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démocratie

  • La sociale démocratie,

    serait-elle en péril ?

    On peut le penser. Ces dernières élections nous invitent à tirer la sonnette d'alarme, le nombre d'abstentions nous y oblige, il y a un dégout de la politique incarnée par ces politiciens plus que par la politique elle-même. Plusieurs facteurs le démontrent. Les gens se sont abstenus par ce qu'ils n'ont plus confiance, l'Europe n'a rien apporté en termes de bien être, pour certains vraisemblablement. Outre le fait que l'on nous rabâche qu'elle permet d'éviter des guerres entre les pays qui la composent, mais cet argument a fait son temps. Beaucoup sont opposés à ce qu'elle est devenue, une machine à uniformiser vers le bas. Tous les partis politiques, sauf quelques uns que l'on ne pouvait considérer pour d'autres facteurs politiques, nous ont conduit vers cette Europe et nous leurs avons fait confiance. Il faut bien voir, et cet évident, que cette Europe est un foutoir. A 27 elle ne veut rien signifier et elle ne nous apporte, à nous Français, que du chômage puisque nos usines s'implantent ou la main d'œuvre est la moins coûteuse, et qu'en outre nos produits sont sujets à des règlementations qui dénaturent leurs qualités. Nos conditions sociales étant supérieures à celles des autres, nous ne pouvons que régresser. Notre identité nationale n'est plus.

    Les Français ont voté et avec eux tous les pays qui la composent, le verdict est sans appel, l'Europe est plus à droite qu'avant. Il y a donc une remise en cause de la sociale démocratie qui associe l'équilibre entre le tout à droite et le tout à gauche, le juste milieu en d'autres termes, le milieu raisonnable. On aurait pu penser qu'en France les réforment menées par Sarkozy, qui sont vomies par une majorité de Français, pas tous, c'est ce que les sondages montrent, auraient pu conduire à un vote sanction, il n'en est rien, pourquoi ? Et bien tout simplement par la faute des hommes et femmes des partis qui sont censés représenter la sociale démocratie, ils ont taillés le bois de leur cercueil.

    Cela a commencé avec le gouvernement Jospin qui a fait une politique sociale démocrate sans le dire et parfois plus à droite qu'à gauche. Certes, il lui fallait composer avec le président Chirac, et avec le sénat, d'où des difficultés, mais ceux qui ont votés pour lui n'ont pas compris. Rappelez-vous quand Jospin s'est fait descendre aux usines Michelin à Clermont Ferrand à propos des suppressions de postes quand il a déclaré, qu'il ne fallait pas tout attendre de l'État, montrant ainsi un État impuissant et donc une gauche imaginaire. Alors si la gauche socialiste n'apporte plus l'espoir aux classes sociales d'en bas, elle ne sert à rien. Il eut été souhaitable que Jospin explique, argumente, et s'excuse de tenir de tels propos, mais prétentieux comme il est, il ne l'a pas fait. D'ailleurs cette sociale démocratie s'est fait descendre à l'élection présidentielle de 2002 en arrivant derrière le Font national, une gifle monumentale comme l'écrit Dominique Dutilloy dans son ouvrage «Divorce sans consentement mutuel», voir ici .

    De plus, il déclare qu'il se retire définitivement de la politique, ce qui pourrait faire penser à une certaine honorabilité, mais, à l'élection de 2007 le voilà qu'il revient pour descendre Ségolène Royal qui avait été élu démocratiquement par la base socialiste ? Comment peut-on comprendre alors que le bilan de Jospin était bon, le chômage s'était réduit, le déficit de la sécu n'était plus qu'un mauvais souvenir conséquences de rentrée financières, etc...Je crois qu'il n'a pas compris lui-même ?

    En 2007, alors que le gouvernement Villepin bat de l'aile, il n'est plus crédible et la gauche se met à rêver. Et puis, celui qui était à l'intérieur, avec son karcher au vent pour nettoyer les banlieues part en croisière, et la mayonnaise prend. Comment pourrait-il en être autrement ? Les pauvres types qui ont vu bruler leur voiture dégrader leurs pauvres logements et les commerces etc...Comprennent vite. Les émeutes ne se sont pas déroulées dans le VIIème mais à Aubervilliers à Montfermeil et ailleurs, alors, comme un seul chef, ils votent Sarko qui entre parenthèse adopte le langage de ces voyous.

    Mais ce n'est pas terminé, voila que le PS qui n'a pas de leader charismatique se met à en trouver un. Il organise une confrontation entre trois prétendants et c'est Ségolène Royal qui bat les autres très largement. La voila plébiscitée par la base, mais cela me plait pas aux ténors et même à certains qui rejoignent avant même le résultat final le camp adverse. Sarkozy, pas bête du tout, met ainsi le PS sous tension. Alors on assiste à un matraquage ignoble des ténors du parti sur la pauvre Ségolène, elle en prend plein la figure. Même Rocard lui dit retire toi t'es pas à la hauteur. Pour corser le tout, voila qui arrive l'lluminé, celui qui, un matin s'est vu dans la glace président de la République, il se prénomme François comme beaucoup de présidents. Et il y croit du comme fer et contre tous, il se met à critiquer du jour au lendemain la politique de droite qu'il a toujours soutenue et Sarkozy. Il faut bien faire son trou. Ces amis ne comprennent plus et le quittent, mais qu'importe il aura les voix des déçus des socialistes et de la droite, et il s'en est fallu de peu qu'il passe devant Royal.

