Avertir le modérateur

dégel

  • Etats-Unis Iran le dégel ?

    Obama tend la main au peuple Iranien.

    C'est toute la différence entre un président qui réfléchit, qui veut la paix, en résolvant les conflits mondiaux, et un ancien président qui ne connait que la contrainte et la guerre. L'un comprend qu'il n'y pas de solution autre que le dialogue et l'autre jusqu'au boutiste qui ne comprend rien d'autre que les armes.

    Le message qu'a adressé Obama, (voir ci après) aux dirigeants Iraniens signifie donc un retournement complet s'il se confirme, et évoque un précédent mémorable.

    En 1972, Richard Nixon avait stupéfié le monde en se rendant à Pékin pour rencontrer Mao Tsé-toung et établir, pour la première fois, des relations avec la Chine communiste. Les États-Unis cherchaient alors à se désengager du Vietnam et à élargir leur palette diplomatique dans la « guerre froide» contre l'Union soviétique. A la veille du voyage, Nixon avait griffonné sur un papier les priorités à aborder, «1- Taïwan, le plus crucial, en référence à la demande chinoise d'une réduction de la présence militaire américaine dans la région - 2- le Vietnam, le plus urgent», voir ici.

    L'époque est différente, mais on peut imaginer que Obama ait rédigé la note suivante, «1- Garanties de sécurité, le plus crucial pour le régime Iranien, qui veut être assuré que Washington a cessé d'en vouloir à son existence même - 2- Irak, Afghanistan, le plus urgent, volonté américaine de trouver une issue à ces théâtres d'intervention militaire».

    Pour mettre cet immense chantier sur de bons rails, Barack Obama n'aura pas assez de quatre années d'autant que le conflit israélo-palestinien n'est pas près d'être solutionné.

    L'Iran, la Perse, est un grand pays au passé séculaire, une civilisation continue, l'une des plus ancienne du monde qui s'étend des Mannéens en Azerbaïdjan - 1500 à -1000 avant Jésus Christ à la république Islamique instaurée au premier avril 1979 après le retour le premier février 1979 de Rouhollah Khomeini qui devient le guide suprême. Son peuple de 70 millions d'habitants, à droit au respect.

    L'Iran république Islamique, dont il ne faut pas approfondir la gouvernance est celle d'une dictature exercée par le clergé. C'est le seul État chiite dans le monde musulman qui est une technocratie c'est à dire dont le pouvoir est censé émaner de Dieu. Le président est élu au suffrage universel pour quatre années renouvelables une fois. Les candidats à la présidence doivent être autorisés à se présenter par le Conseil des gardiens, semblable au Conseil Constitutionnel Français. Il est composé de 6 religieux nommés par le guide suprême et de 6 juristes également des membres du clergé. Et c'est là que s'exerce la dictature Iranienne, ne peuvent se présenter que des personnes agrées par ce Conseil. Autant dire que les droits de l'homme sont sujet à des dérives mais chez nous aussi, mais pas dans une même équivalence.

    Il semblerait que l'évolution politique de l'Iran ou, malgré la répression, les gens débattent, parlent, s’expriment, protestent. Quels que soient leurs efforts, les autorités cléricales qui contrôlent la justice et la police ne sont plus en mesure de contrôler l’accès à l’information ni l’expression des revendications.

    Certains experts de la région considèrent que le peuple est contre le régime et a adopté le principe de démocratie depuis longtemps. D'ailleurs la présidence de l'Union Européenne se félicite que des progrès soient accomplis dans le domaine social ainsi que celui de l'éducation et de la culture sans que le régime ne fasse un quelconque effort pour l'écouter. La majorité des Iraniens ne penseraient pas qu'une «République Islamique réformée» puisse les satisfaire. Mais l'Iran reste un pays avec la Chine ou le taux des exécutions est le plus élevé.

    En politique étrangère le différent qui oppose l'Iran porte sur son programme nucléaire. Et, en tant que tel, l'arme nucléaire en sa possession constitue un danger mondial de guerre s'il venait à l'utiliser contre Israël.

