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compétitivité

  • Le marché du travail, le grand espoir d'un compromis pour François Hollande,

    sous la couverture de Michel Sapin ministre du travail.

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    Document Le Monde.fr édition d'abonnés. NICOLAS MARQUES/KR IMAGES.

    Rencontre à Matignon le 19 novembre, pour discuter du pacte de compétitivité, avec notamment la présidente du Medef, Laurence Parisot, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le ministre du travail, Michel Sapin.

    Les visages sont sérieux, Michel Sapin penseur et Laurence Parisot la présidente de Medef à l'aise, l'ambiance est chaude.

    Support Wikipedia C'est la grande négociation qui devrait aboutir dans quelques mois à une réduction du chômage qui atteint en catégorie A 9,2 % et en toutes catégories, A, B, C, 10,8 % soit 4,61 millions de personnes avec les DOM. En novembre, se sont inscrits 29.300 demandeurs d'emplois en catégorie A, soit 0,9 %, et pour les catégories B et C la hausse est de 30.400 personnes soit, 0,7 % en un mois. En novembre 2012 le nombre de demandeurs inscrit à Pôle emploi s'établit à 3.132.600 en France métropolitaine en catégorie A. Nous sommes très voisin de retrouver le nombre de chômeurs de l'année 1997 qui culminait à 3,2 millions en catégorie A.

    Document INSEE mis à jour en septembre 2012 en France métropolitaine.

    On sait que l'objectif de réduction du déficit à 3 % en 2017 repose sur un taux de croissance de 2 à 3 % alors que nous en sommes à 0,1 % en fin d'année 2012. L'inversion de la courbe du chômage en 2013, comme le souhaite François Hollande, est liée à la réussite de cette négociation. Le président espérait un compromis historique sur un premier texte la fin de 2012 sur la réforme du marché du travail. Ce ne fut pas le cas, le négociateur de la CFDT Patrick Pierron expliqua le jeudi 27 que la négociation sera renvoyée à des discussions ultérieures en janvier.

    Le président veut à la fois plus de souplesse et plus de protection c'est la flexisécurité selon le modèle à la Danoise, ce qui, aux yeux de Laurence Parisot est contradictoire. La souplesse qu'elle entend ne peut conduire à plus de protection puisque c'est le licenciement. Le licenciement, parce que la situation des entreprises est aléatoire dans la conjoncture actuelle, mais pour le gouvernement cela n'empêche pas de prévenir les plans sociaux afin d'apporter une solution, avant qu'ils ne soient prononcés. C'est ce qui se passe actuellement pour Virgin Megastore Champs Élysées ou le gouvernement intervient par Aurélie Filipetti ministre de la culture avant que soit prononcé la liquidation du magasin.

    Le Medef ne veut s'engager à sécuriser l'emploi, et le blocage repose sur les CDD de moins d'un mois qui ont explosés en dix ans, marquant ainsi la relation CDD = précarité. Tout le monde comprend que laisser se perpétrer cette situation serait intolérable. Michel Sapin qui laisse les partenaires sociaux négocier n'en est pas moins ferme, «il y a eu un moment politique lors la conception du document d'orientation début septembre et il y en aura un autre après la fin des négociations, mais entre les deux je laisse syndicats et patronat tenter de s'entendre». Les contrats cours sont donc le sujet de blocage.

    Les syndicats, comme le gouvernement, veulent taxer les contrats courts afin de limiter ce turnover inadmissible, les salariés ne sont pas des pions que l'on jette au moindre vent défavorable. Le Medef est bien sûr contre, mais, il n'est pas non plus pour agir contre ces abus. Laurence Parisot ne comprend pas en quoi taxer les CDD favorisera l'emploi ! Il ne le favorisera probablement pas, mais cela permettra de le maintenir, nuance.

    La négociation ne porte pas seulement sur les CDD, elle porte aussi sur les complémentaires santé qui seraient étendues à tous les salariés. Les mutuelles seraient financées en partie par l'employeur et l'instauration de droits rechargeables à l'assurance-chômage. Les patrons, en échange, demandent à «supprimer ?» le recours aux tribunaux dans le cas des licenciements, et de faciliter les accords compétitivité-emploi, la possibilité de forcer plus facilement les salariés à changer de poste ou de lieu de travail, ainsi que l'extension des «CDI de projet», liés à l'exécution d'une mission temporaire.

