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consommation

  • La relance de la consommation ?

    Analyse.

    Important sujet qui divise les Français, tant une décision de relance par l'augmentation des salaires peut être lourde de conséquence aux yeux de certains et profitable pour d'autres, mais ne faut-il pas raisonner en terme de justice sociale ?

    Pour fixer les bornes économiques du problème, il nous faut considérer la bande passante qu'il y aurait dans la répartition des revenus entre les actionnaires et les salariés, fruit du travail de tous, sur le coût de nos produits, pour l'augmentation des salaires qui serait porteuse d'une relance de la consommation ?

    Sur le coût de nos produits fabriqués avec nos charges et nos marges, l'effet de la concurrence intérieure de ceux que nous importons est direct, s'ils sont plus cher que ceux importés, ils ne se vendent pas, de même, que le coût de ces mêmes produits que nous exportons s'ils sont plus cher que ceux des pays qui en feraient l'importation, ils ne sont pas achetés, la valeur qualitative des produits étant de second ordre.

    Nous devons dans les deux cas être moins chers que les autres qui exportent et qui importent. C'est, en d'autres termes, l'effet direct de la mondialisation qui pour nous, pays riche au niveau de vie élevé, nous met dans une situation de dépendance aux marchés extérieur et extérieur. Les conséquences sont celles que nous connaissons, délocalisations, licenciements, CDD, travail partiel, fermetures d'usines, et chômages.

    Nos industries sont directement influencées par ce commerce mondial qui menace leur existence, et par voie de conséquence notre niveau de vie. Il touche principalement les produits de grande consommation. Pour ceux relevant de technologies de pointe armement, nucléaire, luxe, transports, aéronautique, spatial,.... nous restons compétitifs puisqu'ils sont protégés pour la plupart par des brevets et conditionnent une main d'œuvre hautement qualifiée.
    Pour ceux d'usage courant, il nous faut donc être moins cher pour vendre, nos charges et nos marges bien supérieures de celles des autres pays grèvent leur prix de revient, et de ce fait, ces pays à bas coûts noient le marché mondial de leurs produits d'autant qu'ils sont de qualité s'ils sont fabriqués sous dépendance Française. L'incidence des augmentations des salaires ne ferait qu'accroître le prix de vente, c'est l'argument patronal qui ne cesse de réclamer la réduction des charges, sans évoquer les marges.
    En contre partie, l'effet sur nos moyens de production se trouve atténué si nous utilisons ces mêmes produits dans nos productions, ils en réduisent ainsi le coût. C'est visible pour l'informatique grand public qui serait plus coûteuse si elle était de fabrication Française.

    C'est aussi pour cela que l'automatisation des moyens de production et l'informatique associée ont eu un tel développement que dans l'automobile par exemple, la robotisation a pris une telle importance que la main d'œuvre a été considérablement réduite voire même, dans certaines productions, supprimée. Ce dont le patronat n'évoque jamais l'importance étant donné que dans ce cas il n'y a plus de charges sociales, mais des amortissements.

    C'est vrai dans la mesure oú seuls sont pris en compte dans le raisonnement les salaires payés aux salariés et pas ceux payés aux actionnaires. Il est bien évident que tout ce qui est payé intervient dans le prix de vente, c'est donc une balance entre ce que l'on donne à certains et ce que l'on ne donne pas aux autres dans une enveloppe globale maintenue constante pour ne pas vendre plus cher.

    La distribution des fruits du travail à toujours été le problème entre le patronat et les syndicats dans le cas de grandes entreprises. Pour les petites entreprises le problème n'est pas du même ordre, le patron est plus proche de ses salariés de sorte que s'il veut que son affaire tourne bien, il lui faut reconnaître leur travail à sa juste valeur.

    La richesse des uns fait la pauvreté des autres à enveloppe globale constante, une meilleure répartition des revenus permettrait cette bande passante qui serait profitable à tous par une augmentation des salaires adaptée en fonction du niveau de responsabilité sans que l'échelle soit rompue. La réduction des écarts dans le haut des revenus est primordiale.

    Les entreprises du CAC 40 ont versé en 2008, 54,2 milliards d'euros à leurs actionnaires ce qui est considérable quand sur cette même année les salaires ont été bloqués. C'est donc une situation injuste qui met la nation en danger car, pendant ce temps, la consommation s'est contractée et les achats se sont réduis, c'est donc hyper improductif. Cette politique patronale s'avère néfaste ne privilégiant pas la consommation pour un profit maximal aux actionnaires.

    Laurence Parisot n'apprécie pas la décision d'un salaire maximum des patrons dont les entreprises sont aidées par l'État. Elle estime qu'il est ni normal ni souhaitable que l'État décide des salaires des chefs d'entreprise, on se rend bien compte qu'elle n'a pas une vision entière du problème et ne voit pas plus loin que le pas de sa porte. Elle souhaiterait que ce soit les chefs d'entreprise qui se régulent eux mêmes, mais est-ce raisonnable de le penser quand on constate que ce n'est pas le cas, c'est de sa part un manque de responsabilité.

