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copenhagen suite

  • Copenhagen une prise de conscience,

    plutôt qu'un accord franchement accepté.

     

    Pouvait-il en être autrement ? 192 pays certes tous concernés par le réchauffement climatique, certains plus que d'autres, mais avec des possibilités différentes pour agir. Ce qui est déjà bien, c'est qu'ils aient participés à ce sommet. Nous ne connaissons pas l'argumentaire de tous ces pays, et les informations qui nous parviennent sont celles du lobbying de notre président et de celui d'Obama. N'apparaissent-ils pas en quelque sorte comme les porte-paroles de la planète ? Depuis plusieurs jours nous ne voyons et n'entendons qu'eux clamer que c'est un bon accord, et les médias clamer que cette conférence est un échec comme la presse écrite d'ailleurs, ou un accord à minima, cela dépend de l'opinion de celui qui traduit, dans la mesure ou cela lui est possible tant cet accord est flou, inconséquent. La déception des écologistes purs teint doit être extrême et seuls les réalistes doivent comprendre les difficultés d'un accord engagé pour tous ces pays. D'un coté nous avons les pays industrialisés l'Union Européenne et encore que tous ses membres ne soient pas au même niveau d'industrialisation, Roumanie, Hongrie, Estonie, Lituanie, Slovénie, Slovaquie, République Tchèque, voire même Portugal, Grèce, Chypre, Pologne. Les États-Unis, la Russie, le Canada, l'Australie, voire le Brésil qui ont pollués pendant des années alors que d'autres en étaient encore à une industrie plutôt agricole qu'industrielle. Nous avons les pays émergents comme la Chine et l'Inde qui à eux seuls représentent plus de deux milliards d'habitants, certains pays d'Europe faisant partie des Balkans, et les pays d'Amérique du Sud et certains pays pauvres d'Afrique et d'Asie qui ne font que subir pratiquement sans industrie polluante. Si l'on prend l'exemple de la Chine qui, avec les États-Unis, sont les pays qui polluent le plus, la Chine, devenue le premier producteur de gaz à effets de serre s'engageait en septembre à réduire la croissance de ses émissions de CO2 par point de PIB sans précision chiffrée, et le 25/11/09 son représentant Yu Qingtai affirmait que la priorité de son pays était le développement, accusant par ailleurs les pays industrialisés ne pas avoir respectés leurs engagement. Les États-Unis par la voix d'Obama s'engageaient à une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, avec pour objectif 83 % d’ici à 2050. La feuille de route serait une réduction de 17 % d’ici à 2020, 30 % d’ici à 2025 et 42 % d’ici à 2030, selon son administration, voire le Sommet mondial de Copenhagen ici.

    Qu'en est-il aujourd'hui, une déclaration politique menée à 26 essentiellement par les États-Unis, et des puissances en devenir comme l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud. Dans la soirée de vendredi 18/12 tout semblait joué par un accord minimal annoncé par Barack Obama et Nicolas Sarkozy, or dans la nuit de vendredi à samedi, une confusion est apparue ainsi qu'une division entre les participants, le texte ayant été jugé unanimement faible. Même l'Union Européenne qui a été écartée, ne s'est résolue à accepter cet accord politique qu'avec réticences à l'image de la chancelière Allemande Angela Merkel qui a parlé d'une «décision difficile». Cet accord ne comprend pas d'objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ils sont renvoyés à 2010, et ne prévoit pas non plus la création d'une instance internationale pour vérifier la mise en œuvre des engagements de chaque pays.

    Il ne faut pas rêver, un contrôle même par une instance internationale conduirait à une ingérence intérieure dans les pays et de plus ce serait ne pas leur faire confiance. Accepterions nous cette ingérence surement pas. En outre, comme d'habitude, des petits cercles se forment, tenant les autres à l'écart, ce qui n'est jamais bon quand on veut un accord, certains pays peuvent que se sentir frustrés d'avoir été mis de coté. C'est un peu la manière de faire de Sarkozy en constituant par exemple avec l'Allemagne un duo prétentieux considérant que les autres n'ont qu'à suivre, on n'a jamais compris qu'ils ne l'expriment pas ouvertement.