    La volonté des syndicats et du gouvernement, dans la recherche d'un compromis gagnant gagnant, risque de ne pas passer au parlement à majorité socialiste. Le gouvernement fut déjà critiqué sur le plan de compétitivité, Michel Sapin aura des difficultés à faire accepter des conditions d'accord qui ne seraient pas favorables aux salariés.

    La bonne volonté du gouvernement d'un dialogue constructif avec le patronat risque de n'être qu'un rêve. Pourquoi le patronat serait-il conciliant, alors que c'est lui qui maîtrise l'emploi. Contrairement au patronat Allemand plus souple et responsable, le patronat Français reste d'un dogmatisme contraire à son intérêt et à celui du pays.

    Patrick Bernasconi, négociateur du patronat, Medef, CGPME, UPA, assura qu’une solution peut être trouvée mais pas à n’importe quel prix.

    «Je ne passerai pas autant de temps à essayer de construire quelque chose depuis autant de temps si je ne croyais pas qu’un accord était possible, affirma-t-il. On y croit, on y travaille tous les jours, mais il faut que chacun puisse faire un minimum de concessions. Nous, on ne croit pas à l’effet vertueux, à l’espèce de symbole de la précarité qu’est la taxation des CDD. On pense que ça ne créera aucun emploi. J'ai fait comprendre aux qu’il n’y aurait aucune signature de la part du patronat si des mesures de flexibilité n’étaient pas prises».

    Stéphane Lardy, secrétaire confédéral FO, le négociateur de FO qui s’est confié sur RM, trouve un patronat très arrogant.

    «Aujourd’hui à Force Ouvrière, nous considérons que le Medef n’a pas envie d’aller vers un accord, regrette le syndicaliste. On a le sentiment qu’il veut aller vers l’échec. On a un patronat qui est très arrogant depuis quelques mois. Il a obtenu beaucoup de chose de la part du gouvernent, le crédit d’impôt compétitivité emploi, la compétitivité… il obtient beaucoup de chose. Pourquoi voudrait-il après signer un accord ? A Force Ouvrière on se pose la question. Je pense qu’ils ont plus intérêt à ce que l’État légifère». Lu sur RMC.fr.

    Pour le ministre du travail Michel Sapin, «les négociations, c’est pas un pot de yaourt, il n’y a pas une date de péremption dessus».

    La prochaine séance de négociation devrait avoir lieu autour de la mi-janvier. D'ici-là, espère le négociateur de Force ouvrière, Stéphane Lardy, «pour les fêtes, le cadeau serait que le patronat revienne sur terre». Lu sur Libération.fr.

    C'est vrai que l'attitude du patronat est irréaliste, il veut l'échec de cette négociation, obligeant le gouvernement à légiférer, elle conduira à un climat tendu qui ne peut être profitable à l'économie actuelle ou un consensus national est nécessaire pour réduire le chômage. On à le sentiment de retrouver le combat de la négociation sur les 35 heures, avec cette obstruction patronale incompréhensible eu égard aux efforts du gouvernement pour la compétitivité des entreprises. Il en subira les conséquences, quand aux salariés, ils les subissent déjà avec la précarité des CDD qui est installée.

  • La lettre du premier ministre à Louis Gallois sur la compétitivité,

    il ne peut y avoir d'économie forte sans industrie forte.

    Support Wikipedia Tout à fait, et ce qui est extraordinaire c'est que ce soit un premier ministre de gauche qui l'écrive, après 10 années de gouvernance à droite. Quand on parcourt le pacte pour la compétitivité de l'industrie Française, plus communément appelé le rapport Gallois on reste stupéfait de voir la situation de notre industrie au terme de 10 années de droite. On peut chercher, on ne trouve pas ce que Sarkozy a fait pour nos entreprises au terme des cinq années de son mandat. «Le rapport Gallois est d'une sévérité sans précédent sur la dégradation de notre économie a clamé Jean-Marc Ayrault à TF1 le 06 novembre 2012».

    Patrick Artus directeur de recherches de Natixis, qui n'est pas un économiste de gauche, déclare sans nuance «si on ne fait rien on va vers un désastre industriel». Et pour enfoncer le clou, depuis longtemps les signaux sur le recul de l’activité manufacturière sont au rouge, et rien n’est fait pour renverser la vapeur. «Restera-t-il un socle industriel suffisamment dynamique pour relancer la machine ?». Pas sûr. Et d'exprimer que les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont une industrie forte.

