totale, alors que pour la même période le prix du baril de pétrole a augmenté progressivement de 52 % passant de 62 € à 95 €. Le gaz n'a donc pas suivit l'augmentation de prix du pétrole. Entre le 07/07/08 et le 12/12/08, le prix du pétrole a chuté progressivement de 68,56 %. Pour le gaz un réajustement positif à eu lieu entre le 15/08/08 et le 13/10/08 de 5,95 % alors que le pétrole baissait ! Nous avons donc eu au cours de cette année 17,8 % d'augmentation du gaz en trois fois. Cela donne sur l'année une moyenne de 14,3% pour le gaz et 0,88 % pour le pétrole, étonnant non, sachant que le gouvernement par la voix de son porte-parole Luc Châtel a annoncé pas d'augmentation du gaz cet hiver. Il ne suivra donc pas le prix du pétrole alors qu'il aurait du baisser. Le détail du calcul est le suivant sur les pourcentages :

    pour le gaz : (11,85×7)/12 +[(11,85+5,95)×5]/12= 14,3

    pour le pétrole : (52/2×7)/12- (68,56/2×5)/12= 0,88

    La baisse progressive de 68,56 % de juillet à la fin de l'année compense largement la hausse progressive de 52 % du pétrole des premiers mois de l'année.

    Les consommateurs que nous sommes ont raison de dire que le gaz aurait du baisser.

    L'indexation du prix du gaz sur celui du pétrole est donc erronée dans son application immédiate par suite de la règle du 6-3-1

    Les tarifs du gaz sont révisés tous les trois mois (1erjanvier, 1eravril etc...) suivant la méthode dite 6-3-1. Pendant 6 mois, Gaz de France-Suez définit une moyenne sur 6 mois de ses prix d'achat, puis gèle la moyenne trouvée pendant un mois et applique le nouveau tarif pendant trois mois suivant son calcul et des considérations précédentes. En d'autres termes, il faut 6 mois d'analyse du coût du gaz plus une période d'un mois de latence pour que soit répercuté une hausse ou une baisse du gaz sur trois mois, et ainsi de suite. Le calcul du prix du gaz serait donc possible par la connaissance de ses coûts d'achat.

    Ce qui est intéressant c'est de comprendre pourquoi le prix du gaz est référencé à celui du pétrole, et quelle est la corrélation ?

    Indexation du prix du gaz sur celui du pétrole.

    (Office fédéral de l’énergie OFEN Worblentalstrasse 32, CH-3063 Ittigen • Adresse postale: CH-3003 Berne. office@bfe.admin.ch • www.admin.ch/bfe )

    Elle a d’abord une origine historique. Lorsque le gaz naturel a été introduit en grandes quantités sur le marché européen à la fin des années 1960 et au début des années 1970, le mazout était le combustible le plus utilisé. Les contrats de livraison de gaz avec les pays producteurs ont été signés pour de longues périodes (20 à 30 ans). Conscientes qu’en l’absence de dispositions de sauvegarde, le gaz naturel, une énergie «nouvelle», aurait du mal à s’affirmer face au mazout déjà solidement établi, les parties impliquées ont ancré le principe de l’indexation sur le prix du pétrole dans la plupart des contrats de livraison. Le fait que les pays exportateurs de gaz soient également exportateurs de pétrole a probablement aussi joué un rôle. Ils n’avaient en effet pas intérêt à encourager la concurrence entre les deux combustibles.

    Le marché du gaz se caractérise par la clause de Take or Play des contrats à long termes, cliquez ici .

    Cette clause prévoit que l'acheteur doit payer au moins 80 % de la quantité contractuelle quelle que soit la consommation effective. Il doit payer même s'il ne consomme pas de façon à assurer le fournisseur des revenus attendus pour amortir les investissements, notamment gazoduc de transport.
    Les contrats d’importation à long terme avec clause ToP (Take or Play) sont caractéristiques des pays importateurs de gaz naturel, notamment les pays de l’UE qui, globalement, importent plus de 40% du gaz qu’ils consomment (environ un cinquième de Russie et 10% respectivement d’Algérie et de Norvège). Selon la Commission de l’UE, cette proportion pourrait atteindre 70% d’ici 2020. La Grande-Bretagne fait également appel aux contrats à long terme depuis qu’elle est devenue un pays importateur net de gaz. Ces contrats à long terme engagent donc fournisseurs et acheteurs et en raison des clauses, le prix du gaz suit constamment celui du mazout qui varie en fonction des marchés, et les clauses des marchés sont de droit privé qui sont tenues secrètes. C'est donc une vraie usine à gaz ou chacun fait sa tambouille.

    De vives critiques se sont fait jour, concernant l'indexation du prix du gaz sur celui du pétrole par des Associations de consommateurs et des milieux politiques en raison de l'augmentation massive du prix du brut. Ce système, considéré jusqu’alors plus ou moins comme intangible, est désormais voué aux gémonies. On remet également en question la nature des contrats de livraison à long terme, dont la durée devrait être nettement réduite (au maximum deux à quatre ans), et dont la partie ToP devrait correspondre aux besoins effectifs de l’acheteur, et non plus à une quantité de référence fixée à l’avance. On souhaite par ailleurs voir disparaître les clauses de reconduction tacites des contrats. Un rajeunissement est donc nécessaire pour rendre transparent ce marché d'autant que le gaz devrait supplanter le mazout à long terme dont la combustion est plus propre en déchets et en CO2.

    GDF-Suez importe 97% du gaz de l'étranger. Environ 81% du gaz vendu en France provient de contrats longs termes (de 7 à 25 ans) souscrits auprès des plus gros producteurs (Norvège, Russie et Algérie), c'est donc l'obscurité totale sur le prix acheté. Pour le consommateur quand il paye un euro de gaz, il payait au premier juillet selon GDF-Suez 57 centimes de matière, le reste étant l'addition des coûts de distribution, stockage, transport et commercialisation, cliquez ici.

    La Commission de régulation de l'énergie autorité indépendante dont les avis sont consultatifs surveille attentivement les prix du gaz et de l'énergie... mais pas toujours dans le sens que souhaiteraient les consommateurs et le gouvernement. La CRE a ainsi souvent répondu par des avis négatifs aux propositions de hausses tarifaires de GDF, les jugeant trop... modestes. Car la CRE se soucie essentiellement de la concurrence dans un marché récemment libéralisé. Il importe à la CRE que le monopole historique GDF-Suez ne casse pas ses prix afin d'empêcher des nouveaux acteurs d'entrer sur le marché Français.

    C'est un paradoxe GDF-Suez, que la Commission de Bruxelles devrait s'occuper, augmenter les prix pour contrer la concurrence, se voit régulièrement appelé a hausser ses tarifs et a maximiser ses profits.

     

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