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  • Ou est la gauche à l'heure de la tourmente économique ?

    Un dossier du Monde diplomatique

    par Serge Halimi, Laurent Bonelli.

    Support Wikipedia C'est sur plusieurs pages du Monde diplomatique du mois de novembre 2011 qu'est développée à cette cruciale question, ou plusieurs rédacteurs sont intervenus. Il est évident que la gauche dont les objectifs habituels sont à l'opposé de ceux de la droite, se trouve par la conjoncture économique coincée par la crise, réduisant ses marges de manœuvres. Bien qu'elle sait se montrer plus économe que la droite, plus sérieuse aussi par ce qu'elle ne se croît pas comme elle investie d'une gouvernance perpétuelle dans ce pays dominé par la religion catholique qui n'a pour les pauvres que des œuvres humanitaires. Elle doit être prudente de ne pas trop s'avancer dans des promesses qui compromettraient sa gouvernance, mais elle doit aussi faire au mieux pour plus de justice. On sait très bien que la gauche est divisée, et est mue par des courants idéaux dont le pragmatisme n'est pas la raison principale. Prenons l'exemple des exigences écologiques, les Verts. Arrêter l'EPR serait catastrophique de même que nos centrales qui ne se rayent pas d'un coup de crayon. Outre le fait de perdre les énormes sommes investies, il faudrait en investir d'autres pour l'entretien. Et puis sait-on réellement ce qui se passe du coté d'Aréva, le «nomber one» au monde de l'énergie nucléaire se trouve en grande difficultés par la politique d'abandon de cette énergie. Des licenciements sont prévus mais aussi la vente de filiales. C'est plusieurs milliers de personnes au chômage. Cela fait presque 30 ans que l'on ne construit plus de réacteurs en France et nous perdons notre savoir faire, ceux qui savaient sont à la retraite.

    La droite n'a pas ce problème, pragmatique elle sait très bien que la richesse d'un pays se mesure à son nombre de KWH produits et consommés.

    Le monde après des tentatives socialistes, communistes, non pas qu'elles étaient sans intérêt, mais l'égoïsme humain, la possession d'une richesse qui est dans la nature de l'homme à fait qu'il est finalement gouverné par le libéralisme avec un gouvernement mondial essentiellement de droite, voir ici «Des Chevaliers de la Table Ronde au gouvernement mondial,». «L'effondrement du bloc communiste a pratiquement anéanti l'idée d'une autre voie que celle de l'économie de marché. Les transformations du capitalisme financiarisation, transnationalisation, et celle du salariat ont également compliqué la question», de Laurent Bonelli. Il y a plus d'égoïsmes dans notre monde que de partages. Il est donc difficile pour des socialistes de faire comprendre que leur idéologie est finalement celle qui s'impose.

    La gauche n'a pas de levier pour agir à imposer ses vues, elle ne peut le faire que sur les erreurs de la droite. Il y a bien l'Internationale Socialiste, IS, dont le président est Georges Papandréou dont on connait les exploits, bien que Serge Halimi écrive, que pour plaider la cause de Papandréou, la députée socialiste Grecque Elena Panaritis à même osé recourir à une référence renversante, «il a fallu onze ans à Margaret Thatcher pour mener à bien ses réformes dans un pays qui avait des problèmes structurels moins importants. Notre programme a été mis en place seulement en moins de quatorze mois». En résumé Papandréou mieux que Thatcher ! Que faire avec des socialistes de cette envergure ? Bien, mais c'est oublier ce qui se passe en Grèce ou la vie de beaucoup est devenue misérable. Le dossier sur France 2 d'envoyé spécial sur la Grèce du jeudi 10 novembre est révélateur.

    De ce fait, au niveau de l'Europe des 27 et de ceux de la zone Euro, dominées par la droite, un gouvernement socialiste ne peut être qu'en difficulté sauf s'il met en application certaines pratiques de la droite ce qu'il n'hésita pas à faire le gouvernement Jospin. De même, lorsque Mitterrand appliquant les 110 propositions dévalua le franc deux années après son élection, l'économie l'obligea. C'est tout le paradoxe de la gauche par le fait qu'elle se met en porte à faux par rapport à son idéologie. De même, quand elle est pour une Europe fédérale, elle ne se rend pas compte que c'est le meilleur moyen de perdre son idéologie et son indépendance. L'Europe n'est pas socialiste.