    Faisons un petit bilan de notre industrie manufacturière, nous ne fabriquons plus de motos, le marché est Japonais, Allemand, et un peu Italien, les Britanniques reprennent. Nous ne fabriquons plus d'appareils photo, le marché est principalement Japonais et un peu Allemand. Dans l'électronique des composants et industrielle, l'informatique domestique et les logiciels le marché est Microsoft et Apple. Dans l'internet et la communication le marché est dominé par les Américains, Google, Twiter, et Facebook. Dans la téléphonie portable, les tablettes le marché est Samsung et Apple. Dans la mécanique industrielle, machines outils et autres, nous achetons Allemand, et Italien. Dans l'électroménager le marché est principalement Allemand, et Italien. Dans l'habillement nous achetons Italien dans la chaussure, dans les tissus et les produits de luxe. Dans les voitures haut de gamme nous achetons Allemand et Italien. Dans l'alimentaire nous sommes dépassés par les produits Italiens, en dehors de nos vins et fromages. Dans le desing et le luxe nous sommes dépassés par le chic Italien. Ce n'est qu'une parabole qui n'est pas exhaustive mais qui donne une image de ce que nous ne faisons pas ou plus.

    Comment pouvons-nous avoir une balance commerciale positive, nous achetons presque tout. La valeur ajoutée de ces domaines n'est pas pour nous, mais pour ceux qui fabriquent. Bien sur cela ne signifie pas que nous ne faisons rien, mais seulement que nous avons perdu les marchés de la grande consommation, nous avons privilégié le service à la créativité et à la production, ce qui ne nous donne pas de puissance industrielle, mais des chômeurs. Si l'on regarde le nombre de dépôts de brevets, nous constatons que nous sommes derrière l'Allemagne, la Chine et la Corée. L’Allemagne dépose trois fois plus de brevets que nous. Mais surtout nos brevets sont dans les transports, l'énergie, les appareillages électriques et la pharmacie, des domaines qui ne sont pas manufacturiers et de grande consommation.

    Louis Gallois évoque page 9 de son rapport un décrochage qui s'est amorcé dans les années 70 et s'est accéléré au cours des dernières décennies, c'est tout à fait exact. Il cite l'Allemagne, la Suède et l'Italie, et donne comme conclusion que notre balance commerciale est passée de plus 3,5 milliards en 2002 à moins de 71,2 milliards en 2011, mais ces chiffres tiennent compte du paramètre énergétique. Hors énergie, notre balance commerciale positive à 25,5 milliards d'euros en 2002 devient négative à moins 25,4 milliards d'euros en 2011. De 2002 à 2011 les gouvernements ont été exclusivement à droite, et la masse salarial fut contenue, et pour ce qui me concerne, retraité, j'ai énormément perdu en pouvoir d'achat. L'emploi industriel en France a perdu 2 millions d'emplois en 30 ans. Cela confirme clairement le panoramique industriel présenté ci-dessus qui marque pleinement la faiblesse de notre patronat à innover et à construire.

    Le rapport Gallois donne page 65 un tableau qui montre bien l'importance de notre valeur ajoutée dans l'industrie manufacturière par rapport aux autres pays Européens.

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    Cliquez sur l'image.

    On peut constater que la France à un ratio industrie manufacturière dans valeur ajoutée totale de 10,1 % juste devant la Grèce, le Luxembourg et Chypre. L'Allemagne obtient 22,6 %, l'Italie 16 % et l'Espagne 13,5 %. On voit que la richesse que nous produisons dans l'industrie manufacturière est plus deux fois moins élevée que celle de l'Allemagne. Cela signifie que nos coûts de production sont trop élevés eu égard au prix de vente des produits de nos entreprises. La marge est trop étroite. La conclusion qui s'impose est simple, pour la vente les prix sont soumis à la concurrence, donc forcements tirés vers le bas, il ne reste donc que le paramètre de la production sur lequel nous pouvons jouer. Un abaissement des charges patronales réduira les coûts de production mais n'aura aucun effet sur la production elle-même, or c'est là que nous sommes mauvais.

