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elections partielles; majorité socialiste

  • La rigueur gauche-droite de François Hollande qui désaffectionne les socialistes,

    va-t-elle la faire perdre la majorité au PS à l'assemblée nationale ?

    Support Wikipedia C'est un scénario tout à fait vraisemblable, sa politique de réformes menée depuis une année exaspère ses partenaires écologistes sans parler du Front de gauche et des communistes. Ce qui revient à considérer que s'il perdait sa propre majorité à l'assemblée nationale au cours des élections législatives partielles, il deviendrait impuissant pour faire les réformes retraites, allocations familiales et combien d'autres encore qui sont nécessaires pour équilibrer nos comptes et qui sont souhaitées par la Commission de Bruxelles. Petit à petit la faible majorité absolue du PS s'est effritée lors des élections partielles qui eurent eu lieu depuis le second tour du 17 juin 2012. Le parti socialiste et apparentés, Socialiste, Républicain et Citoyen, SRC, représentait 297 députés pour une majorité absolue de 289 députés. Au cours de l'année écoulée, les trois législatives partielles de l'Hérault, des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, le PS perdit trois députés.

    Dans la 6ème circonscription de l'Hérault Elie Aboud UMP redevient député le 16 décembre 2012. Dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian UMP redevient député le 16 décembre 2012. Dans le Val-de-Marne, Silvain Berrios UMP prend le siège au centriste Henri Pagnol. Dans l'Oise, l'UMP Jean-François Mancel est réélu député dans la 2ème circonscription de l'Oise le 24 mars 2013. Cela fait donc trois sièges de perdus pour le SRC, il ne lui reste plus que 294 députés pour une majorité de 289. Mais, il y a le président de l'assemblée nationale Claude Bartelone qui ne prend jamais part au vote, ce qui porte le nombre de députés votant SRC à 293.

    Mais coup politique, ou pas, Napole Polutélé élu dans la circonscription de Wallis et Futuna sur décision du Conseil constitutionnel, devient député avec le soutien de l'UMP, le 24 mars 2013, et il rejoint le groupe socialiste mardi 28 mai, ce que personne ne comprend. Cela portait le groupe SRC à 294 députés avant les législatives partielles du 09 juin, soit 5 de plus que la majorité requise.

    Or, les législatives partielles des Français de l’Étranger ont déjà mis hors course au premier tour deux députés socialistes, pour cause de désaffection des votants. La 8ème circonscription, celle des pays d’Europe du Sud plus Israël, la candidate socialiste Marie-Rose Koro, 14,61%, fut éliminée dès le 1er tour.

    Le 09 juin la candidate de l’UMP Valérie Hoffenberg, affrontait Meyer Habib, soutenu par l’UDI centriste, c'est Meyer Habib qui l'emporta contre l'UMP Valérie Hoffenberg avec 53,5 % des voix contre 46,5 %, selon des résultats quasi définitifs.

    De même le 9 juin, dans la 1ère circonscription, celle du Canada et des États-Unis, c'est l'UMP Frédérique Lefebvre, ancien secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy qui est élu avec 53,72 % des voix contre 46,28 % pour le socialiste Franck Scemama, selon des résultats définitifs, ce qui fait encore un député PS de moins. Dans les deux cas les scrutins étaient organisés pour remplacer des députées socialistes élues en mai 2012 et dont les comptes de campagne furent invalidés, entraînant leur inéligibilité pour un an.

    La participation fut extrêmement faible due à une désaffection des socialistes, ce fait la joie de l'opposition. Pour Jean-François Copé, le PS a perdu 7 élections partielles depuis un an, le président doit en tirer les conséquences. Quant à Jean-Louis Borloo, il s'est dit heureux d'accueillir un 31ème député pour son groupe à l'assemblée nationale.

    Quant au siège de Jérôme Cahusac à Villeneuve-sur-Lot remis en cause dans la 3ème circonscription par sa démission de l'assemblée nationale, ce siège socialiste aurait été à coup sûr perdu par les socialistes, si Jérôme Cahusac aurait maintenu sa candidature. Ayant décidé de ne pas le faire, la situation devient plus engageante pour le représentant du PS Bernard Barral qui emporta la primaire du PS par 127 voix, face à l’avocate Catherine Joffroy, 72, voix lors d’une consultation à laquelle ont participé 204 militants. Pour le PS, le risque majeur est la dispersion des voix de gauche. Se présente contre lui, la candidate EELV Lionel Feuillas, et le Front de gauche la candidate, Marie-Hélène Loiseau. Au pire pour le PS, c'est encore un député de moins.

    Quant à la droite, le FN présente Étienne Bousquet-Cassagne, étudiant de 23 ans choisi comme candidat «jeune génération». Quant au maire et conseillé général de Fumel, Jean-Louis Costes soutenu par l'UMP et le centre, et qui avait perdu en 2012 face à Jérôme Cahuzac par, 38,52% contre 61,48 %, il a devant lui le FN qui peut très bien au second tour fusionner avec l'UMP. Rien n'est donc sûr pour le socialiste.

