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dette souveraine

  • Est-ce que l'euro existera toujours à Noël ?

    C'est la question que jacques Attali se pose ?

    Support Wikipedia C'est dans une interview au site 20 minutes.fr que Jacques Attali déclare que la monnaie unique n'a plus qu'une chance sur deux qu'elle disparaisse ou qu'elle soit en train de se modifier. Mais Noël c'est bientôt et nous entrons dans cette période festive ou les soucis sont ailleurs. Il n'est d'ailleurs pas le seul à voir l'éclatement de la zone euro, alors qu'il y a quelques mois cela paraissait impossible, il faut du temps pour que les Merkozy et les autres de la bande comprennent. La crise de la zone euro serait apparemment proche de son paroxysme. Les tensions sur l'Italie qui voit son taux d'emprunt à deux ans  s'envoler à 7, 814 % du jamais vu, et son taux à 6 mois bondir de 3,535 % à 6,504 % une dérive qui n'est pas sans effet sur les banques Allemandes. Le départ de Berlusconi n'a rien fait quand aux espoirs placés sur le sérieux Mario Monti, les banques n'y croient pas. L'Italie n'a pas de solution autre que celle d'un rachat de sa dette par la BCE, ce qui momentanément lui donnerait du souffle mais ne résoudrait rien à long terme. Le Nord finance le Mezzogiorno, et cela coûte. L'Italie paye plus pour emprunter sur trois ans qu'elle ne le fait pendant 10 ans, le Financial Times du 29 novembre. L'Italie n'a que 150 ans d'existence depuis la seconde phase du Risorgimento en 1861 et l'unité territoriale ne s'affirme pas partout. Quand à l'Espagne ce n'est guère mieux, mais un peu moins mauvais. Le trésor Espagnol à émis mardi 22/11 pour 2,97 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois à des taux respectifs en très nette hausse de 5,11% et 5,22%, le plus haut niveau depuis 14 ans. Le 25 octobre dernier, l'Espagne avait en effet placé des titres similaires à des taux de 2,29% et 3,30%. Le Trésor a levé le montant maximum qu'il escomptait, a précisé la Banque d'Espagne. Mais ce surcoût de la dette, environ 25 millions d'euros pour les deux opérations, pose la question de la capacité du pays à dégager des économies. Il est clair que la politique droitière d'austérité sur austérité de la zone euro est une catastrophe, puisque potentiellement anti croissance. Quand à la Grèce son taux d'emprunt à dix ans était à 18 % fin octobre, à ce taux aucun emprunt n'est possible, c'est la faillite et une sortie de la zone euro sans attendre. Les gesticulations de Merkozy lors du dernier G20 qui ont eu pour conséquence le départ de Papandréou n'ont rien changé, voir Grèce un souffle de démocratie et c'est la panique. Grèce, Italie, Irlande, Espagne, Portugal, et maintenant la Belgique sont les maillons faibles, tandis que l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et l'Autriche les maillons forts mais pas pour longtemps, la chute des maillons faibles entrainera celle des forts. Les Échos dans un de ses articles informent qu'un courtier Britannique Icap reconnaît se préparer à un éventuel éclatement de la zone euro. Il testerait depuis quelques mois sa plate-forme électronique EBS, la plus importante pour les échanges interbancaires sur les devises, à un retour de la monnaie grecque, la drachme. 

    De plus, plusieurs sources contactées par La Tribune laissent entendre que nôtre «triple A» pourrait se retrouver sous perspectives négatives. Standard & Poor's nous préparerait à cette éventualité, voir la fausse erreur de Standard & Poor's, dans démocratie et agences de notation ? Une autre source avancerait même que cette annonce aurait due être rendue publique dès vendredi 28/11/11, mais pour des raisons inconnues, elle aurait été repoussée, un cadeau à Sarkozy ? Le Figaro.fr qui reprend l'article de La Tribune, ne dit pas autre chose, mais il va plus loin, rappelant ce que déclarait l'agence Moody's à mi octobre sur le fait qu'elle se donnait trois mois pour évaluer la stabilité de notre triple A.

