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délinquance

  • Christine Taubira de marbre devant les vociférations de l'UMP.

    Peut-on admettre qu'elle soit si injustement attaquée ?

    Support Wikipedia Quand-on réfléchit à la situation de la justice sous l'ère de la présidence Sarkoziste, on se demande comment est-il possible que des membres de l'UMP n'aient pas honte de ce qu'ils ont fait ? Rachida Dati sous les ordres de Sarkozy a détruit ce qu'il y avait encore de possible pour que justice soit rendue à de simples justiciables. Avant son démantèlement, j'avais obtenu réparation contre une entreprise par l'intermédiaire d'un juge de proximité dans un délai de quelques semaines, maintenant c'est impossible, ce qui fait le bonheur des arnaqueurs et autres entreprises de moralité douteuse. Dernièrement, deux années durant, je me suis dépensé auprès d'une entreprise et d'un juge de proximité pour que justice me soit rendue envers elle qui, payée, n'a pas terminé son travail. Cette affaire fut si retardée, que finalement j'ai tout perdu. Deux années je n'ai cessé d'intervenir par lettres recommandées, auprès de l'entreprise et du juge au point que j'appris, au terme de ces deux années, que l'entreprise venait d'être liquidée, et que, de ce fait, je n'avais rien à espérer. L'engorgement de la justice fait le bonheur des malfrats par le fait qu'elle n'exerce plus son rôle de protection du citoyen.

    Voilà la justice que Sarkozy a faite pour les honnêtes citoyens qui se font rouler par d'autres profitant de ses lenteurs !

    Rien d'étonnant que Christine Taubira soit si maltraitée par ceux là même qui ont détruit ce qu'il y avait encore de justice en France.

    Christine Taubira une femme charismatique, document United Fashion for Peace, cliquez sur l'image.

    Ils ne se rappellent pas qu'elle fut approchée, lors de la campagne des législatives de juin 2007, par l'entourage de Nicolas Sarkozy «avant la fin de la présidentielle» pour faire partie du gouvernement Fillon déclaration faite sur Radio Guyane Le Monde.fr du 14/06/2007. Elle déclina l'offre. C'était il y a cinq années et ce fut Rachida Dati qui prit la tête du même ministère. Serait-ce une vengeance pour qu'à peine nommée dans le gouvernement Ayrault elle soit si ouvertement attaquée avant même qu'elle ne s'exprime sur ses intentions ? Rappelez-vous aussi l'intox révélée par Le Lab sur les drapeaux brulés le 06 mai 2007 pour lesquels elle aurait déclaré le 19 mai, «bruler des drapeaux Français, c'est un geste pardonnable» sur son compte Twiter ! Le Lab a donc cherché trace de ces propos en vain, la rédaction de RFI, déclara ne pas se souvenir que Christine Taubira ait tenu de tels propos sur son antenne.

    Il est donc manifeste que l'on cherche à nuire à cette femme qui prend des positions politiques à l'inverse de celles qu'imprimait Nicolas Sarkozy. Et sans contrainte, en tant que femme de conviction, elle s'exprime librement allant même à froisser son collègue au ministère de l'intérieur ! Rien d'étonnant, les responsabilités ne sont pas les mêmes, la police est chargée d'arrêter les délinquants et la justice de les juger en fonction des lois, ce qui pose problème quand ils sont relâches. C'est le conflit permanent, puisque ce n'est pas un ministère de la justice connexe de celui de l'intérieur.

    Sa nomination répond à une politique pénale indépendante, sans vantardise, mais qui se veut efficace. L'incarcération à tout va et quand c'est possible ne mène nulle part, sinon à cultiver la délinquance, les prisons sont archi-pleines, beaucoup de condamnés ne sont pas emprisonnés faute de place. Chacun sait que «la prison nourrit la prison» de sorte qu'elle devient une école de la délinquance pour ne pas dire du crime. Cette tendance s'est aggravée depuis l'instauration des «peines planchers» en 2007, qui a rendu automatique le prononcé de peines d'emprisonnement ferme en cas de récidive, même pour la petite délinquance.