    Reste la situation de Sylvie Andrieux qui impliquée dans une affaire de détournements de subventions du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, plus de 740 000 euros auraient ainsi été détournés via le financement d'associations entre 2005 et 2009. Elle s'en défend en prétendant être étrangère aux subventions suspectes, dont l'attribution dépendait selon elle des «responsables administratifs de la région». Mais suite à ces révélations, le président de la région PACA, Michel Vauzelle, lui retire la délégation à la politique de la ville qu'elle occupait en tant que vice-présidente du conseil régional. Le 7 avril 2010, le bureau de l'Assemblée nationale lève son immunité parlementaire.

    Elle fut mise en examen le 8 juillet 2010 «pour complicité de tentative d'escroquerie et de détournement de fonds publics». Le 10 février 2012, le procureur de la République Jacques Dallest considéra qu'elle est intervenue «très concrètement» pour attribuer des subventions à des associations inexistantes et qu'elle est au centre d'un clientélisme politique destiné à une fidélisation de l'électorat et d'intérêts politiques. Le 29 mai 2012, elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics. Elle est réélue en juin 2012 face à Stéphane Ravier, FN, avec 50,99 % des voix ce qui lui fit déposer un recours pour demander l'annulation de l'élection. Le 13 juillet 2012, Sylvie Andrieux est maintenue députée apparentée au groupe PS à l'Assemblée nationale. Le 4 mars 2013 commença pour trois semaines le procès de Sylvie Andrieux et de vingt et un autres prévenus. Le 22 mai 2013, elle fut déclarée coupable de détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Marseille, et condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis, dont 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Ses avocats annoncèrent son intention d'interjeter appel du jugement, ce qui suspendra l'exécution de celui-ci.

    Le PS lui retira son investiture le 31 mai 2012, mais Sylvie Andrieux annonça néanmoins le maintien de sa candidature. Le 31 mai, Manuel Valls virait d'une réunion consacrée à la sécurité trois élus PS qu'il jugeait visiblement indésirables, dont Sylvie Andrieux, avait demandé aux trois élus de quitter la salle une première fois. Ne voyant aucun des trois esquisser le moindre mouvement vers la sortie, Valls a réitéré et Sylvie Andrieux prit la porte. Cette situation dans les Bouches-du-Rhône ajoute à la pression sur le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, encore un député PS de moins.

    Le groupe SRC perd donc trois sièges dans les législatives partielles de l'étranger, reste l'élection de Villeneuve-sur-Lot qui auront lieu du 16 et 23 juin et le cas de Sylvie Andrieux en attente de la décision de la Cour d'appel.

    Les socialistes n'auraient plus au pire que 290 sièges pour une majorité de 289 sièges. On mesure les difficultés qui attendent François Hollande avec une majorité si faible ?

    Que peut-il se passer, la majorité perdue ?

    Lorsque Michel Rocard fut Premier ministre, en 1988, la majorité socialiste n’était pas absolue à l’Assemblée, et ce fut les compromis de Guy Carcassonne responsable de minorités de conséquence, conseillé des relations avec le parlement qui permit de gouverner, il vient d'ailleurs de décéder. Dans cette situation difficile Jean-Marc Ayrault aurait à discuter avec l’UDI, laissant les Verts et le Front de gauche dont les exigences sont incompatibles avec la rigueur instaurée. On se rend bien compte que les écologistes affichent ouvertement leur mauvaise humeur.

    Pour la première fois depuis le début de la mandature, ses dix-sept députés ont votés le mardi 28 mai, à l'unanimité contre un projet de loi du gouvernement, celui sur l'enseignement supérieur, mais néanmoins adopté dans la foulée. Ils critiquèrent la méthode de la ministre, Geneviève Fioraso, et un texte dans le prolongement de la loi LRU, relative aux libertés et responsabilités des universités, adoptée sous Nicolas Sarkozy. Les écologistes ne veulent s'en tenir qu'à l'accord passé entre eux et le PS, ce qui exclu toutes perspectives d'avancer avec eux. Pour eux, «la seule obligation, c'est de voter les budgets et de se tenir à l'accord Verts-PS», souligna la députée de la Somme Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste.

    Cette position est dans la ligne d'une motion de synthèse adoptée samedi 31 mai par la quasi-totalité du conseil fédéral d'Europe Écologie-Les Verts. «L'orientation économique du gouvernement et son refus d'écouter toutes les composantes de sa majorité ne peuvent que nous inquiéter», expliquent les écologistes. Néanmoins ils se félicitent de quelques avancées, mariage gay, création de la Banque publique d'investissement ou encore progrès dans la lutte contre l'évasion fiscale, mais ils dénoncent les politiques d'austérité et réclament un «changement de cap rapide et significatif" afin de sortir de la politique gestionnaire à courte vue qui nous affaiblit et n'est nullement à la hauteur des enjeux».

    Que reste-t-il d'autre au PS que d'un accord avec l'UDI, ce qui minerait par voie de conséquence toute collaboration possible avec les Verts, autre que la dissolution de l'assemblée nationale, comme le fit Jacques Chirac qui le conduisit à une cohabitation avec les socialistes. La situation est donc critique, l'opposition n'attend que cela ! Toute la gauche y perdrait, sans que pour autant que les Verts verraient leurs exigences satisfaites. La situation politique serait bloquée une fois de plus, ce n'est vraiment pas le moment.

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