    François Hollande n'a pas d'autres choix, l'Allemagne fera opposition aux euros bonds, la BCE est indépendante, elle n’achètera de la dette que si elle le veut, elle l'a déjà fait, voir ci-dessous, et pour agir, il lui faudra modifier les statuts de l'Europe, ce que l'Allemagne actuelle n'acceptera pas. Et même, entre socialistes Français, il est difficile de comprendre ce qui les articule. «Lors des primaires socialistes, il fallait une bonne dose de connaissance pour comprendre le ralliement de Montebourg à François Hollande, avec lequel il est en désaccord sur presque tout. Alors que Benoit Hamon largement d'accord avec Montebourg, soutenait Martine Aubry avec laquelle il ne partageait quasiment rien. La désaffection des milieux populaires vient peut être aussi de cela», de Laurent Bonelli.

    2Serge Halimi écrit, «faute, par exemple d'une remise en cause de l'indépendance de la BCE, les traités Européens ont garanti que sa politique monétariste échappait à tout contrôle démocratique, faute d'un assouplissement du pacte de croissance, qui en période de crise asphyxie une stratégie de lutte contre le chômage.....». En fait ce n'est pas exact comme le montre le graphique ci-contre. La BCE en baissant le taux directeur à 1,25 % desserre l'étau sur l'Italie. En outre, elle est intervenue pour soutenir les dettes souveraines, acquérant depuis août plus de 8 milliards d'euros de titres Italiens et Espagnols, ce qui permit de limiter la hausse des taux d'emprunts de ces États. En octobre l'Italie a emprunté plus de 111 milliards d'euros, soit trois fois le montant de juin, source Les Échos.fr .

    Le problème que les électeurs de gauche attendent d'elle est un retour quasi immédiat de leur vote ce qui n'est pas toujours possible, et ça l'est encore moins maintenant. Pourquoi, par ce qu'ils ont trop soufferts de la politique de droite, et qu'ils ne savent plus attendre acculés à la misère. Ce fait eut pour conséquence la perte de l'électorat populaire tourné vers des promesses les démagogiques du FN qui firent perdre aux socialistes deux fois de suite les élections législatives et présidentielles. Cette situation fit que, par exemple la loi sur les 35 heures qui était une avancée sociale sans précédent combattue farouchement par la droite, dont elle tira profit électoralement sans compter le coté financier pour les entreprises manifestement masqué, elles n'allaient pas déclarer que cette loi était finalement bonne pour leur gestion et leurs finances. Non sans défaut, cette loi ne créé pas les compétences immédiates, pour suppléer à la baisse des heures non travaillées par des salariés, par d'autres sans formations adaptées. Elle méritait d'être revue pour être adaptée à une réalité industrielle. Les salariés n'acceptèrent pas la perte de salaire par la réduction des heures de travail, pour des congés, bien qu'elles fussent génératrices d'emplois. Cet égoïsme fit le lit de la droite. La gauche perdant les élections ne put réparer sa loi qu'elle avait eu de grandes difficultés à faire passer. Seulement, comme bien souvent, la gauche ne peut poursuivre ce qu'elle fait, la droite, sur cette lancée dans la loi TEPA, défiscalisa les heures sup qui coûtent une fortune, mais pas au patronat, et qui ne font qu'augmenter notre déficit et le nombre de chômeurs. Les salariés ont fait leur malheur de ne pas avoir soutenu cette loi, voila la grande difficulté d'un gouvernement de gauche, le manque de sagesse de son électorat populaire.