    Sans entrer dans le détail des 22 principales mesures du rapport, elles sont maintenant bien connues, le problème est que peut faire le gouvernement ? La réduction des charges patronales n'apportera qu'un souffle, et de plus pour qu'elles soient significatives il faut qu'elles soient importantes. Or ce rapport donne des masses monétaires de transfert mais aucun chiffre significatif. Louis Gallois préconise un choc de confiance pas choc de compétitivité. Pour lui, il faudrait transférer une partie significative des charges sociales, de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB, vers la fiscalité et la réduction des dépenses publiques. Et ce transfert serait réparti en 2/3-1/3 sur les cotisations patronales, prestations familiales et une partie des prestations maladie, et salariales. Et, il ajoute, il conviendrait que le transfert de charge porte sur les salaires jusqu’à 3,5 fois le SMIC dégressivité autour de ce niveau. Dans ces conditions, 35 % de l’avantage créé irait directement vers l’industrie et les services à haute valeur ajoutée associés. Bien, mais de combien précisément en % de réduction des charges patronales ? Tout cela est flou, sans consistance.

    J'ai publié un article le faux problème des charges patronales, par ce qu'il est devenu le sujet à la mode, qui fait clamer l'opposition et le patronat, alors que l'opposition n'a rien fait de positif pour réduire ces charges. Je concluais que les charges patronales Allemandes étaient 3,2 % moins élevées qu'en France. Et j'avais montré sur l'exemple que les salaires Allemands étaient plus élevés que les salaires Français. Pour 35 heures hebdomadaires le salaire Allemand est plus élevé de 32,2 % que le salaire Français. Cela suffit à comprendre que les charges patronales ne sont qu'un moyen de masquer le manque de dynamisme de nos entreprises, et une arnaque de la droite.

    A la suite de la remise du rapport le 05 novembre, le gouvernement s'est réuni à Matignon pour définir sa réponse aux propositions de Louis Gallois. Le gouvernement a bien comprit qu'il y avait un problème du coût du travail ce qui est contesté par la gauche. Louis Gallois a préconisé un transfert des charges sociales vers la fiscalité et la réduction des dépenses publiques de l'ordre de 30 milliards, Jean-Marc Ayrault donne un chèque aux entreprises sous forme d'un crédit d'impôt de 20 milliards étalés sur trois années, dont 10 milliards dès la première année, au titre de l'exercice 2013, donc pour l'impôt payé en 2014, puis de 5 milliards sur les deux années suivantes. C'est donc 10 milliards de moins. La baisse des cotisations sera indexée sur la masse salariale déclarée et s'appliquera sur les salaires compris entre 1 et 2,5 SMIC.

    Le crédit d'impôt est une somme qui est déclarée à l'administration fiscale, et qui peut être remboursée si les conditions d'applications sont satisfaites. Cela permet au gouvernement d'en être maître, c'est dons un chèque de remboursement des charges patronales payées sous condition. Les comités d'entreprise seront chargés de la surveillance et devront être régulièrement informés de son utilisation. «Un comité de suivi du pacte associant l’État et les partenaires sociaux sera mis en place pour dresser à intervalles réguliers un constat partagé sur le bon fonctionnement de ce dispositif» a été précisé.

    A cela s'ajoute une hausse de la TVA malgré qu'il fût déclaré qu'il n'y aurait pas de hausse. Cette hausse a pour but la compensation du crédit d'impôt. Elle s'appliquera en 2014 pour le taux principal et les taux réduits. Le taux de 19,6 % passera à 20 %, et les taux de 7 % à 10 %. Quand au taux réduit de 5,5 % il passera à 5 %. Globalement ces hausses sont mineures, et n'ont rien à voir avec la TVA sociale. Les 0,4 % ne devraient pas trop affecter la consommation, quand au taux intermédiaire de 7 à 10 %, c'est surtout la restauration qui accusera le coup et les artisans. La restauration a bénéficié d'un avantage énorme sous Sarkozy, sans qu'elle le restitue sous forme de coût, et sous forme d'embauche, un emploi dans la restauration rapporté à la réduction de la TVA, revient à l’État 60.000 €. Sarkozy avait fait une manœuvre politique qui nous a coûté plusieurs milliards, et cela au détriment de nos finances. La baisse de 5,5 % à 5 % vise essentiellement les ménages modestes, puisqu'elle s'appliquera sur les produits de l'alimentation, sur le gaz, l'électricité, et les cantines scolaires.