    Il ne reconnait pas Israël en tant qu'Etat, et rompant toutes relations avec lui, proclama la journée mondiale d'Al-Ouds qui est destiné à protester contre le contrôle Israélien sur Jérusalem.

    Avec les États-Unis la révolution Iranienne déclare par la voix de l'Ayatollah Khomeini ce pays comme le grand Satan. Depuis la crise Iranienne des otages du 4 novembre 1979, un épisode de 444 jours, voir ici, les relations avec les États-Unis sont devenues conflictuelles. L'élément déclencheur de cette crise est l'hospitalisation le 22 octobre 1979 à New York de l'ancien dirigeant Iranien réfugié au Mexique, le chah Mohammad Reza Pahlavi.

    La position officielle des États-Unis concernant l'Iran est qu'un Iran possédant l'arme nucléaire n'est pas acceptable et que «toutes les options» y compris l'usage unilatéral de la force et d'armes nucléaires d'agression sont «sur le tapis». Cependant, ils nient préparer une attaque imminente. Ces faits apparurent lorsque trois pays européens, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne tentèrent de négocier la cessation par l'Iran d'activités d'enrichissement nucléaire. Si, sont ajoutées les accusations américaines, prétendant que ces activités étaient destinées à fabriquer des armes nucléaires.

    Depuis 2003, les États-Unis affirment que l'Iran développe un programme d'armes nucléaires. L'Iran maintient que son programme nucléaire ne vise qu'à produire de l'électricité. En juin 2005, la secrétaire d'État Américain Condoleezza Rice a déclaré que le directeur de l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique), Mohamed El Baradei devrait durcir sa position à propos de l'Iran, sinon il pourrait ne pas obtenir un troisième mandat comme directeur de l'AIEA.

    Les États-Unis et l'Iran sont parties prenantes du traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Lors de la conférence de mai 2005 sur le TNP, on a accusé les États-Unis (et d'autres états possédant officiellement l'arme nucléaire) de violer l'article VI du TNP qui exige qu'ils désarment, ce qu'ils n'ont pas encore fait à ce jour. Mais l’AIEA déclare que l'Iran viole l'accord de sauvegarde pour ne pas fournir d'informations suffisantes concernant son matériel nucléaire, son traitement et son utilisation.

    L'article IV du Traité donne le droit aux états ne possédant pas l'arme nucléaire de développer des programmes nucléaires à usage civil.

    Depuis 2003 jusqu'au début de l'année 2006, la tension entre l'Iran et les États-Unis s'est graduellement accrue, même lors des inspections des sites industriels nucléaires sensibles Iraniens par l'AIEA, selon un Protocole Additionnel du TNP que l'Iran avait accepté.

    Le 8 mars 2006, les représentants des États-Unis et du groupe de l'Union Européenne ont remarqué que l'Iran avait suffisamment de gaz hexafluorure d'uranium non enrichi, pouvant être hautement enrichi pour fabriquer dix bombes atomiques, ajoutant qu'il était temps que le Conseil de Sécurité agisse.

    C'est dans ce cadre également que la politique d'Obama marque tout son sens, il vaut mieux discuter que se préparer à la guerre car, si l'Iran viendrait à posséder l'arme nucléaire tout en ne reconnaissant pas Israël et à envisager sa destruction, le problème d'une intervention militaire pourrait être envisagé avec toutes les conséquences qu'elle comporte.

    Barack Obama a pris l'initiative historique de s'adresser aux dirigeants Iraniens et leur a proposé de dépasser 30 années de conflit, dans un message diffusé pour le Nouvel An Iranien dans la nuit de jeudi à vendredi 19/03/09.

    «Je voudrais parler directement au peuple et aux dirigeants de la république islamique d'Iran», a expliqué le président américain, dans un geste dont le retentissement s'annonce considérable. Le locataire de la Maison-Blanche a rompu avec l'ancienne pratique officielle de féliciter uniquement le peuple Iranien à l'occasion de la grande fête de Norouz. Il a ainsi associé le régime islamique dans les destinataires de sa déclaration pour offrir la perspective d'un «avenir où les anciennes dissensions sont surmontées», où l'Iran, tous leurs voisins et «le monde en général vivent dans une sécurité et une paix plus grande».

