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  • Jérôme Cahuzac l' "aveu" dévastateur,

    mais aussi, Bettencourt, Takiéddine, Karachi, Tapie, les sondages de l’Élysée, attention l'éxécutif lave plus blanc.

    La Une de libération, mercredi 3 avril 2013, Libération.

    L'indigne avoue et demande pardon sur de l'impardonnable !

    Support Wikipedia Un séisme politique qui va bien au delà du parti socialiste, et de l'exécutif. Tous pourris ces politiques et celui dont on vantait les qualités à traquer la fraude était en fait celui qui planquait de l'argent dans des banques en Suisse et à Singapour. De mensonges en mensonges, il s'est enfermé trouvant de moins un moins le courage de révéler qu'il avait deux comptes non déclarés. Il a trompé, les yeux dans les yeux, ceux qui lui firent confiance, ses amis politiques, la représentation nationale quand il déclara n'avoir jamais eu de compte à l'étranger. «Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger». Le mensonge poussé à l'extrême avec solennité fait mal. «Le mensonge de Jérôme Cahusac est un outrage face à la République» clama François Hollande dans une brève allocution au journal télévisé de 13 heures le 03 avril.

    Mais que la droite se méfie, les juges sont indépendants de l'exécutif, ce qui vient de se passer le démontre avec toute la solennité voulue, et le retour du boomerang pourrait être encore plus dévastateur avec les affaires en cours. L'affaire Cahusac ne fait que commencer.

    Le président et Jérôme Cahusac le 04 janvier 2013 à l'Elysée/AFP/MIGUEL MEDINA, document Le monde.fr.

    Les yeux dans les yeux, un tête à tête à l’Élysée, un échange qui en dit long sur la suspicion du président. Qui peut croire un seul instant que s'il avait eu la moindre preuve il aurait soutenu son ministre ? Il connaissait les accusations portées par Médiapart, mais, il fallait attendre que la preuve de la véracité de l'enregistrement fût effective, et tant qu'elle n'est pas obtenue, la présomption d'innocence fit qu'il resta ministre jusqu'à la connaissance de l'ouverture de l'enquête préliminaire. Pas de quoi en faire une affaire d’État, mais l'affaire d'un homme. Pouvait-il virer Cahusac comme le clament les vils de la droite et de la gauche ? Dans l'affaire Bettencourt, Eric Woerth resta au gouvernement même après avoir été mis en cause.

    Cet aveu fait encore plus mal aux politiques que l'indignation que l'on ressent de la trahison d'un homme. Il est facile de tirer sur l'exécutif car en fait l'excuse de dire qu'il ne savait pas n'est pas un argument pour de nombreux Français. Comment, avec les pouvoirs du président et ceux des ministres, et le premier d'entre eux, ne pouvaient-ils ne pas savoir ? Ils savaient, mais encore innocent, ce qui n'est pas coupable. En fait l'opposition qui tire à tout va se ridiculise, et cela, se retournera contre elle.

    Pouvaient-ils mettre en doute sa signature lorsqu'il parapha l'acte de déontologie que le premier ministre fit signer à ses ministres ? Il ne trompa pas qu'eux mais de nombreux Français, ainsi que moi-même.

    L'argumentaire est de suite trouvé, mais est-il productif dans la bouche de ceux qui sont forcément contre les socialistes, et par la presse qui déconne à plein tube, pour se venger de payer trop d'impôts ? Seuls les imbéciles se laissent manœuvrer. Bien sûr cela fait mal et les socialistes qui veulent être exemplaires, sont piégés par un des leurs. Mais, il ne fut pas que soutenu par le gouvernement et les socialistes, tandis que des membres de l'opposition accusèrent Médiapart de salir sans preuves tangibles. Maintes fois Edwy Plenel fut pris à parti par Jean-Michel Aphatie sur Canal + au Grand journal.

    Pour François Hollande c'est une faute morale, «il a commis une impardonnable faute morale en niant l’existence de ce compte devant les plus hautes instance du pays».

    L'affaire,

    Trois mois de harcèlements continus du site Mediapart auront fait l'ouverture d'une information judiciaire par le procureur de Paris, mardi 19 mars, elle conduisit, dans la précipitation, à faire démissionner Jérôme Cahuzac le ministre du budget dont la compétence était appréciée par l'exécutif. L'un des ministres les plus influents du gouvernement, remplacé par Bernard Caseneuve ancien ministre délégué aux Affaires européennes. En fait, pour l'opinion publique on lui a demandé de démissionner. Le doute devenait toujours plus aigu et on avait envisagé son remplacement, bien avant l'annonce de l'ouverture judiciaire, par le président et le premier ministre. Selon le Canard enchaîné du 27 mars, il aurait été viré vite fait par téléphone. Un ministre, bien informé selon l'usage consacré aurait dit, «il ne voulait pas obéir, (le président) à la pression médiatique, il a choisi la première occasion judiciaire».

    Son aplomb, jurant les grands dieux, à l'Assemblée nationale, et devant le président qu'il n'avait jamais eu de compte en Suisse n'avait pas suffi à lui accorder une confiance absolue. Il eut raison, pendant un temps, de la pression médiatique distillée par Mediapart puisque, il prit le pas, dans l'opinion, sur le dossier de preuves soutenu par Mediapart, mais c'était sans compter sur la justice qui analysait le dossier.

    Comment le président pouvait-il, feindre de ne pas croire son ministre du budget, quand il lui jurait les grands dieux qu'il n'avait jamais eu de compte en Suisse, d'autant que l'enregistrement, de sa supposée voix, preuve majeure présentée par Mediapart, de sa soit disant culpabilité, n'est pas de haute fidélité. Elle fut captée, d'un combiné téléphonique mal raccroché que Michel Gonelle, ancien maire RPR, ex rival de Jérôme Cahuzac à Vileneuve-sur-Lot déclara avoir reçu fin 2000 sur la boite vocale de son répondeur. En conséquence, si on suit cette hypothèse, c'est le téléphone de Jérôme Cahusac qui aurait été mal raccroché ? Il faut noter la rapidité de réaction de Michel Gonelle qui en fit une preuve contre Cahuzac !

    Il faut être léger pour ne pas imaginer une manipulation malveillante, d'autant qu'il est en plus en instance de divorce avec son épouse. Jérôme Cahuzac a des ennemis. Tout un ensemble de faits qui créé de la suspicion sur sa culpabilité. D'aucuns doutaient que l'analyse de la preuve présentée, que l'on pouvait écouter en ligne sur le site Mediapart, pouvait être prise au sérieux, d'autant qu'il est aisé de faire qu'elle soit un faux.

    De plus, le pressing de Médiapart devenait inconvenant, sous le couvert d'une liberté de presse que personne ne conteste. Il condamnait Jérôme Cahuzac d'avoir un compte bancaire en Suisse à l'Union des banques Suisses UBS sur lequel de l'argent était déposé et qu'il n'avait pas déclaré. De plus, les informations qui furent données à Mediapart venaient des ennemis locaux de Jérôme Cahuzac de Villeneuve-sur-Lot dont il avait été maire et député du Lot-et-Garonne en 2012. On ne peut, de ce fait écarter toute manipulation, et être certain que la voix enregistrée représente bien sa voix !

    Cette information judiciaire fut parvenue à points nommés au président, la veille de la motion de censure déposée par le groupe UMP de Jean-François Copé. Cela lui permit de réagir rapidement. On imagine aisément les difficultés qu'auraient eu Jean-Marc Ayrault pour combattre les attaques de l'UMP à l'assemblée nationale.

    En décembre 2012, Rémy Garnier, auteur de la note sur laquelle s'appuie Mediapart pour affirmer l'existence d'un compte suisse caché de Cahuzac, lui fit écrire dans le Parisien, «je n'exclus pas l'innocence de Cahuzac». Mais il note des anomalies dans les déclarations fiscales du ministre datant d'avant 2008. Rémy Garnier fut un ex vérificateur du fisc à la retraite. «J'ai reçu un coup de téléphone d'une source que je considérais comme sûre car je connaissais mon interlocuteur de réputation. Il accusait Jérôme Cahuzac de détenir un compte bancaire caché en Suisse. Si on me donne des informations, je les exploite», déclara-t-il au Parisien le 07/12/12. A la question, est-ce un acte de vengeance, absolument pas ! Mais il nuança, «il est vrai qu'en 1998, alors que j'examinais les comptes de la coopérative France Prune et que je m'apprêtais à lui notifier un redressement fiscal, Jérôme Cahuzac, député de la circonscription où se trouvait la coopérative, est intervenu». Suite à cette intervention, la décision d'abandonner le redressement fut prise sans que j'en sois averti.

