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  • Les peuples dans les rues manifestent et hurlent contre l'austérité

    seront-ils entendus pour une autre politique Européenne ?

    Support Wikipedia Qui aurait pensé lors de l'accord entre les 27 pays qui ont créés la zone euro ou qui y ont souscrits dans le cadre d'une Union Économique et Monétaire, et qui ont adopté l'euro en 1999 comme monnaie unique avec un taux de change MCE II, conçu pour maintenir la stabilité de l'euro avec les monnaies des États, que de tels dégâts, ferait cette discipline budgétaire, imposée par le Pacte de Stabilité et de Croissance ? Qui aurait pensé qu'une gestion saine des finances publiques limitant les risques d'inflation conformément aux critères de convergence de Maastricht aurait conduit dans les rues autant de peuples criant leur désespoir ? Qui aurait pensé que les États membres qui ont accepté un déficit annuel ne dépassant pas 3 % de leur PIB aurait conduit à une telle révolte de leurs citoyens ? Qui aurait pensé que les États qui ont construits cette Europe ne pourraient respecter que leur dette publique ne dépasse pas 60 % de leur PIB ?

    Aucun des pays membres qui se sont tous emballés du bienfait de cette monnaie unique y voyant le commerce inter Europe, comme facteur d'échange et de croissance, n'a pesé les contraintes budgétaires qui en découlaient. La Grèce en a largement profité au début pour ensuite s'écrouler à la crise des subprimes, il était simple de se rendre compte que les États sont tous différents. Que leur gestion budgétaire leur est propre et différente de celle des autres, que leurs ressources sont également différentes, et que leurs citoyens sont différents. Comment dans ces conditions chaque État peut avoir la même politique de gestion de ses finances que celle des autres, c'est à dire respecter les critères de Maastricht ?

    Mais peut-on refuser un pays qui demande d'intégrer la communauté, s'il s'engage à respecter le cahier des charges de cette Union, non ? Le problème est que les contraintes budgétaires ne sont pas adaptées à accueillir tous les pays. La rigidité de l'euro constitue l'handicap, pour que tous puissent coexister au sein de cette zone euro. Ces manifestations montrent que telle qu'est régie la zone euro, les peuples du sud la rejette.

    Prenons la Grèce qui intégra la zone euro en 2002, un pays essentiellement agraire 12 % du PIB, peu industrialisé 22 % de son PIB, et 68 % de services, vivant principalement du tourisme et qui doit acheter beaucoup, donc potentiellement faible. Comment peut-il rembourser sa dette et retrouver un équilibre de ses finances ? Au vu des différents plans de rigueur engagés les uns après les autres, impossible s'il ne peut dévaluer. Quant à rembourser sa dette, il ne faut pas rêver.

    Pouvait-on prévoir ? Oui, en se rapportant aux parités des monnaies avant d'engager l'Union économique et monétaire.

    Si l'on peut globalement considérer la richesse d'un pays avec la valeur de sa monnaie, bien que ce ne soit pas exact, comparons quelques parités avant le change avec l'euro au 1er janvier 1999 pour avoir une image.

    Pour la Grèce, au 01/01/2001, avant qu'elle intègre la zone euro la Drachme grecque valait 1/ 340,750 euros c'est dire la faiblesse de cette monnaie. Si l'on compare avec le Deutsch Mark qui vaut 1/1,95583 euro on constate que la Drachme vaut 0.0057397 Deutsch Mark, presque rien.

    Pour l'Espagne la Peseta valait 1/166,386 euros, soit 0.011754 Deutsch Mark. Pour la France, le Franc valait 1/6,55957 euros, soit 0,29816 Deutsch Mark. Quant à l'Italie le raisonnement est encore moins exact, la lire n'était pas une monnaie qui exprimait la richesse du pays, une lire valait 0,003387 Franc. En fait le Franc était cent fois le Franc ancien. Si on rapporte la valeur de la lire au Franc ancien elle valait, 0, 3387 ancien franc. L'handicap de l'Italie est le sud, c'est un peu la Grèce, ne vivant que par la richesse du nord, c'est ce que l'on appelle le Mezzogiorno. De ce fait, l'Italie ne pourra, avec ses 61 millions d'habitants, tenir les critères de Maastricht malgré les sacrifices qui lui sont demandés.