    Comme l'écrit Serge Halimi, «une défaite électorale de la gauche déclenche en général la mise en œuvre par la droite un arsenal de réformes libérales, privatisations, réduction des droits des syndicats, amputation des recettes publiques, qui détruisent les outils d'une autre politique». D'où le «vote utile». Mais il écrit également, la défaite peut comporter des vertus pédagogiques citant Benoit Hamon qui, prenant exemple sur l'Allemagne, concède «que le résultat des élections législatives en septembre 2009, qui valurent au SPD son plus mauvais score, 23 % des suffrages depuis un siècle, a convaincu le gouvernement à changer de direction». De même, il écrit, «la gauche de gouvernement, c'est son atout maître, disposant de troupes électorales et de cadres impatients qui lui permettent d'assurer la relève. Battre la droite ne tient pas lieu de programme ou de perspectives. Les structures en place, nationales, internationales, risquent de faire barrage à la volonté de changement», et là il rejoint ce que j'ai écrit plus haut. Citant, pour appuyer son propos, Barack Obama qui a pu, ainsi prétendre que des lobbies industriels, et l'obstruction parlementaire des républicains avaient sapé un volontarisme et un optimisme, à «yes we can», pourtant entériné à une large majorité.

    L'autre grande difficulté pour un gouvernement qu'il soit de droite ou de gauche est l'influence des agences de notation sur le taux d'emprunt, et par voies de conséquence dans l'ingérence politique des États. La droite n'a pas de complexe à faire des plans d'austérité les uns à la suite des autres, afin d'éviter une baisse de notation de notre cote triple A qui conduit comme pour la Grèce, l'Espagne et l'Italie à de plus grandes difficultés de remboursement, par une croissance nulle. C'est le choix de la misère, par l'austérité pour réduire la dette, plutôt que celui qui lui ferait perdre immédiatement les élections en 2012 par un déclassement. Elle peut ainsi électoralement toujours prouver qu'elle a bien fait, alors que dans le cas contraire c'est fichu. C'est un pari risqué car c'est aussi donner à la gauche une plus grande marge de manœuvre, car pour qu'elle puisse appliquer son programme il faut que notre dette soit réduite.

    Étant principalement à l'origine de la dette qu'elle a accrue de 90 milliards d'euros depuis dix ans, elle fait payer principalement aux classes laborieuses la facture de son idéologie politique. La gauche n'étant pas responsable de la situation actuelle, se doit de réparer cette injustice en appliquant son programme par une réduction des avantages offerts aux plus aisés sur les niches fiscales, mais aussi par une plus juste répartition de l'effort national au niveau des impôts. Ce programme est bien entendu contraire à la politique des agences de notation qui pourraient simplement par ce qu'il y aurait un changement politique droite gauche, abaisser la cote «triple A» de la France ou augmenter son taux d'emprunts à dix ans jugeant que la politique menée n'est pas ce qu'elles souhaitent. Pour le taux d'emprunts, c'est déjà le cas. Notre différentiel avec l'Allemagne s'accroît du double, quant au triple A, ce serait déjà fait de façon implicite pour Jacques Attali.

    Ce serait bien sûr une ingérence intolérable mais qui est difficile à combattre dès lors que l'on a besoin d'argent en faisant appel aux banques. La première chose est donc de réduire la dette.

    Pour cela la solution serait la suppression de l'article 25 de la loi de N° 73-7 du 03 janvier 1973 sur la Banque de France reprise par l'article 104 du traité de Maastricht et l'article 123 du traité de Lisbonne. Elle interdit au Trésor Public d'emprunter directement à la Banque de France à un taux d'intérêt faible ou nul, comme il en avait jusqu'alors le droit. Les gouvernements doivent dès lors trouver d'autres sources de financement, principalement en empruntant à des taux d'intérêts plus élevés aux banques privées ou encore par des emprunts nationaux. Cette loi qui avait pour argument de combattre la dévaluation progressive de la monnaie corrélative à l'argument inflationniste, agit maintenant par suite de la crise à l'appauvrissement des Français et à l'ingérence des banques.

    Quel est l'intérêt d'avoir une banque de France riche et son peuple misérable ?

    Pour terminer sur une note optimiste, la conclusion de Serge Halimi s'impose, «une course de vitesse est engagée entre le durcissement de l'autoritarisme libéral et l'enclenchement d'une rupture avec le capitalisme. Celle-ci paraît encore lointaine. Mais quand les peuples ne croient plus à un jeu politique, dont  les dés sont pipés, quand ils observent que les gouvernements se sont dépouillés de leur souveraineté, quand ils s'obstinent à réclamer la mise au pas des banques, quand ils se mobilisent sans savoir ou les conduira leur colère, cela signifie malgré tout que la gauche est encore vivante».