    38005_33513_une-obama-iran.1237653984.jpg

    Les propos de Barack Obama constituent une reconnaissance du régime islamique comme un interlocuteur possible pour le gouvernement américain alors que les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980 © ALFRED / Kennedy Chuck / SIPA / Abaca

    Le message d'Obama à l'Iran.

    «Aujourd'hui, je veux adresser mes meilleurs vœux à tous ceux qui célèbrent Norouz à travers le monde.

    Cette fête est à la fois un rite ancien et un moment de renaissance, et j'espère que vous profitez de cette période spéciale de l'année entre amis et avec la famille. En particulier, je voudrais parler directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d'Iran.

    Norouz n'est qu'une partie de votre grande culture renommée.

    Pendant des siècles, votre musique, votre littérature et vos innovations ont rendu le monde meilleur et plus beau. Ici, aux États-Unis, notre propre communauté a été renforcée par la contribution des Américains d'origine Iranienne. Nous savons que vous êtes une grande civilisation, et vos succès ont gagné le respect des États-Unis et du monde.

    Pendant près de 30 ans, les relations entre nos pays se sont tendues. Mais à l'occasion de cette fête, nous nous rappelons cet humanisme commun qui nous lie. Justement, vous allez célébrer votre Nouvel An de la même façon que nous, Américains, quand nous célébrons nos fêtes, en se rassemblant avec des amis et avec la famille, échangeant cadeaux et des histoires, et en regardant vers l'avenir avec un sens renouvelé d'espoir.

    Ces célébrations contiennent la promesse d'un nouveau jour, la promesse d'opportunités pour nos enfants, la sécurité pour nos familles, le progrès pour nos communautés, et la paix entre les nations. Ce sont des espoirs partagés, ce sont des rêves communs. En cette saison qui est celle des nouveaux commencements, je voudrais parler clairement aux dirigeants Iraniens. Nous avons de graves divergences et elles se sont amplifiées avec le temps.

    Mon administration est désormais résolue à pratiquer une diplomatie qui traite la totalité des problèmes que nous avons devant nous, et à chercher à établir des relations constructives entre les États-Unis, l'Iran et la communauté internationale. Ce processus ne progressera pas par la menace. Nous cherchons, au contraire, un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel. Vous, aussi, vous avez un choix à faire. Les États-Unis veulent que la République islamique d'Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations. Vous avez ce droit, mais il s'accompagne de vraies responsabilités, et cette place ne peut être obtenue par la terreur et les armes, mais par des actions pacifiques qui démontrent la véritable grandeur du peuple et de la civilisation iraniens. Et cette grandeur ne se mesure pas par la capacité à détruire, mais par votre talent à construire et à créer.

    Ainsi, à l'occasion de votre Nouvel An, je veux que vous, le peuple et les dirigeants de l'Iran, vous compreniez le futur auquel nous aspirons. Il s'agit d'un avenir de nouveaux échanges entre nos deux peuples et de plus grandes opportunités de partenariat et de commerce. C'est un avenir dans lequel les vieilles divisions seront surmontées, où vous et tous vos voisins et le monde entier pourront jouir d'une plus grande sécurité et d'une paix plus grande. Je sais que cela ne sera pas facile à atteindre. Certains affirment avec insistance que nous nous définissons par nos différences. Mais souvenons-nous des paroles écrites par le poète Saadi, il y a si longtemps,

    les enfants d'Adam sont des membres d'un même corps, créés d'une même essence.

    Avec l'arrivée d'une nouvelle saison, cette précieuse humanité que nous partageons tous nous revient en mémoire. Et nous pouvons une nouvelle fois invoquer cet esprit en aspirant à un nouveau commencement».

    Merci et Eid-eh Shoma Mobarak.

    Voici la vidéo du message d'Obama sous-titrés en Farsi, la langue Iranienne


    D'après El Watan du 23/03/09, cliquez ici,.

    ce message est tout sauf une surprise. Dans le pire des cas, soit en cas de silence absolu et d’échec du frémissement actuel, on dira de lui qu’il s’agit d’une politesse à l’endroit des dirigeants qui avaient, les premiers, félicité Barack Obama pour sa victoire à l’élection présidentielle américaine du 4 novembre 2009.