    Ces pays sont donc potentiellement moins puissants que l'Allemagne, la France étant moins affectée, l'euro est donc pour eux une monnaie trop forte. Lorsqu'ils ont adopté l'euro, ils ont monté une marche trop haute, il leur faudrait dévaluer pour avoir du souffle. Or, l'Union économique et monétaire ne le permet pas. De plus, cela reviendrait à l'abandon de l'euro comme monnaie unique, ce que s'opposent de nombreux pays dont la France et l'Allemagne.

    Qu'ont-ils comme possibilités pour retrouver un équilibre budgétaire autre que réduire les dépenses structurelles ? C'est donc l'austérité qui s'instaure et plus elle est forte et plus la croissance chute et la dette augmente. Il faut bien faire face aux dépenses inévitables et incompressibles. Ce sont des constations simples, l'austérité sans croissance ruine.

    Chose curieuse, la journée Européenne contre l'austérité eu lieu après la conférence de presse de François Hollande coïncidence ou hasard du calendrier ? François Hollande avait déjà comprit la leçon puisqu'il augmenta les impôts des plus aisés, ce que les autres n'ont fait. Comment sans cela réduire la dette ?

    C'est l'Europe que nos dirigeants ont construit qui défilait dans les rues, pour qu'ils écoutent les cris de Rome, de Madrid, de Lisbonne, d'Athènes, de Paris..... La faute d'Angela Merkel, pas complètement, par ce que les gouvernements n'ont pas été suffisamment rigoureux. Il est évident, puisque l'on ne peut dévaluer l'euro, il faut que l'étau de Maastricht se desserre afin que ces pays respirent. Mais surtout il faut arrêter cette austérité, d'ailleurs le FMI a tiré la sonnette d'alarme. Il faut que le MES intervienne puisque doté de 700 milliards par l'intermédiaire de la BCE pour réduire voire éponger les dettes qui ne pourront pas être remboursées.

    En Espagne,

    Une manifestation monstre a envahi les rues de Madrid. Des centaines de milliers de personnes au moins, selon des estimations de l'AFP, défilèrent dans la capitale Espagnole, à l'appel des syndicats ou rassemblés par la mouvance des indignés face aux barrages de police qui protégèrent la chambre basse du Parlement. Plus tôt, la police anti-émeutes dispersa des centaines de manifestants à coups de matraque et en tirant en l'air des balles en caoutchouc. En début de soirée, 82 personnes furent interpellées et 34 blessées dans des incidents isolés.

    En Italie,

    Plusieurs milliers de personnes à Turin, Rome et Milan. Une grève de quatre heures fut organisée à l'appel de la principale confédération syndicale, la CGIL. C'est à Turin, dans le nord du pays, que les affrontements les plus sérieux éclatèrent, lorsque des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras. Cinq autres policiers furent légèrement blessés à Milan en marge des manifestations.

    En Grèce,

    Environ 5 000 manifestants se rassemblèrent à Athènes selon la police. Mais le fait le plus marquant au cours de cette journée fut la charge contre l'austérité du banquier Charles Dallara, sorte de patron des patrons chez les banquiers de la planète. Devant un parterre de banquiers Grecs, l'Américain qui dirige l'Institut de la finance internationale, organisme installé à Washington qui représente les 400 plus grandes banques du monde, estima qu'il était «temps de reconnaître que l'austérité seule condamne non seulement la Grèce, mais l'intégralité de l'Europe à la probabilité d'une ère douloureuse». M. Dallara critiqua sévèrement les cures d'austérité imposées à la Grèce depuis 2010 par ses créanciers, qui n'ont que fait plonger l'économie du pays dans une récession historique cumulée équivalente à une chute de 20 % du PIB. Données tirées du Monde.fr.

    C'est une claque à ceux qui s'obstinent à clamer cette politique et la rigidité d'Angela Merkel est condamnée par ces manifestations. L'Europe est dans une impasse, les positions de certains pays sont incompatibles, le dernier sommet des 27 sur le budget à montré ses limites. Il avait pour but de financer puis de répartir près de 1.000 milliards d'euros. Les divergences sont apparues entre les Anglais et les Français. Pour David Cameron ce n'était pas le moment de faire du bricolage, il faut tailler dans les dépenses que l'on ne peut se permettre. La PAC fut le sujet de discorde puisqu'elle représente 1/3 des dépenses de l'UE, et profite surtout à la France. François Hollande fixa une ligne rouge, «les agriculteurs Français n’ont pas à être la variable d’ajustement de la négociation» déclara un diplomate Français.