  • Le pessimisme des Français du milieu,

    à l'égard des socialistes.


    Par Français du milieu, il faut entendre ceux qui font l'appoint électoral à la droite et à la gauche pour leur donner une majorité présidentielle. Les autres, à droite ne votent ni à gauche «ni socialiste» c'est clair, de même que ceux à gauche ne votent à droite, non, il s'agit de ceux qui se situent entre centre et gauche socialiste, et suivant les circonstances, déterminent la couleur politique de la France, et de ceux qui, condamnant tous les politiques «ils sont tous pareils» font les partis du vote blanc et des abstentionnistes qui voient leur nombre croître à chaque élection. C'est donc une tranche en gros de 10% de l'électorat qui fait basculer à droite et rarement à gauche la politique Française par un pessimisme «restant d'une culture catholique» à l'égard des gens de gauche qui créeraient plus de mal que de bien.

    A la fin du mandat de Sarkozy cela fera trois mandats de droite qui se sont succédés c'est à dire 12 années de gouvernance totale à droite entrecoupée par une cohabitation socialo-chiraquienne de 1997 à 2002 qui été fatale aux socialistes arrivant en troisième position au premier tour de la présidentielle de 2002 battus par le FN second. C'est historique, le parti du peuple de gauche, ouvriers, fonctionnaires, la classe moyenne, ce parti qui veut réduire les inégalités n'avait pas réussit à mobiliser tout son électorat. Ce fait interpelle pourquoi, que s'est-il passé, la situation du pays était plutôt bonne le déficit de la sécurité sociale était quasiment résorbé, la balance du commerce extérieur était excédentaire, le chômage était maîtrisé, les socialistes avaient bénéficié d'une période économique favorable, et rien de cela n'a été pris en compte par tous ces Français de gauche et du milieu, ils ne lui ont pas fait confiance !

    Il y a, c'est certain, de multitudes de raisons, une politique plutôt à droite, disons sociale démocrate qui a déplu à ces gens de gauche qui espéraient que des socialistes prennent en compte leur vote de «gauche» ce qu'ils n'auraient fait à leur avis. Mais parmi ces raisons deux semblent avoir été déterminantes, elles tiennent à la personnalité de Lionel Jospin et aux 35 heures.

    En septembre 1999 Lionel Jospin était l'invité du journal télévisé de France 2, ou il a déclaré «Un pays moderne, mais une société humaine», «Oui à l'économie de marché, non à la société de marché». Mais plus encore sur les suppressions d'effectifs de l'usine Michelin ou il a fait appel à la mobilisation, «Je ne considère pas que c'est un fait acquis, les salariés existent, les syndicats aussi. Il y a une mobilisation qui peut se mener». «Il ne faut pas tout attendre de l'État». Cette dernière phrase à fait mal, sachant que les syndicats et le personnel n'ont aucun pouvoir contre les suppressions d'emploi, c'était donc de sa part une méconnaissance de la réalité industrielle des entreprises qui sont maître chez elles.

    «Si le peuple de gauche, qui espérait en un gouvernement de gauche ne peut attendre de ce gouvernement, qu'il a contribué à instaurer une solution à ses problèmes sociaux, il n'y a plus de solution à attendre de lui».

    S'il est vrai que l'État ne peut tout faire et que dans une économie de marché, comme il le clame, le pouvoir est aux entreprises régulé si possible par l'action syndicale, il n'en reste pas moins que sa réponse aurait dû être nuancée et expliquée. C'est donc une faute pédagogique d'avoir brutalement dit la réalité montrant ainsi un échec.