    Par ailleurs Jean-Marc Ayrault a annoncé la création d'un fond de 500 millions d'euros pour les PME en difficultés de trésorerie.

    L'autre objectif concerne les jeunes. «Nous devons offrir aux jeunes et aux salariés des formations tournées vers l'emploi et l'avenir», a-t-il affirmé. Le système éducatif doit former plus de jeunes qualifiés pour les besoins de notre économie à horizon de dix ans. «Le pacte comporte plusieurs mesures en la matière, et nous porterons à 500 000 le nombre d'apprentis».

     

  • Du choc de compétitivité de Louis Gallois aux fausses annonces de l'UMP

    au pacte de compétitivité de François Hollande.

    Voir aussi «le faux problème des charges patronales», et «aux cris des industriels de l'automobile François Hollande,...». Et puis la mise en garde des Pigeons du CAC 40 qui viennent perturber le feuilleton de la compétitivité.

    Support Wikipedia Encore au bal de hypocrites sur France 2 à l'émission des paroles et des actes du 25/10, des deux duettistes que sont François Fillon et Jean-François Copé, ont tirés à boulets rouges contre François Hollande, et Jean-Marc Ayrault, les accusant de mettre aux oubliettes le rapport de Louis Gallois sur le choc de compétitivité. Oubliant que le rapport n'est pas encore publié, se basant sur une annonce du Figaro économie qui cite plusieurs sources. Oubliant aussi au passage que lorsqu'ils étaient en affaire des rapports mis aux oubliettes furent nombreux dont celui de Jacques Attali en janvier 2008 sur la relance de la croissance intitulé Commission Attali. 316 propositions, 20 décisions fondamentales et 8 ambitions. Aucune des 20 «décisions fondamentales» n'a été explicitement reprise.

    En fait, on demande un rapport, on pressent des économistes ou des industriels compétents, et si politiquement le rapport qui se veut "apolitique" n'est pas dans la politique de celui qui l'a commandé, et bien, il reste sans effet ou presque. Si l'on se rapporte aux propos de Sarkozy qui déclara qu'il écoute et fait ce qu'il veut, la droite n'a pas d'autres choix que de se taire.

    Ce n'est pas ce que François Hollande déclara devant 3.000 industriels réunis par la banque des PME Oseo à Paris le 25 octobre. Pour lui ce n'est pas un choc comme le suggère Louis Gallois, qu'il convient de faire mais un pacte, c'est à dire un accord, du donnant donnant en quelque sorte. Il déconseille l'idée d'un choc qui traduirait un effet d'annonce plutôt qu'un effet thérapeutique. La piste d'un allègement massif des charges sociales serait trop couteuse selon l’Élysée avec un résultat incertain. À cela deux risques, la récession qui pourrait augmenter et les syndicats qui exigeraient des augmentations de salaire. L'Allemagne, prise souvent en exemple, aurait d'abord fait de la modération salariale puis ensuite, l'allègement des charges.

    Ce n'est pas ce que l'Association Française des Entreprises privées, AFEP, demande. Laurence Parisot veut un plan de 70 milliards sur trois ans, une paille ! Mais donc pourquoi ne l'a-t-elle pas demandé à Nicolas Sarkozy ?

    C'est bien sur la contre attaque aux 10 milliards se hausses d'impôts sur les entreprises. Mais le problème n'est-il pas qu'il faut réduire notre dette, «et que cela est impératif parce que nous venons de faire un effort historique pour réduire nos déficits publics», avec l'objectif de les ramener de 5 % du PIB en 2012 à 3 % en 2013, selon le ministre Pierre Moscovici. De plus, il faut comprendre que les propos du ministre du redressement productif leurs hérissent le poil, ce qui donne un climat d'affrontement. Les Pigeons du CAC 40 déclarèrent,

    • l'État doit réaliser 60 milliards d'euros d'économies, 3 points de PIB, au cours des cinq prochaines années.
    • Pour les entreprises, il faut baisser le coût du travail d'au moins 30 milliards d'euros sur deux ans, en réduisant les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires moyens, 2 SMICS et plus. Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6% à 21%, dans la moyenne Européenne, et l'autre moitié par une baisse des dépenses publiques.
    • Il faut garantir aux entreprises un environnement fiscal favorable et stable en baissant notamment l'impôt sur les sociétés pour le ramener au niveau de nos voisins européens, le JDD.