    Et c’était une surprise, puisque les liens étaient rompus depuis 1979, et il est vrai que des tentatives avaient été esquissées pour les rétablir. Peut-être que cela rappellera la diplomatie du ping-pong lancée dans les années 1970, laquelle avait permis aux États-Unis et à la Chine de nouer des relations diplomatiques, mais l’on sent un besoin des deux parties de ne plus se tourner le dos, quitte à remettre en cause des approches que l’on disait immuables, comme celles qui lient les États-Unis à Israël.

    On ne sait pas si quelques conditions accompagnent ce message ce qui limiterait sa portée et même là, et l’Iran, en passe de devenir une puissance nucléaire, n’en manque pas, ce qui ramènerait ce dialogue à distance à son point de départ, de simples déclarations d’intention, sans plus.

    C’est pourquoi, apprend-on, l’Iran a accueilli ce message «favorablement» mais avec prudence, soulignant attendre des États-Unis des actes concrets pour réparer leurs «erreurs passées».

    Ali Khamenei met Barack Obama à l'épreuve des faits.

    1-khamenei_222.1237656706.jpg

    L'appel à la décrispation lancée vendredi par Barack Obama laisse perplexe le guide suprême de la Révolution iranienne, qui demande à voir.

    img681.1237728931.jpg

    Document L'Orient-le Jour Le quotidien Libanais d'expression Française le 21/03/09

    L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution Iranienne et autorité incontournable dans le pays, n'a, dit-il, constaté aucun changement dans la diplomatie américaine au lendemain des appels à l'ouverture de Barack Obama.

    Il s'est néanmoins dit prêt à répondre à tout acte concret en ce sens.

    «Ils scandent le slogan du changement, mais rien ne change dans les faits (...) Nous n'avons assisté à aucun changement», a-t-il répondu à distance au chef de l'État américain ce samedi à Machhad, ville du nord-est de l'Iran qui compte parmi les principaux lieux saints de l'Islam chiite, dans un discours retransmis à la télévision. «Si vous changez, notre comportement changera. Si vous ne changez pas d'attitude, sachez que notre peuple s'est renforcé, est devenu plus fort au cours de ces 30 dernières années», a-t-il poursuivi, voir cliquez ici, et ici .

    Que penser de la suite que les États-Unis pourraient engager pour détendre ses relations avec l'Iran, tout semble reposer sur sa politique à l'égard d'Israël, mais pas que cela. L'Irak, l'Afghanistan sont des conflits coûteux tant en hommes qu'en image. Le plus difficile est sans conteste le conflit israélo-palestinien, et le nouveau gouvernement Israélien de droite extrême ne semble pas devoir infléchir sa position à l'égard des Palestiniens, bien au contraire l'implantation de colons en Palestine s'accentue et Gaza est toujours soumise à un blocus.

    La solution à deux États apparaît de moins en moins probable, Israël n'y a aucun intérêt. La situation actuelle lui convient dans la mesure ou il peut vivre en paix, et s'étendre avec la bénédiction du monde occidental qualifiant le Hamas, défendant sa terre, de terroriste.

    Quand on apprend que notre président exprime ses regrets à la mère du soldat franco-israélien Shalit détenu depuis juin 2006 par le Hamas par ce qu'il n'a pas été libéré, ce qui une marque de compassion que l'on comprend, mais qui ne dit rien sur tous les assassinats que Tsahal à fait pendant l'opération plomb durci, on se dit ou est la justice et comment notre président peut-il avoir cette attitude ?

    De grosses difficultés en perspectives pour Obama, modifier la politique des États-Unis à l'égard d'Israël serait se mettre à dos le lobbying sioniste très puissant aux States, de plus, rien ne prouve qu'Israël s'engagerait à une paix avec les Palestiniens, il est trop bien comme il est. Seule la force peut l'obliger à infléchir sa politique.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu