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communistes

  • La gauche de la gauche incapable de maîtriser ses pulsions,

    ne se plait que dans une posture d'opposition.

    Support WikipediaLa division de la gauche est nette au sénat, entre les communistes regroupés sous le sigle CRC, groupe Communiste Républicain et Citoyen, et les écologistes, avec l'autre gauche réformatrice des socialistes et radicaux. On sait que le sénat n'est majoritaire à gauche que si les communistes et les écologistes votent avec cette gauche, ce n'est donc qu'une majorité factice. La gauche à ses démons, à la fois unie, elle gagne, à la fois divisée, elle perd. C'est comme une compétition de tir à la corde, les uns veulent tirer les autres vers plus de sociale démocratie, les autres veulent tirer vers plus de gauche. On n'en sort pas de cette confrontation absurde ou l'intérêt du pays est oublié. Ce fut, le mercredi 7 novembre pour les communistes l'occasion de marquer leur différence, ils tiraient à gauche. Et leur groupe vota avec l'opposition sénatoriale de droite, UMP, Centristes, contre le projet de programmation budgétaire 2012 - 2017 qui fixait les objectifs économiques sur les cinq années de gouvernement socialiste ainsi que celui des 3 % de déficit fin 2013. Quel bénéfice de ce vote d'opposition ? Leur argumentation fut que le projet du budget n'était qu'austérité dans la ligne politique suivie par les pays de la zone euro, c'est probablement que le gouvernement ne peut faire autrement ? Pourquoi imposerait-il une politique de rigueur ? Comment réduire notre endettement autrement que par des impôts et des économies ?

    Les communistes ont donc choisi, pour dogmatisme, l'isolement fidèle à leur combat contre la règle d'or. Qu'importe ce que le gouvernement a déjà fait, seul compte leurs convictions, même si le rejet par le sénat crée un malaise à gauche permettant à l'opposition de clamer que les socialistes n'ont pas de majorité. J'ai souvent eu le sentiment que les communistes sont plus à l'aise lorsque c'est la droite qui gouverne, critiquer lorsque la gauche est au pouvoir fait désordre.

    Qu'importe aussi, si au second passage au parlement le budget sera voté, ils n'auront fait que retarder ce vote. Faible satisfaction. C'est par 189 voix contre 152 que le projet fut rejeté, ce qui fait penser, puisque le groupe CRC n'a que 20 sénateurs, que d'autres sénateurs de gauche se sont joints à l'opposition de droite.

    Les communistes dans leur dynamique ont bien l'intention d'exprimer leur politique. Sur le Budget de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2013, les communistes ont votés contre le jeudi 15 /11, ils avaient averti, que leur groupe à l'Assemblée le ferait. Le PLFSS ne fut donc retoqué par 186 voix contre 156. De même, le vendredi 23 novembre, le sénat à supprimé l'article «Pigeons» sur les plus-values de cession d'entreprises dans le projet de loi de finance 2013 qui devait rapporter 250 millions d'euros. Rappelons que c'est un engagement du président de la république. Que l'on se rappelle aussi la fronde des autoentrepreneurs et les patrons de startup, voir Pigeons, agents de l’UMP, Fleur Pellerin met les choses au point.

    Cela fait donc la quatrième fois que les communistes font retoquer un projet de loi. Les trois précédents retoqués par le sénat furent donc le projet de programmation budgétaire 2012 - 2017 le 08/11/12 après un premier sur les tarifs progressifs de l'énergie également retoqué dans la nuit du mardi à mercredi 31/10/12. Ainsi que le budget de financement de la sécurité sociale pour 2013. Sur les tarifs progressifs de l'énergie, une motion d'irrecevabilité présentée par les sénateurs communistes fut votée, par 187 voix contre 156 avec l'apport des voix de l'UMP et des centristes. Communistes et opposition finalement même combat ? Le gouvernement qui soutenait ce texte avec les sénateurs de gauche non communiste fut mis en minorité. C'est donc par quatre fois que les communistes s'opposèrent au gouvernement.

    Il faut reconnaître que le gouvernement n'a pas encore trouvé le chemin qui lui permet d'appliquer sa politique sans accro, après la censure par le Conseil constitutionnel le 24/10 de la loi Dufflot qui porte de 20 % à 25 % le taux minimum de logements sociaux dans les villes, il apparaît que le gouvernement n'était pas dans le protocole des usages. «Entre le moment où un texte est déposé et son examen par les élus, il faut six semaines». La précipitation sur les emplois d'avenir et sur le logement eut donc des conséquences fâcheuses. Ce fut la version adoptée par le parlement qui fut examinée par les sénateurs, alors qu'il eut fallu que ce soit la dernière amendée par la commission des affaires économiques. De l'amateurisme pour l'opposition.

    Puis ce fut le sénateur Jean-Vincent Placé, président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Sénat, qui lança une polémique dans la majorité le vendredi 9 novembre en affirmant sur Radio Classique que le parti se «posait la question» de savoir ce qu’ils faisaient, au gouvernement. Jean-Vincent Placé dénonçait en particulier le «virage» pris par la majorité après la publication du rapport Gallois en début de semaine. «Les annonces très en faveur des entreprises sans contreparties et sans conversion écologique, faites par Jean-Marc Ayrault, je suis moi-même de plus en plus perplexe quant à cette participation gouvernementale».