    On ne comprend donc pas l'argumentation de cette droite sectaire, qui connait bien ces problèmes et qui devrait coopérer pour une meilleure justice. La délinquance n'est ni de droite ni de gauche elle est la délinquance, avec tout ce qu'elle conditionne, les dernières émeutes d'Amiens-nord, par exemple.

    Christine Taubira, Pierre Joxe et la justice des mineurs. Le 20 mai elle se rend au palais de justice de Paris pour une visite symbolique dans son nouveau domaine. C'est le tribunal pour enfants qui l'intéresse. Elle s'y entretient avec une juge pour enfants, et tombe sur Pierre Joxe reconvertit en avocat commis d'office. À sa sortie du Conseil constitutionnel, il se consacre, devenu avocat, à la justice des mineurs, et milite pour le respect de l'ordonnance du 2 février de 1945 sur l'enfance délinquante, dont l'application fut malmenée sous le gouvernement précédent. Pour la nouvelle garde des Sceaux c'est la réaffirmation de la «primauté de l'éducatif sur le répressif», l'individualisation et l'atténuation de la peine liée à la minorité, et la suppression des dispositions de la loi du 10 août 2011 créant un tribunal correctionnel pour mineurs, c'est pour elle de tenir les engagements du président de la République, François Hollande, exprimés en 2012 dans une lettre adressée à la présidente de l'Association Française des magistrats de la jeunesse et de la famille, Catherine Sultan. Cette démarche fit clamer l'opposition par l'argumentation qu'il y a des mineurs qui sont de vrais délinquants qu'il faut maintenir en prison, ce qui est exact, mais elle ne voulu pas faire de distinction entre les mineurs et les mineurs hautement délinquants. Pour Christine Taubira «les mineurs sont des citoyens en devenir, il est nécessaire de redonner à la justice des mineurs sa spécificité», mais elle aurait dû développer son argumentation afin d'éviter tout amalgame. Pour elle il faut recréer une politique pénale qui, sur la base de la lutte contre la récidive, fait de la pédagogie autour de la sanction, et de dire comment elle s'applique ?

    Sur ce point, il est à craindre qu'elle se casse les dents, il est bien évident qu'il y a des délinquants irrécupérables, et cela d'autant plus s'ils sont rejetés par la société à leur sortie de prison, ils ne trouvent pas de travail. Christine Taubira a certes de bonnes intentions, mais on ne peut traiter tous les délinquants par de la pédagogie, il faut pour certains être fermes et intransigeant. Seule la prison dans une justice responsable du citoyen permet d'éviter dans l'application de la peine que ces hauts délinquants nuisent de nouveau à la société. Tout le monde comprend que notre situation économique favorise la délinquance et qu'il convient que la répression soit adaptée si l'on veut protéger les citoyens.

    Le 18 mai elle assiste à un tournoi de basket entre détenus et surveillants au palais omnisports de Bercy, ce qui lui vaudra les foudres de Marine Le Pen, d’Éric Zémour et de Christian Jacob. Et Jean-François Copé de dire pour «les gens qui ont voté Marine Le Pen, on a Taubira à la justice», honteux ! En fait pour ces politiques, la gauche n'aurait d'autres buts que de laisser les criminels en liberté !

    Dans un récent interview au journal Libération.fr, Christine Taubira exprime sa politique des courtes peines. Voulant rompre avec le tout répressif des années Sarkozy, elle revient sur l'affaire du procureur Courroye qui fut muté avocat général à Paris par décret. À la question, qu'est-ce qui a motivé votre décision, elle répond, le CSM ne s’est pas contenté de ne pas s’y opposer, il l’a validé. «Bon, soyons très clair, le parquet de Nanterre», ce n’est pas moi qui fait l’actu dessus. Cela fait combien de temps que ça dure le cirque ? «Moi, j’ai un dossier de presse épais comme ça, rien que sur le parquet de Nanterre». Dans la foulée, elle clame une réforme du CSM afin que cesse les soupçons qui pèsent sur cette institution.

