Avertir le modérateur

g 20

  • Le G20, pas le G "vain",

    mais la valse des milliards.

    Ce G 20 dont on attendait beaucoup sans trop savoir quoi, il faut dire que ces sommets nous passent par dessus la tête ne connaissant pas exactement la situation financière mondiale en dehors de celle que la presse et les médias nous délivrent, qui eu égard à leur obédience sont plutôt à droite. Mais de grands bruits ont été faits sur les propos de Sarkozy qui menaçait de claquer la porte, une manière comme une autre de se faire valoir, un enfant qui se fâche, comme si nous allions croire un seul instant ce capricieux. Alors dans ce cadre on peut nous raconter ce que l'on veut, comment se rendre compte si ce qu'il en est sorti est bon pour nous ? Ce que l'on sait c'est que les dirigeants des pays développés et émergents, j'aime bien ces termes qui à eux seuls contiennent la misère du monde, les autres pays n'ont rien à dire, ils pensent pour eux, ont mis sur la table une somme représentant 1.100 milliards de dollars, mais ou vont-ils chercher cette somme après avoir vidé caisses, le plan de sauvetage de Washington a déjà coûté 3.000 milliards de dollars ?

    Nicolas Sarkozy a clamé haut et fort,

    «il faut qu'on obtienne des résultats. La crise est trop grave pour qu'on se permette de faire un sommet pour rien»,

    et Christine Lagarde de surenchérir, il ira jusqu'à quitter le sommet si des résultats ne sont pas au rendez-vous notamment sur les paradis fiscaux, ne riez pas c'est vrai.

    Alors, nous faire croire que l'on va éradiquer les paradis fiscaux, nous sommes tous aux écoutes, comme pendant la guerre «les Français parlent aux Français», ceux de mon âge connaissent bien. Hier soir, le sourire sur toutes les lèvres, ce sommet est un succès, c'est même un ordre nouveau du capitalisme d'après Gordon Brown premier ministre Britannique qui recevait ce G 20. Faire porter la crise actuelle sur les paradis fiscaux, c'est l'entourloupe suprême. Ça y est c'est fait, les paradis fiscaux sont foutus, on leur déclare la guerre.

    En fait, selon l'OCDE, il y a quatre pays qui sont en liste noire et les autres en liste grise dit coopérants.

    Sont notés les États ou territoires qui ne se sont pas engagés à respecter les standards internationaux,

    le Costa Rica, la Malaisie (Labuan), les Philippines et l'Uruguay.

    Deux listes «grises» désignent des États ou territoires qui se sont engagés à respecter les standards internationaux mais ont à ce jour signé moins des douze accords requis. La liste «gris clair» comprend,

    l'Autriche, la Belgique, le Brunei, le Chili, le Guatemala, le Luxembourg, Singapour et la Suisse.

    La liste «gris foncé» contient 32 noms de pays, qui étaient déjà identifiés par l'OCDE en 2000,

    Andorre, Anguilla Antigua, Barabade, Aruba, Bahamas, Bahrein, Belize, les Bermudes, les iles vierges anglaises, les iles Cayman, les iles Cook, la Dominique, Gibraltar, Grenade, Liberia, le Liechtenstein, les Iles Marshall, Monaco, Montserrat, Nauru, les Antilles néerlandaises, Niue, Panama, St Kitts and Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenadine, Samoa, San Marin, les iles Turks and Caicos et Vanuatu.

    En fait, il y en a quatre qui pourront subir les foudres de nos chers gouvernants, car au final le G 20 n'annexe pas dans son communiqué final la liste de l'OCDE, mais note la publication d'une liste de pays évalués par le Forum global au regard du standard international sur l'échange des informations fiscales. Les autres 40 on pourra toujours y mettre son argent, l'honneur est sauf.

    Mais pas de guerre sans munitions. A charge pour les ministres des Finances du G20 d'identifier, d'ici à la fin de l'année, une «boîte à outils» de sanctions, permettant d'éliminer ces centres non coopératifs, soit en agissant directement sur eux, soit en décourageant les institutions financières et les contribuables de s'y frotter. Parmi les sanctions évoquées, ainsi, la demande d'une transparence accrue des opérateurs, le refus des déductions fiscales aux résidents de ces paradis fiscaux ou encore la révision des traités fiscaux.

    Alors là, c'est se moquer de nous, dépenser autant d'argent dans un G 20, autant de pub, autant de coup de gueule, pour en arriver au point de départ c'est à dire que ce sont aux ministres des finances de chaque pays d'agir, tout ça, pour ça, quelle nullité.

    Et Nicolas Sarkozy de dire,

    «nous sommes prêts à déployer des sanctions pour protéger nos finances publiques et nos systèmes financiers

    «l'ère du secret bancaire est révolue, Gordon Brown».

    Mais avant, il ne le savaient pas qu'il leur fallait agir, puisque, en d'autres termes, c'est à leur ministre de le faire ?

    Sommet historique.

    Le G 20 a frappé fort il faut bien manipuler l'opinion, mais, il ne s'agit pas de nouveau plan de relance, d'ailleurs Guaino exclut un nouveau plan de relance dans l'immédiat sur les échos ce matin, voir ici .