    Les 35 heures ont été un calvaire pour les socialistes qui n'ont pas su aussi expliquer et pas su en faire comprendre l'intérêt sur l'emploi. Partant du principe du partage du travail contre le patronat et la droite, il eut fallu expliquer aux salariés que ce partage impliquait un blocage des salaires par réaction des entreprises ainsi qu'une perte de revenus correspondant aux heures non travaillées, même si des heures supplémentaires étaient possibles sous certaines conditions, dont la maîtrise restait à l'entreprise. C'était donner au patronat une grosse «Berta» pour tirer à boulets rouges sur ces 35 heures, une occasion unique pour tuer ce projet même si potentionnellement il était un moyen de réduction du chômage, ce qui d'ailleurs s'est avéré. C'était un manque de clairvoyance du gouvernement d'agir contre le patronat alors que c'est lui qui est le maître de l'emploi privé. Faire admettre qu'il faut travailler moins, mais aussi gagner moins compte tenu de l'esprit égoïste régnant est un défi qui demande du temps pour être accepté, le chacun pour soi étant la règle. De plus, il aurait fallu que cela soit fait avec l'accord des syndicats les plus influents ce qui n'a pas été le cas, la CGT n'était pas d'accord de réduire les salaires. En outre, sur l'application à tous les corps de métier c'était un non sens, le partage du travail n'a de sens que s'il est possible et cela était, et est loin d'être encore le cas, comme par exemple dans les services hospitaliers. Les jours de RTT pris par le personnel manquant ne pouvaient être compensés par du personnel supplémentaire, il n'existe pas. Cela a fait que beaucoup ne pouvaient en bénéficier. Un projet avant-gardiste qui pour notre pays a été une erreur gravissime d'un manque de réalisme même si Martine Aubry a déclaré qu'elle avait prévu des ajustements. Bien qu'elles n'aient pas été totalement supprimées elles sont encore appliquées mais avec une souplesse telle qu'elles sont quasiment inhibées.

    De 2002 à 2007 tout joue contre les socialistes ne condamnant pas avec fermeté les violences urbaines, et offrent ainsi un boulevard à Sarkozy sur la sécurité lorsqu'il prend le ministère de l'intérieur. La politique classée «laxiste» du gouvernement Jospin en matière de sécurité devant la montée de la violence dans les banlieues sera exploitée au maximum sur l'arrestation d'un jeune braqueur de banque à Montbéliard en 2000, à Strasbourg en 2002 après la mort par noyade d'un jeune de 17 ans poursuivit par la police, mais c'est surtout les incendies de voitures prenant naissance à Strasbourg en 1995 ou à chaque nouvel an 200 à 300 voitures sont incendiées. Rien que dans les dix premiers mois de 2005, 28.000 véhicules ont été incendiés surtout dans les zones urbaines sensibles. Rite qui ne s'est jamais arrêté même depuis que Sarkozy est président, mais le secret en est bien gardé, ce qui montre l'aspect électoral de cette exploitation. Le sommet des violences est atteint en 2005 à Clichy-sous-Bois pour s'étendre dans les banlieues à travers la France. L'état d'urgence est déclaré pendant trois semaines elles ont vu la mort par électrocution de deux jeunes de 15 et 17 ans réfugiés dans un transformateur électrique pour échapper à la police.

    Les socialistes écrasés par la honte d'avoir été battus par le Front National, mais aussi par les coups de Sarkozy sur la sécurité et les 35 heures, sont aphones. Des luttes fratricides les divisent il ne devient que l'ombre de lui même au point qu'en 2007 à l'élection présidentielle François Bayrou, juge le PS bon à prendre et tente une OPA sur son électorat. Ségolène Royal dans le duel avec les ténors socialistes, DSK et Laurent Fabius, pour la candidature présidentielle gagne haut la main. Alors vient une avalanches de battons dans ses jambes, qui contre vents et marées se bat seule et perd mais avec honneur. Pouvait-il en être autrement avec un ou une autre c'est peu probable tant Sarkozy avait tout verrouillé, il avait bien manœuvré. Il gagne la présidence et continue de fendre le PS en offrant des postes gouvernementaux à des prétendus socialistes sur les bords, le PS souffre mais ne rompt pas.