    Sur les centres éducatifs fermés, CEF, une polémique s'est développée. L’engagement du président vaut, et ma responsabilité de garde des Sceaux, c’est de lui apporter des éléments indiscutables pour lui dire, «voilà ce que produit le milieu ouvert, voilà ce que produisent les CEF. Nous sommes aujourd’hui à 42 CEF». L’héritage de la précédente mandature prévoyait la transformation de 18 foyers supplémentaires en CEF. «J’ai arrêté ça et j’ai lancé une inspection devant évaluer ces centres. Combien de places ? Quelle répartition territoriale ? Quel public y met-on ?» Aujourd’hui, on place en CEF des jeunes car, parfois, il n’y a pas d’autres offres de placement. «On ne va quand même pas construire d’autres CEF pour légitimer ce contresens». Et puis, il faut sortir du fantasme CEF. «Il faut arrêter de se dire que c’est la solution. Je ne l’ai jamais pensé ni hier, ni aujourd’hui, ni demain».

    Le problème est, s'il s'avère que les jeunes qui étaient placés en CEF, ne se justifie pas, qu'en fait-on ? Il est évident que c'est une question de financement et quand on n'a pas d'argent on fait ce que l'on peut. Sur ce point, elle a déclaré qu'elle consacrerait ses efforts budgétaires au développement des services d'insertion et de probation, et qu'elle augmenterait le nombre de juges d'application des peines.

    Rien ne l'arrête, elle préparerait une petite révolution qui devrait vider les prisons en grandes parties des courtes peines. Elle se prépare à de sérieuses attaques. Pour elle la prison ne doit être que l'extrême solution obéissant à une recommandation adoptée par le Conseil de l'Europe le 11 janvier 2006 de ne placer en détention les délinquants, pas les criminels, «qu'en dernier recours», et de leur infliger une peine «dans la communauté», c'est-à-dire dans la société. Le condamné aura des devoirs et des obligations, mais aussi un suivi intense pour permettre sa réinsertion et s'attaquer à la récidive.

    Globalement de bonnes intentions qu'il convient d'ajuster en fonction des situations, mais sans travail au retour dans la société ces intentions risquent de faire pschitt.

    Cette charge UMP ne se justifie pas, de plus, elle est néfaste ne faisant que braquer. Ce gouvernement n'a que quelques mois, et il découvre des situations carcérales pour les mineurs qu'il convient de modifier. 55 textes depuis 2002 qui ont tous poussé à l'incarcération ou alourdi le quantum des peines. En 2001, 20. 837 personnes ont été écrouées, et 88. 058 en 2011, la durée moyenne de détention a augmenté 8,1 mois en 1999 contre 9,8 mois en 2011, les peines de plus de vingt ans sont passées de 1. 252 en 2000 à 2.291 en 2011, ce qui en dit assez sur le prétendu laxisme des juges. Un vaste programme de construction de prisons a par ailleurs été lancé, 57.000 places à ce jour, 80. 000 prévues. Un coût faramineux pour le contribuable, 95 millions d'euros de loyer en 2010, mais 567 en 2017, a prévenu la Cour des comptes, et sans réussir pour autant à contenir la surpopulation carcérale, lire l'article du Monde.fr édition d'abonnés, La révolution Taubira contre la récidive.

    Sur ce problème, gauche et droite devraient coopérer et non se confronter.

  • François Hollande et la délinquance

    dans l'esprit de la république.