    En outre, ce sénateur qui n'hésite pas à manifester contre le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes préfère créer des difficultés au gouvernement, contre le premier ministre Jean-Marc Ayrault, avec cette épreuve de force contre la légalité républicaine.

    Or, deux écologistes sont ministres de pleine fonction, ils participent au Conseil des ministres comme les socialistes, et ils donnent ainsi leur avis. Cécile Duffolt, interrogée si elle s'était entretenue avec Jean-Vincent Placé, répondit qu'elle était tenue à un devoir de réserve et qu'elle se sentait solidaire du gouvernement tout en étant loyale avec son parti, position ambiguë qui pose le maintien des écologistes au gouvernement.

    Les écologistes, se voyant en retrait par rapport aux communistes, se devaient de montrer leur présence n'hésitant pas à mettre les socialistes en minorité au sénat.

    En fait s'agit-il d'un virage, ce que réfute avec justes raisons le président, ou simplement une nécessité devant la situation de nos entreprises. On à l'impression que ces dirigeants, à la gauche du PS jusqu'aux communistes, ne mesurent pas la gravité de l'état de notre industrie. Quand on apprend que 50.400 emplois sont perdus au troisième trimestre, vouloir ne pas tenir compte de ce fait montre une irresponsabilité. François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, a déclaré sur Europe 1 qu'un certain trouble existait dans son parti, mais qu'il ne remettait pas en cause la participation écologique au gouvernement Ayrault. «Notre participation au gouvernement et la majorité n'a pas été faite à la légère, sur un coup de tête. Donc il n'est pas question pour nous de la remettre en cause tous les quatre matins».

    Cette annonce engendra du coté des socialistes un malaise voyant qu'au bout de quelques mois le soutien écologique pouvait s'estomper. Les démons de la gauche venaient de frapper pour la joie de l'opposition.

    Quand à François Hollande dans un entretien à l'hebdomadaire Marianne il jugea «possible» le départ des Verts de l'exécutif, tout en affirmant qu'il «ne le souhaitait pas». En fait, s'ils partent, il ne les retiendra pas. «C'est possible, je ne le souhaite pas» a-t-il déclaré.

    J'ai été élu avec marge assez faible, comme Obama. Nous verrons bien. Pas de panique répondit-il. Interrogé également sur la hausse de la TVA après avoir supprimé la TVA sociale de Sarkozy, c'est un réajustement, les taux sont différents. Avec Sarkozy le taux de 19,6 % passait à 21, 2 % au lieu de 20 % dans sa réponse au financement de la compétitivité.

    Tout ceci montre que les démons de la gauche ne sont pas près de s'estomper, l'affaire Arcelor Mittal le démontre, d'ailleurs j'exprimerais mon analyse sur ce sujet. Il est difficile de gouverner à gauche. On sait que les socialistes ne sont pas majoritaires dans le pays, il leur faut donc l'appui des voix des autres partis de gauche jusqu'aux des centristes, voire des gaullistes. La prise de pouvoir des socialistes est donc confrontée aux divisions de la gauche par son dogmatisme, les démons de la quatrième république sont toujours présents. Que l'on se rappelle les difficultés de François Mitterrand pour mettre sur pieds le programme commun qui permit son élection en 1981. Les quatre communistes qui acceptèrent d'enter au premier gouvernement de Pierre Mauroy n'y resteront que jusqu'en juillet 1984. Ils refusèrent de participer à celui de Laurent Fabius.

    On se retrouve dans un schéma analogue 28 ans après avec un parti communiste moins puissant. Les communistes sont restés par leur dogmatisme des hommes de parti plutôt que de gouvernement. Ils jouent leur rôle démocratique comme les écologistes, le problème est que la cinquième république n'est pas celle des partis. Il faut une majorité pour gouverner, et quand on accepte d'y participer, il faut aussi accepter des orientations politiques qui ne sont pas dans la droite ligne de son parti, ou alors on s'en va.

    Ces votes de la gauche non socialiste contre le gouvernement, nous montre une évolution politique qui, avec la confrontation François Fillon, Jean-François Copé à l'UMP présente un parti godillot vertébré à Sarkozy, alors qu'il a tout détruit, donne un visage de la politique nationale inquiétant, miséreux, compliquant l'obtention d'une majorité de gouvernement. Quand on constate que le Médef par la voix de Laurence Parisot soutien la politique de François Hollande en matière de compétitivité, alors qu'elle est vilipendée par la droite, on peut se poser des questions.

    L'apport du Front de gauche de Mélenchon a donné aux communistes un souffle d'indépendance, mais il marque leur isolement. De même l'accord de gouvernement entre socialistes et écologistes scellé par Martine Aubry, dans le dos de François Hollande, qui leur permit deux ministres et une représentation parlementaire à l'Assemblée, montre les limites des alliances entre partis. Assisterions-nous au renouveau du régime des partis dans la cinquième république ?

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