    Pierre Moscovici répondit, «je pense pour ma part que nous allons d'abord agir sur ce qui n'est pas le coût du travail, mais nous allons aussi agir sur le coût du travail, mais pas comme le demande l'AFEP, par une augmentation de la CSG ou de la TVA de manière massive, parce que nous pensons au pouvoir d'achat». De plus, il renchérit, «il est exclu de compenser ces 30 milliards par une hausse de la TVA ou de la CSG car cela grèverait le pouvoir d'achat des Français qui sont les clients de ces mêmes entreprises».

    A la suite d'un déjeuné à Matignon, les Pigeons du CAC 40 ont déclarés, «nous avons eu un échange très direct, très pragmatique, sur les points que nous avons eu l'occasion d'exprimer ni une agression, ni une menace ». François Hollande, qui participait au siège de l'OCDE le 29/10 à une réunion avec les organisations économiques internationales, avança quelques éléments devant l'impatience dont témoignent les dirigeants d'entreprise. Des «décisions seront prises dès le mois de novembre dans tous les domaines de la compétitivité», y compris le coût du travail.«Aucun sujet ne sera occulté, tout sera traité, tout sera mis sur la table».

    Le gouvernement aurait examiné les scénarios de zéro à 60 milliards, et plus il avance, moins il serait enclin à un gros basculement. Pour François Hollande, il n'y a pas de formule magique, pas de mesures miracles, pas de réponses uniques. De toutes façons le transfert de charges se fera dans le temps clama-t-il. Le gouvernement veut surtout éviter les couacs de ces derniers temps l'obligeant à faire marche arrière, comme il le fit pour les pigeons.

    Le patronat réuni n'a pas dû apprécier puisqu'il attendait ce choc proposé par Jean-Marc Ayrault en septembre. Ce n'est pas donner de l'argent comme le fit le précédent gouvernement, mais de définir une trajectoire. Tout à fait à l'opposé de la politique de la droite, et c'est tant mieux. On comprend maintenant que la droite tire à boulets rouges incapable d'avoir défini une politique de compétitivité laissant, comme à son habitude, aux entreprises l'utilisation des avantages distribués, on connait le résultat, l'enrichissement des grands patrons, sans amélioration de notre compétitivité. La droite n'a jamais politiquement admis que donner de l'argent public, sans contre partie d'un accord ferme et contrôlé, était favoriser une classe sociale au détriment des autres Français. Pour elle, il faut d'abord aider les riches à devenir encore plus riches dans l'espoir qu'ils donneront un peu de cette richesse aux autres. C'est un reste de la politique des seigneurs du Moyen-âge que l'on croyait dépassée, mais qui se perpétue.

    L'exemple de la TVA sur la restauration en est le plus frappant, avez-vous vu la différence lorsque vous payez un café, une bière, ou que vous allez au restaurant ? Il était évident que c'était un transfert d'argent public pour satisfaire le groupe de pression des marchands de bière et de la restauration. Si, il y a eu des embauches, elles ont un coût de l'ordre de 60.000 € pour l’État, invraisemblable.

    Une trajectoire permet d'adapter la réponse en fonction de l'évolution, sachant que la compétitivité d'un pays, surtout en tant de crise, ne peut se faire en une année. Ne faut-il pas avant tout bien maîtriser ce qui est à soutenir, car il n'y a pas que les charges sociales qui interviennent dans ce que l'on appelle la compétitivité, voir mes deux publications présentées en tête de cet article.

    La première vague, du pacte de compétitivité prévu en trois vagues, serait programmée pour le 6 novembre à l'issue d'un séminaire rassemblant tout le gouvernement. Le programme porterait sur des actions secondaires, comme la simplification des procédures administratives, l'amélioration des dispositifs d'aide à l'exportation, ou encore le renforcement des mesures d'aide à l'innovation. La future Banque publique d'investissement, BPI, devrait, par exemple, mettre en place un système de préfinancement du crédit d'impôt recherche. Des mesures qui coûtent peu, mais qui ne changent pas la donne. Rien n'est donc définitivement arrêté, ni le montant de la baisse des charges, ni les éventuelles contreparties demandées aux entreprises, par exemple en matière d'investissement, ni les nouvelles recettes qui compenseraient l'allégement des charges. Au lieu de recourir à la CSG, certains préconiseraient des hausses ciblées de la TVA, par exemple un relèvement à 12 % de celle sur la restauration.