    Support Wikipedia Curieusement la délinquance n'est pas au centre du débat actuel de la présidentielle. Pourtant ce fut l'un des thèmes principaux de l'élection de Sarkozy en 2005. Serait-ce que les chiffres sont mauvais eu égard aux prétentions qu'il eut depuis 10 années. Curieusement, il n'y a plus de voitures brulées. Quand aux vols à la tire, à ceux de la carte bancaire, à ceux des portables, et à ceux aux portières des voitures, on ne trouve «jamais» les voleurs. La fraude sur internet devient un problème grave avec le i-commerce, les banques remboursent mais les voleurs ne sont pas arrêtés. Les cambriolages des maisons individuelles se développent un peu partout, mêmes dans les petites agglomérations rurales, alors qu'ils étaient principalement dans les grandes villes, + 15 % en 2011. 88 % des cambriolages ne sont jamais élucidés, on ressent une impossibilité de la police pour trouver les voleurs, malgré les dépositions, il y en a trop. Selon, une enquête les Français auraient déclarés 4 millions de vols en un an, trois fois plus que les chiffres actuels. Plus rien ne sert de déposer, on est mal reçu dans les commissariats. Quant aux agressions des personnes dans la rue, c'est pareil. + 20 % depuis 2002 suivant une courbe de 2 à 2,5 % par année. Toute cette petite délinquance qui ne cesse de croître avec celle de la misère n'est pas sanctionnée. Le vandalisme, les dégradations communales n'ont pas cessées. Non pas qu'il faille accabler notre président, mais c'est, eu égard à ses prétentions, il a été très injuste et violent contre la gauche qu'il a traitées de laxisme faisant croire à son incapacité.

    Il a supprimé la police de proximité pour des contrôles vidéos qui coûtent chers aux communes, mais qui ne remplacent pas la présence de l'agent, bien qu'ils complètent la surveillance. Nos prisons sont en sur nombre, le taux de carcéral est très critique, il faut faire des prisons alors que l'on n'a pas d'argent, on n'a jamais autant arrêté. Combien de délinquants condamnés ne sont pas emprisonnés faute de place ? Il y aurait 130.000 peines non appliquées. La plus forte hausse a été celle des gardes à vues, +72 % pour 336.718 en 2001 à 508.108 en 2009. La délinquance c'est un ensemble qui ne doit pas être un sujet électoral comme le fit Sarkozy, montrant ses gros bras. Le Monde.fr titrait le 31/01/12 les mesures de la délinquance.....des chiffres dociles. «Ils savent qu'ils ne doivent pas augmenter en année préélectorale, même la violence sait se tenir tranquille !»

    Tous les citoyens sont touchés par ce problème, il n'y a pas plus de gauche que de droite, mais seulement l'application des lois de la république. Pour cela, il faut des effectifs policiers, des magistrats pour juger, mais aussi des moyens pour emprisonner. La guerre à la délinquance décrétée en 2002 n'a donné que des résultats très décevants. Les grands discours, les gros bras n'ont été que pour la galerie, pour ceux qui croient n'importe quoi.

    Le seul domaine ou l'efficacité de la répression à donné des résultats est dans la prévention routière ou elle rapporte de l'argent. Des dizaines de millions ont été récoltés pour une réduction de quelques points du nombre de morts. Le nombre de retrait de points du permis est passé de 1,2 millions en 2002 à près de 6 millions en 2009, + 390 %. Plus des deux tiers de ces infractions ayant entraîné des retraits de points sont en réalité des excès de vitesse de moins de 20 km/h. L'activité des tribunaux correctionnels a été mobilisée en 2010 à 35 % pour rendre les jugements, voir ici. C'est donc globalement une politique menée en dépit du bon sens qui est le fidèle reflet de notre président. La conséquence est que les gens roulent sans permis ce qui accroît leur insolvabilité ne pouvant payer le délit.

    Aucune cohésion on emprisonne un max, on sanctionne un max, on surcharge les prisons, restructure les tribunaux, on fait porter sur les magistrats le mauvais rendement, et on supprime des effectifs policiers, en fait tout a été cassé !

