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  • Savons-nous ce que nous voulons ?

    Dans notre démocratie ou la majorité n'est que de quelques voix, on ne peut rien affirmer.

    Support Wikipedia Les dernières élections présidentielles nous ont apporté des surprises. À part celle de 2007 ou Sarkozy devança Ségolène Royal d'une large marge, préparant depuis 2005, en tant que ministre de l'intérieur, sa montée en puissance, il était fort probable qu'il serait le représentant de la droite conventionnelle. Sa campagne électorale fut pour lui un étalage de sa puissance avec un parti entier à sa botte, face à une gauche divisée, d'autant plus que les coups bas des ténors socialistes contre Ségolène Royal, alors qu'elle avait correctement été élue par les sympathisants socialistes n'arrangèrent rien, Sarkozy à l’Élysée ne faisait plus aucun doute, et son avance fut de 6 points. La droite se frottait les mains et pensait, à juste raison, qu'elle tenait la France pour longtemps puisqu'elle eut 12 années de majorité, les socialistes et la gauche étaient toujours empêtrés dans leurs divisions. La France était à droite entendait-on, tout comme l'UE, cette droite prenant le pas en Europe sur la sociale démocratie.

    Pour l'élection présidentielle de 2002, par contre, ce fut une surprise de taille l'élimination de Jospin au premier tour, battu par le front national. On sentait bien qu'il n'était pas au mieux dans les sondages, mais battu par Jean-Marie Le Pen, on ne pensait pas, bien qu'il pratiqua une politique entre les deux, mais plus à droite qu'à gauche, le monde est à droite. Les ouvriers avaient lâché la gauche pour les propos démagogiques du FN. On assista donc, pendant 12 années, à une France à droite tenue par le FN, l'UMP, les centristes et indépendants, face à une gauche divisée comme jamais.

    En 2007 Sarkozy ne se sentait plus, tout lui était permis avec une large majorité à l'Assemblée nationale mais avec des pieds d'argile dans les régions et les départements. Ce déséquilibre s'accentuant d'années en années le conduisit à une droitisation de moins en moins acceptée par les centristes et même par ceux de son camp. Sa cote de popularité faiblissait pour être au plus bas à sa campagne électorale à cause de sa prétention orgueilleuse, de son bilan catastrophique et des injustices sociales qu'il avait mises en œuvre.

    La montée du FN avec un rejet tout aussi fort des Chiraqueins complétèrent ses difficultés. Sa réélection ne se présentait pas au mieux. La politique qu'il prit pendant la campagne présidentielle fut vers les électeurs du FN, le réservoir qui pouvait le sauver. De plus, partant bien après les socialistes, qui avec intelligence, firent des primaires nationales, et qui, dans un large succès national, placèrent François Hollande largement en tête, ce qui lui donna une crédibilité ainsi, qu'une large avance sur Sarkozy.

    De meetings en meetings, Sarkozy par sa fougue grignota petit à petit le retard qu'il avait sur François Hollande, et heureusement que la fin de la campagne arrivait, il serait passé devant. Le débat Hollande Sarkozy entre les deux tours confirma la suprématie de François Hollande, et il devint président, mais de justesse, moins de 2 points, au point qu'il fut contesté par les ténors de l'UMP. Sarkozy avait accumulé trop de fautes politiques et les Français voulaient souffler.

    Cela montre que l'on ne peut jamais rien affirmer dans une société démocratique comme la notre, d'autant que la puissance de conviction et la force du combat peuvent faire beaucoup de choses. Sarkozy prétendit qu'il pouvait l'emporter, il avait raison.

    Avec l'élection de François Hollande nous obtenons l'opposé de Sarkozy. Nous retrouvons une gouvernance apaisée, respectueuse des institutions, et ça, c'est déjà beaucoup. Des ministres avec une large bride au point qu'ils mettent le président en difficulté, tout le contraire de ce que nous avons eu pendant cinq ans.

    Mais nombreux sont les Français à penser que François Hollande manque de fermeté, qu'il n'est pas assez un chef à poigne, qu'il ne sait pas ou il va. En fait, il sait très bien ce qu'il fait mais, masque son action pour mieux avoir de liberté politique. Sous cette cuirasse une volonté existe, mais elle mettra du temps pour que les Français l'admettent. Sarkozy a trop marqué son empreinte sur la société.

    Cet état fait que les Français sont pessimistes d'autant plus que les plans sociaux se succèdent les uns aux autres, que des manifestations de droite et de gauche donnent un climat exécrablement. Ils ne voient pas leur président en pointe dans le combat, laissant par exemple, son ministre du redressement productif mener la charge contre les licenciements, se contentant de quelques déclarations sans éclats, tout le contraire de Sarkozy qui montrait ses muscles. Michel Sapin, Marisol Touraine, Stéphane Le Foll, Christiane Taubira excellente, ...ont menés et mènent des combats difficiles, et c'est tout à leur honneur. On peut aimer ou pas, mais montrer sur ses muscles n'apporte rien. Je me souviens des paroles du général de Gaulle à propos de l'Europe lors d'une conférence de presse montrant que fanfaronner ne menait à rien.

