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  • Les premiers dossiers sociaux laissés par la gestion Sarkozyenne

    en attendant les comptes de la nation.

    Support Wikipedia Nous le savions, Hollande aussi, nous ne sommes pas surpris. Sarkozy a laissé une France dans un mauvais état. Que ce soit pour les hôpitaux, comme pour l'enseignement, comme pour la police, comme pour l'emploi, comme pour la justice, la France est meurtrie. Le chômage est à 11 % dans la zone euro en avril selon les données corrigées saisonnières d'Eurosat. En France il se situe à 10,2 %, mais bien entendu, il ne prend pas en compte les plans sociaux qui ont été gelés pendant la campagne présidentielle. C'est dur et la droite n'a pas honte de son bilan. François Hollande n'a rien caché, à son entretien télévisé avec David Pujadas le mardi 29 mai, quand il déclara que des sacrifices seront demandés. Il récolte un héritage cancéreux qui mine par ses métastases la Nation. Sa volonté suffira-t-elle pour les surmonter ? Sa tâche porte beaucoup d'attentes des Français qui ne pourront toutes être satisfaites. Ce qui fait jaser l'opposition espérant qu'il échoue, ce qui ne l’exauce pas de son bilan et ne serait pas bon pour la France.

    Au premier trimestre le nombre de plan de sauvetage de l'emploi a baissé de 22 %. Les élections permirent de mettre sous silence 45.000 emplois menacés selon la CGT dans 46 entreprises différentes. De vraies bombes à retardement. Le 15 février, les patrons de la Fnac et d'Areva reçurent des instructions de Xavier Bertrand, ministre du travail, pour ne pas durcir leurs projets de licenciements. PSA et Renault promirent de ne rien annoncer avant le mois de mai. La FNAC faisait part de son intention de licencier 500 personnes dont 300 en France. Le groupe Areva projetait de se délester de 3.000 emplois en France, sans compter ses filiales. Chez Renault ou l’État est actionnaire à hauteur de 15 %, les mesures d’économie évoquées fin décembre par Carlos Tavares, le DG du groupe, furent repoussées de quelques mois. Elles devraient prendre effet au second semestre et non au premier comme prévu à l’origine.

    Ces élections furent pour les sociétés une attitude complice en masquant les plans sociaux, mais aussi la pression du gouvernement sur les entreprises publiques. L'annonce au cours de la campagne présidentielle de fermetures d'usines aurait conduit à un climat encore plus néfaste pour Sarkozy. Il fallait donc attendre le dénouement. S'il avait été réélu, il aurait eu à affronter les mêmes plans sociaux, mais de sa responsabilité.

    Ce que l'on sait, c'est qu'il a montré sur bien des dossiers son impuissance à apporter des solutions aux emplois perdus. L'essence de sa politique convergente avec celle de l'Allemagne en est la conséquence, il ne pouvait de ce fait contraindre, privilégiant des mesures structurelles. Alors, l'opposition ironise sur le fait que François Hollande pourrait faire mieux. Cela signifierait qu'une seule politique est possible, la leur. Cela fait penser aux indispensables qui savent tout et qu'après eux c'est le chaos. La politique précédente était compatissante, laxiste, envers les délocalisations, elle ne luttait pas par ce qu'elle convergeait avec la philosophie commerciale de la Commission européenne. Abaisser le niveau des pays les plus avancés pour permettre aux autres de s'élever. Une politique plus volontariste et contraignante, moins liée à cette droite Européenne, en termes d'emplois, en subventionnant des investissements et en aidant les moyennes et petites entreprises ne serait-elle pas une autre solution ? Dans l'attente faisons confiance à cette nouvelle majorité.

    Au premier trimestre seul 217 plans de sauvegarde de l'emploi ont ainsi été enregistrés, soit 22 % de moins qu'à celui de 2011, alors que la conjoncture s'est dégradée. Durant les quatre premiers mois de l'année, 106 fermetures de site ont ainsi été annoncées, souvent sans s'être encore traduites par des mesures sociales, selon l'observatoire Trendeo. C'est 60 % de plus que durant la même période de 2011 ! Dans le même temps, le nombre d'ouvertures a reculé. Entre les nouveaux sites et ceux qui disparaissent, «on assiste à une perte nette d'une dizaine d'usines par mois depuis janvier», note David Cousquer, de Trendeo. Pour l'Entreprise 137.000 postes pourraient disparaître d'ici à 2016. Un bilan éloquent pour le précédent gouvernement.

    Les plans vedettes, ce sont les usines dont les difficultés ont défié la chronique, Fralib, Pétroplus, Florange, Aulnay Peugeot Citroën qui a déjà engagé un plan de suppression de 1.900 postes en 2012 et menace le poste d'Aulnay de fermeture 3.000 personnes au tapis. Le 07 mai, Camiva, 171 salariés, annonçait la fermeture de son site savoyard de production de véhicules de pompiers. Le 09 mai, Général Motors mettait en vente son usine de boîtes de vitesses de Strasbourg, 1 000 salariés sont concernés. Le groupe Doux leader Européen de la volaille, de la marque du Père Dodu, 3400 salariés serait en cessation de paiement et près de 700 à 800 éleveurs sous contrat. Mais aussi Lejaby d'Yssingeaux dont on ne sait ce qu'elle est devenue. Sarkozy avait reçu les salariés et avait chargé Laurent Vauquier de trouver un repreneur qui devait prendre en charge les ouvrières dans la maroquinerie ? Et puis, Neo sécurité dont son PDG appelle au secours évoquant un hasard malheureux et qui fait un chantage de 15 millions d'euros par ce que sa société se trouve en cessation de payement, c'est 5.000 salariés qui sont concernés.

    Du coté de la grande distribution le groupe Carrefour s’apprêterait à supprimer plusieurs milliers d'emplois en France selon les syndicats, qui devaient rencontrer le nouveau PDG Georges Plassat en mai. Dans la banque, les quatre principaux établissements Français, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Natixis, ont prévu de supprimer 2.400 postes dans les activités de marché, et pour certains ont commencés à diminuer leur effectif de 11% d’ici à 2013. Pour l'heure enfin, c'est dans le transport maritime que ça chauffe le plus, la crispation est à son comble entre la direction de la Société nationale Corse Méditerranée, SNCM, et la CGT des marins de Marseille. La carte des emplois en sursis.

    Document du JDD du 27 mai 2012

    Le nouveau gouvernement sait très bien qu'il est attendu sur l'emploi. C'est pour cette raison qu'Arnaud Montebourg fait preuve d'un volontarisme appuyé en essayant de régler certains problèmes de fermetures de sites, comme chez Fralib à Gémenos ou chez Technicolor à Angers. Pour l'instant, rien d'autre que de remettre autour de la table patronat et syndicats de ces sites. Il est évident que l’État ne peut pas tout dans le privé, mais ce qui compte avant tout c'est la volonté.

    François Hollande avait déposé, en février 2012, au nom du groupe socialiste, une proposition de loi à l'Assemblée visant à obliger un industriel se désengageant d'une usine à la céder à un repreneur. Cette proposition fut repoussée par la majorité d'alors. Elle obligeait à chaque fermeture d'une usine l'entreprise à en informer le Tribunal de commerce qui serait chargé de désigner un mandataire pour trouver un repreneur. Si l'entreprise refuserait toute proposition de reprise dans le cas d'une entreprise rentable, le Tribunal pourrait imposer un plan de cession. Le texte n'interdirait pas une fermeture d'usine mais obligerait à sa cession si elle s'avèrerait rentable et qu'un repreneur se présente.

    Et puis, il y a le contrat de génération, qui serait adapté à chaque entreprise, pour favoriser l'emploi des jeunes en CDI et le maintien en activité des séniors. L'idée est l'embauche d'un jeune de moins de 30 ans qui serait placé sous tutorat d'un sénior de plus de 55 ans. L'entreprise qui appliquerait cette convention pendant cinq années serait exonérée de charges sur les deux salaires. Mais aussi la lutte contre les licenciements boursiers, évoqués par Ségolène Royal, et reprise par le gouvernement en vue d'un projet de loi avance-t-on au cabinet de Michel Sapin.

    La rafale de plans sociaux précipite l'urgence d'une cellule pour y faire face. Le nombre d'entreprises en danger serait selon lui au nombre de 36 de taille différente dans des situations différentes.

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