    Que peut faire la gauche devant ce problème si elle venait aux commandes de l’État, ou il faut investir beaucoup d'argent pour remettre de l'ordre. Elle ne le peut pas. Il faut plus de cinq années d'effort car il est plus facile de détruire que de construire. Elle ne peut que calmer la situation sans trop modifier ce qui a été fait, en investissant dans plus d'effectifs policiers. Rétablir une vraie police de proximité et créer un climat serein dans nos commissariats. Mais surtout ne pas maquiller les chiffres, ne pas faire une politique du chiffre qui crée des tensions.

    François Hollande lors de son déplacement à Dijon, a prôné un équilibre entre sanction et prévention, fustigeant la politique de Sarkozy. Il s'est attaché à la politique des mineurs pour un juste équilibre en critiquant sévèrement la politique actuelle. «Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur a créé 10 000 postes dans la police et la gendarmerie, président de la République il a supprimé 10 000 postes de police et de gendarmerie. C'est le va et le vient, le zig et la zag, le hue et le dia», a-t-il dénoncé. «Nicolas Sarkozy a toujours agit vis-à-vis de ses successeurs au ministère de l'Intérieur comme s'il avait envie qu'ils ne réussissent pas», a-t-il ajouté. «Moi, je fais de la sécurité un enjeu au quotidien. Il n'y a pas besoin d'ouvrir des polémiques, de faire des phrases, de créer de la tension sur cette question de l'insécurité», fustigeant Claude Guéant sur la civilisation. «Le rôle de l’État, ce n'est pas de créer de l'agitation, de soulever des provocations ou des peurs».

    Il a déploré la dégradation des moyens de la police judiciaire de la jeunesse dont le budget a diminué de 10 % en trois ans de 2008 à 2011. Avec un contrat de confiance entre l’État et les collectivités locales, il veut créer une politique de prévention partout. Des quartiers, de rues, des escaliers, il veut éviter par la prévention que les jeunes n'entrent dans la délinquance. Le juge des enfants est pour lui la clé de voute de son programme. Il doit répondre avec rapidité, et analyse des placements en fonction du profil des jeunes. «Cohérence dans leur suivi».

    Nous avons à prononcer à chaque moment la bonne réponse avec la sanction appropriée, préconisant un doublement des centres éducatifs fermés pour les porter à 80 sur le quinquennat, parallèlement à ceux des centres éducatifs fermés.

    Sa révolution porte sur la Cour de justice qu'il veut supprimer. Pour lui les ministres doivent être jugés comme des citoyens et devront être soumis aux mêmes juridictions. Ce serait un pas énorme fait dans l'équité des Français. La Cour de justice de la république fut crée par une loi révisionnelle le 27 juillet 1993 à la fin du second mandat de François Mitterrand lors de la période de cohabitation du gouvernement Balladur, à la suite de l'affaire du sang contaminé. Auparavant la Haute Cour de Justice avait pour but de juger le président de la république, et les membres du gouvernement. Elle fut crée par les lois constitutionnelles de la troisième république.

    Ce n'est pas un programme général sur une politique contre la délinquance. Il faut donc attendre des précisions sur ce qu'il envisage de faire d'autre que la création de 1.000 postes supplémentaires de policiers, de gendarmes et de magistrats par an. À son meeting du Bourget, il avait exprimé une grande fermeté que la république rattraperait les petits caïds et les fraudeurs. «Pas plus que je n'accepte la délinquance, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu'un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer».

    Est-ce la gauche peut faire mieux, ce serait possible par une réorganisation des dépenses privilégiant la sécurité, mais aussi en combattant la misère, car, ou il y a misère la délinquance augmente. De plus l'échec scolaire est un facteur aggravant, les jeunes qui trainent dans les citées sont des fauteurs de troubles, le commerce de la drogue aidant. De plus, il faudrait cerner la relation immigration-délinquance sans jeter l'opprobre sur les immigrés magrébins et des pays de l'Est. Bien que les statistiques tendent à montrer une forte proportion magrébine parmi les délinquants.