    D'ailleurs, plusieurs pays ont déjà exprimés leur désaccord en déclarant poliment ne pouvoir accepter ce texte, il s'agit du petit État insulaire le Twalu de l'Océan Pacifique menacé de disparaître par la montée des eaux. Il a souligné que l'objectif de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle était trop imprécise et ne pouvait signifier que la disparition de son pays, et qui estime «c'est une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir». Il d'ailleurs été rejoint par le Vénézuéla qui a accusé le premier ministre Danois Lars Loekke Rasmussen président de la conférence d'avoir conduit un coup d'état contre les Nations Unies, la Bolivie critiquant les méthodes employées et estimant que le premier ministre Danois, avait «fait obstacle à la démocratie et à la transparence», le Nicaragua, Cuba qui s'en est pris à Barack Obama l'accusant de s'être conduit comme un empereur annonçant un accord qui n'existe pas.

    C'est du Soudan, représentant l'Afrique, qu'est venue l'attaque la plus violente. Son délégué, Lumumba Stanislas Dia-Ping qui préside le G7 représentant 130 pays en développement, a estimé qu'il n'y a pas d'accord et que ce qui est proposé est un projet de déclaration qui doit être entériné, et il «appelle l'Afrique à signer un pacte suicidaire». «C'est une solution fondée sur des valeurs qui ont envoyé six millions de personnes dans les fours en Europe», a-t-il poursuivi, sous les protestations des délégués Européens et Américains.

    Le texte est jugé insuffisant par Barack Obama et imparfait par Nicolas Sarkozy, estimant qu'il est un tremplin pour d'autres négociations. Ce projet de déclaration a été notamment conclu après une rencontre entre Barack Obama, le premier ministre Chinois Wen Jiabao, le premier ministre Indien Manmohan Singh et le président sud-africain Jacob Zuma. Par deux fois vendredi, Obama et Wen ont discuté en bilatéral sur les sujets opposant les deux premiers pollueurs de la planète, les garanties de vérification des engagements, le financement de la lutte contre le réchauffement et le niveau des émissions. Barack Obama a ensuite rendu compte de ses entretiens aux dirigeants européens.

    Se dessine ainsi un tandem des deux plus grandes puissances l'une militaire et l'autre immense de par sa population, mais non moins militaire. Le capitalisme serrant la main au communisme, les deux idéologies extrêmes gouvernant le monde montrant leur convergence au cours de ce sommet.

    Vendredi 19/12/09, le premier ministre Chinois Wen Jiabo a présenté la position de la Chine lors de la session de l'ouverture de la réunion finale dont voici quelques extraits.

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    Il est totalement injustifié de demander aux pays en voie de développement d'adopter des objectifs de réduction des gaz à effet de serre au dessus de leurs obligations et capacités en ne tenant pas compte des responsabilités historiques, des émissions per capita et des différents niveaux de développement. «Si nous sommes tous d'accord sur le fait que les émissions de dioxyde de carbone sont la cause directe du dérèglement climatique, il est tout aussi évident que nous devons assumer nos responsabilités». Lire la suite ici.

    Ce que prévoit le document politique négocié est de limiter le réchauffement planétaires à 2 °C d'ici à 2020 ou 2050, il prévoit également sans entrer dans le détail la création d'un fonds spécial et d'une enveloppe de 30 milliards de dollars à court terme, années 2010, 2011 et 2012, qui monterait ensuite à 100 milliards de dollars d'ici à 2020, destinée en priorité au profit des pays les plus vulnérables.