    Certes, comme le souhaite Laurence Parisot et l'opposition, un abaissement des charges patronales donnerait du souffle, mais ne corrigerait rien en profondeur. Pour elle la situation est gravissime, et si avant l'élection la situation était préoccupante elle devient après gravissime, soyons sérieux. Les mesures gouvernementales, hausses d'impôts et autres, qui sont en projet, n'affectent en rien la situation actuelle qui est la continuation de la politique laissée par l'ancienne majorité.

    Donc, si la situation est devenue gravissime ce n'est que par les hausses d'impôts sur les entreprises, c'est la conséquence de leur défaut de compétitivité, elles n'ont pas su s'adapter à la concurrence mondiale, malgré les avantages qu'elles ont reçus.

    Le rapport de Louis Gallois, d'après ce que la presse en donne, serait pour un choc de 30 milliards d'euros sur deux ou trois ans. Il proposerait une baisse des cotisations sociales patronales de 20 milliards et par 10 milliards des cotisations salariales de la branche famille de 5,4 points, ce que le gouvernement souhaite par ailleurs faire. Ces réductions concerneraient les salaires jusqu'à 3, 5 SMIC. En somme, ce choc de compétitivité serait supporté par la sécurité sociale qui verrait une baisse de son financement dont les conséquences seraient reportées sur les allocations familiales.

    Pour financer ce choc, Louis Gallois proposerait une réduction massive de la dépense publique, au-delà de 10 milliards d'euros déjà prévus dans le projet de finances débattu au parlement, et que Laurence Parisot a qualifié dans le Figaro de «trompe l’œil». Politique irréaliste quand on voit la nécessité d'augmenter les effectifs de la police, ceux de l'éducation nationale, et ceux de la justice. Pas étonnant que la droite soutienne ce rapport, il est le reflet de sa politique. Il n'était donc pas utile de changer de majorité gouvernementale !

    À cela s'ajouterait une hausse de la CSG, et de la TVA pour pouvoir «être supportée pas les ménages», (ce qui mérite une explication), compte tenu des forts prélèvements qu'ils subiront en 2013. Si on devine bien, ces hausses CSG, et TVA devraient alléger les impôts sur les hauts revenus, et faire porter cet allègement sur l'ensemble des Français, ce qui est contraire à l'objectif du gouvernement. Une taxe écologique serait également proposée sur le diesel ce qui ne ferait pas l'affaire des constructeurs automobiles.

    Pour faire passer la pilule aux syndicats, Louis Gallois verrait donner aux syndicats une voie délibérative dans les conseils d'administration des entreprises, une rigolade, et de lancer une grande négociation sur la compétitivité.

    Il est évident qu'une telle conclusion, si elle était confirmée, ne peut que faire la joie de l'opposition puisqu'elle reprend, avec des aménagements, la politique qui a été mise en œuvre par le précédent gouvernement.

    Si l'on recense les pistes sur lesquelles le gouvernement pourrait agir pour donner rapidement du souffle à notre compétitivité industrielle, il n'y a que la baisse des charges patronales, mais à quel niveau ? Ce ne sont pas les quelques 3, 32 %, (voir l'article ci-dessus présenté sur le faux problème des charges patronale), d'écart avec l'Allemagne qui feront repartir notre compétitivité. Il faut bien sûr beaucoup plus, et c'est dans des produits non concurrentiels que se trouve notre salut.

    A cette baisse des charges sociales, si elle est possible, sans aggraver le pouvoir d'achat et la misère sociale, celle des allocations familiales pour les familles d'un certain niveau de revenu, bien que ce soit discriminatoire, pourrait compenser, avec un nouveau taux de TVA sur la restauration, la perte financière correspondante. Il y a aussi l'action de la banque publique d'investissement qui peut aider les entreprises en difficultés. Mais bien plus, elle doit aider au développement de nouveau produits compétitifs. C'est donc un ensemble avec une meilleure gestion de coûts salariaux des improductifs et de l'encadrement, une politique industrielle vers des produits porteurs et un markéting offensif, qui conduiront à une meilleure compétitivité. C'est bien pour cela, que c'est un pacte et non un choc comme l'opposition le clame ainsi que Louis Gallois.

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