  • Les émeutes de Londres et d'ailleurs,

    aux causes multiples, mais la principale ne serait-elle

    pas le chômage et le manque d'avenir ?


    Support Wikipedia Pour les sociologues souvent remplis de certitudes sur les causes des émeutes y voient bien souvent des causes racistes ou des rivalités de bandes qui au moindre incident se déchaînent et cassent tout. Mais, ce que l'on peut regretter c'est le manque d'analyse du phénomène de bandes qui résultent d'un désœuvrement permanent qui s'est accentué au cours du temps. La mort de Mark Duggan n'a pas soulevé de polémiques ce qui montre bien que la couleur de peau n'est pas en cause. Le problème est plus profond pour ces exclus du monde moderne sans travail, sans avenir, mais aussi sans possibilité d'une instruction leur permettant de sortir de l'ornière dans laquelle ils ont été refoulés. L'étincelle que l'on allume fait éclater ce qui était enfouis dans le cœur de ces jeunes, les oubliés de la société moderne, n'attendant que cette occasion pour exprimer leur colère. N'allez pas croire que je soutiens les violences, pillages, la mise à feu de véhicules et d'immeubles, et que j'approuve les blessées de la police et tout le reste, mais c'est malheureusement le lot à payer dans ce genre d'émeutes. Les casseurs se réveillent. Voir dans le même contexte «75 - Clichy-sous-Bois», «Clichy-sous-Bois encore», «Les bandes et la délinquance».

    Notre société du nanti est coupable de cet état de faits qui forcément les condamne et les répriment par la force. Ce qui, dans une société comme la notre, accentue encore plus les soutiens aux conservateurs qui ne connaissent que le bâton. Chaque émeute, et nous en avons l'expérience, renforce ces partis, ce qui ne résout rien. Mais c'est également vrai dans une gouvernance de gauche qui ne peut admettre ces violences. Tony Blair, prédécesseur de David Cameron qu'a-t-il fait pour soulager cette misère ? Il est évident que le commerçant qui a vu son magasin pillé n'aura aucune considération pour ces voyous et c'est bien logique. Ces émeutes sont donc contre productrice en termes de démocratie. Ces jeunes n'ont donc aucune chance de voir leur situation s'améliorer. Ils sont condamnés à être en marge de la société qui elle devra s'habituer à vivre avec une poudrière prête à exploser. La politique très libérale de David Cameron qui ferme de nombreuses associations locales de soutien et d’entraide, la fermeture de nombreux clubs de jeunes également, ces centres très fréquentés et destinés à la jeunesse désœuvrée est en cause. Lorsqu’on fragilise le tissu social, le risque de tension s’accroît, une politique de gauche n'aurait pas fait cela !

    Après quatre nuits de pillages et de violence la situation à Londres semble se calmer pour s'étendre à d'autres villes et cinq personnes sont mortes, dont le dernier Richard Mannington Bowes, un homme de 68 ans, agressé lundi à Ealing, dans la banlieue ouest de Londres, est mort des suites de ses blessures, a annoncé la police.

    Selon l'analyste Alain Bertho les émeutes de Londres seraient les relations entre les forces de l'ordre et la jeunesse, mais c'est toujours comme cela qu'elles s'expriment. La police est là pour faire respecter l'ordre, mais pas pour résoudre. Et ce que sait faire David Cameron c'est d'augmenter les forces de l'ordre de 6.000 dans la capitale et 10.000 à venir, mais que faire d'autre lorsque l'on n'a aucune considération pour ces quartiers déshérités ?

    «Il fallait une riposte et la riposte est en cours», a annoncé sur un ton très offensif David Cameron depuis le perron de Downing Street, ce 10 août 2011.
    REUTERS/Suzanne Plunkett.