    Depuis 1984, le Royaume-Uni bénéficie d’un rabais sur sa contribution. Un chèque de 4 milliards d'euros pour 2012 financé par… la France mais aussi des pays en pleine cure d’austérité, Italie, Espagne,..... Visant le Premier ministre Britannique, David Cameron, Hollande a donc fustigé les pays qui «viennent chercher leur chèque, leur rabais, leurs ristournes». De quoi crisper Angela Merkel, qui bénéficie elle aussi d’un rabais. On n'est pas prêt de résoudre les problèmes de cette Europe d'autant que la Pologne et la Croatie envisagent d'intégrer les 17 pays la zone euro. L'Europe devient un machin comme le clamait le général de Gaulle au sujet de la Société des Nations.

  • Faut-il croire en l'Europe ou s'affrontent deux orientations,

    fédéralisme ou Europe des nations ?

    Support Wikipedia Avant d'aborder ce vaste sujet, il faudrait définir ce que sont le fédéralisme et l'Europe des nations. Tout d'abord pourquoi a-t-on fait l'Europe ? Il faut se rappeler que l'Europe a été à l'origine de deux grandes guerres mondiales, 1914-1918 et 1940-1945 et toutes deux générées par les États qui formèrent l'Allemagne d'aujourd'hui. Il y eu la Confédération du Rhin sous protectorat Français de 1806 à 1813 comprenant 16 États germaniques formés par Napoléon à Austerlitz lors de la bataille des trois Empereurs. En 1815 après le Congrès de Vienne, c'est la Confédération germanique qui comprend 39 États sous la direction des Habsbourg. En 1862 Otto von Bismarck qui veut se débarrasser de l'Autriche écrase son armée à la bataille de Sadowa. La Prusse de Guillaume 1er annexe les territoires entre sa partie orientale et occidentale et devient la Confédération de l'Allemagne du nord. En 1870 la France déclare la guerre à la Prusse et la perd. Cette défaite Française permet la proclamation de l'Empire allemand en 25 États souverains en 1871 à la galerie des glaces au château de Versailles par un traité préliminaire de paix le 26 février 1871 qui fut ratifié au traité de Francfort le 10 mai 1871, et Guillaume 1er roi de Prusse devient empereur, l'Empire annexe l'Alsace et la Lorraine. Cet Empire devient une puissance politique sous l'impulsion des trois empereurs dont Guillaume II petit fils de Guillaume 1er en devient souverain en 1888. Dans son règne se développa un militarisme et un autoritarisme exacerbés. Désirant donner à l'Allemagne une envergure internationale il s'engagea dans une politique expansionniste et colonialiste, s'employa à développer une marine de guerre. Ce fut une confrontation avec le Royaume-Uni et avec la France un revanchisme et la concurrence en matière coloniale. L'Empire allemand avait des visées hégémoniques à la domination mondiale par une victoire totale sur les puissances Européennes et la guerre aurait été décidée par l'Allemagne avant même décembre 1912.

    Cette guerre de 1914-1918 fut le jeu des Alliances entre la Triple Entente et la Triple Alliance, voir Philippe Pétain les origines de la première guerre mondiale. L'Allemagne perd la guerre et lors du traité de Versailles en 1919, elle est considérée responsable, et elle est condamnée à payer de lourdes réparations et à restituer L'Alsace et la Lorraine à la France. S'instaure ensuite la République de Weimar jusqu'en 1933, et l'avènement du fascisme Italien puis du nazisme sous l'impulsion d'Adolphe Hitler, c'est le Troisième Reich qui est proclamé. La seconde guerre mondiale provoquée par l'Allemagne qui n'a pas digéré le déshonneur de la guerre de 14-18, et ses ambitions expansionnistes aidant, déclare la guerre à la Pologne le 1er septembre 1939 ce qui nous engage à ses cotés le 03 septembre par suite de notre alliance, voir Philippe Pétain la seconde guerre mondiale.