    Certains économistes, à l'instar de Simon Johnson et Peter Boone, estiment que c'est la «fin de la zone euro telle que nous la connaissons». Nouriel Roubini parle d'une «fin de partie pour la zone euro». Georges Osborne, le ministre des finances britannique, a lui aussi répété dimanche 27 novembre que le Royaume-Uni disposait «de plans» en cas d'éclatement de la monnaie unique, sans donner plus de détails.

    Philippe Mabille écrit dans La Tribune que le chronomètre de la zone euro est implacable, mesurant les chances de survie de la zone euro attribuant cela à l'échec du sommet tripartite Allemagne, France, Italie à Strasbourg ou les tensions auraient atteints un point de non retour sur les dettes Espagnole, Italienne mettant ces pays dans des conditions d'insolvabilité à la Grecque. Malgré que la BCE a dû acquérir 200 milliards d'obligations d’État Grec, Espagnol, Italien, Portugais, ces actions n'ont fait que retarder  l'inéluctable explosion des spreads de taux. Il cite que le journal dominical Allemand «Die Welt am Sonntag», Paris et Berlin travaillent sur la piste d'un nouveau pacte de stabilité exclusif, limité, sur le modèle du traité de Schengen, à quelques États membres de la zone euro, et renforçant leurs obligations budgétaires mutuelles. Cela reviendrait à faire une partition de la zone euro. Dans ce cadre, un autre modèle est envisagé, il consisterait en une démarche bilatérale en incluant dans la révision en cours du traité Franco-allemand de 1963, traité de l’Élysée, de Gaulle et Adenauer, une coopération accrue dans les domaines de la défense, des relations internationales et de l'éducation. On nage en pleine eau sans vue sur le long terme, Merkozy une politique au coup par coup à la va-comme-que-je-te-pousse.

    «Mais alors comment vont rembourser leur dette les pays qui ne seraient pas dans ce schéma ? D'aucun pensent que leur dette serait tout simplement effacée en pertes pour ceux qui ont prêté, c'est à dire les banques. Ce serait un retour de bâton puisqu'elles sont les principales responsables de la situation actuelle».

    On sait que monnaie unique et zone euro ne font qu'un. On sait également que le second traité de Barcelone fixe la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l'Euro. Dans ces conditions chaque pays doit avoir une situation économique qui lui permette de soutenir la valeur de cette monnaie. Cette exigence apparaît impossible à tenir, même l'Allemagne que l'on porte aux nues n'est pas mieux lotie que nous, sa dette souveraine est de 82 % de son PIB, quasiment autant que nous. Et si l'on se rapporte à ce qu'écrit Jacques Attali dans sa chronique de novembre, le cinquième suicide Européen, les banques publiques sont en mauvaise situation, son énergie dépendra de plus en plus du gaz Russe, et sa démographie est catastrophique....Et puis sur le plan social sa situation est loin d'être meilleure, voir La misère de Merkel pire que celle de Sarkozy, sinon au moins égale ?   

    L'article 123 du traité interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres. Cet article dérive de l'article 25 de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France qui stipule que le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France. Cela signifie que la France pour emprunter ne peut le faire à sa propre banque mais aux autres banques. Appliqué à l'Europe cela signifie que la BCE ne peut prêter aux membres de la zone euro. En conséquence ce sont les banques privées qui prêtent de l'argent à un taux d'intérêt qui leur convient en fonction de la notation des pays emprunteurs. Conçue de cette façon l'Europe enrichie les banques privées. C'est clair, voir démocratie ou agences de notation ?

    L'article 123 reprend l’article 104 du traité de Maastricht, également identique à l’article 181 du Traité Constitutionnel Européen, refusé par le peuple Français en 2005 par référendum. On se mélange un peu dans tous ces traités qui finalement n'ont fait que la richesse des banques.

    Dans ce que propose Jacques Attali rien ne concerne ce point. De plus, aucun parti politique n'en parle c'est à croire qu'ils ne voient pas sa conséquence. Si cette condition était concevable en 1973 et même en 2005, aujourd'hui, elle ne l'est plus.