    Le sommet de la mascarade socialiste a lieu à son congrès de Reims du 14 au 16 décembre 2008 et laisse un parti socialiste déchiré. Son objectif était la définition de sa ligne politique et la désignation d'un nouveau secrétaire en remplacement de François Hollande. Sur les six listes présentées celle de Gérard Collomb «l'espoir à gauche» soutenue par Ségolène Royal arrive en tête avec 29,08 % des voix devant celle de Bertrand Delanoë «clarté, courage, créativité» 25,24 %, Martine Aubry «changer la gauche pour changer la France» n'arrivant que troisième avec 24,32 %. Alors une coalition s'instaure contre Ségolène, après l'avoir descendue lors de sa campagne présidentielle, le «tout contre Ségolène» devient l'objectif principal de ce congrès. Finalement c'est Martine qui est choisie par la coalition et le vote national des socialistes «entachés d'irrégularités ?» donne Martine Aubry gagnante par 102 voix. Il s'en suit toute une trainée de reproches et d'accusations mettant à l'écart Ségolène Royal, on connait la suite. Libre de parole elle exaspère son électorat de gauche, ses coéquipiers l'abandonnent les uns après les autres, mais elle tient bon pour conclure des alliances contre les directions des partis lors des élections régionales, et finalement l'emporte une seconde fois en Poitou-Charentes avec plus de 60 % des voix. Ces élections placent le parti socialiste premier parti de France par le nombre d'élus ayant infligé à l'UMP une défaite mémorable ne lui accordant, avec ses partenaires, qu'une région l'Alsace sur 22 en métropole.

    Ce succès plus à la politique injuste de Sarkozy qu'à l'action de Martine Aubry fait qu'elle en tire tout le bénéfice ayant su maintenir les troupes qui l'avaient élue. Elle se trouve ainsi potentiellement capable de vaincre Sarkozy avec l'intouchable DSK qui dans les sondages caracole à plus de 59 % d'intentions de vote, alors qu'il n'a rien fait pour sinon suivre Sarkozy dans sa politique internationale, mais peut-on faire autrement lorsque l'on est directeur du FMI ?

    Un premier test sur la continuité de la vague socialiste sera les élections cantonales de mars 2011 ou seront renouvelés les cantons élus en mars 2004 pour une durée de six ans, puis avant l'élection présidentielle 2012 les élections sénatoriales en septembre 2011 qui peuvent faire basculer la majorité sénatoriale en pleine période des primaires socialistes à l'automne si elles sont maintenues à cette période.

    Elles seront incontestablement un test important sur la potentialité des socialistes à remporter la présidentielle d'autant plus si leur candidat est désigné avant. C'est après ces élections que le pessimisme des gens du milieu à l'égard des socialistes sera mis à l'épreuve. Seront-ils capables de donner à la gauche la présidence sachant que pour ces primaires le combat va être féroce et que les coups bas risquent de détruire l'unité de façade que l'on a vu à l'université d'été, d'autant plus que, si Martine, se présente elle abandonnera son poste de secrétaire générale laissant ainsi ce parti avec un nouveau chef ! Quelles seront les positions des autres partis de gauche, sans cet appui rien n'est joué pour les socialistes, et tout leur reste à faire. Quand à DSK démissionnera-t-il du FMI pour se présenter une nouvelle fois affronter ses partenaires aux primaires, on peut en douter, il n'apprécie pas. Une nouvelle épreuve attend donc les socialistes, seront-ils capables de la surmonter pour gagner les gens du milieu, et cela ne peut être obtenu qu'en montrant leur crédibilité par leur union avec un programme pragmatique de large consensus élaboré en commun avec les autres formations de gauche en tenant compte des électeurs du centre.

     

  • I have a dream,

    le Sénat peut-il basculer à gauche ?

     

    Cette forteresse de droite imprenable depuis la cinquième république c'est à dire depuis grosso modo 60 ans peut-elle basculer à gauche ? Les victoires successives de la gauche aux élections régionales, départementales, municipales pourraient avoir comme conséquence en septembre 2011 aux élections sénatoriales un changement de majorité au Palais du Luxembourg, et cela à quelques mois de l'élection présidentielle. Un scénario catastrophe pour Nicolas Sarkozy mais oh ! Combien souhaitable. Les Sénateurs ont un mode d'élection particulier et complexe par suffrage universel indirect, ils sont élus par ce que l'on appelle les Grands Électeurs. Le Sénat est la représentation des collectivités territoriales de la plus peuplée à la moins peuplée. La Haute Assemblée est composée actuellement de 343 sénateurs et en 2011 elle est prévue de 348 sénateurs.

