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capitalisme

  • Le capitalisme bancaire,

    qui se retourne contre lui-même.

    Qui aurait pensé il y a seulement 7 mois que les banques seraient en faillite, voire ici le capitalisme financier et ses conséquences, ou tout au moins accuseraient de lourdes pertes au point qu'il soit nécessaire de venir à leur secours pour soutenir l'économie avec l'argent des citoyens qu'elles ont grugés, et qu'elles vont continuer à faire pour rembourser les prêts qui leurs ont été consentis et refaire leur trésorerie.

    En fait elles vivaient sur un capital qu'elles n'avaient pas, en d'autres termes elles brassaient beaucoup d'argent sans en voir le répondant au cas ou un cailloux viendrait gripper cette belle mécanique qui consiste à prêter, à en ramasser les intérêts d'autant que, plus on prête plus on s'enrichit. En d'autres termes les subprimes ces crédits hypothécaires à hauts risques à taux variables accordés pour des prêts immobiliers sans exiger les garanties nécessaires. Peu importait que l'emprunteur soit solvable puisque tant qu'il pouvait payer, cela rapportait, et s'il ne payait pas, on se rabattait sur la valeur du bien, c'était donc tout bénéfice dans la mesure ou le bien immobilier représentait, au moins sinon plus, que la valeur du prêt consenti et que l'on puisse le vendre.

    Le malheur a voulu que les emprunteurs ne pouvant plus payer les mensualités de leurs prêts immobiliers, les taux ne cessant d'augmenter et que de plus, la valeur vénale des biens n'étant pas à la hauteur suffisante pour récupérer l'argent prêté, et qu'en outre, les acheteurs se faisaient de plus en plus rares, par suite de la forte saisie immobilière des banques. Celles-ci ont vu s'évanouir toutes possibilités de liquidités d'argent frais par suite de l'effondrement conjugué du prix des actions de l'industrie du crédit pour poursuivre cette logistique.

    Il faut prendre en compte, pour bien comprendre cette faillite, ce que l'on appelle la tritisation, définition bizarre pour gruger un peu plus sans risques. Elle vous permet de céder une partie ou la totalité de factures émises non soldées, ou des prêts en cours d'un fond commun de créances tout en conservant le contrôle et le suivit des relances des factures cédées. C'est donc tout bénéfice puisque par ce service vous êtes théoriquement à l'abri contre le risque de défaillance de vos clients.

    Or, la crise des subprimes d'août 2007, a mis en lumière certaines dérives dans l'utilisation de cette titrisation des créances immobilières aux États-Unis. Le marché des subprimes en particulier a gonflé comme un ballon de baudruche à des niveaux jamais atteint grâce à l'utilisation de cette titrisation car plus les organismes de crédits titrisaient leurs prêts déjà octroyés, plus ils avaient de moyens de financement pour en octroyer de nouveaux. Le système se suffisait à lui même.

    De plus, les subprimes titrisés ont été mélangés à d’autres produits puis re-titrisés plusieurs fois successives à l’échelle mondiale, de sorte qu’il était devenu très difficile de savoir qui détenait des produits liés à des subprimes et en quelle quantité. Ils ont été mis en cause dans cette crise des subprimes tant par la qualité des créances amalgamées dans les portefeuilles titrisés que par la liquidité de ces titres sur le marché et le travail des agences de notation financières.

    Le mécanisme de la tritisation, représenté par le schéma ci-dessous qui montre le montage du système mis sur pieds par les banques pour gagner théoriquement sans risques de l'argent, source Wikipédia .

    320px-titrisation.1235846710.jpg Le mécanisme est le suivant, prenons une banque, le cédant qui veut céder un financement, un portefeuille d'actifs, représentant des sommes énormes, de crédits hypothécaires, ce cédant assurant toujours le contrôle et le suivit de ce portefeuille d'actifs auprès des emprunteurs qui se nourrit par effet de boule de neige d'emprunteurs.

    Le portefeuille est ainsi cédé à la SPC ( Spécial Purpose Company), par la branche vente. Cette SPC émet des obligations dont les intérêts et les remboursements en capital seront assurés exclusivement par les flux financiers du portefeuille de crédits, ce sont donc les emprunteurs immobiliers qui financent les intérêts des obligations par le taux de leur emprunt. En retour, avec le résultat de l'émission des obligations aux investisseurs, on n'entend par investisseurs le marché mondial des capitaux, c'est à dire l'argent récolté par ces émissions d'obligations, la SPC paye à la banque le prix de vente du portefeuille.

    La boucle est fermée.

    On voit le mécanisme, avec l'argent des taux des prêts on enrichissait le cédant, c'est à dire la banque qui a consentit l'emprunt et la SPC par le biais des obligations financées par ces mêmes remboursements d'emprunts. Si le portefeuille d'actifs n'est plus financé par les emprunteurs par suite de la montée des taux qu'ils ne peuvent plus payer, tout s'écroule, et comme on ne peut plus récupérer ses mises si le bien des emprunts s'écroule aussi, c'est la faillite du système bancaire que nous connaissons.

    On voit bien que ce sont les exploitations des prêts qui font la richesse des banques, et non pas celle des personnes qui placent leur argent en assurance vie dans des actions obligataires ou pour financer des entreprises en achetant des actions qui comportent des risques. Le capitalisme financier ne vit que par ce qu'il s'applique toujours à des possibilités de financement nouveaux en les exploitant ce qui épuise au fur et à mesure les ressources nécessaires à sa pérennité.

    C'est donc un vrai festin, c'est le serpent qui se mord la queue jusqu'à ce que la nourriture commence à manquer et qu'il ne reste plus personne pour la manger, voire ici .

    Si la richesse se contracte, la crise économique aidant, c'est ce que le gouvernement n'a pas compris, les emprunteurs se faisant de plus en plus rares, les banques ont cherché des financements plus risqués pour satisfaire leur fortune. Il est bien évident que vous ou moi qui travaillons recevons un salaire qui dans la mesure, ou il est régulier, peut nous permettre de faire des emprunts, un logement, un voiture etc.....

    Dans ce cadre, le risque pour une banque est quasi nul, alors que celui du marché des actions peut du jour au lendemain peut s'écrouler. N'est-ce pas ce qui c'est passé avec la Société Générale avec l'affaire Jérôme Kerviel, cliquez ici Ecureuil 600 millions pas perdus pour tous , et les autres banques et se passe actuellement avec les Caisses d'épargne et la banque populaire qui ont annoncé des pertes historiques. Plus de deux milliards d'euros pour les Caisses d'épargne, un groupe âgé de plus de deux siècles, et le groupe mutualiste ayant essuyé en 2008 sa première perte depuis des décennies de 468 millions d'euros.

    Dans le cadre sur l'évolution du capital, il est intéressant de lire l'ouvrage de Rosa Luxemburg sur l'accumulation du capital, le problème de la reproduction encore discuté aujourd'hui, voire ici.

    Quelques extraits.

    L'un des services les plus éminents que Marx ait rendus à la science économique, c'est la façon dont il a posé le problème de la reproduction du capital social.

    En quoi consiste le problème de la reproduction du capital social ? Littéralement, reproduction signifie simplement répétition, renouvellement du processus de repro­duction. C'est pourquoi au premier abord, il est difficile de se rendre compte en quoi la notion de reproduction se distingue en fait de la notion générale de production, et pourquoi il est nécessaire d'employer ici une expression spéciale. Mais cette répéti­tion, ce renouvellement constant du processus de production comporte précisément un élément spécial, très important. Tout d'abord, la répétition régulière de la produc­tion est la base et la condition générale de la consommation régulière, et, par là, de l'existence culturelle de la société humaine, dans toutes ses formes historiques. En ce sens, la notion de reproduction contient un élément historique culturel. La production ne peut être recommencée, la reproduction ne peut avoir lieu si cer­taines conditions, telles qu'instruments, matières premières, forces de travail, ne sont pas données, en tant que résultat de la période de production précédente. Aux étapes les plus primiti­ves du développement culturel, tout au début de la domination de la nature par l'hom­me, cette possibilité de reprise de la production dépend chaque fois, plus ou moins, du hasard.

    Que font les banques si ce n'est de la reproduction de la production et les prêts «à des terres vierges» sont la production de leur richesse qui en reproduction permettent la production, c'est une forme de boule de neige qui grossit jusqu'au jour ou il n'y plus de neige, et elle fond. Par terres vierges il faut comprendre le financement de crédits à de nouveaux emprunteurs «pigeons» perpétrant ainsi le renouvellement permanent, d'où l'enrichissement du capital.

    Rosa Luxemburg est une militante marxiste et révolutionnaire Allemande de 1870 à 1919.

    Issue d'une famille de commerçants juifs polonais, Rosa Luxemburg fait de brillantes études au lycée de Varsovie qui se trouve alors sous la domination russe. Militante au sein de «prolétariat», un parti socialiste révolutionnaire, elle doit fuir en Suisse où elle passe une thèse d'économie politique.

    Ayant acquis la nationalité allemande en 1898, Rosa Luxemburg milite au SPD (Parti Social Démocrate) à la Deuxième Internationale. Elle y défend l'idéologie de Karl Marx et devient grâce à la rigueur et à la cohérence de ses analyses une théoricienne du socialisme. Pendant la Révolution russe de 1905, Rosa Luxemburg se rend à Varsovie, mais arrêtée, elle échappe de peu à l'exécution.

    De retour en Allemagne, en 1906, elle se trouve marginalisée dans son parti qui défend l'intégration de la classe ouvrière au sein de la société capitaliste. Contrairement à Lénine qui mise sur la discipline d'un parti bien structuré, elle défend l'idée que la grève de masse est le principal moyen d'action révolutionnaire, lire la suite ici.

    Finalement elle a vu juste la grève étant le moyen, pas nécessairement révolutionnaire, de faire modifier une politique.

    Nous entendons depuis quelques jour, le même refrain, la crise n'est pas prête de s'arrêter, et nous seront à un déficit budgétaire de 103,8 milliards, quand à la dette, on n'en parle plus. En outre on révise, et cela fait quatre fois depuis le début d'année sur le déficit budgétaire, comme si le gouvernement voulait nous faire avaler la pilule sans nous faire trop de mal. Il atteindrait en 2009 5,6 % du PIB. En outre, on n'arrête pas de combler les manques par suite des grèves qui deviennent très dures, et cela amène à la réflexion de la politique générale, ou est-elle ? Il n'y en a pas, il n'y en n'a jamais eu par ce qu'elle a été orientée vers le capital, en laissant une partie des Français sur la touche, et il était tout à fait concevable sans être un grand stratège qu'un jour ou l'autre, les Français se rebelleraient.

    On ne peut gouverner sans eux.

    Avoir donné autant d'argent par la réduction accordée du plafonnement à 50 % des impôts du plan fiscal aux contribuables les plus riches avec effet rétroactif, et fait cette invraisemblable défiscalisation des heures sup qui profitent à quelques uns mais que tous nous payons, et qui de plus ne conduisent à aucun d'emploi, est d'une politique irréfléchie. Nous faisons une politique patchwork par des ajustements permanents qui bouffent nos possibilités, et ce n'est pas terminé. Les réformes engagées sont pour les petits Français catastrophiques même si certaines mériteraient d'être engagées. En fait à vouloir trop faire sans une vue sur le long terme de la politique de la France conduit lors d'une crise comme celle que nous avons à ne plus rien maîtriser. De plus, sur le coût de la vie, le gouvernement a laissé filer ce qui montre son incapacité de gouvernance.

    Malgré les aides aux banques consenties dans tous les pays, elle font plonger les bourses. Le figaro.fr du 03 mars donne le graphique suivant :

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    De Tokyo à New-York en passant par Paris, Milan ou encore Londres, la planète boursière a connu hier un nouveau lundi noir (voir carte interactive des indices). La place parisienne a chuté de 4,48 % à 2 581,46 points, retrouvant ses niveaux de mars 2003.

    Depuis le début de l'année, l'indice a déjà perdu près de 20 % ! Plombée par HSBC (- 18,78 %), la Bourse de Londres a, elle, plongé de 5,33 %, renouant avec ses plus bas depuis 2003. À New York, le Dow Jones est repassé pour la première fois depuis octobre 1997 sous la barre des 7 000 points. À mi-séance, il cédait 3,41 %. Les valeurs bancaires ont été le plus durement sanctionnées.

    À Paris, Natixis a d'ailleurs plongé de 12,73 %, Crédit agricole de 7,19 %, BNP Paribas de 9,31 % et Société générale de 7,79 %. L'annonce par HSBC d'une énorme augmentation de capital et par l'assureur américain AIG de pertes abyssales de près de 100 milliards de dollars en 2008 a confirmé que la crise financière était loin d'être finie.

    Le FMI estime désormais à 2 200 milliards de dollars le montant des pertes totales des banques dans le monde. Lui aussi ne sait pas ou cela va aller.

    Le manque total de visibilité sur l'évolution et la profondeur de la crise économique devrait durablement peser sur les marchés. «Tant que nous n'y verrons pas plus clair sur une possible reprise économique, qui ne devrait pas intervenir en 2010, les investisseurs resteront à l'écart des marchés. À court terme, le CAC pourrait retrouver ses plus bas de 2003 à près de 2 400 points», pronostique Claudia Panseri, et ce n'est pas pour demain.

    Et après, comment les Français seront, et quelles seront les possibilités de récupérer la situation de l'emploi d'avant crise ? c'est fichu, ceux qui auront été largués le resteront, à part quelques uns, les entreprises auront fait le ménage, occasion inespérée de refaire une trésorerie et de maintenir un travail précaire au coup par coup en fonction du marché. Quelques soient les gouvernements plus rien ne sera comme avant.

    Voila ce que le capitalisme bancaire non régulé aura fait.

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