    Alain Bertho qui est professeur d’anthropologie à l'Institut d'Études Européennes et directeur de l'école doctorale de Sciences sociales de l'Université de Paris 8-Saint-Denis, a publié en octobre 2009 «Le temps de émeutes» chez Bayard Centurion.

    Pour lui, les témoignages sortis de la presse montrent que nous sommes en Angleterre «dans des phénomènes de tensions extrêmes, de violences symboliques ou réelles vis-à-vis des classes populaires, qui s'apparentent à la  situation Française. Si des milliers et des milliers de gens se sentent concernés par la mort d'un jeune dealer alors qu'eux-mêmes, ne sont pas forcément dealers, c'est que le contentieux est très grave et le vécu quotidien vraiment insupportable». Certes mais cela tout le monde le sait et le supporte n'apportant rien d'autre qu'un constat. Par contre quand il écrit dans «l'Action littéraire» «les États, quelle que soit leur couleur politique, sont aujourd'hui obligés de mener des politiques d'austérité. Ils finissent par perdre leur légitimité en négligeant les intérêts de leur peuple. La logique sécuritaire, c'est ça, une recherche de légitimité dans la peur, dans l'affrontement, dans la tension», je suis totalement de son avis.

    Mercredi 10 août, David Cameron, «c'est un triste spectacle auquel sont confrontés les habitants de Manchester, Liverpool ou encore Nottingham. Vitrines cassés, magasins pillés et même un commissariat incendié, les émeutes se sont encore étendues en Grande-Bretagne pour la quatrième nuit consécutive».

    Les forces de l'ordre ont été attaquées à coups de briques, bâtons et autres bouteilles, elles sont dépassées par la fluidité des émeutiers encagoulés communiquant par une messagerie gratuite sur blackberry.

    A Londres les habitations sont mêlées entre les quartiers très aisés et les logements sociaux, ce qui rend difficile la sécurité. Ce n'est donc pas dans les quartiers les plus pauvres qu'ont eu lieu les pires saccages. Tottenham, Hackney, Clapham, Croydon ou Enfield, théâtres des plus graves violences, sont des quartiers types de la mixité sociale qui est la norme dans la capitale. Ce mélange traditionnel entre riches et pauvres qui offre l'avantage d'éviter les ghettos «de pauvres» marque probablement trop la différence sociale et en période de forte récession. Les coupes sombres dans les budgets sociaux et la forte poussée du chômage des jeunes qualifiés ou pas qui n'ont rien à perdre à fait le reste.

    London's Croydon is a war zone !!!

    Tout a commencé le jeudi 4 août avec la mort de Mark Duggan, 29 ans père de quatre enfants, dans le quartier multiethnique et défavorisé de Tottenham lors d'une opération de police contre la criminalité au sein de la communauté noire. Une partie de la capitale Britannique fut donc plongée dans le chaos. Les choses dégénérèrent après une manifestation pacifique, le samedi soir 06 août à Tottenham, organisée par ses proches pour réclamer «justice» suite à la mort de ce jeune, victime d'un échange de tirs avec la police. Depuis les émeutes se sont étendues à d'autres villes d'Angleterre.

    Le problème qui se pose pour la police, outre le maintien de l'ordre, est la police a-t-elle agi en état de légitime défense lorsqu'elle a tiré sur Mark Duggan ? La Commission indépendante chargée de l'enquête, IPCC, et au vu des expertises balistiques conclut, «il n'existe à ce stade aucune preuve que l'arme retrouvée sur la scène du tir a été utilisée» pendant l'intervention de la police. Une balle qui s'était logée dans une radio de la police a en outre été tirée par un policier, selon les premiers résultats de l'enquête. Mais selon la police scientifique, il ne serait peut-être pas possible de «dire avec certitude» si l'arme de Mark Duggan a fait feu. Mark Duggan a été abattu par balles par un policier.