    Le G 20 évalue à 5.000 milliards de dollars les dépenses déjà engagées par les membrers d'ici la fin 2010,

    Il s'agit du plus grand plan de soutien macroéconomique jamais mis sur pied», s'est félicité Gordon Brown, ce qui devrait booster le PIB mondial de 4 %.

    Le grand vainqueur d'après la presse serait le FMI, qui voit ses ressources tripler, passant de 250 à 750 milliards de dollars, un effort sans précédent, conforme à la volonté des États-Unis, réalisé grâce au Japon, à l'Union européenne, à la Norvège et au Canada. Par ailleurs, les droits de tirage spéciaux du Fonds (DTS), l'unité de compte du FMI, sont revalorisés de 250 milliards de dollars, ce qui revient à faire marcher la «planche à billets» à l'échelle internationale, une solution qui n'est pas sans risques pour l'inflation. On fait ce que l'on peut. Cela ne semble pas inquiéter le G20, qui, à l'exception de l'Allemagne, qui redoute surtout la déflation.

    Politiquement nous sortirons grandi avec l'Allemagne,

    «c'est au-delà de ce que nous pouvions espérer !»,

    s'est félicité Nicolas Sarkozy. À défaut d'avoir obtenu la publication, par le G20, d'une liste noire de paradis fiscaux, sujet trop délicat sur le plan diplomatique en raison de l'opposition de la Chine, Nicolas estime avoir arraché au camp anglo-saxon une «réforme du capitalisme mondial», tous les espoirs sont permis.

    En fait dans cette affaire, ce qu'il faut c'est sortir en vainqueur, pour son opinion publique, ce qui ne veut pas signifier que l'on a convaincu, les pays se réservant ensuite de faire ce qu'ils veulent.

    Paris et Berlin auraient obtenus gain de cause sur leurs principales lignes rouges, l'enregistrement des «hedge funds» et des agences de notations,  l'encadrement des bonus des traders les bêtes noires de Sarkozy qui quand elles donnaient du profit, mais pas d'investissement il ne disait rien, des limites à la titrisation, une technique financière qui consiste à revendre les crédits sous forme de titres, le machin bancaire sans risques, voir mon article sur le capitalisme bancaire ici, la révision des normes comptables.

    En soutien à l'économie, le G 20 s'est engagé a

    250 milliards supplémentaires de droits de tirages spéciaux, la monnaie synthétique du FMI, disponibles pour tous les pays membres,

    500 milliards de ressources supplémentaires provenant de prêts de pays membres, dont 100 milliards chacun par l'Union européenne et le Japon et 40 milliards par la Chine.

    un soutien financier de 250 milliards sur deux ans au commerce international, notamment par le biais de crédit à l'export,

    100 milliards d'aide aux banques de développement régionales.

    Il y aura également 50 milliards supplémentaires pour les pays pauvres. L'argent proviendra de la vente d'or du FMI. Si les revenus dégagés par cette opération de vente d'or ne peuvent être quantifiés avec précision, l'ensemble des ressources supplémentaires du FMI atteindront 1.100 milliards de dollars.

    On ne peut pas dire qu'il n'y a rien, mais comment feront nous pour rembourser les dettes de ces milliards puisqu'il n'y a pas d'argent?

    La première conclusion que l'on peut tirer de ce G 20 c'est qu'il n'a pas échoué, et que c'est déjà beaucoup, tout le monde a affiché son unité face à cette première crise mondiale de l'humanité, voir ici l'article des echos. Des Etats-Unis à l'Europe, de la Chine à l'Afrique du Sud et de l'Indonésie au Mexique, les chefs d'Etat réunis à Londres ont évité le pire, étaler leurs divisions et leurs égoïsmes au grand jour, ce qui aurait eu un effet négatif sur l'opinion qu'il faut rassurer. Ce n'est sans doute pas tout à fait un gouvernement du monde qui nous est apparu. Mais c'est déjà bien plus qu'un sommet, Barack Obama abandonnant un peu de l'imperium américain pour une approche multilatérale - et prononçant un discours remarquable de hauteur. Attendu longtemps pour des raisons de justice.

    Il est en effet bien trop tôt pour ressentir les effets de ce G 20, il nous faut donc patienter avec l'augmentation de 1% que les retraités ont eu au premier avril et ce n'est pas un poisson. Il est bon que nos grands de la planète se penchent sur le capitalisme mondial d'autant qu'ils sont les premiers responsables de ce qui nous arrive. On n'en n'a pas terminé avec ce G 20 qui pendant un temps occupera le devant de la scène internationale et puis comme le reste passera dans les oubliettes pour des préoccupations plus concrètes.

    La belle photo des grands de la planète au G 20 à conserver pour plus tard.

    la-belle-photo-du-g-20.1238750977.jpg

    REUTERS/Dylan Martinez. Photo de famille des dirigeants du G20, le 2 avril à Londres.

    La conférence de presse de Gordon Brown à l'issue du G 20.

     

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu