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christine lagarde

  • L'affaire Tapie des 45 millions à l'entourloupe, une affaire d'Etat,

    au détriment du contribuable ?

    Lire l'affaire Tapie.

    Bernard Tapie est sûr de lui. Sûr que l'arbitrage de l'affaire du tribunal arbitral ne sera pas annulé. Sûr qu'il gardera son argent.REUTERS/Charles Platiau, document l'Expresse.fr.

    Support Wikipedia Cette affaire démarre de l'engagement de Bernard Tapie en politique comme ministre de la ville, en 1992 dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy. C'est à sa demande que François Mitterrand accepta sous la condition que Bernard Tapie se retire des affaires. On connait la perspicacité politique de Bernard Tapie, éclipsant, telle une star, tous les autres ministres lors des conseils, et François Mitterrand de lui dire, à la fin du premier conseil des ministres, «tu avais quelques ennemis, quelques amis, et quelques ministres indifférents à ton égard au sein de ce gouvernement, sache qu’il ne te reste maintenant que des ennemis à part Béré et moi». Une chose est néanmoins certaine la réflexion de Bernard Tapie ne lui permit jamais de comprendre qu'une valeur de l'intelligence était aussi la modestie, et que dans la vie, dès lors ou l'on a besoin des autres, il faut savoir composer. Ce comportement est souvent le fait de ceux qui sont contrains de se mettre en avant par ce que sans diplôme reconnu, ils n'existent pas. C'est le problème français des castes Grandes Écoles, et autres agrégés, qui se partagent le pouvoir. Notre exécutif en est composé par de nombreux anciens élèves de l'ENA, supers diplômés, comme s'il n'y avait que ces énarques et agrégés qui savent analyser notre société.

    Cela fait donc maintenant 20 ans que cette affaire tient la Une des médias d'autant que Christine Lagarde fut celle à qui incomba le tribunal arbitral qui accorda la somme de 403 millions à Tapie intérêts compris avec 13 millions de frais de procédure, et cela, malgré que ses collaborateurs à Bercy le lui déconseillèrent. Pour des politiques centristes de droite dont François Bayrou, et des socialistes dont Jean-Marc Ayrault, la décision du tribunal arbitral fut un renvoi d'ascenseur au soutien de Bernard Tapie à Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Jean-Marc Ayrault va même jusqu'à demander le 22 juillet à Christine Lagarde de saisir la justice, en estimant que «tout dans cette affaire relève du copinage d'État», voir Le Point.fr.

    En février 2011 la Cour des comptes jugea que la procédure d'arbitrage de l'affaire Tapie Crédit Lyonnais n'était pas conforme au droit selon une publication sur le site internet de Marianne.

    Il s'agit de Jean-François Rocchi qui était président de l’Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique, qui gère les retraites complémentaires des fonctionnaires. Or, Jean-François Rocchi fut reconduit à son poste par Sarkozy, mais le problème, fut qu'il était sous le coup d’une procédure devant la Cour de discipline budgétaire et financière, qui dépend de la Cour des comptes et qui s’occupe de juger les gestionnaires de fonds publics.

    Jean-François Rocchi fut président du CDR, le Consortium de réalisation chargé de régler les passifs du Crédit lyonnais, à l'époque de l'affaire Tapie Lagarde en 2007, avant sa première nomination à la tête de l'Éfrap, Établissement public de financement et de restructuration créé par l'État pour exercer la tutelle du CDR. Rocchi fut accusé d’avoir trompé son conseil d’administration, sous ordre de Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie, pour faire passer la procédure d’arbitrage qui s'est trouvée très favorable à Bernard Tapie.

    Les reproches de la Cour des comptes portèrent sur l'arbitrage dès 2007, elle notait que le compromis d'arbitrage signé le 16 novembre 2007 était différent du texte validé par le conseil d'administration du CDR. Le projet d'arbitrage ne comportait pas la qualification de «préjudice moral» pour satisfaire la demande Tapie, ce qui lui permit de toucher 45 millions. En outre, elle s'interrogea sur le choix jugé partial des trois arbitres, par suite de liens présumés avec Bernard Tapie.

    C'est au printemps 2011, que le procureur général de la Cour de cassation, à l'époque Jean-Louis Nadal, formulait plusieurs griefs envers Christine Lagarde lors de la saisine de la CJR, la Cour de Justice de la République. Il lui reprocha d'avoir recouru à un arbitrage privé alors qu'il s'agissait de deniers publics, d'avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres, d'avoir fait modifier le protocole initial pour y intégrer la notion de préjudice moral et de ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage controversé. Il y a donc un faisceau de questions qui justifiaient d'entendre Christine Lagarde sur le choix de cet arbitrage.

    A-t-elle agit sur ordre de Sarkozy, comment ne pas penser autrement ? Il ne pouvait ne pas être au courant des reproches qui étaient adressés sur l'arbitrage privé. Il est impossible qu'elle n'ait eu pas d'instruction pour agir ainsi. En 2008, interrogée par les députés, Christine Lagarde déclara, avoir pris elle-même la décision sans avoir reçu d'ordre de l’Élysée et Matignon, qui peut croire cela ? De cela, il n'empêche que même si la procédure du tribunal arbitral s'avère légale, c'est un cadeau royal qui fut fait à Tapie aux dépends des Français, sous couvert de Sarkozy. Qu'il ait droit au dédommagement du comportement scandaleux du Crédit Lyonnais en vendant Adidas au moyen de sociétés off-shores au delà du prix engagé avec son client Bernard Tapie, cela ne fait aucun doute.

    Selon les informations de Monde.fr Bernard Tapie fut reçu à nombreuses reprises par Nicolas Sarkozy, d'abord au ministère de l'intérieur, puis à l’Élysée, une fois ce dernier élu président de la République, en mai 2007.

    Selon L'Express, Nicolas Sarkozy rencontra au moins six fois Bernard Tapie en 2007 avant son élection à la présidence et à douze reprises, une fois installé à l’Élysée, entre le 15 juin 2007 et le 21 novembre 2010. De plus, il est fait état d'un rendez-vous au lendemain de la décision prise le 16 novembre 2007 par le CDR et le liquidateur du groupe Tapie sur un recours à l'arbitrage.

    Le Canard enchaîné de son édition du 22 mai, écrit que Christine Lagarde est confrontée à une salve d''accusations détaillées dans un document d'une rare violence, que le journal put consulter. Outre le fait qu'elle soit accusée de faux en écritures publiques et de détournements de fonds publics, le contentieux Tapie Crédit Lyonnais serait privé de fondement juridique. Le recours à l'arbitrage ne serait pas établit. L'article 2060 du code civil interdirait cette procédure aux organismes publics ? Or la lecture de cet article montre que ce n'est pas aussi évident que le prétend le Canard puisqu'il spécifie,

    «toutefois, des catégories d'établissements publics à caractère industriel et commercial peuvent être autorisées par décret à compromettre».

    Mais y-a-t-il eu décret ? Le Canard ajoute, qu'en 2009 le tribunal administratif de Paris estima, sans être contredit par le Conseil d’État, que le recours à l'arbitrage n'était pas illégal. En fait, dans ce qu'écrit le Canard, outre ce problème de droit, rien de bien concluant et de différent de ce qui fut écrit et dit contre Christine Lagarde.

    Outre Christine Lagarde, cette affaire implique Stéphane Richard, actuel PDG de France-Télécom et ancien directeur de son cabinet, et l'information judiciaire contre X ouverte à Paris le 18 septembre 2012 pour «usage abusif des pouvoirs sociaux et recel de ce délit».

    Le président-directeur général de France Télécom, Stéphane Richard, fut mis en cause pour son implication dans l'affaire Lagarde-Tapie par la Cour de discipline budgétaire et financière, CDBF. La CDBF, qui juge les fautes graves de gestion des responsables d'entreprise publique, lui reprocha son rôle dans la décision de mettre en place l'arbitrage privé.

    Dans le cadre de l'information judiciaire contre X, les juges du pôle financier en charge des investigations obtinrent le 23 janvier du parquet de Paris le droit d'enquêter aussi pour «faux et détournement de fonds publics et complicité et recel de ces délits». Dans ce cadre, des perquisitions eurent lieu en début d'année aux domiciles de Bernard Tapie et de Stéphane Richard.

    Christine Lagarde fut entendue depuis jeudi 23 mai par la Cour de justice de la République sous le motif de faux et détournements de fonds publics. Elle fut mise sous statut de témoin assisté, après qu'il fut envisagé sa mise en examen.

    Pierre Moscovici ministre des finances envisagea, en fonction des articles 595 et 1 491 du code de procédure civile qui prévoient la possibilité d'un recours en révision contre la décision d'un tribunal arbitral et son annulation dans le cas où une fraude aurait été commise.

    Or, le 29 mai, un rebondissement remet tout en cause, la mise en examen pour escroqueries en bandes organisées du haut magistrat Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal arbitral. Les juges soupçonnent Pierre Estoup d'avoir favorisé, avec d'autres, un arbitrage en faveur de Bernard Tapie, et d'avoir eu des liens anciens avec l'homme d'affaires et avec son avocat, Maurice Lantourne. Placés en garde à vue, ils furent relâchés.

    Reste le sort de Bernard Tapie, devra-t-il restituer l'argent qu'il reçut si la décision de nullité du tribunal serait prononcée ? Si l'on se rapporte à sa dernière déclaration au Journal du Dimanche,

    «s'il y a entourloupe, j'annule l'arbitrage».

    Bluff évidemment, mais c'est osé d'autant que l'on sait que sont importantes les difficultés d'annulation de cette procédure. Cette déclaration fait sourire certains juristes spécialistes des procédures d'arbitrage. D'abord, parce que Bernard Tapie n'a aucun intérêt à remettre en cause cette décision. Ensuite, parce que juridiquement parlant, l'annulation n'est pas possible. Dans le cadre d'une procédure d'arbitrage, le recours en annulation n'est possible que dans le mois qui suit la notification de la sentence arbitrale. Rendue le 11 juillet 2008, celle concernant M. Tapie n'est donc plus contestable depuis bientôt 5 ans. Lire l'interview de Christophe Séraglini professeur à l'université de Paris-sud.

    Bernard Tapie déclara à la remise en cause par Pierre Moscovici de la validité du tribunal arbitral,

    «Pierre Moscovici fait ce qu'il veut, c'est sa responsabilité. Moi, je peux vous dire que la décision rendue par le tribunal arbitral ne peut pas être remise en cause." "Quand on a la chance d'avoir un trio arbitral composé du premier président honoraire de la cour d'appel de Versailles, Pierre Estoup, un ex-président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, et Jean-Denis Bredin, considéré comme une des valeurs morales les plus éminentes de France, on ne peut qu'écarter toute suspicion sur l'honnêteté de la décision».

    Quant à Christine Lagarde le statut de témoin assisté ne signifie pas qu'elle soit tirée d'affaire, elle pourrait être mise en examen en fonction d'éléments complémentaires sur cette affaire. Elle n'est donc pas libérée. A la sortie de son audition, elle déclara, «mon statut de témoin assistée n'est pas une surprise pour moi, puisque j'ai toujours agi dans l'intérêt de l’État et conformément à la loi». On peut voir dans cette décision, le soutien de François Hollande à Christine Lagarde préférant qu'elle reste au FMI par ce que Française et raisons économiques. Il est évident que Christine Lagarde n'a fait que suivre les instructions de Nicolas Sarkozy. Quant à la somme de 403 millions que Bernard Tapie reçut, rien ne prouve que ce fut dans l'intérêt de l’État, tout au moins les 45 millions surement pas !

    Christine Lagarde, à la sortie de son audition devant la Cour de justice de la République, qui l'a placée sous le statut de témoin assisté. (JACQUES DEMARTHON / AFP), document Francetvinfo.

    Une chose est certaine quelques soient les suites concernant Christine Lagarde, et d'autres puisque selon l'acte d'accusation du juge Pierre Estoup, il s'agit d'une escroquerie en bande organisée. Cette affaire d’État selon François Bayrou est l'une des plus graves de la 5ème république, sera-t-elle le scandale le plus grave ?

  • Libérée de Sarkozy Christine Lagarde,

    déclare ne pas tuer la croissance en luttant contre la dette.

    Support Wikipedia Invraisemblable, notre précédente ministre de l’Économie et des Finances déclare, pour les pays aux économies avancées, dans un article au Financial Times, du 15 août, «ne laissons pas le coût de frein budgétaire bloquer la reprise mondiale». Ne pas tuer la croissance contre la dette serait la position du FMI par la voix de Christine Lagarde qui est dans la continuité de celle de DSK formulée depuis plus d'une année, mais jamais appliquée. Position sage, mais tardive puisque la dette n'a cessée de croître alors que la croissance de la zone euro n'est que de 0,2 %, celle de l'Allemagne 0,1 % et pour la France de 0,0 % au second trimestre 2011. Ce n'est évidement pas avec de tels chiffres que les rentrées fiscales vont réduire la dette d'autant plus que la consommation baisse, que les prix augmentent, et que les salaires sont bloqués. Si l'on ajoute à cela nos PME, PMI qui souffrent la délocalisation des grands groupes contribuant ainsi à faire des chômeurs, voir «Le chômage», et tous ceux qu'il faut aider, nous ne sommes pas prêt de réduire notre déficit. L'évasion fiscale et la fraude associées à la politique actuelle font le reste.

    Les analystes, ne voient pas dans les mesures envisagées comment nous pourrons arriver en 2013 à 3% de déficit par rapport au PIB. A la suite du mini sommet Merkel Sarkozy du 16/08/11, les conjoncturistes observent «s'il nous semble que l'objectif de maîtrise des dépenses publiques peut être atteint,  le dynamisme des prélèvements obligatoires observé en 2010 devrait être affecté par le retournement conjoncturel auquel nous assistons». Natixis estimait que la cible gouvernementale à 4,6 % du PIB est bien loin de leur prévision à 5,4 %. «Pour être à 3 % en 2013, il faudrait 16 à 18 milliards d'euros supplémentaires. Si on fait 10 milliards l'an prochain et s'il n'y a pas de conséquences supplémentaires de la crise sur l'économie réelle, alors ça ira à peu près», estimait hier Jean-Christophe Caffet, économiste à Natixis. Un montant également retenu par Exane BNP Paribas. «Le gouvernement table sur 2,25 % de croissance l'an prochain, nous autour de 1,5 %. Avec 0,8 point de croissance en moins, le déficit public est augmenté de 0,4 point de PIB, soit environ 7 milliards d'euros. S'il veut bien faire les choses, 10 milliards d'euros paraissent raisonnables, ce qui est d'ailleurs le chiffre qui circule sur les marchés financiers», sur Les Échos.fr.

    En fait le gouvernement ne fait que des annonces sur la réduction du déficit qu'il ne pourra tenir comme d'habitude puisqu'il ne prévoit que 5 à 10 milliards, du simple au double, de prélèvements supplémentaires comme suite à la réunion entre Sarkozy et Fillon le 16 août. Entourloupe politique de communication, si comme beaucoup espèrent que Sarkozy ne sera pas élu, il pourra toujours déclarer, si le gouvernement suivant ne peut atteindre les 3 % en 2013, voyez-vous moi, je pouvais le faire ! Or, depuis le temps que l'on nous mène en bateau plus personne ne considère les propos du gouvernement, le pire c'est qu'il n'a pas honte. Quand à Martine Aubry, pour ne citer qu'elle, n'a-t-elle pas déclaré, dans ses propositions pour réduire la dette, qu'elle promet de revenir à 3 % de déficit en 2013 en affectant 50 % des marges de manœuvres financières, suppression des niches fiscales, croissance, et 50 % aux investissements d'avenir, c'est-à-dire aux priorités qu'elle affirme, «emploi, tout pour l’emploi, l’éducation, la sécurité», peut-on également la croire, ou ce ne sont que des annonces électorales ?

    Ce que nous aurions aimé c'est que Madame Lagarde aux Finances fasse cette annonce. Mais il faut croire que sa liberté d'agir retrouvée lui à fait comprendre, si elle ne l'avait déjà pas comprit, ce que je pense, que de plans d'austérité en plans d'austérité l'économie va mal jusqu'au point d'obtenir un encéphalogramme plat comparable à celui d'un mort. Tout le monde sait que pour stimuler la croissance seule capable de donner les marges pour réduire la dette, il ne faut pas étrangler son peuple qui se repli sur lui-même.

    L'article de Christine Lagarde au Financial Times qui a fait beaucoup de bruit est payant, il n'y a pas au royaume de la finance de cadeau, et nous devront nous contenter de ce que la presse nous livre, dommage. Mais en fait, elle ne dit que ce que d'aucuns disent depuis longtemps, mais ils ne sont pas des «Christine Lagarde», seulement des Français ordinaires dont l'avis ne compte pas. Mais, attention, c'est très savant ce qu'elle aurait écrit, «ce qu'il faut, c'est se concentrer à la fois sur la consolidation budgétaire à moyen-terme et le soutien à court terme de la croissance et de l'emploi. Cela peut paraître contradictoire, mais les deux se renforcent mutuellement», et hop c'est fait ! Mon Dieu quelle intelligence !

    Ce que l'on aurait aimé c'est qu'elle en dise plus, c'est à dire sur quoi elle souhaiterait agir, non elle dit de «se garder de mesures d'austérités trop brutales !» C'est quoi ? «Nous devons nous rappeler que les marchés peuvent être de deux avis, s'ils désapprouvent une dette publique élevée, et peuvent saluer une forte consolidation budgétaire, ils apprécient encore moins une croissance faible ou négative, comme nous l'avons vu la semaine dernière», c'est à dire celle du 08 au 13 août ou ont été publiés les chiffres de la croissance des pays de la zone euro. «Des réductions de dépenses ne suffiront pas, les recettes doivent également augmenter, et le premier choix doit porter sur les mesures qui affectent le moins la demande», évident docteur Watson, mettant en garde contre le risque d'une fragilisation de la reprise économique mondiale.

    Quelles sont ces mesures qui affectent le moins la demande ? Quand on voit ce que représente un circuit macroéconomique  dans une économie ouverte, on reste perplexe.

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    Cliquez sur l'image, document Wikipédia.
    Modélisation des relations macroéconomiques entre agrégats dans une économie.

    La macroéconomie constitue l'outil essentiel d'analyse des politiques économiques des États ou des organisations internationales à travers les relations existant entre les grands agrégats économiques, le revenu, l'investissement, la consommation, le taux de chômage, l'inflation, etc. Selon Frédéric Poulon la macroéconomie cherche à expliciter les relations et à prédire leur évolution face à une modification des conditions, qu'il s'agisse d'un choc, augmentation de prix du pétrole par exemple, ou d'une politique économique délibérée, celle que nous impose dogmatiquement notre président.

    Contrairement à la microéconomie, qui favorise les raisonnements en équilibre partiel, la macroéconomie se place toujours dans une perspective d'équilibre général, ce qui l'amène à accorder plus d'attention au «bouclage des modèles» c'est à dire des objectifs économiques, et à la dynamique de création et de maintien d'institutions essentielles, c'est à dire un feedbach, contrôle en boucle qui permet de vérifier en fin de programme si l'objectif est atteint, comme par exemple la réduction de la dette.

    La distinction systématique, pour autant qu'elle puisse vraiment se faire, entre microéconomie et macroéconomie n'émerge cependant vraiment qu'au cours des années trente autour des travaux de John Maynard Keynes. La microéconomie se spécialisait alors sur les problèmes d'allocation des ressources par le moyen des prix relatifs, alors que la macroéconomie étudiait la production globale et le niveau des prix.

    En raison de la difficulté d'anticiper la conjoncture économique, et de la lenteur de l'action de la politique budgétaire, les économistes comptent généralement sur les stabilisateurs automatiques. Ils agissent quand «la situation économique se dégrade, et que les recettes fiscales sont moins bonnes, l’État prélève donc moins, tandis que les dépenses augmentent, de sorte que le déficit se creuse mais soutient de façon automatique une activité de crise», c'est ce qui se passe actuellement.

    La nouvelle macroéconomie classique est un courant de pensée économique qui s'est développée à partir des années 1970. Elle rejette le keynésianisme et se fonde entièrement sur des principes néoclassiques. Sa particularité est de reposer sur des fondations microéconomiques rigoureuses. Elle recommande que les règles économiques soient claires et fixes afin que les pouvoirs publics ne fassent pas peser sur les anticipations des acteurs le risque de changements de politiques brusques et impossibles à anticiper, qui risquent de ramener l’inflation et dont la seule motivation est politicienne. Le meilleur moyen pour cela est de confier, au maximum, la responsabilité des variables macroéconomiques à des organismes indépendants, par exemple à une banque centrale indépendante, comme nous avons, en ce qui concerne la croissance de la masse monétaire. Les politiques économiques recommandées par la nouvelle macroéconomie se composent de quatre éléments,

    • Une croissance régulière limitée de la masse monétaire.
    • Des transferts et prélèvements publics qui ne varient pas, en termes réels, en fonction du cycle.
    • Des taux de fiscalité fixes et qui équilibrent à long terme le budget.
    • L’engagement du gouvernement de ne pas agir suite aux variations des prix ou des salaires.

    Elle est critiquée pour son irréalisme théorique avec un objectif idéologique évident, celui de justifier les politiques libérales, voir ici

    «L'économie néoclassique désigne un courant de l'analyse économique né sous la plume de Léon Walras, Alfred Marshall, Stanley Jevons, Carl Menger, Arthur Pigou et d'autres auteurs. La «période néoclassique» va grosso modo de 1870 aux années 1930. La théorie néoclassique fut ensuite confrontée avec le keynésianisme avant de former l'économie de la synthèse. Ce courant a introduit pas mal de mathématiques dans l'analyse économique et est à l'origine de l'analyse à base d'équilibre des marchés et d'individus parfaitement rationnels».

    Elle s'est opposée aux politiques budgétaires «discrétionnaires» qui à la fin des années 1970 et 1980 n'ont pas été couronnées de succès et ont contribué à accroître la dette publique. Une politique discrétionnaire est une politique qui agit en fonction des circonstances et pouvant s'appliquer sur le long terme, contrairement à une politique établie pour le long terme suivant un schéma, qui présente moins de souplesse. Avec la crise économique de 2008-2009, des politiques budgétaires de soutien ont été pratiquées partout à travers le monde, conditions sociales obligent. Si elles ont permis d'éviter que la récession ne se transforme en dépression, elles ont aussi engendré une hausse de la dette publique qui pose aujourd'hui problème notamment dans la zone euro.

    Comme on le voit rien n'est simple en économie, bien que se voulant rigoureuse les résultats d'une politique économique sont peu souvent atteints. La politique économique à toujours un temps de retard sur l'évolution de la conjoncture puisqu'elle agit de façon discrétionnaire pour s'adapter au mieux aux évolutions, ce qui c'est soldé par un accroissement de la dette. En fait l’État dans sa politique budgétaire n'a pas fait une politique de la demande et sa politique de l'offre a échouée.

    Le prochain article sera Merkel-Sarkozy, l'Europe pour eux seuls,

  • Christine Lagarde directrice générale du FMI,

    un parachute doré avant l'heure ?

    Document site Web impôts, fiscalité, économie, argent,...

    Support WikipediaEn général c'est à la fin de la mandature du gouvernement que les ministres, ceux qui ont bien servis, sont récompensés de leur obéissance politique par un parachute permettant pendant quelques années d'arrondir leurs revenus. La mise à l'écart de DSK précipite les choses et quoi de plus normal dans le contexte du libéralisme actuel de proposer Christine Lagarde la championne du CAC 40, des réductions d'impôts et par voie de conséquence le report des charges du pays sur les classes inférieures, réduisant la consommation et par voie de conséquence les investissements tout en augmentant le chômage.

    Christine Lagarde pour qui j'ai une certaine admiration pour son parcours n'est que le porte drapeau des banques.

    La rupture brutale d'une grande activité peut parfois conduire à une légère dépression lorsque le téléphone ne sonne presque plus. Pour Christine Lagarde femme de pouvoirs pas de problèmes, maîtrise d'Anglais avocate et femme d'affaires ayant dirigé un grand cabinet de renommée mondiale dont elle fit la prospérité par une augmentation de 50 % de son chiffre d'affaire, mais, tout comme DSK ayant échoué au concours d'entée de l'ENA, montre ainsi que l'ENA n'est pas la voie si royale que l'on prétend, la valeur de la personne joue un rôle bien plus important que le parchemin.   Pour Christine Lagarde sans avoir l’auréole de DSK ni son expérience ministérielle n'en ait pas moins une femme reconnue, classée cinquième femme d'affaire Européenne par le Wall Street Journal Europe, libérale, elle est toute indiquée aux yeux  de cette droite Européenne pour succéder à DSK. Le FMI, si elle l'intègre n'aura aucun problème d'harcèlement sexuel masculin, et pourra être certain qu'elle fera de son mieux pour appliquer cette politique économique qui la caractérise. Je vous prête de l'argent mais vous étranglez un peu plus vos concitoyens  par une politique drastique de rigueur.

    Est-ce la seule solution pour redresser le pays qui subit de plein fouet la crise de la finance due au dérèglement financier mondial, non puisque finalement ce ne sont que des pansements puisque l'on ne s'attaque pas aux vraies causes de ce dérèglement financier anarchique.

    La conférence de presse de Christine Lagarde.

    Je fais mon coming out dit-elle en envoyant en Anglais une lettre de motivation aux membre du comité de direction du FMI avec des pièces jointes montrant le soutien de Sarkozy, Berlusconi, Merkel, Barroso, de Didier Reynders ministre des finances Belge. Pour le porte-parole d'Angela Merkel, «Madame Lagarde est une personne dotée d'une grande compétence, qu'elle a acquise après avoir occupé pendant des années des positions de haut rang dans le secteur privé, dans la politique et dans le gouvernement de son pays». Il a également loué «sa grande compétence sur la scène internationale» et estimé que la ministre Française «maîtrisait au mieux la question de la crise de la dette publique en Europe, ce qui est particulièrement important» , dans la mesure où le FMI est associé aux Européens dans les plans de secours aux pays en difficulté.

    Christine Lagarde n'est pas seule à briguer ce poste, le président de la banque centrale du Mexique Augustin Augustin Carstens, sont tous deux des candidats «très fiables» à la tête du FMI, a jugé Timothy Geithner secrétaire au trésor au sein de l'administration Obama. «Ce sont deux personnes très talentueuses» a-t-il déclaré lors d'un entretien public en réponse à une question sur la succession de Dominique Strauss-Kahn. «Christine Lagarde a des compétences exceptionnelles et combine de façon excellente la connaissance de l'économie et de la finance et le sens politique dont il faut savoir faire preuve, à ce genre de poste, et il en est de même pour Augustin», a-t-il ajouté.

    Quand à José Manuel Barroso président de la Commission européenne, il a annoncé qu'il soutenait «pleinement» sa candidature. Soulignant, dans un communiqué, que ses «qualités, ainsi que son engagement pour le renforcement de la gouvernance économique mondiale, sont indispensables pour assurer la mission du FMI et sa contribution vitale à la stabilité économique internationale». Même le dernier G8 sous la présidence de Sarkozy a plébiscité Christine Lagarde, les États-Unis conservant la banque mondiale, cela va de soi.

    On nous  oblige à comprendre que pour la direction du FMI ce doit être un Européen, la banque mondiale étant pour un Américain, cela signifie donc aux yeux des pays les plus riches qu'ils sont les maître du monde ? Mais alors les pays émergents que l'on regroupe dans le vocable Brics comprenant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, et l’Afrique du Sud, ne sont que de seconde catégorie ? Un directeur du FMI issu de ces pays verrait, par ce qu'il est confronté à des conditions sociales critiques, la répartition des richesses différemment et pourrait peut être aider les pays en difficulté autrement ? Pour convaincre ces pays qu'ils seront pris en considération s'ils acceptent Christine Lagarde au poste si convoité du FMI, elle s'est envolée le dimanche 29 mai pour le Brésil.

    Christine Lagarde est accusée d'abus d'autorité dans l'affaire Crédit-Lyonnais-Bernard Tapie-Adidas. Laurent Mauduit de Médiapart va même jusqu'à écrire «scandale d’État». Depuis qu'un tribunal d'arbitres privés a alloué, le 7 juillet 2008, la somme de 403 millions d'euros à Bernard Tapie, dont près de 230 millions resteraient pour lui ? Ce serait le constat qui apparaîtrait du rapport de la Cour des comptes qui est révélé en version intégrale sur le site.

    En d'autres termes, il est reproché à Christine Lagarde d'avoir favorisé Bernard Tapie en clôturant la procédure judiciaire par la mise en œuvre d'un tribunal d'arbitres privés, lire l'affaire Tapie.

    Le procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal a recommandé le 10 mai l'ouverture d'une enquête pour abus d'autorité dans le dossier de cette affaire Tapie. Dans sa lettre que François Fillon a adressée à la Cour des Comptes concernant la capacité juridique à compromettre il est précisé que «le CDR bien que détenu par un établissement public, est une société commerciale et peut donc compromettre NDLR», comme peut le faire toute personne de droit privé qu'elle soit ou non détenue par l’État directement ou indirectement, c'est à dire avoir recours à une procédure d'arbitrage. «Cette question a d’ailleurs été tranchée par un jugement du tribunal administratif de Paris, le 8 octobre 2009 et confirmé en appel le 31 décembre 2010».

    Il faut donc se garder de tirer des conclusions, cette mise au point précise tout simplement que le CDR était aussi une société privée et que dans ce cas, la procédure du tribunal arbitral pouvait être appliquée comme d'ailleurs toutes procédures administratives. La qualificatif de «scandale d’État» employé par Laurent Mauduit paraît inapproprié. Le CDR est l'organisme chargé de gérer les dettes du Crédit-Lyonnais dont celle de Bernard Tapie.

    A cette affaire se greffe des soupçons d'irrégularité sur Jean-François Rocchi, l'ancien président du Consortium de réalisation, et de Bernard Scemama, l'ancien président de l’Établissement public de financement et de restructuration, le procureur général de la Cour des comptes Jean-François Bénard en a été officiellement saisi. C'est une information Médiapart sur les «présomptions d'irrégularités et d'actes illégaux commis lors du règlement du contentieux de l'affaire Tapie-Adidas-Crédit-Lyonais». Ces deux réquisitoires ont également été transmis, assure Mediapart, à Gérard Palisse, le président de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), chargée d'examiner le rôle de Christine Lagarde dans cette Affaire.

    Pour Christine Lagarde c'est un dossier creux, sur France 2 aux informations de 20 heures, elle s'est exprimée sur une décision d'ouverture des poursuites. «Si, la commission, décidait de poursuivre cette enquête, ce ne serait pas particulièrement surprenant. Personnellement, ça ne me dérangerait pas du tout», a-t-elle dit. «C'est un dossier creux dans lequel j'ai totalement respecté la loi, je n'ai avantagé personne, j'ai souhaité solder un gros reliquat d'un passé un peu triste du Crédit lyonnais».

    Christine Lagarde sur France 2

    Il faut donc attendre le résultat de l'enquête lancée par le procureur général Jean-Louis Nadal, mais est-ce qu'elle peut influer pour écarter Christine Lagarde étant donné les soutiens dont elle bénéficie ?

    Pour que l'enquête se traduise par l'envoi de Christine Lagarde devant la Cour de justice avant le 10 juin, date de clôture des candidatures au FMI, il faudrait un miracle de sorte que la décision du FMI ne peut prendre en compte pour Christine Lagarde l'éventuelle procédure judiciaire pour son choix. Elle a donc toutes les chances de remplacer DSK quitte ensuite à démissionner pour assurer sa défense, elle se trouvant ainsi dans la même situation que lui !

    Sur Europe 1 le dimanche 29 mai,  Christine Lagarde s'est attachée à démonter les soupçons qui pèsent sur ses épaules dans l'affaire Tapie. Elle a notamment déclaré que la saisine par la Cour de justice de cette affaire était «fausse par certains aspects et dénuée de fondement juridique». Au mois de mai 2007 j'étais ministre de l'agriculture et de la pêche, je m'occupais du thon rouge, si l'on commence avec des faits si inexacts cela m'inquiète un peu.

    Christine Lagarde sur Europe 1

    Christine Lagarde affirme par ailleurs qu'elle restera candidate au FMI si la Cour de justice ouvre une enquête, même s'il s'agit d'un lourd handicap.

     

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