    Comme on peut le penser, c'est bien la situation économique qui est montrée du doigt. Les tensions sont principalement attribuées au ras-le-bol général et particulièrement aux difficultés économiques. Les émeutiers viennent le plus souvent de quartiers où le chômage est très élevé. Une situation qui, pour certains, n’est qu’un début après le plan d’austérité lancé par le Premier ministre David Cameron en octobre dernier. Parmi les mesures décriées, des coupes dans les dépenses sociales et une augmentation des impôts dans l'espoir de réduire le déficit budgétaire du pays, par RFI / Roya Mohsen-Khah.

    Les émeutes gagnent d'autres villes



    Le ton monte entre la police et le gouvernement. Sont mises en cause les coupes sombres dans la police qui sont fortement critiquées. David Cameron a refusé de revenir sur la réduction des services de police alors que le chef de l'opposition travailliste, Ed Milliband, l'a interpellé pendant la réunion d'urgence, l’appelant à «réfléchir» à sa décision. Le président de la Police Fédération estime que David Cameron refuse de voir la réalité «les 16 000 policiers supplémentaires qui ont été envoyés dans les rues de Londres, c'est exactement le nombre d'agents qu'il veut retirer, c'est ça la réalité», peut-on lire dans le Guardian. Le plan d'austérité se traduit sur le terrain, par 16 200 policiers en moins, outre 16 100 postes supprimés dans l'administration d'ici à 2015.

    Un climat social très tendu ou presque 2,5 millions de Britanniques sont sans emploi avec une inflation supérieure à 4 % qui devrait atteindre 5 % fin 2011. Le taux de chômage s'élève à 7,7 %, et chez les 16-24 ans il touche un jeune sur cinq, soit 20 %. Pour de nombreux observateurs les restrictions budgétaires sont les plus drastiques de l'après guerre, et le parti conservateur a annoncé 80 milliards de livres, 92 milliards d'euros de réduction de coûts pour venir à bout d'un déficit public de 156 milliards de livres, 180 milliards d'euros, l'un des plus élevés de l'Union européenne. La suppression d'un demi-million de postes dans le secteur public et l'augmentation de l'âge de la retraite à 66 ans d'ici à 2020 sont tout aussi controversées.

    Qui sont les émeutiers.

    Des gamins, des jeunes, mais aussi des personnes plus âgées : qui sont les émeutiers qui font trembler l'Angleterre ? Document RTL.fr / AFP

    Des pauvres des quartiers pauvres, pas des nantis, eux ne manifestent jamais, ils n'ont aucune raison. Ils sont pauvres de partout, errant, ayant quitté l'école, désœuvrés pour la plupart. Mais il y a aussi, parmi ceux qui sont amenés à comparaître au fur et à mesure des arrestations, un cuisinier dans un restaurant bio âgé de 43 ans et son frère de 47 ans pour avoir dévalisé une enseigne de restauration rapide, des frères jumeaux de 19 ans pour avoir participé au pillage d'un magasin électroménager à Brixton un quartier cosmopolite de Londres, un ouvreur dans un opéra de Londres ou encore un gamin de 11 ans, un homme qui s'apprête à intégrer l'armée, un chauffeur de chariot élévateur ou encore un graphiste. Nombre d'entre eux ont un casier judiciaire vierge. Le problème est aussi pourquoi ces personnes qui ne sont pas encagoulées ont pillé ?

    «C'était les pires scènes que Manchester ait jamais vues, des jeunes de 9, 10 ou 12 ans, cagoulés, brisant des magasins», d'après Pat Karney, porte-parole de la mairie de cette ville du nord-ouest de l'Angleterre, prise à son tour dans la tourmente mardi soir. «Il y a un certain nombre de jeunes très en colère, qui se sentent marginalisés depuis longtemps», a expliqué Gus John, professeur à l'Université de Londres et spécialiste des relations intercommunautaires.

    Le prochain article sera Takieddine

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