    Charles de Gaulle, Cabri l'Europe ! L'Europe !

    Le monde a changé, les affrontements sont plus durs, la situation est comme jamais elle ne fut, mais ne vaut-il pas conserver son calme plutôt que s'exciter ? Le problème est que les Français se méfient de la politique prétendant en fait qu'ils ne s'occupent pas d'eux mais beaucoup plus de leur carrière.

    Une enquête Ipsos/CGI consulting pour Le Monde, Fondation Jean Jaurès et le Cevipof, Centre de recherches politiques de Sciences Po publiée le 15 janvier, nous apprend que l'on a besoin d'un vrai chef en France pour mettre de l'ordre à 87 % contre 13 %, et que l'autorité est une valeur qui est trop critiquée 86 % contre 14 %.

    Baromètre nouvelles fractures_def.pdf by Ipsos France

    Sur la vie politique, les femmes et les hommes politiques qui agissent dans l'intérêt des Français, les Français ne sont que 18 % à le penser, tandis qu'ils sont 82 % à penser que ce ne sont que pour leurs intérêts personnels. Quand au système démocratique, il fonctionnerait plutôt bien et les Français ont l'impression à 28 % que leurs idées sont bien représentées. Mais ils sont donc 72 % à penser le contraire. On voit que l'écart de pensée entre les partis politiques et les Français est grand, c'est dire pourquoi ils sont rejetés. Quand au déclin de la France les avis sont partagés, 51 % le juge inéluctable contre 49 %, cela confirme la chute de notre puissance économique de 90 % selon cette enquête. Il faut noter que le maintien de la France dans l'euro recueille 72 % d'adhésion, de quoi tordre le coup à ceux qui préconisent que nous devrions s'en défaire.

    La préoccupation majeure des Français est bien évidemment confirmée par le chômage à 56 % et par le pouvoir d'achat à 41 %, loin devant les autres préoccupations, retraites 27 %, impôts et taxes 27 %, santé 24 %, et sécurité 20......Quant à l'argent, on trouve ce que l'on sait qu'il corrompt à 82 %, mais c'est bien aussi de gagner plus, à 71 %.

    Sur la tolérance à l'égard de l'intégrisme religieux, 77 % estiment qu'il est préoccupant pour 23 % qui prétendent que ce problème est exagéré.

    Au moment ou nous combattons l'homophobie, nous débattons du mariage pour tous, de la place de la religion catholique dans notre société, du droit à la procréation, des mères porteuses, que le pape vient de démissionner, il est bon de remarquer que c'est elle qui est la plus tolérante des autres religions, nous le savions déjà. 89 % la jugent compatible avec les valeurs de la société, pour 75 % à la religion juive et 26 % à la musulmane, ce qui revient à dire que 74 % jugent l'Islam intolérant.

    Il est évident que politiquement, ces données font le lit du FN surtout si l'on se rapporte à celles de la page 61 de l'enquête.

    70 % estiment qu'il y a trop d'étrangers en France, 73 % que l'on peut trouver de la main d’œuvre sans avoir recours à l'immigration, 72 % qu'il n'est pas normal que les cantines servent des plats différents selon les obédiences religieuses des élèves, et 62 % prétendent que l'on ne se sent plus chez soi comme avant.

    Ces éléments sont censés représenter l'opinion de l'ensemble des Français, suivant un échantillon de 1016 personnes de 18 ans et plus. Mais il est évident qu'il ne tient nullement compte de la situation géographique des Français. Les habitants de la Seine-Saint-Denis soumis à une immigration massive n'ont pas la même opinion que ceux d'une région bien tranquille vivant sans problème d'insécurité et de racisme.

    Il convient donc de relativiser, les Français veulent de l'ordre mais défilent dans les rues contre les politiques et leurs décisions. Les fonctionnaires demandent de l'augmentation et font de la pression sur le gouvernement, alors qu'il y à des plans sociaux comme jamais dans le privé. Les salariés de Peugeot, Renault, Arclor Mittal attaquent le gouvernement par ce qu'ils ont un levier alors que beaucoup d'autres qui n'ont rien ou peu sont laissés à eux mêmes. Qui pense aux retraités qui ne peuvent défiler et qui vont avoir leur retraite gelée, et quand ils ont une augmentation, ce n'est que du chagrin. Ou est l'unité nationale quand de riches fortunés partent à l'étranger pour payer moins d'impôts alors qu'ils ont fait leur fortune par leur culture dans la république Française. Les Français sont égoïstes avant tout, ne pensent qu'à eux mêmes, et pris dans leur totalité, ils ne peuvent définir ce qu'ils veulent.

    En fait, ils ne sont jamais satisfaits.

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