    * 326 seront élus dans les départements de métropole et d'outre-mer
    * 2 en Polynésie française
    * 1 dans les iles Wallis et Futuna
    * 1 à Saint-Barthélemy
    * 1 à Saint-Martin
    * 2 en Nouvelle Calédonie
    * 2 à Mayotte
    * 1 à Saint-Pierre-et-Miquelon
    * 12 représentent les Français de l'étranger.

    Les sénateurs sont élus pour 6 ans avant la réforme de juillet 2003 ils étaient élus pour 9 ans. Le renouvellement partiel du Sénat continuera d'être triennal, tous les 3 ans, mais portera désormais chaque fois sur la moitié des sièges. Les sénateurs sont élus dans chaque département par un collège électoral composé des députés, des conseillers régionaux, des conseillers généraux et des délégués des conseils municipaux. Au total, environ 150 000 «Grands Électeurs» participent à l'élection des sénateurs, 577 députés, 1 880 conseillers régionaux, 4 037 conseillers généraux, environ 142 000 délégués des conseils municipaux.

    Dans ce contexte, l'appartenance politique n'est pas seule en compte compte tenu de la surreprésentation, dans le collège électoral des sénateurs des élus des petites communes rurales La moitié des grands électeurs sont «sans étiquette» et ils sont extrêmement sensibles au contexte politique. En 2008, les inquiétudes sur l'avenir des services publics, en pleine réforme de la carte administrative, judiciaire, militaire et sanitaire, avaient fortement pesé sur leur vote. Le PS, qui misait sur le gain d'une douzaine de sièges, en avait conquis 21. L'UMP espère bien inverser la tendance d'ici à 2011.

    A droite comme à gauche, chacun a commencé à faire ses calculs. Actuellement, sur un effectif de 343 sénateurs, ce qui place la barre majoritaire à 172, la gauche peut compter sur un socle stable de 153 voix, 116 du groupe socialiste, 24 du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) et 13 des 16 membres du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE).Pour que la majorité bascule en 2011, alors que le nombre de sièges aura été porté à 348, la gauche doit, par conséquent, en gagner 22.

    Sur le papier, la mission n'est pas impossible. Les gains réalisés par la gauche en 2008 dans les départements et les villes, + 112 villes de plus de 10 000 habitants, ont consacré son influence dominante dans les territoires. Six Français sur dix vivent dans une municipalité administrée par la gauche. Pour la première fois, le nombre total de communes de plus de 3 500 habitants gérées par la gauche est supérieur à celui de celles détenues par la droite.

    C'est donc une chance pour la gauche qui ne se renouvellera pas de sitôt. Les élections sénatoriales sont plus techniques que politiques, ce n'est pas une affaire d'arithmétique, c'est une élection de proximité et l'expérience des responsabilités exécutives est un atout majeur. Le problème des alliances à gauche rend difficile une majorité cohérente avec les Verts. Les Verts, qui comptent actuellement cinq sénateurs, rattachés au groupe socialiste, revendiquent une représentation parlementaire plus conforme à leur poids électoral. «Mettre comme préalable la volonté d'avoir un groupe de 15 membres au Sénat, ce n'est pas raisonnable, prévient M. Jean-Pierre Bel président du groupe socialiste. Nous n'avons pas de volonté hégémonique, mais il faut examiner les situations concrètement, au cas par cas». Le Monde du 27 mai 2010.

    L'élection je jouera dans un mouchoir, M. Bel insiste, «nous ne sommes pas les favoris, nous sommes plutôt les challengers». La situation qui se dégagera à l'issue des élections sénatoriales, dernière marche avant l'élection présidentielle, n'en constitue pas moins un enjeu politique de taille. M. Bertrand le dit sans détour, «nous n'avons pas l'intention de laisser les clés du Luxembourg au PS». Il faudra bien un jour que cela arrive.

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