    En fait, Rémy Garnier masque légèrement les faits, il s'agit d'un contentieux fiscal sur le paiement de l’ISF, à propos, notamment, d’une collection de montres et d’un prêt familial lors de l’achat de l’appartement des Cahuzac, avenue de Breteuil à Paris. Ces éléments conduisirent le fisc à réclamer un surplus d’impôts au couple Cahuzac. Le fisc fut alerté sur ces deux sujets… par Patricia Cahuzac, étant en instance de divorce. Et le mail envoyé par le comptable à Jérôme Cahuzac, se retrouvant à la fois sur Mediapart et dans le mémoire Garnier, ne pouvait provenir que de la boîte e-mail du couple Cahuzac… «Cela sembla effectivement signer de drôles de complicités».

    Cette affaire fut le début de mes ennuis, je suis devenu l'homme à abattre du fisc et j'ai été mis au placard écrit Remy Garnier. Malgré cela, j'ai estimé que Jérôme Cahuzac était dans son rôle de député. Refusant d'être à l'origine des informations délivrées à Mediapart, il conserve une part de doute sur le compte Suisse.

    «Je n'exclus pas à 100% l'hypothèse de l'innocence de Jérôme Cahuzac».

    Il y a aussi dès 2012 le cambriolage de l'appartement de Jérôme Cahuzac à son domicile avenue Pierre 1er de Serbie par une équipe de détectives mandatée par un mystérieux avocat parisien sur le financement de l'appartement des Cahuzac avenue de Breteuil. On voit l'amalgame qui est fait autour ce cette affaire pour détourner l'objet principal qui reste l'ouverture du compte en Suisse.

    Le 09 février le Journal du Dimanche écrivit, «Les Suisses blanchissent Cahuzac». Il était donc raisonnable de «penser» que Cahuzac n'avait pas ouvert de compte en Suisse. La réponse des autorités fiscales helvétiques, venue de Suisse fut «Jérôme Cahuzac n'a pas été titulaire d'un compte Suisse depuis 2006», date butoir de la convention OCDE d’entraide fiscale liant la France à la Suisse. La réponse des autorités fédérales fut transmise par Pierre Moscovici, au procureur de Paris, en charge de l'enquête préliminaire. «Il n’y a aucune place au doute dans la réponse transmise par la Suisse», certifia au JDD l’entourage du ministre de l’Économie.

    Selon les sources du journal, les vérifications bancaires complètes effectuées par l’UBS excluent non seulement que Jérôme Cahuzac ait été titulaire en son nom d’un compte à l’UBS, mais aussi qu’il était «ayant droit économique» d’un compte, autrement dit qu’il ait été titulaire d’un compte en sous-main, via une société. «Cette réponse, fut transmise par l’UBS via les autorités fédérales suisses et les services fiscaux français». Elle dément donc formellement la possibilité d’un compte, confie une source administrative à Bercy. La culpabilité de Jérôme Cahuzac était loin d'être prouvée, d'ailleurs il ne fut pas mis en examen.

    En fait l'ouverture d'une information judiciaire par le procureur de Paris n'eut d'autres buts que d'approfondir le dossier de l'enquête préliminaire.

    Dans le même journal, il est écrit que, dès le 5 décembre 2012, que Jérôme Cahuzac est accusé par Mediapart, d'avoir transféré ses avoirs à Singapour, via un certain Marc "D", lors de la fermeture du compte. Il est évident qu'il sera extrêmement difficile à la justice de pénétrer dans les liaisons entre UBS Suisse et Singapour, c'est donc une affaire qui demandera du temps.

    De tout ceci il ressortait que Mediapart s'était comporté aux yeux de l'opinion comme accusateur alors qu'il n'était qu'informateur.

    Cet aveu sonne comme un coup de poignard dans le cœur des socialistes. En contre partie c'est la valeur de l'enquête d'investigation de Mediapart qui a été félicité par le premier ministre. Mais aussi au fait que le non seulement le procureur de Paris François Molin, d'obédience droitière, placé à ce poste par Nicolas Sarkozy ne fut pas remplacé par l'exécutif, voir «Affaire Cahusac, la lettre de Mediapart au Procureur de la République».

    Dans le fond, le délit judiciaire est banal 600.000 €, une bricole, planqués à Singapour, mais mortel pour lui et la classe politique toute entière. Jérôme Cahusac a été exclu du parti socialiste. Il n'est même pas prouvé que ne soit pas prescrit le dépôt d'argent sur le compte, et dans ce cas Jérôme Cahusac ne risque légalement rien !

    Le coup de gueule de Gérard Filoche

    Le coup de gueule de Gerard Filoche contre... par sebastienreyes

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