    Dans ces conditions la cruche ne pouvait gagner, outre Sarko, elle avait contre elle ses amis et le Modem dont son leader n'a même pas eu le courage de déclarer pour qui il vote au second tour ! Mais, ce n'est pas terminé, les coups de boutoirs de Sarkozy deviennent plus forts, il envoi Strauss-Kahn au FMI, sans parler de ses approches vers d'autres socialistes bancales de sorte qu'il fait croire à une politique gauchisante mais qui applique un programme réactionnaire de droite pure, il faut le faire.

    Le PS dans la tourmente organise son congrès qui voit le clan Royal arriver en tête, comment est-ce possible ? Alors c'est le tout sauf Royal, elle gagne les élections puis elle les perd par une coalition, les votes ne sont pas clairs, pour finalement placer Martine Aubry première secrétaire, Ségolène et ses amis sont à l'écart de la direction bien qu'ils représentent la moitié du parti. Alors ils attendent bien sagement les élections Européennes, et elles donnent ce que vous savez. Mais elles ont fait avancer le schmilblick Ségolène est devenue vice présidente de l'Internationale socialiste au moins au PS une personne a gagné, attendons la suite. Martine à 6 mois pour changer de politique et elle prendra conseil auprès de Ségolène, tiens ce n'est plus une cruche !

    Alors, la sociale démocratie est bien malade. Sarkozy va poursuivre ses réformes et sa pêche aux dissidents. Ils ne peuvent rester toujours dans l'opposition, il faut bien manger. Outre Claude Allègre, il semble que Marielle de Suarez a été pressentie par Brice Hortefeux,

    «elle serait excellente au gouvernement. C'est une femme très intelligente et solide, elle serait très compétente. Je la connais bien puisque nous avons coorganisé les états généraux de l'opposition UDF-RPR en 1990»,

    a déclaré le ministre des affaires sociales, selon Le Parisien du jeudi 11 juin. Cette phrase dit tout, nous avons organisé les états généraux de l'opposition. Mais aussi d'autres cadres du Modem ont été pressentis.

    Autre rumeur, émanant cette fois des rangs du Parlement, le centriste Michel Mercier pourrait entrer au gouvernement lors du prochain remaniement, selon des sources parlementaires. Proche de François Bayrou, et trésorier du Modem, Michel Mercier est le président du groupe de l'Union centriste du Sénat. On voit que le bouleversement de l'opposition n'est pas terminé du coté des sociaux démocrates. Dans cette conjoncture on entend que les socialistes devraient s'unir avec toute la gauche, alors là plus grand foutoir tu meurs.

    Une majorité de Français 54 %, se disent favorables à une fusion du PS avec d'autres partis pour créer un grand parti de gauche, selon un sondage Ifop pour Sud-ouest dimanche réalisé après les élections Européennes qui ont vu l'échec des socialistes. 20 % des personnes interrogées se disent «tout à fait» favorables à l'hypothèse d'un tel regroupement, et 34 % «plutôt» favorables, voir ici .

    François Hollande, un autre François, écrit sur Slate.fr, que la première raison de la défaite des gauches tient à la capacité des droites à assumer un pragmatisme de circonstance pour se débarrasser à la hâte de ses oripeaux les plus embarrassants. Alors quand il s'agit de sauver les banques, qui se sont si mal conduites, d'appeler l'État à la rescousse d'actionnaires défaillants ou de creuser les déficits pour parer au plus pressé, les libéraux n'hésitent pas à piocher dans l'arsenal de leurs adversaires idéologiques. Non pas pour en rabattre ou pour abdiquer, mais pour concéder ce pas de côté juste le temps de traverser l'épreuve en utilisant l'argent du contribuable comme mutuelle d'assurance voire de SAMU pour capitalisme en danger. La seconde raison relève des comportements des citoyens eux-mêmes qui considèrent qu'en période de désordre, mieux vaut l'autorité des puissants, eussent-ils tout toléré, tout encouragé que l'aventure des contestataires, eussent-ils donné tous les gages de bonne gestion.

    N'oublions pas que François Hollande a été 10 années secrétaire du parti socialiste, et son état actuel est le fruit de sa gestion. C'est sans conteste un homme intelligent mais sans grande envergure, et s'il avait comme on dit des ........il se serait présenté à l'élection présidentielle au lieu d'y laisser sa compagne. On constate donc que la droite aurait un pragmatisme de circonstance et que la gauche n'en aurait pas qu'elle ne sait pas se séparer de ses oripeaux les plus encombrants.

    Mais, c'est qu'il a raison, il faut nettoyer le PS au karcher et Sarkozy va s'en charger, on peut lui faire confiance.

    Pour le moment François Bayrou est cuit pour quelque temps, il devrait revoir ses prétentions et essayer de composer avec d'autres mais je crains fort que personne ne veuille de lui. La sociale démocratie ne serait plus que représentée par le PS, son aile droite c'est à dire les jeunes et Ségolène Royal en serait le leader. Les écologistes, forts de leur succès peuvent être une source d'appoint, mais l'obstacle est sans contestation Daniel Cohn-Bendit qui n'a rien d'un social démocrate, mais d'un libéral. Il nous faut donc attendre encore que le ménage soit fait. Aux prochaines élections peut-être.

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