    Il aura fallu deux jours de discussions intenses et directes entre vingt-six chefs d'État ou de gouvernement pour parvenir à un texte au statut juridique flou, dit «Accord de Copenhague». Cette déclaration de trois pages n'était même pas, samedi 19 décembre en début de matinée, formellement adoptée par l'ensemble des participants à la conférence sur le climat de Copenhague. Quant au protocole de Kyoto, qui engage les pays signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5 % sur la période 2008-2012 par rapport à leur niveau de 1990, il n'est mentionné qu'accessoirement et sans que soit envisagée sa prorogation au-delà de 2012. Les quelques 192 chefs d'État et de gouvernement venus à Copenhague ne sont donc pas rentrés chez eux les mains totalement vides. Un échec complet a été évité et un texte de compromis a été péniblement adopté. Mais c'est un résultat sans gloire, dont personne ne pourra se vanter auprès de son opinion publique, qui épargne toute contrainte forte aux États-Unis et aux grands pays émergents, et qui laisse les pays pauvres presque aussi démunis qu'au début de la conférence. Presque aucune obligation, quelques points positifs ressortent cependant. D'abord, outre le financement pour aider les pays pauvres, il valide le mécanisme de lutte contre la déforestation REDD-Plus (pour Reducing Emissions from Deforestation and Degradation). Surtout, il prévoit que les pays communiqueront «tous les deux ans» les actions de réduction des émissions qu'ils entreprennent. On peut considérer que ce point correspond à un premier pas des pays du Sud, notamment des émergents, vers une participation à un régime général de réduction des émissions, mais sur une base uniquement volontaire et sans que ces actions puissent être sujettes à une vérification internationale. Le texte entérine le fait que chaque pays fera ce qu'il voudra, sans sanction ni presque aucune obligation, sinon une information tous les deux ans. Il abandonne la philosophie du protocole de Kyoto, qui posait une contrainte de réduction des émissions de gaz à effet de serre à ses participants. Cet accord de Copenhague soulève aussi de nombreux problèmes juridiques. Il n'est pas signé et n'a pas caractère de traité. Il devrait respecter les règles de celle-ci, notamment une adoption à l'unanimité. Le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, a communiqué le texte à l'assemblée, à 3 heures du matin, samedi. Mais une vive discussion a suivi, plusieurs pays ont critiqué la faiblesse du texte. En début de matinée, les discussions se poursuivaient encore au Bella Center de Copenhague, et il paraissait peu probable que le texte de l'accord puisse être validé juridiquement par l'assemblée et devenir ainsi une décision de la Conférence des parties de la CCNUCC, Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Dès lors, le texte risque de devenir un objet non identifié, compliquant donc une machinerie diplomatique déjà passablement complexe. Le Monde.fr.

    Les limites du gouvernement mondial.

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    Le spectacle de Lars Loekke Rasmussen, épuisé, hagard, s'efforçant samedi vers 3 heures, de conclure sous les invectives cette conférence réunie depuis deux semaines, disait tout ou à peu près de ce que fut cette réunion, une vaste foire d'empoigne s'achevant sur ce qui ressemble à un ratage, sous l'impulsion de la Chine et des États-Unis, à la déception de l'Europe.

    On voit dans ce fiasco apparent, tout n'étant pas perdu, qu'une telle gouvernance mondiale ne se fait pas en 12 jours ni même en une année. Mais un échec est bon s'il permet de reprendre mieux le travail fait par une prise de confiance générale, et il ne faudrait pas trop attendre, on ne peut mettre la terre dans un réfrigérateur.

    Les espoirs des écologistes bons teint sont compréhensibles, ils espéraient mieux. Le député socialiste Jean-Louis Bianco «Copenhague a accouché d'une souris qui n'est même pas verte». Pour les Verts c'est un fiasco, «un résultat aussi décevant qu'il était d'importance». Pour le Modem «après de longues années de travail préparatoire un immense gâchis». Pour Europe Ecologie «les dirigeants des grands pays ont échoués lamentablement». Selon les ONG «la politique négociée en petits comités de dirigeants mondiaux ne résout rien». Le Réseau-Climat France fustige la façon dont Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont tentés de faire passer en force «un accord qui n'en était pas un». Quand aux amis de la terre par la voix de leur président Nnimmo Bassey «écœurés de l'incapacité des pays riches à s'engager sur la réduction des gaz à effets de serre». Pour Christian Estrosi ministre de l'industrie il faut reprendre le combat, «le temps perdu sur cet échec, c'est du temps perdu pour les prochaines échéances». Attendons un nouveau départ, l'échec est toujours une bonne leçon.

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