    C'est pour toutes ces raisons pour éviter encore un conflit mondial que germa l'idée de construire une Europe pour favoriser la paix, mais cela n'apparaît pas aussitôt après la fin de la seconde guerre mondiale. Déjà Victor Hugo plaida en 1849, dans un discours prononcé au Congrès de la paix, pour «les États-Unis d’Europe», après la Première Guerre mondiale. Cette guerre laisse les États européens complètements dévastés et ruinés. De plus, la guerre froide entre les États-Unis et les puissances occidentales contre le communisme conduit les Européens pour se reconstruire de maintenir entre eux de bonnes relations en favorisant une paix durable.

    Ce fut l'argument massue des partisans d'une Europe fédérale.

    C'est Robert Schuman l'un des pères fondateurs de l'Europe (avec Konrad Adenauer, Jean Monnet et Alcide de Gaspéri), qui lança par sa déclaration du 9 mai 1950, de placer la production Franco-allemande du charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Ce «plan Schuman» entraîna la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, CECA, qui fut à l'origine de l'actuelle Union européenne, amorçant le rapprochement Franco-allemand.

    Le général de Gaulle déclara le 23 février 1953,

    «pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n'est rien d'autre que l'art des réalités. Or, la réalité, c'est qu'actuellement l'Europe se compose de nations. C'est à partir de ces nations qu'il faut organiser l'Europe et, s'il y a lieu, la défendre».«Sur la base de cette alliance, il faut bâtir une Confédération, c'est-à-dire un organisme commun auquel les divers États, sans perdre leur corps, leur âme, leur figure, délèguent une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique, culturelle». Mais, à cette Confédération, on doit donner une base populaire et démocratique. Ce sont les peuples qui ont à la créer. Les bases d'une fédération étaient lancées, mais avec l'assentiment des peuples.

    Ce n'était donc pas une Europe fédérale que souhaitait le général de Gaulle.

    La dessus François Mitterrand l'européen a vu en l'Europe une opportunité que la France devienne une grande nation. Elle était une nécessité imposée par l'histoire. Le destin de la France, il le voyait dans la construction Européenne. Pour de Gaulle l'Europe fut une option, pour Mitterrand une nécessité. Il n'était pas hostile au fédéralisme mais il craignait que l'affichage de cette orientation ne provoque une levée de boucliers. Il faut aller vers un partage plus étendu des responsabilités mais sans bruler les étapes clamait-il. En d'autres termes il était pour un fédéralisme par étapes.

    Où en sommes nous actuellement ?

    Depuis ces années se confrontent deux orientations, l'Europe des nations soutenue par le Gaullisme et l'Europe fédérale soutenue par les centristes et les socialistes, c'est l'Europe de Robert Schuman et de François Mitterrand.

    Or, sans en avoir l'air jusqu'au traité de Maastricht le parti Gaulliste fut un combattant acharné contre le fédéralisme le débat entre François Mitterrand-Philippe Seguin, le souverainiste, à la Sorbonne le 03 septembre 1992 en fut l'aboutissement. Le référendum prononça le oui à Maastricht et scella la voie à une orientation vers le fédéralisme avec la création de l'Union européenne de 27 États membres qui déléguèrent par le traité certaines de leurs compétences à la Commission de Bruxelles. En 1999 une partie des États membres créa l'Union économique et monétaire de la zone euro, la dotant d'une monnaie unique, l'euro. Depuis l'Europe oscille entre souverainistes et fédéralisme sans jamais l'avouer fermement. Ce fédéralisme sous-jacent est présent dans les divers gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés, et surtout depuis l'entrée en jeu de l'euro en 1999 pour les transactions financières et qui fut mis en circulation le 1er janvier 2002.

    L'avenir de l'Europe fit l'objet d'une Convention en 2004 qui reprenait l'essentiel du Conseil européen du 18 juin 2004 pour un projet de Constitution européenne, dont le but fut de palier au risque de paralysie en redéfinissant la majorité qualifiée, «la majorité qualifiée requise est constituée des deux tiers des États membres, représentant au moins les trois cinquièmes de la population de l’Union», art. 54.2, on n'était déjà plus maître de notre destin, puisque même opposé à des décisions Européennes elles pouvaient nous être imposées.

    Cette Constitution européenne constituait un nouveau traité proposant et intégrant et rendant opérante la Charte des droits fondamentaux. Il fut signé à Rome le 29 novembre 2004. Ce traité de Rome de 2004, corrigeait les failles du traité de Nice et instaurait un traité constitutionnel pour l'UE. Il fut rejeté par la France par référendum et les Pays-Bas au premier semestre 2005.

    Le 23 juin 2007 à Lisbonne, le Conseil européen proposa une conférence intergouvernementale afin d'adopter ce traité avant 2009. Il fut nommé «traité modificatif» en France à la suite du rejet d'un projet de traité que Nicolas Sarkozy avait proposé à ce même Conseil. Le nouveau traité de Lisbonne préserve notamment les fondamentaux du projet esquissé par la Convention, mais il reprend l'article 104 du traité de Maastricht dans son article 123, voir Jacques Delors l'Europe est au bord du gouffre, cause de tous nos soucis. Ce nouveau traité fut ratifié par voie parlementaire par la France et les Pays-Bas. Le peuple n'eut pas son mot à dire, il n'y avait donc aucune crainte de rejet. Sarkozy avait passé outre les recommandations du général de Gaulle, et il avait mis notre destin dans les banques et la finance mondiale, mais aussi il avait rejeté d'un revers la volonté du peuple exprimée lors du référendum de 2005.

    Pendant dix années l'Europe fut gouvernée à droite, et son seul but fut le commerce international sans se préoccuper des conséquences pour notre industrie. Seul comptait pour elle la concurrence entre les États de l'Union ce qui conduisait automatiquement à notre perte par le fait de notre situation sociale est en avance sur les autres États à bas coûts. Mais cette politique dans la droite ligne de la politique libérale occidentale ne fit rien contre la mondialisation qui accentuait la perte de notre industrie, et de plus, elle s'est trouvée incapable de faire face à la crise mondiale de la finance. On connait la suite, les États du sud de l'Europe très endettés, aucune possibilité de croissance, des grèves et des révoltes en Grèce et en Espagne, des plans d'austérité qui ne mènent nulle part, la zone euro qu'ils ont construite n'est que catastrophe.

    Comment dans ces conditions apporter du crédit au fédéralisme quand on voit les plans de licenciements qui tombent sur le nouveau gouvernement ? Comment le fédéralisme peut-il apporter une solution quand ce sont ceux qui ont conduit l'Europe pendant dix ans et qui le clament et qui sont la cause de ce désastre ? Comment résoudre le problème de Peugeot, d'Arcelor Mitral, et de beaucoup d'autres entreprises qui ont été laissées à la dérive par cette droite, et qui de plus, a soutenu avec notre argent l'industrie automobile.

    L'Allemagne nous pousse à ce fédéralisme, elle à tout à y gagner mais, nous ? Nous ne vendons pas assez de voitures alors qu'elles sont moins chères que les Allemandes et que les salariés de ses usines sont mieux payés que les nôtres ! Le patronat conservateur pendant dix années de bonnes relations avec le gouvernement précédent a été incapable de construire une industrie compétitive, ne pensant qu'à délocaliser pour réduire ses coûts. Et le PDG du groupe Peugeot clame que son groupe perd 200 millions d'euros par mois ! Comme si c'était la faute de ses salariés qui sont payés moins chers que les Allemands. Alors faut-il être plus intégré pour vendre nos voitures ? Non, peut être faut-il tout simplement revoir notre politique industrielle vers une orientation moins concurrentielle. Notre perte de souveraineté par un fédéralisme intégré ne servirait à rien sinon qu'a nous brider un peu plus.

  • Angela Merkel droite dans ses bottes,

    un chêne devant les doléances des pays du sud ? Pas toujours.

    Mariano Rajoy, François Hollande, Angela Merkel et Mario Monti, vendredi 22/06 à Rome. Crédits photo : Andrew Medichini/AP Document Le Figaro.fr

    Support Wikipedia On se demande bien ce qui pourrait faire modifier son obstination ? Madame la rigueur, sur du soutien de son parlement, reste un obstacle à toute avancée raisonnable sur l'Europe. On pourrait presque dire qu'il est impossible de la faire changer d'avis, par le raisonnement, comme ceux qui sont obtus. C'est bien l'un des principaux défauts qui conditionnait notre ex Sarkozy.

    La rigueur budgétaire de chaque pays est indispensable dans une Union comme la zone euro, mais il faut encore que les pays soient semblables et économiquement équilibrés, ce qui n'est pas le cas. Quand on s'engage avec des pays aussi différents que l'Allemagne et la Grèce économiquement très faible, il faut en prendre la responsabilité. Allemagne 84, 5 millions d'habitants, Grèce 10,7 millions d'habitants ! On lit dans la presse avec une satisfaction non dissimulée que Angela Merkel ne plie pas à la poussée des pays de la zone euro, et par voie de conséquence, à celle du président Hollande, et que, finalement, ce qu'elle accepte n'est rien ou tellement peu ! Seulement, ils oublient d'écrire que la physionomie de la zone euro a changé, le couple infernal qui se croyait tout permis, oubliant les autres, est balayé et c'est tant mieux. S'il y a un pays au moins qui s'en réjouit, c'est l'Italie qui a été mortifiée par ce couple, l'ironie du sourire du Merkozy a laissé des traces indélébiles, voir Zone euro la crise et le sourire de Merkel et Sarkozy.

    Pour Mario Monti en marge du mini sommet à quatre de Rome la voix de l'Italie est de nouveau écoutée. «Le Merkozy n'était qu'une condition suffisante au progrès de l'Europe, mais les accords de Deauville l'année dernière ont eu du mal à être acceptés par tous». Il faut se rappeler que c'est aussi l'Allemagne qui a poussé la Grèce dans l'Union européenne, elle en porte bien plus que les autres la responsabilité.

    Si elle n'a pas de problèmes de taux d'emprunts, ils sont les plus bas de la zone euro, ce n'est pas a cause de sa dette souveraine qui est comme celle de la France d'environ + 80 % de son PIB, pour une dette de l'ordre de 2.900 milliards d'euros alors que celle de la France est inférieure à 1.900 milliards d'euros. Et de ce point de vue, elle n'est pas mieux lotie que nous.

    Les deux graphiques ci-dessous permettent d'apprécier les dettes publiques des pays du Sud et leur pourcentage, au PIB, par rapport à l'Allemagne. Ils sont de source Eurostat et mis à jour au 20 juin 2012.

    Ce n'est donc pas la dette publique qui conditionne à elle seule les difficultés de ces pays. Les paramètres influents restent la santé des banques et la potentialité de leur économie. Outre la Grèce qui dans ces trois domaines est au bord de la faillite, six banques Allemandes et trois Autrichiennes sont dégradées par l'Agence Moody's, au motif qu'elles seraient en situation de risque si la crise de la zone euro venait à s'aggraver. L'agence Américaine souligne aussi les capacités limitées d'absorption des pertes pour les banques Allemandes et Autrichiennes, Les Échos.fr. Quant à l'Espagne lire Pourquoi renflouer les dettes des pays de la zone euro. Cette Moody's n'arrête plus de dégrader les banques, elle vient d'abaisser la note de 15 banques dont trois Françaises, BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale, Le Monde .fr. Il en est de même pour les banques Italiennes, 26 ont été dégradées dont les deux premières, UniCredit et Intesa Sanpaolo, Figaro.fr économie. L'agence de notation estime que la détérioration de la conjoncture dans l'économie Italienne par un «accès restreint aux financements de marché» justifie cette dégradation. Elle estime que les conditions sont «de plus en plus défavorables avec une austérité gouvernementale qui réduit la demande à court terme et le retour de l'économie Italienne en récession». Moody's table en effet sur un recul du produit intérieur brut de 1,9% en 2012.

    Ce n'est donc ni la dette ni les banques qui donnent autant d'influence à l'Allemagne.

    Reste la potentialité de l'économie, et là elle est la meilleure. Dans un communiqué de presse du 16 avril 2012 Eurostat donne le commerce total des États membres, de la zone euro. L’Allemagne affiche +13,1 mrds d’euros en janvier 2012, le plus fort excédent, suivie des Pays-Bas +4,2 mrds, et de l'Irlande +3,2 mrds. Le Royaume-Uni -11,6 mrds, a accusé le plus fort déficit, suivi de la France -7,8 mrds, de l'Italie -4,3 mrds, et de l’Espagne -3,6 mrds. Des principaux pays de la zone sud c'est la France qui est la plus mal lotie.

    Le mini sommet des quatre à Rome du 22 juin a été pour Mario Monti un souffle, enfin respiratoire, il comptait !

    Mario Monti, qui revient sur la crise que traverse la zone euro, clame la «nécessité des politiques de rigueur et le changement que peut apporter l'élection de François Hollande», favorise une politique de croissance. Document Le Monde.fr

    «Je vois d'un bon œil l'arrivée de ce nouvel acteur. Je partage ses efforts en faveur d'une politique de croissance. Je suis satisfait de constater qu'il n'a pas l'intention de se passer d'un système de stabilité financière, contrairement à ce que pouvait faire croire sa campagne électorale. Enfin, je suis heureux de voir en lui, et j'espère ne pas me tromper, une France plus disposée que par le passé à accepter plus d'intégration. Et si des difficultés de compréhension devaient apparaître entre lui et Mme Merkel, mais je ne crois pas qu'il y en aura, je suis prêt à faciliter l'harmonie entre la France et l'Allemagne. Ces deux moteurs ne suffisent pas mais si l'un des deux s'enraye, alors l'Europe a de gros problèmes».

    Autant d'arguments qui détruisent les accusations de Sarkozy, à faire bouger les lignes. Ce sommet de Rome était une préparation au grand sommet Européen du 28 et 29 juin. Les quatre chefs d’États et de gouvernement ont obtenus un accord à minima sur la croissance d'un montant de 130 milliards d'euros. «C'est un paquet sur la croissance» a plaidé François Hollande. Il représente 1 % du PIB européen. Il est dans la ligne du projet que François Hollande porte depuis son élection. Augmentation du capital de la Banque Européenne d'Investissement, réallocation des fonds Européens non dépensés et «project bonds», ces obligations destinées à financer des infrastructures. «Qui aurait pu dire, il y a encore quelques semaines, qu'elle aurait été à ce point à l'ordre du jour du conseil européen?», s'est-il félicité.

    La chancelière Allemande Angela Merkel s'est ralliée à la cause. «Je suis d'accord avec ce 1% du PIB européen qui doit être investi pour la croissance, a-t-elle déclaré. C'est un signal important». A en croire Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines c'était impossible !

    La taxe sur les transactions financières rejetée dans le même temps par les ministres des 27 pays l'Union européenne, fut acceptée par les quatre pays France, Allemagne, Italie, Espagne. Mario Rajoy premier ministre Espagnol a déclaré, «l'euro est désormais irréversible». «Tous les sujets qui nous préoccupent» ont été «traités sincèrement», déclara-t-il. Pas certains que tous parlent le même langage sur le renforcement de l'Union monétaire. «L'euro est là pour rester» Mario Monti, «la solution à la crise c'est plus d'Europe» renchérit Angela Merkel. «L'Union a besoin de plus de mécanismes de contrôle», estimant que les règles n'ont pas été respectées. «Le problème est que nous n'avons pas respecté les règles». La chancelière rejette aussi toute intervention de la Banque Centrale Européenne ou des fonds de secours pour racheter les obligations des États en difficultés, alors que Mariano Rajoy et Mario Monti sont pour. Elle ne veut pas, non plus, entendre parler des euro-obligations, dont François Hollande continue de demander la mise en place «avant dix ans !».

    D'ici là il y aura beaucoup d'eau qui aura coulé avec sous le pont de l'Union. Dix ans, une absurdité, c'est maintenant qu'il fait engager cette mutualisation de la dette avant que les situations de l'Espagne et de l'Italie deviennent irréversibles. Combien de pays pourront encore supporter d'être ainsi purgés par les banques privées ? Combien des dirigeants actuels seront-ils encore présents ? On croit rêver devant ce que dit François Hollande et le manque de réalisme de l'Allemagne !

    «Il n'y aura pas de transferts de souveraineté sans amélioration sur le plan de la solidarité», a prévenu François Hollande. Mercredi 27 juin, une rencontre d'avant le sommet Européen est prévue à l’Élysée avec Angela Merkel. Va-t-on assister à un Merkollande ?

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