    Pour Laurence Parisot, c'est «typiquement de la responsabilité du patronat» et non de l'État d'encadrer si nécessaire les rémunérations des dirigeants. «Ce n'est pas à l'État de le faire», a-t-elle dit.«C'est pour cela qu'il y a le code Afep-Medef», a-t-elle ajouté. Avec l'Association françaises des entreprises privées (Afep), le Medef a édicté ce code qui prévoit notamment de limiter les indemnités de départ ou «parachutes dorés» des dirigeants des sociétés cotées en bourse. «La quasi totalité des sociétés du SBF 120 y ont adhéré», s'est félicitée Mme Parisot.

    Mais ce n'est plus ce scandaleux problème, c'est aujourd'hui celui de la répartition au tiers, voire moins et plus, du fruit du travail, moins d'un tiers pour les actionnaires, plus d'un tiers aux salariés et le dernier à l'entreprise, avec une réduction des marges si possible. La proposition de Sarkozy, qui est déjà une approche, vient trop tard et pour laquelle il n'a rien fait d'autre qu'une annonce sachant comme il l'a dit dans son allocution télévisée le mercredi 18/02/09 que le statuquo n'est pas tenable, «cette question sera débattue entre les partenaires sociaux et si des progrès ne sont pas réalisés, l'État prendra ses responsabilités».
    Or comme je l'ai relaté dans mon article, cliquez ici, que les entreprises sont maître chez elles, ce ne peut être que des paroles. Pour Laurence Parisot cette répartition au tiers est une fausse bonne idée.

    Il faut bien comprendre que Sarkozy à peur, il a toujours soutenu le patronat, sa politique comme celle de son prédécesseur a été construite sur des réformes visant à réduire les dépenses de l'État, ce qui peut se comprendre, donc à ne pas augmenter les salaires, juste le minimum, et à réduire les effectifs qui dépendent de lui. C'est ce que l'on appelle appauvrir les Français en ne respectant pas les obligations de l'État d'assurer un devoir national d'égalité entre eux, la réduction des effectifs touche principalement les plus vulnérables. Une autre orientation politique aurait été préférable.

    Or au départ, il s'est privé de moyens financement par le plafonnement à 50% des impôts avec effets rétroactifs, il a permit la défiscalisation des heures supplémentaires qui, en favorisant certains, n'ont fait qu'accroître le chômage des autres, ce sont donc des recettes fiscales et sociales qui manquent lourdement pour une relance de la consommation pour l'augmentation des salaires, pour l'investissement, et pour l'indemnisation du chômage.

    La dessus, la révolte des Français, qui ne pouvait ne pas survenir, s'exprime dans la rue mêlant le privé au public, et à la Guadeloupe. Le gouvernement submergé par l'ampleur de la révolte et par l'augmentation du chômage ne sait plus comment reprendre la main d'autant que la crise financière est survenue, et il ne l'a pas vu venir. Il paye lourdement les avantages fiscaux qu'il a fait et qui ne lui ont pas été rendus par ceux qu'il a favorisés.

    Pour faire face aux besoins du financement des entreprises il a offert aux banques responsables de la crise, par une gestion irresponsable, des moyens financiers de plusieurs milliards et a programmé un plan de relance industriel qui, il faut le reconnaitre n'apparait pas suffisant et qui surtout n'a pas d'effet immédiat, voire la relance économique ici. De plus, on vient d'apprendre que l'État va apporter sous forme de prêts subventionnés 2 à 2,5 milliards d'euros au nouvel ensemble issu de la fusion des banques populaires et des caisses d'épargnes, qui serait chapeauté par le secrétaire adjoint de l'Élysée François Pérol jugé choquante par l'opposition, cliquez ici. .

    Nous dépensons donc énormément alors que l'État n'avait pas d'argent, c'est dire combien notre dette bondi et qu'il va falloir un jour rembourser. Elle atteint à fin janvier 1323,9 milliards soit 69,1 % du PIB. A cela, il vient d'annoncer les 18 et 19 février à la suite de la manifestation du 29 janvier et de la révolte de la Guadeloupe, 2,6 milliards d'euros pour les classes moyennes et 580 millions pour la Guadeloupe et les autres îles des petites Antilles, et ce n'est probablement pas terminé. De plus, pour ne pas laisser en reste les revenus élevés, la réduction d'impôts sur le revenu va aussi être étendue à ces revenus.

    Présentée comme un coup de pouce de 1,1 milliard d'euros aux classes moyennes, la suppression des tiers provisionnels de mai et septembre, dus au titre de 2008, va profiter à des «revenus élevés», regrettent les deux députés Didier Migaud PS et Gilles Carrez UMP dans cette note destinée aux membres de la commission. La mesure, si elle n'est pas modifiée par les parlementaires, va concerner, par exemple, des couples avec trois enfants dont les revenus atteignent près de 52.000 euros annuels, voire les échos.fr en cliquant ici.

    Tout cela donne le vertige, et l'on ne voit pas comment une relance de la consommation peut être programmée autrement que par une meilleure distribution des bénéfices sous forme d'un tiers amélioré pour les salariés, n'en déplaise à Laurence Parisot. Il y va de l'avenir de nos entreprises mais aussi de nous tous.

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