    Pour Attali c'est à la banque centrale Européenne de racheter des obligations d’État, ce que toutes les banques centrales nationales feraient si ce n'est de manière homéopathique ? L'objectif premier des  banques centrales nationales comme celui de la BCE est la stabilité des prix dans une économie de marché ouvert dans un contexte de libre échange. Elles sont indépendantes du pouvoir politique, et elles ne prêtent qu'aux banques commerciales. Ce que dit Jacques Attali n'est donc pas exact, les banques centrales ne peuvent racheter des obligations d’État. Le feraient-elles ce que d'aucuns prétendent en déclarant que la Bundesbank rachète de la dette Allemande ? Le président de la Bundesbank Jens Weidmann a fermement repoussé les demandes internationales d'intervention dans un article du 13/11/11, Bundesbank warns against intervention. Pour lui c'est aux politiciens de résoudre la crise rejetant l'idée d'employer la BCE en tant que prêteur de dernière ressource aux gouvernements. Un discours qui ne l'empêche pas de racheter de la dette Allemande. Le 24/11/11,

    «la «Finanzagentur», qui est en charge de la dette Allemande et voulait placer 6 milliards d'euros d'une nouvelle souche obligataire à 10 ans, n'a réussi à vendre que 3,64 milliards d'euros de titres aux investisseurs. Le reste a été pris par la Bundesbank, la banque centrale Allemande, qui devra l'écouler au fil de l'eau sur le marché secondaire. «La Buba a pris 39 % de l'adjudication, c'est un niveau totalement inédit», souligne Cyril Regnat chez Natixis. Paradoxalement, l'Allemagne qui s'oppose à ce que la Banque centrale européenne, BCE, achète de la dette souveraine, demande à sa banque centrale nationale de «sauver» les adjudications de dette lorsque les investisseurs ne répondent pas présents...» Un article des Échos.fr. Pour Kristian Tödtmann, économiste de Dekabank, «l'explication plus fâcheuse est probablement que l'Allemagne est à son tour mise en cause comme dernier bastion particulièrement sûr et c'est alors un très mauvais signal envoyé à l'ensemble de la zone euro».

    On comprend le propos de Jacques Attali, et on constate que l'Allemagne s'assoit sur le traité de Lisbonne quand cela lui convient. Il ne reste plus aux autres pays qu'à faire la même chose.

    Pour remédier à cet état de fait, Jacques Attali propose un plan à trois niveaux. Permettre à la BCE de racheter des obligations d’État, faire un accord Européen sur le contrôle par les autres du déficit budgétaire de chacun, c'est à dire perdre de la souveraineté au profit des autres, mettre en place une réforme des traités pour permettre à l'Europe d'avoir dès à présent des recettes fiscales et de pouvoir prêter des eurobons.

    Jacques Attali reste dans un schéma d'Europe intégrée, avec 17 pays membres de la zone Euro. Nous venons de voir que cela ne fonctionne pas. Les capacités des pays sont différentes en termes de croissance de leur PIB. Leur gestion économique ne leur permet pas d'atteindre et de rester aux 3 % de déficit public au sens de Maastricht. Il est évident que le Portugal  et la Grèce pour ne citer que ces deux pays ne peuvent soutenir ces 3 % autrement que par des conditions sociales de leur peuple incompatibles avec celles des autres pays majeurs de la zone euro. Le traité comme il est conçu est trop rigide, il ne donne pas la souplesse utile à ces pays pour faire face aux difficultés économiques ce que leur monnaie permettait de faire avant l'Euro. S'obstiner dans cette voie serait une grave erreur d'autant plus qu'elle implique une perte de souveraineté ce que pour moi je ne pourrais jamais accepter.

    Avec Nicolas Sarkozy c'est la perte de notre souveraineté.

    François Hollande et son parti l'accusent de brader la France pour sa politique droitière en acceptant des pouvoirs supranationaux renforcés, en d'autres termes ce serait la Commission cette bande d'incapables qui nous imposeraient leur gestion financière, bravo Sarko !

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